Substances psychoactives

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Pour accompagner les parents

Dans une approche inspirée de l’andragogie et de l’empowerment, des questions vous sont proposées afin que vous puissiez explorer les connaissances et les intérêts des futurs parents. Ainsi, leurs réponses vous guideront pour identifier et transmettre le contenu approprié à leurs besoins.

Cette approche a comme objectif de favoriser la confiance et l’autonomie des parents, ce qui leur permet de faire des choix éclairés. Les questions proposées peuvent être ajustées aux parents dans le contexte d’un suivi individuel.

Il est aussi intéressant de guider les futurs parents dans l’utilisation du guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans et d’y référer le plus souvent possible lorsque vous leur offrez des réponses à leurs questions.

Selon vous, quels sont les risques associés à la consommation de drogues pendant la grossesse?

Les substances psychoactives peuvent affecter la santé des parents, la grossesse et la santé du bébé. Aucune quantité de substances psychoactives n’est sécuritaire pendant la grossesse.

De quelle façon votre partenaire et les gens qui vous entourent peuvent vous soutenir afin d’éviter ou limiter la consommation et l’exposition à la fumée secondaire?

Les partenaires, la famille ou les amis dans l’entourage de la femme enceinte peuvent l’aider et l’encourager à arrêter ou à diminuer sa consommation de substances psychoactives.

Si le ou la partenaire consomme aussi, il ou elle pourrait essayer de cesser ou de diminuer sa consommation en même temps.

Ne pas exposer la femme enceinte à la fumée est le meilleur moyen de protéger sa santé et celle de son bébé. Si des gens dans l’entourage de la femme enceinte consomment des substances psychoactives qui dégagent de la fumée, il est important qu’ils ne le fassent pas en sa présence, ni dans la maison ou la voiture, mais qu’ils choisissent plutôt un endroit à l’extérieur, à l’écart et éloigné.

Quelles ressources connaissez-vous pour le soutien des parents qui veulent diminuer ou cesser leur consommation?

Beaucoup de femmes modifient leurs habitudes de vie à l’annonce de la grossesse. Si la femme enceinte veut cesser de prendre des substances psychoactives ou essayer d’en prendre moins, de l’aide et des ressources sont disponibles.

Les femmes enceintes et leur partenaire qui ont des difficultés à cesser ou à modifier leur consommation sont encouragés à demander l’aide de ressources spécialisées qui ont l’expertise pour aider les parents et qui pourront offrir l’accompagnement approprié.

Que savez-vous sur la consommation de drogues pendant l’allaitement?

Il est recommandé de ne pas consommer de substances psychoactives pendant l’allaitement. Une substance psychoactive consommée par une mère qui allaite risque de se retrouver dans le lait maternel et ainsi exposer le bébé à la substance, ce qui peut affecter sa santé. Voilà pourquoi il est recommandé que la mère qui allaite ne consomme pas de substances psychoactives.

Si une mère qui consomme des substances veut quand même allaiter, il est recommandé qu’elle en parle à son médecin ou à un spécialiste en allaitement. Ils pourront l’aider à trouver des moyens pour poursuivre l’allaitement si possible, en limitant les effets négatifs sur le bébé.

Date de création : octobre 2011
Mise à jour : mars 2019

Cette fiche s’adresse aux intervenants et aux professionnels qui transmettent de l’information aux parents dès le début de la grossesse et jusqu’à la période postnatale. Elle présente de l’information de base sur les drogues, que l’on appelle psychotropes ou substances psychoactives. Il ne s’agit pas d’un outil clinique pour guider l’intervention, mais plutôt d’une source d’information qui permet de situer les enjeux. On y précise certaines caractéristiques retrouvées plus fréquemment chez les parents qui consomment, ainsi que les conséquences possibles de la consommation pour ces derniers et leurs enfants. Lorsqu’une consommation semble problématique ou qu’une condition néfaste pour la santé en lien avec l’usage d’un produit est suspectée, il est important de référer ces parents vers des services spécialisés.

Cette fiche porte sur la consommation de drogues (substances psychoactives) occasionnelle et régulière, ainsi que sur les troubles liés à l’usage d’une substance (abus et dépendance). La consommation d’alcool, de tabac et de médicaments pour soulager les douleurs n’est pas abordée dans cette fiche. Pour connaître les effets de l’alcool et du tabac pendant la période périnatale, consulter les fiches Alcool et Tabac.

Classification

Les substances psychoactives agissent, entre autres, sur le système nerveux central d’un individu, comme perturbateurs, stimulants ou dépresseurs. Certaines substances psychoactives peuvent être à la fois stimulantes et perturbatrices (p. ex. : MDMA ou Ecstasy). Le tableau 1 présente la classification des substances psychoactives selon leurs principaux effets sur le système nerveux central, sans tenir compte du but de l’utilisation ou des bénéfices qu’un utilisateur peut en tirer.

Tableau 1 - Catégories de substances psychoactives1-3

Les perturbateurs Les stimulants Les dépresseurs

Perturbent les fonctions psychiques d’un individu en altérant les perceptions, l’humeur et certains processus cognitifs, comme le jugement.

Les effets rapportés vont de la détente à l’euphorie et peuvent inclure des hallucinations. 

Stimulent les fonctions psychiques d’un individu en augmentant le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau.

Leur consommation mène à une hausse de la vigilance et de l’énergie. Les décisions se prennent rapidement, laissant peu de place à la nuance.

Une augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle peuvent être associées.

Ralentissent les fonctions psychiques d’un individu en diminuant le niveau d’éveil et l’activité générale du cerveau.

Ces substances procurent un effet relaxant. La personne devient moins consciente de son environnement. Lors de la prise de décision, la personne pourrait omettre des éléments importants, ou sous-estimer leur importance.

Selon les quantités ou la puissance des produits utilisés, ils peuvent mener à une baisse importante de la fréquence respiratoire, notamment dans le cas des opioïdes dont la dépression respiratoire peut conduire à la mort.

  • Cannabis : marijuana, haschisch, huiles de marijuana et de haschich.
    Autres noms : pot, mari, herbe, weed, joint, bat, pétard, hasch, dab, shatter, wax, budder.
  • Cannabinoïdes synthétiques
    Autres noms : spice, K2, dream, encens.
  • Hallucinogènes et  anesthésiques généraux dissociatifs : LSD, mescaline, psilocybine (dans les champignons magiques), phencyclidine ou PCP, kétamine.
  • Cocaïne
    Autres noms : crack, freebase, coke, poudre.
  • Amphétamines et méthamphétamine
    Autres noms : speed, peanut, wake-up, ice, crystal meth.
  • MDMA (également un perturbateur)
    Autres noms : ecstasy, dove, molly.
  • Dérivés synthétiques de la cathinone : éthylone, méphédrone, méthylone, MDPV.
    Autre nom : sels de bain.
  • Pipérazines : Le chef de fil est la benzylpipérazine ou BZP.
  • Khat
    Autres noms : catha edulis, chafta, chat, ciat, gat, mbugula mabwe, miraa (Kenya), qat (Yemen), salade africaine, thé abyssin, tschat.
  • Opioïdes
    Héroïne, buprénorphine, codéine, fentanyl, hydromorphone, méthadone, morphine, oxycodone, tapentadol, tramadol.
    Autres noms : smack, héro
  • Sédatifs et hypnotiques
    Benzodiazépines (p. ex. : alprazolam, clonazépam, diazépam, lorazépam, oxazépam), barbituriques (p. ex. : phénobarbital), zopiclone, zolpidem.
  • GHB (gamma-hydroxybutyrate)
    Autres noms : liquid ecstasy, liquid X, fantasy, salty water.
  • Substances volatiles
    - Solvants volatils : retrouvés dans les colles, la laque le vernis, les dissolvants, la peinture, le combustible à briquet, l’essence, le liquide correcteur etc.
    - Proxyde d’azote
    - Nitrites (poppers)

Note : L’alcool fait partie des dépresseurs du système nerveux central (SNC) et le tabac fait partie des stimulants. Pour connaître les effets de ces substances, consulter les fiches Alcool et Tabac.

Quelques chiffres

Selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population 2014-2015, chez les adultes ayant entre  24 et 44 ans, 16,5 % des femmes et 29,1 % des hommes ont consommé au moins une fois de la drogue au cours d’une période de 12 mois4.

En raison de la nature illégale de la possession des substances psychoactives et du stigma social associé à la consommation, il est difficile de statuer sur la justesse des données recueillies sur la prévalence de la consommation de ces produits pendant la grossesse et l’allaitement. Les femmes enceintes qui consomment ont tendance à déclarer une consommation inférieure à la réalité, ou à ne pas la déclarer aux professionnels de la santé5. La fréquence de la consommation rapportée peut être deux fois moindre que ce qui est détecté à partir d’échantillons biologiques chez ces mêmes personnes6. Il est donc probable que les données suivantes représentent une sous-estimation de la consommation véritable de substances psychoactives pendant la grossesse.

Selon l’Enquête canadienne sur l’expérience de la maternité,réalisée de 2006 à 2007, 7 % des femmes auraient consommé au moins une drogue au cours des trois mois précédant leur grossesse, et 1 % d’entre elles l’auraient fait pendant leur grossesse. Ce sont les femmes âgées de 15 à 24 ans (3 %) qui sont les plus nombreuses à rapporter la consommation de substances psychoactives pendant la grossesse5. Une étude nationale réalisée en 2013 aux États-Unis révèle que 5,2 % des femmes enceintes avaient consommé des substances psychoactives illicites au cours du dernier mois de la grossesse7. Enfin, selon  les données disponibles, après l’alcool et le tabac, la substance la plus consommée chez les femmes enceintes ou en âge de procréer est le cannabis8-11. Sur la base de données américaines, la consommation de cannabis aurait augmenté entre 2009 et 2016, particulièrement chez les femmes enceintes de moins de 18 ans, en atteignant plus de 20 % chez ce groupe6.

Il peut être difficile pour des femmes enceintes de parler ouvertement de leur consommation de substances psychoactives à des professionnels de la santé. Elles peuvent notamment :

  • éprouver de la honte ou vivre du déni12,13;
  • avoir peur de la réaction des professionnels ou des chercheurs et craindre d’être jugées, stigmatisées ou étiquetées comme étant de mauvaises mères12;
  • craindre d’être critiquées par rapport à leur capacité à prendre soin de leur bébé13;
  • avoir peur qu’on les oblige à participer à une intervention pour cesser leur consommation13;
  • avoir peur d’être signalées aux autorités et de perdre la garde de leur(s) enfant(s)12,13.

Ces facteurs peuvent contribuer à la difficulté des professionnels à orienter ces femmes vers des services de santé appropriés, pendant les périodes prénatale et postnatale.

Le réseau de la santé et des services sociaux ne dispose pas, à ce jour, d’outils pour identifier la consommation de substances psychoactives pouvant causer des problèmes chez les parents et plus particulièrement chez les femmes enceintes. Ainsi, le sujet de la consommation de substances psychoactives devrait être abordé avec toutes les femmes enceintes et leur partenaire par le biais de questions ouvertes et non moralisatrices. L’objectif est d’explorer les multiples besoins des futurs parents, dont celui d’être correctement informés des impacts possibles de certains de leurs comportements. Les professionnels de la santé ont la responsabilité d’assurer la sécurité du nouveau-né, conjointement avec les parents. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) a publié des recommandations pour guider les professionnels14. Voici les principaux éléments en lien avec les substances psychoactives. Les professionnels devraient :

  • questionner périodiquement toutes les femmes enceintes ou en âge de procréer et leur partenaire sur leur consommation d’alcool, de tabac, de médicaments d’ordonnance et de substances psychoactives licites ou illicites;
  • informer les femmes et leur partenaire des risques de la consommation de substances psychoactives pendant les périodes périconceptionnelle, prénatale, antepartum et postpartum;
  • s’assurer d’obtenir un consentement éclairé lorsqu’une démarche d’identification de l’usage de substances psychoactives est indiqué, et ce, avant toute demande de dépistage toxicologique;
  • recommander aux parents et plus particulièrement aux femmes enceintes de cesser ou de réduire leur consommation de cannabis ou d’autres substances psychoactives durant la grossesse, pour prévenir les problèmes cognitifs et comportementaux à long terme chez leur enfant;
  • utiliser une approche de réduction des méfaits dans la prise en charge des personnes consommant de l’alcool, du tabac ou des substances psychoactives. Les parents à risque d’avoir une consommation problématique devraient se voir offrir le soutien et l’intervention appropriés, ainsi que des recommandations de ressources communautaires où ils pourraient trouver des services psychosociaux supplémentaires.

Parents plus vulnérables

Certaines femmes sont potentiellement plus à risque de consommer des substances psychoactives pendant leur grossesse. Par exemple, l’usage du cannabis pendant la grossesse est plus fréquent dans les milieux urbains défavorisés (de 23 à 30 %) que dans la classe moyenne (de 10 à 16 %)15. Les facteurs de risque associés à la consommation de substances psychoactives durant la grossesse sont les suivants :

  • Partenaire amoureux qui consomme de l’alcool ou des substances psychoactives16-20 (l’un des facteurs de risque les plus importants);
  • Environnement social où l’on consomme (p. ex. : amis, voisinage)18-21;
  • Faible niveau d’éducation ou de revenu familial18,20,22-24;
  • Présence de violence conjugale25;
  • Historique familial d’abus de substances, en particulier les problèmes liés à la consommation d’alcool21,26;
  • Expérience traumatique ou agression dans l’enfance, en particulier l’agression sexuelle21,27;
  • Historique personnel ou présence de troubles mentaux (p. ex. : dépression, psychose, troubles anxieux, troubles de la personnalité)21,28;
  • Historique personnel de consommation abusive ou de dépendance aux substances psychoactives21;
  • Consommation d’alcool et de tabac durant la grossesse22,24.

Les conséquences négatives pour la personne qui consomme des substances psychoactives et pour son entourage sont nombreuses. Du point de vue médical, elles couvrent un très large spectre de conditions physiques et mentales. De plus, ces substances ont différents potentiels de tolérance et de dépendance physique et psychologique et leur usage augmente le risque d’infections liées à la voie  d’administration. Des problèmes psychosociaux concomitants, ainsi qu’une baisse de la fonctionnalité sont souvent observés. Voici quelques exemples de problèmes sociaux et de santé répertoriés:

  • Des troubles de sommeil29;
  • Des problèmes de santé physique (p. ex. : problèmes cardiovasculaires, hypertension)29;
  • Des infections liées au mode d’administration de la substance (p. ex. : hépatites, VIH/sida, syphilis, cellulite, endocardite)29;
  • Des problèmes psychosociaux (p. ex. : augmentation des stresseurs, précarité financière, manque de soutien social, troubles mentaux, violence conjugale)23,30-34;
  • Une altération de l’assiduité de la personne à bénéficier du suivi médical ou à recevoir les soins prénataux requis9,10,35.

Effets possibles chez la femme enceinte

De nombreuses données sur les effets de la consommation de substances psychoactives pendant la grossesse ont été publiées, mais elles sont moins bien établies que les données sur les effets de l’alcool ou du tabac35-37. Il est souvent difficile de départager l’effet précis d’une substance sur la grossesse et le fœtus et les effets résultant de diverses variables confondantes, telles que le tabagisme ou une autre co-consommation, mais aussi les facteurs tels que le statut socio-économique et les différents agents stresseurs chroniques. Les chercheurs doivent également composer avec la difficulté de bien estimer l’usage et la polyconsommation de substances chez la femme enceinte.

Par ailleurs, les unités de naissance constatent que les femmes qui consomment certaines substances psychoactives peuvent avoir plus de difficultés à supporter la douleur pendant le travail et l’accouchement38,39.

En ce qui concerne l’enfant, les experts attestent que les substances psychoactives traversent la barrière placentaire et influencent certains aspects du développement du fœtus40,41. Différentes études ont démontré des atteintes potentielles au développement neurocognitif à moyen et à long terme. Lorsque le développement neurocognitif est affecté, on peut observer notamment des troubles cognitifs légers, certaines difficultés du langage, des troubles du comportement, de l’hyperactivité, une plus grande distractibilité ou un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. Il est important de noter que dans plusieurs cas, on a observé une diminution de ces difficultés lorsque l’enfant était placé dans un environnement stimulant42.

Les effets les plus fréquemment rapportés à la suite de la consommation de certaines substances psychoactives pendant la grossesse sont présentés dans le tableau 2. Il est important de noter que nous relevons ici l’ensemble des effets possibles sur la grossesse et l’enfant à naître. Ceci ne signifie pas que l’on rencontrera nécessairement un de ces effets ou l’ensemble de ceux-ci après une consommation, d’autant plus que les données sont parfois contradictoires.

Tableau 2 - Effets possibles de la consommation de substances psychoactives par la femme enceinte sur la grossesse, le fœtus, le bébé, l’enfant et l’adolescent

Effets possibles du cannabis

Sur la grossesse

  • Pas d’effets clairement démontrés.

Sur le fœtus

  • Les publications rapportent des données contradictoires : quelques études constatent une diminution du périmètre crânien mais un plus grand nombre de travaux n’observent pas ces anomalies43.

Sur le bébé

  • Diverses publications mentionnent un faible poids à la naissance qui peut varier de 14 à 565 grammes selon les études. La signification clinique de cette baisse de poids demeure cependant discutable. Un nombre faible d’études ne montre pas de changements de poids à la naissance entre des bébés nés de mères consommatrices de cannabis et de mères sobres43.

Sur l’enfant et l’adolescent

  • Troubles cognitifs (troubles d’attention, de mémoire et d’apprentissage), déficits de raisonnement verbal et visiospatial43-47.
  • Troubles comportementaux (hyperactivité, distraction et impulsivité)43-47.
  • Risque accru d’avoir un faible rendement scolaire à un âge plus avancé43.
Effets possibles de la cocaïne

Sur la grossesse

  • Augmentation du nombre de contractions dans l’utérus29,35.
  • Vasoconstriction placentaire et diminution du flux sanguin utérin29,35.
  • Décollement du placenta29,35,36,48.
  • Rupture prématurée des membranes35,48.
  • Fausse couche49.
  • Accouchement prématuré29,35,36.
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une seringue déjà utilisée par une personne infectée (hépatite B, hépatite C ou VIH)50.

Sur le fœtus

Sur le bébé

Sur l’enfant et l’adolescent

Effets possibles des amphétamines et de la méthamphétamines

Sur la grossesse

  • Accouchement prématuré36,64.

Sur le fœtus

  • Retard de croissance intra-utérin36,62,64, diminution de la taille et du périmètre crânien51,65-70.

Sur le nouveau-né

  • Faible poids à la naissance71.
  • Syndrome d’abstinence néonatale36.
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une aiguille ou une seringue utilisées par une personne infectée (hépatite B, hépatite C ou VIH)50.

Sur l’enfant et l’adolescent

  • Troubles d’apprentissage57,72.
  • Élévation du niveau de stress, faible qualité de mouvements, léthargie69,73.
Effets possibles des opioïdes (sauf méthadone)

Sur la grossesse

Sur le fœtus

  • Retard de croissance intra-utérin35.
  • Sur le nouveau-né et le nourrisson
  • Faible poids à la naissance29,35,74 , diminution de la taille et du périmètre crânien51.
  • Syndrome d’abstinence néonatale (de 60 à 95 % des cas)29,35.
  • Syndrome de la mort subite du nourrisson74.
  • Transmission d’infections virales si la drogue est injectée avec une aiguille ou une seringue contaminées (hépatite B, hépatite C ou VIH)50 .

Sur l’enfant et l’adolescent

Facteurs qui influencent la tératogénicité des substances psychoactives

Comme mentionné plus haut, les données scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer les effets précis de chaque substance sur le bébé à naître, car l’exposition à différents facteurs environnementaux peut aussi influencer son développement10,35,76. Il est particulièrement important de tenir compte de plusieurs facteurs confondants qui sont difficiles à contrôler dans les études :

  • Les patrons (ou modes) de consommation (p. ex. : qualité du produit, dose consommée, voie d’administration utilisée [orale, nasale, injectable], fréquence de la consommation, stade de développement du fœtus au moment de la consommation)77;
  • La polyconsommation12,78 : Dans la majorité des cas de consommation de substances psychoactives, il y a présence de polyconsommation. Par exemple, d’après une étude réalisée aux États-Unis, 93 % des femmes enceintes qui consommaient de la cocaïne ou de l’héroïne utilisaient également d’autres substances (principalement de l’alcool et du tabac) ayant des effets néfastes possibles sur le développement et la santé du bébé79;
  • Les caractéristiques biologiques de la mère (p. ex. : état de santé général, facteurs génétiques et physiologiques qui amènent des différences individuelles quant au métabolisme et à la tolérance physique et psychologique aux substances psychoactives)40,77,78;
  • L’environnement familial ou les conditions de vie (p. ex. : malnutrition, absence de soins prénataux, précarité financière, quartier défavorisé, criminalité, prostitution)23,29,40.

De plus, la qualité du milieu dans lequel grandit l’enfant est déterminante. D’autres facteurs présents dans l’environnement de l’enfant peuvent ainsi contrebalancer certains effets des substances psychoactives, tels qu’un mode de vie sain des parents, un milieu familial stimulant et chaleureux ou une relation parent-enfant de qualité42,77,80,81.

Que les effets des substances psychoactives sur le bébé à naître soient causés directement par la substance ou par des facteurs psychosociaux associés, il est recommandé à la femme enceinte ou qui souhaite le devenir de ne pas consommer de substances psychoactives pendant la grossesse, car celles-ci présentent un risque tant pour la mère que pour l’enfant à naître.

Ainsi, afin de limiter les conséquences d’une exposition aux substances psychoactives et de favoriser l’évolution de l’enfant dans un environnement stimulant, il est primordial d’offrir des soins et des services de qualité aux femmes enceintes, ou susceptibles de le devenir, qui consomment. Cette aide doit être offerte sans blâme ni préjudice18,20,82.

Des symptômes de sevrage peuvent s’observer lors de l’arrêt de la consommation d’une substance. Les principaux symptômes de sevrage observés chez les personnes qui consomment certaines substances psychoactives sont présentés au tableau 3. La nature, la gravité, le début et la durée du sevrage varient selon le type de substance, les quantités consommées, la fréquence et la durée d’administration, ainsi qu’en fonction des facteurs biologiques et socioculturels propres à l’individu43.

Tableau 3 - Principaux symptômes de sevrage chez la personne qui consomme, en fonction des substances

Substances Symptômes de sevrage

Cannabis

  • Anxiété
  • Agitation psychomotrice
  • Irritabilité
  • Insomnie
  • Nausées
  • Crampes musculaires
  • Frissons et tremblements

Stimulants
(p. ex. : cocaïne, amphétamines, méthamphétamine, dérivés synthétiques de la cathinone encore appelés sels de bain)

  • Douleurs musculaires
  • Douleurs abdominales
  • Augmentation de l’appétit
  • Sommeil prolongé
  • Bradycardie
  • Désir obsédant de reprendre la substance (craving)
  • Dépression
  • Idées suicidaires

Opioïdes
(p. ex. : fentanyl, héroïne, hydromorphone, morphine, oxycodone)

  • Symptômes similaires à ceux d’une grippe (transpiration abondante, frissons, chair de poule, écoulement nasal)
  • Baillements
  • Agitation psychomotrice, agressivité
  • Pupilles dilatées
  • Douleurs abdominales, vomissements et diarrhée
  • Sommeil agité, insomnie
  • Anxiété
  • Désir obsédant de reprendre la substance (craving)
  • Tachycardie et hypertension légères
  • Douleurs articulaires et musculaires

Données tirées de Ben Amar et collaborateurs (2014)3.

Syndrome d’abstinence néonatale (SAN)

Le syndrome d’abstinence néonatale (SAN) représente un ensemble de signes et de symptômes présents chez le nourrisson exposé in utero aux opioïdes. Les expressions syndrome de retrait néonatal et syndrome de sevrage néonatal sont tous des synonymes. Le syndrome d’abstinence néonatale sera utilisé dans cette fiche tel que le fait la société canadienne de pédiatrie74. Il est important de reconnaître ce syndrome et de le prendre en charge, car il peut avoir des conséquences négatives pour l’enfant. Il est caractérisé par une dysfonction de différents systèmes, comme l’illustrent les exemples suivants83,84 :

  • Système nerveux central : irritabilité, tremblements, pleurs intenses, cris stridents, sommeil perturbé, hypertonicité, convulsions;
  • Système gastro-intestinal : vomissements, diarrhée, difficultés d’alimentation, succion excessive;
  • Autres systèmes : congestion nasale, écoulement nasal, éternuements, tachypnée, bâillements, sudation, fièvre.

« En 2016-2017, l’Institut canadien d’information sur la santé a signalé qu’environ 0,51 % de tous les nouveau-nés du Canada […] présente un syndrome d’abstinence néonatale (SAN). Un fort pourcentage de ces cas est attribuable au sevrage aux opioïdes. Ces nouveau-nés séjournent en moyenne 15 jours dans des établissements de soins aigus »74.

La majorité (de 55 à 94 %) des nourrissons exposés in utero à des opioïdes développent un syndrome d’abstinence néonatal85. Des signes de sevrage peuvent aussi être observés chez les enfants exposés pendant la grossesse aux benzodiazépines et aux barbituriques qui sont des substances dans la catégorie des dépresseurs comme les opioïdes35,86.

Le syndrome d’abstinence néonatale se manifeste généralement de 24 à 48 heures après la naissance dans le cas de la consommation d’héroïne ou de la consommation illicite d’opioïdes de prescription (p. ex. : morphine, hydromorphone). Dans le cas d’une exposition à la méthadone ou à la buprénorphine, utilisées dans le traitement de la dépendance aux opioïdes, les symptômes surviennent généralement dans les 48 à 72 heures suivant la naissance. C’est pour cette raison qu’on recommande généralement de poursuivre l’hospitalisation de 5 à 7 jours après la naissance, afin de surveiller la survenue d’un tel syndrome chez les nouveau-nés exposés aux opioïdes. Différentes grilles standardisées, telles que le score de Finnegan, permettent aux équipes cliniques de surveiller les premiers signes d’un syndrome chez un nouveau-né ayant été exposé aux opioïdes in utero et d’en évaluer l’intensité87.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la sévérité et la durée d’un syndrome d’abstinence néonatale, dont des aspects liés au métabolisme et à la génétique maternels et fœtaux. Notons également qu’une utilisation concomitante de tabac, de benzodiazépines ou encore d’antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS, famille d’antidépresseur) par la mère pendant la grossesse peuvent potentiellement contribuer à en augmenter la durée et l’intensité. L’intensité et la durée du syndrome sont variables selon le métabolisme de la mère, du placenta et du bébé, et selon d’autres facteurs tels que la consommation de cigarettes ou d’autres substances psychoactives85.

Soins du nourrisson

Plusieurs approches non pharmacologiques permettent de prévenir ou du moins d’atténuer l’intensité du syndrome d’abstinence néonatale. Elles doivent donc être adoptées le plus rapidement possible après l’accouchement88. La plus importante est de garder le nourrisson près de ses parents pour les guider dans les soins à donner à leur bébé89,90. La cohabitation du bébé avec sa mère qui suit un traitement de maintien à la méthadone et qui allaite diminue le besoin de recours aux interventions pharmacologiques74,91. Voici quelques exemples d’approches non pharmacologiques85,90 :

  • Un environnement calme, limitant les stimuli externes;
  • La cohabitation mère-enfant, dans la mesure du possible;
  • Regrouper les soins et prévoir les besoins du nouveau-né;
  • Le contact peau à peau entre les parents et le nouveau-né;
  • L’emmaillotage sécuritaire;
  • Les réveils en douceur;
  • La musique;
  • La massothérapie;
  • Bercer les nouveau-nés;
  • L’utilisation d’une tétine en cas de succion excessive;
  • L’allaitement maternel, si la mère ne consomme pas des substances illicites.

Dans l’éventualité où l’approche non pharmacologique ne suffit pas à contrôler les manifestations du syndrome d’abstinence néonatale (de 60 à 80 % des cas), il faut alors utiliser un traitement pharmacologique. Différents protocoles existent. On utilise généralement du sirop de morphine ou de la méthadone89. Les pouponnières et les unités de soins néonataux devraient disposer de protocoles standardisés pour ces traitements85,89. Plus récemment, la buprénorphine a été introduite dans certains milieux de soins. Cependant, cette substance doit être davantage étudiée avant de l’utiliser à large échelle92.

Effets possibles

Toutes les substances psychoactives consommées peuvent se retrouver dans le lait maternel et en perturber la production, la quantité ou la composition. Par exemple, le THC se retrouve dans le lait maternel de consommatrices de cannabis, sans que l’on puisse préciser à quelle fréquence ou à quelle intensité de consommation sa présence est associée93.

Les liens entre l’exposition par l’allaitement et les problèmes de santé chez l’enfant sont difficiles à démontrer. Une mère commencera rarement la consommation d’une substance durant la période de l’allaitement, si elle ne l’a pas fait durant la grossesse. Il est donc difficile de préciser si les effets observés sont en lien avec l’exposition pendant la grossesse ou pendant l’allaitement. Dans les limites des études actuelles, il semble que l’exposition du nourrisson à des substances psychoactives par l’intermédiaire du lait maternel est associée à certains effets possibles sur sa santé, comme le montre le tableau 4.

Tableau 4 - Effets possibles de certaines substances psychoactives sur les nourrissons allaités par des mères qui en consomment

Substances psychoactives Effets possibles sur le nourrisson allaité

Cannabis

  • Léthargie84,94,95
  • Tonus musculaire réduit96,97
  • Irritabilité96,97
  • Diminution de la fréquence et de la durée des tétées96,97
  • Mauvaises habitudes d’alimentation95

Cocaïne

  • Irritabilité98
  • Perturbation du sommeil99
  • Vomissements98
  • Diarrhée98
  • Tremblements, convulsions98

Amphétamines

  • Irritabilité98
  • Perturbations de sommeil98
  • Transmission d’infections virales si la mère est infectée (p. ex. : hépatite B, VIH)100

Héroïne

  • Syndrome d’abstinence néonatale36,96
  • Agitation96,98
  • Tremblements96,98
  • Vomissements96,98
  • Problèmes d’alimentation96,98
  • Transmission d’infections virales si la mère est infectée (ex. : hépatite B, VIH)100

Recommandations

La SOGC précise que les femmes qui consomment de l’alcool ou des substances psychoactives autres que les opioïdes devraient être encouragées à cesser toute consommation pendant la période d’allaitement101.

Il est donc recommandé de ne pas consommer de substances psychoactives durant la période d’allaitement12,98,100

La prise de méthadone62,75 ou de buprénorphine62,75,102 est possible en période d’allaitement.

L’allaitement est à encourager chez les mères qui ont consommé des opioïdes si les trois conditions suivantes sont présentes :

  • Être séronégative pour le VIH;
  • Être dans un état stable;
  • Suivre un traitement d’entretien à la méthadone ou à la buprénorphine pour faire face à la dépendance aux opioïdes.

L’allaitement permet de retarder l’apparition des symptômes de sevrage chez le nouveau-né exposé à la méthadone ou à la buprénorphine pendant la grossesse74,101,103 et d’atténuer l’intensité des symptômes44,104,105. L’allaitement peut donc « réduire la gravité, tout en limitant les traitements pharmacologiques ». « L’allaitement fournit une nutrition optimale, favorise l’attachement entre la mère et son nouveau-né et contribue aux compétences parentales. » Toutefois, « les mères qui présentent une dépendance et qui désirent allaiter pourraient avoir besoin d’un soutien supplémentaire, car elles sont moins susceptibles de bien amorcer l’allaitement et plus susceptibles d’abandonner rapidement »74,106.

Plusieurs recherches ont démontré que la quantité de méthadone ou de buprénorphine présente dans le lait maternel est très infime par rapport à la dose reçue par la mère62,102,107. Il est donc important de noter que la concentration de méthadone ou de buprénorphine dans le lait maternel n’est pas suffisamment élevée pour traiter un nouveau-né présentant un syndrome d’abstinence néonatale nécessitant un traitement pharmacologique.

Aide à la prise de décision

La SOGC précise aussi qu’avec les femmes qui consomment des substances psychoactives, il faut soupeser les avantages de l’allaitement et le risque lié à l’exposition aux substances psychoactives dans le lait maternel. Il est recommandé que ces femmes soient accompagnées par un médecin ou un spécialiste en allaitement afin d’évaluer les risques et assurer le suivi de santé de l’enfant97.

Les enjeux sont complexes, car l’impact des substances psychoactives sur l’enfant varie d’un produit à un autre. Cela est dû au fait que le temps d’élimination dans l’organisme de la mère et dans le lait varie selon les substances et la dose consommée. Par exemple, la stratégie de retarder la prochaine mise au sein a peu de sens pour éviter l’exposition au THC, après la consommation de cannabis et de ses métabolites, car les principes actifs persistent longtemps chez la personne qui en consomme.

Pour de plus amples renseignements sur les effets des substances psychoactives pendant l’allaitement, les professionnels peuvent contacter le Centre IMAGe du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine (voir la section Ressources et liens utiles).

Consommation avant l’annonce de la grossesse

Lorsqu’une femme a consommé une ou des substances psychoactives avant de savoir qu’elle était enceinte et qu’elle s’inquiète pour son bébé, il est suggéré de prendre le temps de bien comprendre ses craintes et inquiétudes. On devrait lui donner de l’information objective (voir tableau 2) et exempte de jugements, quant aux effets possibles de la consommation de substances psychoactives sur la grossesse et le développement de l’enfant. Elle devrait, au besoin, être dirigée vers du personnel qualifié, ainsi que vers une équipe multidisciplinaire, afin d’assurer un soutien médical, social et psychologique adapté à sa situation.

Il n’existe pas de consommation sans risque. L’arrêt de la consommation est donc recommandé. À cet égard, il est important d’adopter des stratégies d’intervention qui permettront à la femme et à son ou sa partenaire de modifier leurs habitudes de consommation, sans les culpabiliser. L’approche motivationnelle permet d’intervenir dans une perspective de réduction des méfaits108,109.

En outre, il est important de noter que l’arrêt immédiat de la prise de certaines substances psychoactives telles que les benzodiazépines, l’alcool et les opioïdes, présente également des risques. Les femmes enceintes qui consomment ces substances doivent consulter leur médecin ou un professionnel de la santé spécialisé pour être bien conseillées et accompagnées. Pour les opioïdes, voir la section Traitement de la dépendance aux opioïdes.

Environnement social

L’environnement social de la femme enceinte est un facteur important qui peut influencer sa consommation de substances psychoactives. Une personne qui consomme des substances psychoactives est plus à risque de développer des relations sociales et amoureuses avec des gens qui partagent cette habitude19.

Par conséquent, il peut être difficile pour une femme enceinte de cesser de consommer, car cela implique une rupture potentielle des liens avec les gens qui consomment dans son entourage1109. Ce choix peut affaiblir son réseau social et l’obliger à trouver de nouvelles personnes susceptibles de la soutenir dans la cessation ou la réduction de sa consommation. Il est donc important de prévoir un suivi et de soutenir le développement de liens sociaux110,19.

Le ou la partenaire peut exercer un rôle d’influence dans la dynamique de consommation de la femme enceinte19,111. D’une part, celle-ci peut trouver difficile de s’abstenir de consommer des substances psychoactives lorsque son ou sa partenaire en consomme. D’autre part, une diminution de la consommation de substances psychoactives chez le ou la partenaire, ou son soutien par rapport à la cessation de la consommation, pourrait augmenter la probabilité que la femme enceinte cesse ou diminue sa propre consommation durant la grossesse50.

Dans la mesure du possible, il est proposé :

  • d’informer le ou la partenaire, s’il y a lieu, de l’influence de ses habitudes de consommation sur celles de sa compagne et des effets négatifs de la consommation de substances psychoactives sur la grossesse et sur le développement du fœtus19,50,62;
  • d’encourager la future mère et son ou sa partenaire à se joindre à des activités qui leur permettront de rencontrer d’autres futurs parents et d’agrandir leur réseau social.

Ressources de soutien

Dans le cas où la femme enceinte ne peut compter sur le soutien de son ou sa partenaire ou de sa famille, il est suggéré de la guider vers des ressources qui pourront lui offrir le soutien adéquat et qui pourront l’accompagner dans une démarche de réduction ou de cessation de consommation (voir la section Ressources et liens utiles).

La grossesse constitue une occasion de changement pour les femmes et représente une fenêtre d’opportunité pour l’intervention. En effet, les préoccupations de la femme pour son bébé la motivent souvent à cesser la consommation de substances psychoactives.

Les professionnels sont donc encouragés à diriger ces femmes et leur partenaire vers des ressources spécialisées, qui pourront leur offrir une évaluation et un suivi appropriés (voir la section Ressources et liens utiles).

Les femmes enceintes et les parents qui sont aux prises avec un trouble lié à l’utilisation d’opioïdes (consommation illicite de médicaments opioïdes ou d’héroïne) représentent une clientèle prioritaire pour le traitement de la dépendance aux opioïdes assisté par la médication. Ce type de traitement doit être amorcé par un médecin habilité à le faire. Les centres de réadaptation en dépendance (CRD), les cliniques de toxicomanie ou le CRAN offrent généralement ce type de service.

Par ailleurs, l’intervention offerte doit cibler non seulement l’utilisation même de la substance, mais aussi les difficultés sous-jacentes à la consommation9,10. Un accompagnement médical et psychosocial de réadaptation peut s’avérer nécessaire et être parallèlement offert aux femmes et à leur partenaire qui ont recours aux substances psychoactives pour gérer des difficultés psychosociales ou des troubles mentaux, ou encore à ceux qui manifestent des difficultés à s’adapter à leur nouveau rôle de parent.

Soutien de la relation parent-enfant

La consommation active ou passée ne permet pas d’émettre un jugement définitif quant aux capacités parentales. Une évaluation complète de la situation psychosociale doit être faite et se baser sur des faits, comme dans tous les autres cas d’évaluation de situations potentiellement à risque.

La consommation de substances psychoactives peut affecter les capacités parentales (p. ex. : manque de disponibilité physique ou émotionnelle, soins inconstants) et le développement du lien d’attachement de l’enfant19,112.

Le nourrisson qui a été exposé in utero à certaines substances psychoactives peut présenter des signes et symptômes de sevrage, appelés syndrome d’abstinence néonatale (p. ex. : irritabilité, pleurs, insomnie), durant les premières semaines et être plus difficile à consoler. Ceci peut en retour amplifier le niveau de stress des parents12,78. Afin de moduler ce stress, il importe donc de soutenir les parents dans les soins qu’ils prodiguent à leur nourrisson.

À cet égard, certains parents présentant un problème de toxicomanie ont besoin de soutien dans l’acquisition de leurs habiletés parentales, surtout s’ils n’ont pas eu de modèle ou de figure parentale positive dans leur enfance26. Ce soutien favorise le développement du lien affectif avec leur enfant8,112.

Un outil destiné aux intervenants du Québec offre des stratégies d’intervention pour favoriser les pratiques parentales liées au développement d’un attachement sécurisant113. Ce document peut être consulté en ligne et s’intitule Guide pour soutenir le développement de l’attachement sécurisant de la grossesse à 1 an.

Troubles mentaux

Il est fréquent que les personnes qui consomment des substances psychoactives souffrent également de troubles mentaux (p. ex. : anxiété, dépression, psychose, troubles de la personnalité)32.

L’intervention auprès des femmes enceintes qui consomment devrait de ce fait inclure trois aspects à considérer : santé mentale, grossesse et consommation de substances psychoactives. Cette intervention devrait privilégier une approche coordonnée et intégrée, tout en considérant les besoins individuels des femmes et de leur partenaire32. Par conséquent, il est suggéré d’orienter la femme enceinte qui présente cette double ou triple problématique vers des ressources spécialisées en santé mentale.

Modification de la consommation

La grande majorité des femmes cessent ou réduisent leur consommation de substances psychoactives lorsqu’elles apprennent qu’elles sont enceintes. Il est souhaitable d’encourager leur partenaire à en faire autant, car les partenaires qui modifient ainsi leurs comportements de consommation favorisent leur propre santé ainsi que l’abstinence ou la réduction de la consommation de leur conjointe.

Une étude américaine menée en 2010 indique que parmi différentes substances consommées avant la grossesse (p. ex. : alcool, tabac, substances psychoactives), les substances psychoactives sont celles dont la consommation est la plus susceptible d’être arrêtée durant la grossesse28. Plus précisément, de 73,7 à 100 % des femmes qui consommaient des substances psychoactives avant leur grossesse ont arrêté pendant qu’elles étaient enceintes. Les femmes qui poursuivent leur consommation durant la grossesse sont celles qui ont le plus de difficultés à arrêter. Il semble que l’anxiété, la dépression et une faible estime de soi affectent la capacité de cesser la consommation28.

La grossesse constitue une période charnière pour les femmes toxicomanes. Elles sont plus susceptibles de demander ou d’accepter de l’aide et des services afin de modifier leurs habitudes de consommations, notamment parce qu’elles ont le souci de protéger leur bébé26,111.

Réduction des méfaits

Bien qu’il soit recommandé de cesser complètement toute consommation de substances psychoactives durant la grossesse, ce ne sont pas tous les parents qui réussissent à le faire. La réduction des méfaits peut s’avérer une solution plus adaptée pour certains parents19,114.

Cette approche vise à diminuer les conséquences négatives découlant de la consommation de substances psychoactives, plutôt qu’à éliminer complètement la consommation26,115. Elle permet ainsi de fournir un certain niveau de bénéfices et de réduction de risques pour les futurs parents et le bébé à naître.

En effet, le comportement de consommation varie sur un continuum de risque, allant d’une absence totale de risque à un risque très élevé pour la santé des futurs parents et de l’enfant à naître116. Le changement de comportement est donc conceptualisé comme faisant partie d’un processus, dont l’objectif à long terme est le mieux-être des parents et de l’enfant et pas nécessairement l’abstinence20,114,116.

Il existe différentes stratégies de réduction des méfaits pour aider les futurs parents à diminuer leur consommation de substances psychoactives114. Parmi celles-ci, on note :

  • Éviter ou limiter l’exposition à la fumée secondaire;
  • Réduire graduellement la quantité de substances psychoactives consommées;
  • Alterner des périodes sans aucune consommation (jours ou semaines) avec des moments de consommation;
  • Privilégier des comportements de santé pouvant avoir des effets positifs sur l’issue de la grossesse et le développement du bébé, comme avoir une alimentation saine, pratiquer de l’activité physique, avoir un horaire de sommeil régulier et un nombre d’heures de repos suffisant;
  • S’assurer que les parents qui continuent à consommer le font de façon sécuritaire (matériel propre, absence d’échange de seringue, endroit sécuritaire);
  • Miser sur un suivi de grossesse régulier et établir une alliance thérapeutique. Les parents se sentent encouragés lorsque les intervenants soulignent les efforts qu’ils font pour réduire leur consommation de substances psychoactives.

Traitement de la dépendance aux opioïdes

Pour la santé de la femme enceinte et celle de l’enfant à naître, il n’est généralement pas recommandé de faire un sevrage d’opioïdes durant la grossesse. Comme suggéré par les lignes directrices de la SOGC, « les femmes enceintes ayant un trouble de l’usage des opiacés reçoivent un traitement par agoniste des opiacés, soit à la méthadone ou à la buprénorphine. Si ces médicaments ne sont pas accessibles, d’autres préparations opiacées à libération prolongée peuvent être envisagées »14.

La SOGC précise aussi que « […] les femmes dépendantes aux opioïdes devraient être avisées que les nouveau-nés exposés à l’héroïne, aux opioïdes d’ordonnance, à la méthadone ou à la buprénorphine pendant la grossesse font l’objet d’une étroite surveillance visant à déceler les signes et symptômes du syndrome d’abstinence néonatale. Les hôpitaux offrant des soins obstétricaux devraient élaborer un protocole d’évaluation et de prise en charge des nouveau-nés exposés aux opioïdes pendant la grossesse »14.

La méthadone et la buprénorphine sont des médicaments prescrits par un médecin comme traitement des patients aux prises avec un trouble lié à l’utilisation d’opioïdes. Ces deux molécules de la famille des opioïdes viennent en fait remplacer les opioïdes utilisés de façon illicite sur une base régulière. Leur longue durée d’action permet d’atteindre une quantité stable de ces substances dans le sang des patients, afin d’éviter une alternance constante entre les phases d’intoxication et de sevrage aux opioïdes qui arrivent plusieurs fois par jour chez les personnes qui consomment. La femme sous méthadone ou buprénorphine avant la grossesse devrait être encouragée à conserver le même traitement pharmacologique afin d’éviter les risques de sevrage et de rechute pouvant être associés à un changement de médicament117,118.

On privilégie l’utilisation d’un traitement à base de méthadone ou de buprénorphine chez les femmes enceintes afin de les aider à réduire et éventuellement à cesser leur consommation d’opioïdes, mais également afin de stabiliser leur situation et d’éviter les comportements à risque associés à la consommation. On a longtemps cru que l’arrêt des opioïdes pendant la grossesse pouvait provoquer des contractions de l’utérus et ainsi augmenter les risques d’accouchement prématuré ou de fausse couche. De études récentes semblent plutôt indiquer que le sevrage des opioïdes pendant la grossesse est probablement sécuritaire119. Toutefois, la dépendance étant une maladie chronique, le risque de rechute de consommation illicite est extrêmement important lorsque l’on favorise un arrêt de la consommation sans traitement sous-jacent, ce qui est à éviter pendant la période prénatale et néonatale, qui est extrêmement charnière. C’est pourquoi le traitement à base de méthadone ou de buprénorphine demeure le premier choix de thérapie.

En outre, le traitement pharmacologique apporte certains avantages, tels que la diminution importante du désir de consommer, le maintien des futurs parents dans un état fonctionnel et un meilleur suivi de la grossesse12,29,62,120-122.

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Auteure 2011
Alessandra Chan, INSPQ

Collaborateurs 2011
Hélène Gagnon, INSPQ
Sonia Morin, MSSS
Pierre Paquin, DSP Montérégie

Auteurs 2019
Karine-Alexandra Lavandier, CHUM
Louis-Xavier D’Aoust, CHUM
Mohamed Ben Amar, Université de Montréal

Collaborateurs 2019
Pierre-André Dubé, INSPQ
Sandrine Picard, INSPQ
Richard E. Bélanger, CHU de Québec

Chargée de projet
Pascale Turcotte, INSPQ

Sous la coordination de
Roseline Olivier-Pilon, INSPQ

Mise en page et relecture
Anouk Sugàr, INSPQ

Date de création : octobre 2011
Mise à jour : mars 2019

Ressources et liens utiles

En raison de leur pertinence, les adresses, noms d’organismes ou documents mentionnés dans cette section ont retenu l’attention des différents partenaires ayant collaboré à la rédaction de cette fiche. Toutefois, il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive. D’autre part, les contenus qui y sont développés n’engagent ni la responsabilité des différents partenaires ni celle de l’Institut national de santé publique du Québec.

Au Québec, le programme-services Dépendancesregroupe les services destinés aux personnes qui ont des comportements à risque au regard de la consommation de psychotropes ou des jeux de hasard et d’argent, ou encore qui présentent des problèmes d’abus ou de dépendance. Ce programme comprend aussi des services destinés aux familles et aux proches des personnes dépendantes.

Certaines clientèles sont spécialement ciblées par l’offre de service et doivent être systématiquement considérées. Ces personnes doivent être orientées de manière prioritaire vers les centres de réadaptation en dépendance (CRD) lorsqu’elles présentent un problème dont le niveau de gravité correspond à un diagnostic d’abus ou de dépendance. Il s’agit :

  • des femmes enceintes et des mères de jeunes enfants;
  • des jeunes en difficulté;
  • des personnes ayant des problèmes de santé mentale.

Services de première ligne

Les CISSS et les CIUSSS regroupent plusieurs missions, et ils ont été constitués afin d’assurer une meilleure intégration des services. À l’intérieur des CISSS et des CIUSSS, les CLSC ont comme mission d’offrir en première ligne des services de santé et des services sociaux courants. Dans le cadre du programme-services Dépendances, le CLSC offre des services d’accueil, de détection, d’intervention précoce, de désintoxication externe et de suivi pour le traitement assisté par la méthadone ou la buprénorphine. Il s’assure aussi de diriger les personnes vers les services spécialisés appropriés à leurs besoins. Il est donc indiqué de diriger, en premier lieu, la femme enceinte vers le CISSS ou le CIUSSS de sa région afin qu’elle connaisse l’emplacement du CLSC de son quartier : www.msss.gouv.qc.ca/repertoires/csss/.

Services spécialisés

Les CRD, présents dans toutes les régions du Québec, offrent des services spécialisés aux personnes qui présentent des problèmes de dépendance, parmi lesquelles les femmes enceintes et les mères de jeunes enfants, qui sont reçues en priorité. Les services offerts par les CRD sont les suivants :

  • Programme régional d’évaluation spécialisée;
  • Désintoxication externe intensive;
  • Désintoxication avec hébergement;
  • Réadaptation interne et externe (incluant le traitement assisté par la méthadone ou la buprénorphine);
  • Réinsertion sociale;
  • Soutien à l’entourage.

Des ressources privées ou communautaires offrant de l’hébergement en toxicomanie sont aussi présentes dans plusieurs régions du Québec.

Ce site regroupe les ressources publiques et les ressources privées ou communautaires pour chaque région : www.msss.gouv.qc.ca/repertoires/dependances.

Ressources pour répondre aux interrogations sur la consommation de substances psychoactives pendant la grossesse

Parentalité et dépendances
Portail franco-québécois d’information, de publications et de ressources sur les dépendances et la parentalité.
www.parentalite-dependances.com

Rond-Point et CRAN
Centre d’expertise périnatale et familiale de toxicomanie. Conseils disponibles pour les intervenants et professionnels au Québec : 438-386-4050 poste 3 ou 514 527-6939.

Centre IMAGe
Ce centre d’information québécois est destiné aux professionnels de la santé et offre des renseignements sur l’innocuité et les risques liés aux médicaments durant la grossesse et durant l’allaitement : 514 345-2333 ou www.chusj.org/fr/soins-services/P/Pharmacie/Centre-IMAGe.

Motherisk
Cet organisme répond aux questions du public et des professionnels sur les effets de l’alcool et des substances psychoactives pendant la grossesse et l’allaitement : 1 877 327-4636 (service en français disponible) ou www.motherisk.org (site en anglais).

Drogue : aide et référence
Ligne téléphonique d’information, d’écoute et d’orientation pour les personnes ayant des problèmes d’abus d’alcool ou de substances psychoactives, leur entourage ainsi que les intervenants. Service disponible 24 heures par jour, 7 jours sur 7. Les services sont offerts en français et en anglais.
Région de Montréal : 514 527-2626
Autres régions : 1 800 265-2626
www.drogue-aidereference.qc.ca

Santé Canada
www.canada.ca/fr/sante-canada/services/preoccupations-liees-sante/prevention-traitement-toxicomanie.html

Ministère de la santé et des services sociaux
L’Affiche Mieux connaître les drogues présente une synthèse des différentes drogues qui existent au Québec, incluant une multitude de renseignements liés à leur consommation. 
publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-000274

Lexique

Abus : Consommation excessive ou inappropriée d’une substance entraînant des conséquences indésirables.

Attachement : Relation affective entre le nourrisson et les figures stables de son environnement.

Barrière placentaire : Structures anatomiques qui séparent la circulation sanguine maternelle de la circulation sanguine du fœtus.

Bradycardie : Ralentissement du rythme cardiaque.

Buprénorphine : Médicament de la classe des opioïdes délivré sous ordonnance et utilisé, entre autres, comme traitement d’appoint chez des patients aux prises avec un trouble lié à l’utilisation d’opioïdes.

Dépendance : Ensemble des phénomènes physiques et psychologiques qui rendent, après un temps d’utilisation variable, certaines substances indispensables pour l’équilibre physiologique du consommateur.

Facteur de risque : Caractéristique liée à une personne ou à son environnement qui augmente la probabilité de développer  une maladie ou un symptôme.

Fausse couche (avortement spontané) : Décès d’un embryon ou d’un fœtus qui survient avant la 20e semaine de grossesse.

Fonctions exécutives : Fonctions faisant référence à l’organisation/planification, à l’inhibition, à la flexibilité mentale, au jugement et à l’autocritique. Elles permettent de coordonner efficacement les autres fonctions cognitives.

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : Classe particulière de médicaments utilisés pour le traitement de la dépression. Ils peuvent parfois être utilisés pour d’autres indications thérapeutiques.

Léthargie : État d’inertie totale, avec torpeur et nonchalance extrême accompagné d’un sommeil profond et prolongé.

Méthadone : Médicament délivré sous ordonnance et utilisé principalement comme traitement de substitution chez les personnes dépendantes des opioïdes.

Mortinaissance : Naissance d’un enfant mort-né.

Polyconsommation : Usage simultané de plusieurs substances psychoactives.

Problème de santé mentale : État de détresse psychologique qui amène des difficultés sur le plan de la pensée, de l’humeur ou du comportement.

Retard de croissance intra-utérin : Complication de la grossesse définie par une croissance insuffisante du fœtus à un âge gestationnel donné (croissance inférieure au 10e percentile).

Sevrage : Arrêt brutal ou progressif de la consommation d’une substance entraînant un état de manque qui se manifeste par divers symptômes physiques (synonymes : abstinence, privation, retrait).

Syndrome de mort subite du nourrisson : Décès inexplicable et subit d’un nourrisson âgé de moins d’un an apparemment en bonne santé.

Syndrome d’abstinence néonatale (SAN) : Ensemble de symptômes physiques présents chez le nourrisson exposé in utero à des substances psychoactives. Synonyme de syndrome de retrait néonatal ou syndrome de sevrage néonatal.

Tachycardie : Accélération du rythme cardiaque.

Toxicomanie : État d’intoxication résultat de la prise répétée ou excessive de substances toxiques susceptibles de créer un état de dépendance physique ou psychologique.

Trouble de l’attention (déficit de l’attention, hyperactivité) : Trouble présent lorsqu’il y a un déficit important de l’attention qui est la capacité d’être à l’affût de son environnement et de maintenir son attention sur une durée de temps appropriée pour son âge. L’attention désigne aussi la capacité de se concentrer sur une tâche donnée en dépit de ce qui se passe autour, ou de partager son attention entre plusieurs tâches simultanément (attention divisée).

Trouble du comportement : Trouble présent lorsqu’il y a un déficit important de la capacité d’adaptation se manifestant par des difficultés significatives d’interaction avec un ou plusieurs éléments de l’environnement social ou familial. Il peut s’agir de comportements surréactifs (paroles et actes injustifiés d’agression, d’intimidation et de destruction, et refus persistant d’un encadrement justifié) ou sous-réactifs (manifestations de peur excessive, passivité, dépendance ou retrait).

Trouble du langage (et trouble de la communication) : Trouble au niveau des fonctions langagières qui comprennent un ensemble d’habiletés qui sont généralement divisées en deux catégories, soit les habiletés réceptives (comprendre le langage parlé et écrit) et les habiletés expressives (parler et écrire). La dysphasie, la dyslexie, et l’aphasie sont des exemples de troubles du langage.

Trouble mental : Maladie diagnostiquée, caractérisée par des altérations de la pensée, de l’humeur ou du comportement qui entraînent un état de détresse et interfèrent avec le fonctionnement de la personne.

Vasoconstriction : Diminution du diamètre d’un vaisseau sanguin par contraction de ses fibres musculaires.