Statistiques

Les statistiques qui permettent de documenter l’ampleur, l’évolution et les caractéristiques de la violence conjugale proviennent de deux sources principales.

  • Les statistiques portant sur les crimes rapportés à la police (données policières) se basent sur les infractions criminelles enregistrées annuellement en contexte conjugal par les services de police. Ces statistiques fournissent une image très partielle du phénomène puisqu’elles ne compilent que les formes criminelles de la violence conjugale, soit les infractions inscrites au Code criminel commises dans un contexte conjugal. Plus encore, tous les crimes ne sont pas rapportés aux autorités policières. Dans l’Enquête sociale générale de 2009, 20 % des Québécoises et des Québécois ayant été victimes de violence physique ou sexuelle de la part d’un conjoint ou d’un ex-conjoint ont déclaré avoir rapporté l’incident à la police 1.
  • Les enquêtes populationnelles permettent une meilleure appréciation de l’importance de la violence conjugale puisqu’elles se basent habituellement sur de larges échantillons représentatifs d’une population. Précisons toutefois qu’elles sous-estiment tout de même l’ampleur réelle du phénomène 2, 3. Premièrement, ces enquêtes misent sur les déclarations de répondants qui, pour différentes raisons (honte, culpabilité, embarras, méfiance), peuvent ne pas être disposés à révéler la violence qu'ils subissent à l'intervieweur 4. Deuxièmement, les enquêtes reposent souvent sur des définitions étroites de la violence. Par exemple, dans l'Enquête sociale générale de 2009, les taux de violence conjugale ont été établis sur la base des actes de violence physique ou sexuelle. Or, cette définition exclut certaines formes de violence, comme la violence psychologique ou l’exploitation financière.
 
 

Références

  1. Sinha, M. (2015). Tendances du signalement des incidents de victimisation criminelle à la police, 1999 à 2009. Ottawa: Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada.
  2. Jiwani, Y. (2000). L'enquête sociale générale de 1999 sur la violence conjugale: une analyse. Récupéré le 25 octobre 2005, du site de FREDA Centre for Research on Violence against Women and Childrenwww.harbour.sfu.ca/freda/reports/gss01_f.htm).
  3. Damant, D. et Guay, F. (2005). La question de la symétrie dans les enquêtes sur la violence dans le couple et les relations amoureuses. Canadian review of sociology and anthropology, 42(2), 125-144.
  4. Alhabib, S., Nur, U. et Jones, R. (2010). Domestic violence against women: Systematic review of prevalence studies, Journal of Family Violence, 25, 369-382.