Rage
Immunisation

Vaccination préexposition

La vaccination pré-exposition contre la rage est envisagée pour des groupes particuliers de voyageurs selon la catégorie de risque du pays visité :

  1. Dans tous les pays :
    1. Activités prévues à risque de contact avec les chauves-souris;
    2. Travail à l’étranger à titre de vétérinaire, animalier, agent de conservation de la faune ou encore laborantin qui va manipuler le virus de la rage.
  2. Dans les pays de catégorie à risque modéré ou élevé :
    1. Séjour prolongé ou à répétition
      • dans une région où une prophylaxie postexposition adéquate ne pourrait être obtenue dans des délais raisonnables (idéalement <24 heures);
      • particulièrement pour les enfants qui sont trop jeunes pour comprendre qu’ils doivent éviter le contact avec des animaux ou pour signaler qu’ils ont été mordus;
    2. Activités prévues se déroulant en bonne partie à l’extérieur (par exemple : cyclisme, randonnée pédestre, camping etc.)

Prophylaxie postexposition

Étapes à suivre pour le voyageur en cas de morsure ou égratignure

  1. Nettoyer la plaie à l’eau et au savon pendant 10 à 15 minutes.
  2. Appliquer un agent virucide, et ce, même si l’incident est survenu depuis quelques heures.
  3. Consulter un professionnel de la santé le plus rapidement possible, idéalement dans un délai de moins de 24 heures.
  4. Immunisation (immunoglobulines et/ou vaccins) contre la rage selon l'évaluation du professionnel de la santé

Quelle que soit la situation épidémiologique de la rage dans le pays visité, la personne ayant été exposée de façon significative à un mammifère à risque de rage doit faire l’objet d’une consultation auprès d’un professionnel de la santé qualifié pour faire l’évaluation.

La décision de donner des immunoglobulines et/ou vaccins contre la rage doit être prise par le professionnel  en considérant chaque situation individuellement. L’espèce animale et le niveau de risque du pays où a eu lieu l’exposition sont les deux critères les plus importants dans la décision.

  1. La chauve-souris
    La chauve-souris est considérée d’emblée à risque élevé de rage, peu importe le pays où l’exposition a eu lieu.
    Une prophylaxie postexposition est recommandée.
     
  2. Les mammifères terrestres 
    En ce qui concerne les mammifères terrestres, le risque peut varier d’un pays à l’autre. Il est difficile de se prononcer sur le risque réel qu’un mammifère terrestre soit atteint de la rage lorsque l’animal vient d’un autre pays. Les données micro-épidémiologiques de l’incidence de la rage terrestre dans les diverses régions des pays étrangers sont souvent inconnues. De plus, plusieurs pays du monde ne satisfont pas à l’ensemble des critères d’un système de surveillance adéquat de la rage humaine et animale, tels qu’édictés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Office international des épizooties (OIE). C’est la raison pour laquelle une prophylaxie postexposition (PPE) est souvent recommandée lorsque l’exposition à un mammifère terrestre potentiellement rabique est survenue à l’étranger. Néanmoins, voici quelques balises qui peuvent orienter le clinicien quant à la conduite à suivre.

    À la suite d’une exposition significative à un mammifère terrestre, la décision d’administrer une PPE sera influencée par le niveau de risque de rage animale du pays où a eu lieu l’exposition :
     
    1. Dans un pays à risque élevé ou modéré de rage animale, la PPE est généralement recommandée.
       
    2. Dans un pays à risque faible, la décision d’administrer une PPE devra tenir compte :
      • de l’espèce animale;
      • du comportement de l’animal (agressivité, comportement inhabituel);
      • de l’état de santé de l’animal (signes cliniques de rage comme l’hyper salivation, la paralysie, etc.);
      • des circonstances de l’exposition;
      • du statut vaccinal de l’animal contre la rage;
      • de la possibilité que l’animal ait été exposé à un mammifère terrestre rabique :
        • épidémiologie de la rage dans la région concernée;
        • animal laissé à l’extérieur sans surveillance;
        • présence d’une blessure.
      L’intervenant peut ne pas proposer de PPE si le risque de rage chez l’animal est jugé nul ou minime.
       
    3. Dans un pays à risque nul, la PPE n’est pas recommandée.
       
    4. Dans un pays à risque inconnu, la PPE est généralement recommandée.

Se référer au Protocole d’Immunisation du Québec (PIQ) concernant l’administration des immunoglobulines et des vaccins contre la rage. http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/vaccination/protocole-d-immunisation-du-quebec-piq

La vaccination en préexposition n’élimine pas la nécessité d’une vaccination en postexposition, mais la simplifie, car on réduit le nombre de doses de vaccin nécessaires et l’on évite l’administration d’immunoglobulines qui sont souvent difficiles à obtenir.

Considérations particulières pour les morsures de singes

Outre la rage, la morsure d’un singe macaque est susceptible de transmettre le virus B (herpès simien). Ce risque est beaucoup moindre à la suite d’une morsure à autre type de primate non humain. Une PPE contre cette infection virale est disponible. Une morsure de singe doit donc faire l’objet d’une consultation en infectiologie. Se référer au document suivant pour plus d’informations sur le sujet : https://www.inspq.qc.ca/publications/1376

Dernière modification: 

4 février 2019