Altitude et acclimatation
Risques et recommandations

Problèmes cardiaques et pulmonaires

  1. Étant donné que l’organisme augmente sa ventilation en réponse à l’exposition à la haute altitude, toute condition qui a des effets sur cette réponse aura des effets sur la tolérance à la haute altitude. Par exemple, une personne qui a subi une chirurgie des artères carotides et qui a perdu la fonction des corps carotidiens risque d’être plus hypoxique en haute altitude.
  2. D’autres considérations peuvent avoir un effet bénéfique sur certaines conditions pulmonaires. Ainsi, les personnes souffrant d’asthme allergique se sentent mieux en haute altitude en raison de la diminution des allergènes et de la pollution atmosphérique, et de la densité plus faible de l’air.
  3. Il ne semble pas y avoir de risque accru de mort soudaine par maladie cardiaque en haute altitude. Cependant, l’exercice et l’hypoxie combinés peuvent représenter un risque plus   important que l’un ou l’autre seul, spécialement chez les personnes qui ne font pas d’exercice. Il est donc recommandé aux hommes de 40 ans et plus qui envisagent d’aller en haute altitude impliquant de l’exercice, de s’entrainer avant de partir1.
  4. Certains auteurs proposent des critères pour évaluer le risque encouru à l’exposition en haute altitude : fraction d’éjection sanguine cardiaque, niveau du segment ST à l’électrocardiogramme (ECG), grade de l’ectopie ventriculaire. Ces critères nécessitent des  examens invasifs et coûteux. Ils pourraient être indiqués pour des personnes avec atteinte   ou instabilité de la condition médicale.
    En regard de la maladie coronarienne, Keystone suggère une approche selon l’ECG, l’épreuve à l’effort, la présence ou non de symptômes et de facteurs de risque pour les hommes de 50 ans et plus.
  5. Retenons qu’un questionnaire sur les symptômes reliés aux systèmes cardiaque et respiratoire est un élément minimal à considérer pour l’évaluation du risque à la santé d’une expédition en haute altitude.

Maladies neurologiques

  1. On ne sait pas si la haute altitude a un effet sur la fréquence et la sévérité de la migraine ou  les céphalées ressenties en basse altitude. Cependant, il peut y avoir apparition de migraine en haute altitude. Le diagnostic différentiel avec le mal aigu des montagnes doit être considéré.
  2. L’incidence de l’ischémie cérébrale transitoire peut être accrue en haute altitude. Toute atteinte cérébrovasculaire représente un risque accru. Pour ces personnes, il n’est pas recommandé de dépasser 3 000 mètres d’altitude.
  3. La haute altitude pourrait abaisser le seuil de convulsion. Les personnes sous médication et  dont la maladie est contrôlée ne courent pas de risque supplémentaire.

Autres risques

Diabète

Les difficultés rencontrées sont liées à un effort physique accru, à un mauvais fonctionnement du glucomètre dû au froid, et à la confusion entre les symptômes causés par l’hypoglycémie et le mal aigu des montagnes.

Conditions ophtalmologiques

  1. Les personnes ayant subi une kératotomie radiale peuvent souffrir de difficultés visuelles en haute altitude.
  2. Les kératotomies par laser ne semblent pas affecter la vision.
  3. Les patients atteints de rétinopathie ne devraient pas monter au-delà de 3 500 mètres.
  4. Les personnes qui portent des lentilles de contact devraient préserver le liquide de nettoyage du gel.

Gynécologie/obstétrique

  1. Aucune donnée ne permet d’affirmer que la prise de contraceptifs oraux (C.O.) ou d’un traitement oestrogénique constitue un risque en haute altitude.
  2. Les grossesses à risque peuvent se détériorer en haute altitude. Une femme enceinte qui se rend en haute altitude devrait s’assurer que sa grossesse est normale préalablement.
  3. La disponibilité et la qualité des soins médicaux, les risques de traumatismes et d’autres risques reliés à la vie sauvage et au voyage dans un pays en voie de développement sont davantage préoccupants que le risque relié à une hypoxie modérée.

Conditions psychiatriques

Chez les personnes ne souffrant pas de troubles psychiatriques, il semble se produire des changements dans l’humeur et la personnalité au-delà de 4 000 mètres. Rien n’indique que les personnes malades sont plus à risque. L’excrétion du lithium n’est pas altérée par la haute altitude. Recommander la prudence.

Enfants

Les enfants sont très sensibles à l’hypoxie qui se manifeste par les symptômes du mal aigu des montagnes et une désaturation en oxygène importante. De plus, les plus jeunes d’entre eux pourraient ne pas être en mesure de bien exprimer leurs symptômes. Il est donc essentiel de surveiller de près les jeunes enfants durant leur ascension en haute altitude.

Bien que certains déconseillent le voyage en haute altitude aux enfants âgés de moins de 12 mois, et même de 18 mois pour d’autres, il n’existe pas de données scientifiques appuyant une telle restriction. Cependant, pour les enfants plus âgés, le risque de mal aigu des montagnes ne semble pas plus important que pour les adultes.

Tableau sommaire

Tableau 1 – Risques et recommandations relatives à un séjour en haute altitude

Risques faibles

  • Enfants et personnes âgées
  • Condition physique : même risque pour la personne entraînée et la personne non entraînée
  • Obésité
  • Maladie pulmonaire obstructive chronique légère
  • Asthme contrôlé
  • Hypertension artérielle contrôlée
  • Pontage coronarien avec agrafes, angioplastie, ou insertion d’un tube rigide (sans angine)
  • Anémie stable
  • Migraine
  • Maladie convulsive sous médication et stabilisée
  • Diabète compensé • Chirurgie de la cornée au laser
  • Prise de contraceptifs oraux
  • Grossesse à bas risque
  • Maladies psychiatriques stabilisées (si la maladie n’est pas stabilisée, la personne peut être dangereuse pour elle-même et les personnes qui l’accompagnent, surtout en situation d’escalade)
  • Cancer
  • Maladies inflammatoires

Risques documentés 
Considérer un suivi médical, la disponibilité de l’oxygène

  • Chirurgie ou irradiation de l’artère carotide
  • Apnée du sommeil ou trouble de la respiration relié au sommeil
  • Maladie pulmonaire obstructive chronique modérée
  • Fibrose kystique
  • Hypertension artérielle non contrôlée
  • Maladie coronarienne avec angine stable
  • Arythmie importante
  • Insuffisance cardiaque congestive compensée
  • Présence de caractéristiques de cellules falciformes
  • Maladies cérébrovasculaires
  • Maladie convulsive non médicamentée ou non contrôlée
  • Kératotomie radiale
  • Rétinopathie diabétique

Risques importants
Montée en haute altitude non recommandée

  • Maladie pulmonaire obstructive chronique sévère
  • Maladie coronarienne avec angine non contrôlée
  •  Insuffisance cardiaque congestive non compensée
  • Maladie cardiaque congénitale
  • Hypertension pulmonaire
  • Anomalies vasculaires pulmonaires
  • Anémie à cellules falciformes (avec histoire de crises)
  • Grossesse à risque élevé
  1. Keystone JS, Kozarsky PE, Freedman, DO, Nothdurft HD, Connor BA. Travel medicine. Edinburgh, Mosby, 2004.

Dernière modification: 

26 juillet 2016