Infection à Chlamydia trachomatis et infection gonococcique : généralités

  • Pour le dépistage de l’infection à C. trachomatis ou de l’infection à N. gonorrhoeae, est-ce que l’auto-prélèvement vaginal dans un contexte clinique permet de fournir  un résultat valide si le spécimen est analysé par un TAAN?

    Oui, si la trousse utilisée par le laboratoire est homologuée pour ce site. Les trousses homologuées pour le prélèvement vaginal le sont en général pour un prélèvement effectué par le professionnel de la santé ou par la femme elle-même dans un contexte clinique.

    Des études ont été publiées au sujet de la performance de l'auto-prélèvement et les données permettent de nous rassurer quant à la sensibilité et la spécificité de ce type de prélèvement.

    Le CALI considère acceptable de permettre le prélèvement par la femme elle-même dans un contexte clinique (lorsqu'il n'y a pas d'indication d'examen pelvien avec insertion de spéculum), lorsque les explications pour procéder au prélèvement sont claires.

    Les technologies et les données évoluent rapidement. Le microbiologiste de votre laboratoire connaît la performance des trousses qu'il utilise et peut donc vous soutenir quant à la validité des prélèvements.

    Sources :

    • Guide québécois de dépistage des ITSS, 2017, Tableau 5 - Prélèvements et analyses recommandés en fonction de l’infection recherchée chez les personnes asymptomatiques (dépistage),  pages 65 à 70 et 80.
    • Comité sur les analyses de laboratoire en lien avec les ITSS (CALI) de l’Institut national de santé publique du Québec, Réponse à une demande de  consultation, 11 novembre 2014.
  • Comment explique-t-on les résultats discordants à la suite d’une recherche de N. gonorrhoeae par culture et par TAAN (TAAN positif et culture négative OU TAAN négatif et culture positive)?

    TAAN positif et culture négative (situation la plus fréquente)

    Le TAAN est beaucoup plus sensible que la culture. Il est donc prévisible d'avoir un résultat de TAAN positif et une culture négative. Par contre, on ne peut exclure un TAAN faussement positif. Pour évaluer la probabilité d'un résultat TAAN faussement positif, il faudra tenir compte du contexte dans lequel le prélèvement a été fait. Y avait-il une indication de dépister l’infection gonococcique ou seulement une indication de dépistage pour l’infection à Chlamydia trachomatis (mais détection simultanée de l’infection à Chlamydia trachomatis et de l’infection gonococcique par le laboratoire) ? Est-ce que le test de contrôle a été effectué trop tôt (moins de deux semaines) après le traitement ?

    En absence d'indication de dépistage de l'infection gonococcique, un résultat faussement positif au TAAN est possible, mais avec la performance de la plupart des trousses de détection, il est raisonnable de se fier au résultat.

    Le microbiologiste de votre laboratoire connaît la performance des trousses qu'il utilise et peut donc vous soutenir pour l'interprétation, particulièrement lorsque le résultat est discordant (TAAN positif et culture négative).

    Une autre raison peut expliquer un résultat faussement négatif pour la culture : le gonocoque étant très sensible aux conditions de transport, si le prélèvement pour culture n’a pas été transmis au laboratoire dans les délais recommandés, on peut obtenir un résultat faussement négatif. Il est très important de respecter les consignes du laboratoire quant aux procédures pour le prélèvement, la conservation et le transport du spécimen.

    TAAN négatif et culture positive (situation plus rare) 

    En général, indépendamment du résultat du TAAN, une culture positive indique la présence d'une infection gonococcique.

    Plusieurs éléments peuvent expliquer une telle discordance des résultats, notamment :

    • même s'il est reconnu que la détection de N. gonorrhoeae  par TAAN est beaucoup plus sensible que la détection par culture, la sensibilité du TAAN n'est pas de 100%.  Il peut donc arriver, quoique cela soit très rare, qu'un cas n'ait pas été détecté par TAAN mais qu'il l'ait été par culture.
    • la performance des trousses utilisées au Québec n'est pas homogène. Certaines trousses sont plus sensibles et spécifiques que d'autres. Certaines trousses incluent d’emblée un contrôle interne permettant de détecter l’inhibition qui peut générer un résultat faux négatif. Pour d’autres trousses, l’inclusion d’un tel contrôle est optionnelle. 
    • les procédures préanalytiques (prélèvement, conservation et transport) peuvent influencer la sensibilité. La technique de prélèvements peut avoir un impact sur le résultat. De plus, il existe des milieux de transport spécifiques à certaines trousses. L’utilisation d’autres milieux de transport, surtout lorsque les délais sont prolongés, peut générer un résultat faussement négatif. Il faut s'assurer d'utiliser le milieu de transport approprié et non périmé et de respecter les délais recommandés.

    D’autres raisons peuvent très rarement expliquer la discordance :

    • une erreur d’identification sur le formulaire de demande d’analyse ou de l’échantillon
    • en théorie une erreur de laboratoire dans l’identification de la bactérie.

    Le microbiologiste de votre laboratoire peut vous soutenir pour l'interprétation de résultats discordants. 

    Sources :

  • Au moment du dépistage de l’infection gonococcique, si un TAAN et une culture sont indiqués, est-ce que l'ordre des prélèvements est  important?

    Lorsqu'il faut prélever des spécimens pour un TAAN et une culture, l'ordre de prélèvements (culture, TAAN et cytologie) n'influence généralement pas le résultat de la culture.

    Toutefois, lorsqu’une culture sur un prélèvement urétral et un TAAN sur un prélèvement urinaire sont recommandés, le prélèvement urétral pour la culture doit être réalisé avant le prélèvement urinaire pour le TAAN car, idéalement, le prélèvement urétral pour la culture doit être fait au moins une heure après que le patient ait uriné. 

  • Que doit faire l’infirmière lorsqu’elle soupçonne avoir obtenu un résultat faussement positif chez une personne asymptomatique?

    Pour l’infection à C. trachomatis ou  l’infection gonococcique :

    • Si un test de contrôle effectué par TAAN à la suite du traitement d'une infection a été réalisé trop tôt après la fin du traitement, un résultat positif peut indiquer la présence de particules non viables même si l’infection est guérie. Il faut donc répéter le test de contrôle le plus tôt possible à partir de 2 semaines après la fin du traitement pour l'infection gonococcique et de 3 semaines pour l'infection à C. trachomatis.
    • S'il s’agit d’un résultat positif au dépistage d'une infection à C. trachomatis ou d'une infection gonococcique, l'infirmière autorisée prescrit le traitement même si elle soupçonne un faux positif. L’infirmière non autorisée à prescrire oriente la personne vers un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée (IPS).

    Pour les autres ITSS, l’infirmière oriente la personne vers un médecin ou une IPS.

    Source :

  • Quelles sont les analyses à réaliser chez un homme asymptomatique ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes si un de ses partenaires est atteint d’une infection gonococcique pharyngée?

    Le choix des sites à prélever est déterminé en fonction des pratiques sexuelles et des analyses disponibles.

    Si un HARSAH a eu une exposition urétrale (fellation) ou anale (anilingus), le professionnel de la santé réalisera un prélèvement urétral ou anal pour une culture suivie d’un prélèvement pour un TAAN urinaire, urétral ou anal. 

    Source :

  • Quels sont les prélèvements et analyses à effectuer chez une personne qui présente des symptômes d’une infection à Chlamydia trachomatis ou d’une infection gonococcique?

    Le Guide sur le traitement pharmacologique des ITSS - Approche syndromique précisent que : « en présence de signes ou de symptômes, la méthode à privilégier est de procéder à un prélèvement pour la recherche de C. trachomatis et de N. gonorrhoeae par TAAN ainsi qu’à un prélèvement en vue d’une culture pour la recherche de N. gonorrhoeae ». Des analyses ou des examens supplémentaires pourraient être effectués, selon le syndrome en cause.

  • Quels sont les prélèvements et analyses à effectuer chez les partenaires asymptomatiques de personnes atteintes d’un syndrome clinique compatible avec une infection à Chlamydia trachomatis ou avec une infection gonococcique?

    Selon le Guide sur le traitement pharmacologique des ITSS - Approche syndromique, l'intervention auprès d'un partenaire d'une personne qui a un syndrome compatible avec une infection à Chlamydia trachomatis ou avec une infection gonococcique devrait inclure, en plus du traitement épidémiologique, « un dépistage des ITSS selon le Guide québécois de dépistage des ITSS ».

    Cela signifie qu'il faut questionner les partenaires asymptomatiques de personnes atteintes d'un syndrome compatible avec une infection à Chlamydia trachomatis ou une infection gonococcique sur les sites d'exposition et effectuer les prélèvements requis, pour les deux infections, tel que recommandé dans les sections « partenaire sexuel d'une personne atteinte d'une infection à Chlamydia trachomatis » et « partenaire sexuel d'une personne atteinte d'une infection gonococcique » du tableau Prélèvements et analyses recommandés en fonction de l'infection recherchée chez les personnes asymptomatiques (dépistage).