Bilan de la recherche en santé des Premières Nations et des Inuit du Québec de 1986 à 2006

Ce document présente les résultats d'un bilan de la recherche sur la santé des Premières Nations et des Inuit du Québec, entrepris en 2008, dans le but de dégager des priorités de développement de la recherche et d'éclairer les décisions relativement aux besoins de santé des populations autochtones.

Un cadre conceptuel a été élaboré pour délimiter et circonscrire le domaine de la recherche en santé des Autochtones. Ce domaine a été défini comme étant composé de : L'ensemble des activités de recherche reliées à la santé et au bien-être de la population autochtone et à leurs déterminants qui visent la production, l'intégration et l'application de connaissances scientifiques, valides et pertinentes à l'exercice des fonctions de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL) vis-à-vis tant des communautés que des familles et des individus.

Le bilan a été réalisé à partir de l'étude de 230 projets de recherche en santé des Autochtones ayant été subventionnés entre 1986 et 2006. Ces projets, sélectionnés d'après les principes et les critères définis dans le cadre conceptuel, ont été recensés dans la Banque de la recherche sociale et santé (BRSS) du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, cette banque de données répertoriant, depuis la fin des années 80, l'ensemble des projets de recherche subventionnés par des organismes québécois ou canadiens.

Il ressort des caractéristiques de ces projets de recherche que la majorité concerne les territoires conventionnés et que certaines thématiques de recherche et segments de populations sont plus fréquemment étudiés; les habitudes de vie et les maladies chroniques ainsi que la prévention et la promotion de la santé et du bien-être sont les deux thématiques les plus abordées alors que les enfants et les jeunes et la périnatalité et la petite enfance sont les deux groupes les plus ciblés. Toutefois, ce ne sont pas les territoires, les thématiques ou les segments de populations les plus fréquemment subventionnés qui reçoivent les montants les plus élevés. On observe en effet une forme de dualité dans la recherche en santé des Autochtones, avec d'un côté, quelques pôles de recherche où se concentrent la majorité des financements sur des problématiques pointues (par ex. : les changements climatiques, la santé mentale, la nutrition et la prévention du diabète) et, de l'autre côté, de nombreux projets au financement modeste qui couvrent une grande étendue de sujets.

La mise en perspective des résultats avec ceux de l'ensemble des projets de la BRSS permet de mettre en évidence les particularités du soutien à la recherche en santé des Autochtones et, notamment, les contributions respectives du Programme de subventions en santé publique (PSSP) du Québec et de l'Institut en santé des Autochtones (ISA) des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), l'ampleur et les formes de leur soutien au développement de la recherche étant toutefois fort différentes.

Au cours de la période étudiée (1986-2006), il y a eu globalement une augmentation des projets financés et des montants investis. Par contre, il y a des variations dans cette évolution puisqu'on constate, d'une part, une diminution des projets ou des montants investis par rapport à certaines thématiques et certains segments de population comme les enfants et les jeunes et la périnatalité et la petite enfance, et d'autre part, une croissance très forte des projets financés et des montants investis notamment en environnement physique et en santé mentale. On remarque de plus une augmentation importante des investissements d'infrastructure (centre d'excellence, réseau de recherche, chaire, etc.) que l'on peut relier à la mise en place de l'ISA dans les années 2000.

En rendant compte des spécificités de ce domaine de recherche, ce bilan permet de mieux cerner les perspectives et défis associés au soutien et au développement de la recherche sur la santé des Premières Nations et des Inuit du Québec. On peut aussi penser que celui-ci éclairera les décisions et orientations afin que la recherche contribue davantage à améliorer la santé des Premières Nations et des Inuit du Québec.

Note(s): 

Veuillez noter que, dans cette publication, une erreur s'est glissée à l'annexe 2 (p. 57). Le village nordique de Kangiqsujuaq n'apparaît pas sur la carte; il aurait dû être indiqué à la hauteur de Quaqtaq. Quant au village nordique de Quaqtaq, il se situe plus à l'est, au nord de Kangirsuk. (28 juin 2010)

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ISBN (électronique): 

978-1-926553-19-1

ISBN (imprimé): 

978-1-926553-14-6

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