Conséquences

 
 

Au Canada, selon l'Enquête sociale générale de 2014, 40 % des femmes et 24 % des hommes victimes de violence conjugale ont été blessés physiquement pendant un incident violent2.
Source : ESG 2014

Pour connaître d’autres statistiques sur les conséquences de la violence conjugale

La violence conjugale a des impacts négatifs sur le bien-être physique et psychologique des personnes qui la subissent ou des enfants qui y sont exposés, entraînant des conséquences graves sur la santé, la sécurité et l’économie des communautés, faisant de cette réalité un problème de santé publique important.1

Conséquences de la violence conjugale sur les victimes

Outre les blessures qui peuvent être directement subies dans les situations de violence physique, telles des ecchymoses, des fractures, un traumatisme crânien, des dommages aux organes internes, voire la mort, la violence conjugale a aussi été associée à plusieurs effets indirects sur la santé physique des victimes4,5.

Conséquences sur la santé physique
  • Blessures, traumatismes physiques et mort
  • Santé physique générale plus pauvre
  • Somatisation
  • Invalidité
  • Troubles gastro-intestinaux
  • Fonctions physiques diminuées
  • Syndromes de douleurs chroniques
  • Syndrome du côlon irritable

Les victimes de violence conjugale sont aussi plus à risque de présenter différents problèmes psychologiques et de santé mentale. La présence de ces conséquences sur la santé mentale des victimes varie selon un ensemble de facteurs, dont les forces et ressources personnelles de la victime, la durée et la sévérité des abus vécus, l’exposition à d’autres événements traumatiques au cours de la vie, ainsi que l’accès aux services et à un soutien social3,6.

Conséquences psychologiques et sur la santé mentale
  • État de stress post-traumatique
  • Dépression
  • Idéations et tentatives suicidaires et suicide
  • Troubles alimentaires
  • Automutilation
  • Troubles anxieux
  • Abus de substances
  • Troubles psychosomatiques
  • Troubles du sommeil
  • Sentiment de honte, culpabilité, faible estime de soi

La violence conjugale dirigée vers les femmes affecte la vie sexuelle ainsi que la période de la grossesse et contribue à augmenter les risques de comportements sexuels à risque et de complications relatives à la grossesse. Durant la grossesse, la violence conjugale met à risque à la fois la mère et le fœtus3,7.

Conséquences sexuelles et sur la période de la grossesse
  • Comportements sexuels à risque
  • Infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), VIH-Sida
  • Grossesse non-désirée
  • Fausse couche, accouchement prématuré
  • Dysfonctions sexuelles
  • Troubles gynécologiques
  • Complications de grossesse
  • Dépression post-partum
 
 

En 2008, 1 femme sur 4 hébergées dans un refuge a mentionné qu’elle y était pour éviter que ses enfants soient témoins de la violence qu’elle subissait12. Source : EMH 2007-2008

Pour connaître d’autres statistiques sur les enfants exposés à la violence conjugale

Les enfants exposés à la violence conjugale

Même s’ils n’en sont pas des victimes directes, les enfants exposés à la violence conjugale sont plus susceptibles de présenter un ensemble de séquelles affectant leur fonctionnement et pouvant perdurer à l’âge adulte, en comparaison à des enfants qui n’y sont pas exposés. Toutefois, une relation d’attachement avec un adulte significatif, habituellement la mère, est un facteur de protection au développement de difficultés de l’enfant exposé à la violence conjugale8,9,10,11.

Conséquences de l’exposition des enfants à la violence conjugale
  • Somatisation liée à l’anxiété
  • Problèmes de comportement
  • Symptômes de stress post-traumatique
  • Rendements cognitifs et scolaires plus faibles
  • Troubles socio-affectifs pouvant perdurer à l’âge adulte
  • Difficultés d’empathie
  • Tristesse et dépression
  • Possibilité d’instabilité due aux déménagements
  • Anxiété, angoisse
  • Estime de soi plus pauvre
  • Déficit des compétences sociales et des habiletés de communication
  • Manque d’affirmation de soi
  • Reproduction des modèles relationnels de leurs parents
  • Hyperactivité et problèmes d’attention
  • Comportements antisociaux et délinquants à l’adolescence
  • Plus à risque de vivre d’autres formes de mauvais traitements, dont l’abus physique et l’agression sexuelle
 
 

Pour en savoir plus sur les statistiques des conséquences de la violence conjugale sur la société et l’économie

Conséquences de la violence conjugale sur la société et l’économie

  • Absentéisme au travail, baisse de la productivité, congédiements
  • Coûts associés à l'intervention policière, aux services juridiques et correctionnels, aux services de santé, aux services de consultation, aux maisons de transition, etc.
 
 

Références

  1. Howe, M.E. et Alpert, E.J. (2009). A public health approach to intimate partner violence. Dans C. Mitchell et D. Anglin (Eds.), Intimate partner violence: A health-based perspective (pp. 275-287). Oxford: Oxford University Press.
  2. Burczycka, M. (2016). « Tendances en matière de violence conjugale autodéclarée au Canada, 2014 ». Dans La violence familiale au Canada : un profil statistique 2014 (p. 3‑21). Ottawa, Ontario : Centre canadien de la statistique juridique, Statistique Canada.
  3. Hotton Mahony, T. (2011). Les femmes et le système de justice pénale. Femmes au Canada: rapport statistique fondé sur le sexe, 6e édition, Ottawa: Statistique Canada.
  4. Nicolaidis, C. et Liebschutz, J. (2009). Chronic physical symptoms in survivors of intimate partner violence. Dans C. Mitchell et D. Anglin (Eds.), Intimate partner violence: A health-based perspective (pp. 133-145). Oxford: Oxford University Press.
  5. Heise, L. et Garcia-Moreno, C. (2002). La violence exercée par des partenaires intimes. Dans E.G. Krug, L.L. Dahlberg, J.A. Mercy, A. Zwi et R. Lozano-Ascencio (Eds.), Rapport mondial sur la violence et la santé (pp. 97-135). Genève: Organisation mondiale de la Santé.
  6. Warshaw, C., Brashler, P. et Gil, J. (2009). Mental health consequences of intimate partner violence. Dans C. Mitchell et D. Anglin (Eds.), Intimate partner violence: A health-based perspective (pp. 147-171). Oxford: Oxford University Press.
  7. Goodman, P. E. (2009). Intimate partner violence and pregnancy. Dans C. Mitchell et D. Anglin (Eds.), Intimate partner violence: A health-based perspective (pp. 253-263). Oxford: Oxford University Press.
  8. Holt, S., Buckley, H. et Whelan, S. (2008). The impact of exposure to domestic violence on children and young people: A review of the literature, Child Abuse & Neglect, 32, 797-810.
  9. Lessard, G. et Paradis, F. (2003). La problématique des enfants exposés à la violence conjugale et les facteurs de protection. Recension des écrits. Québec: Institut national de santé publique du Québec.
  10. Léveillé, S., Chamberland, C. et Tremblay-Renaud, A. (2007). Quand le développement personnel des parents compromet aussi celui de leurs enfants: État de la situation. Dans C. Chamberland, S. Léveillé et N. Trocmé (Eds.), Enfants à protéger, parents à aider: Des univers à rapprocher. Québec: Les presses de l’Université du Québec.
  11. Statistique Canada (2006). Mesure de la violence faite aux femmes: Tendances statistiques. Ottawa: Statistique Canada.
  12. Hotton Mahony, T. (2011). Les femmes et le système de justice pénale. Femmes au Canada: rapport statistique fondé sur le sexe, 6e édition, Ottawa: Statistique Canada.
  13. Gouvernement du Québec (1995). Politique d'intervention en matière de violence conjugale. Prévenir, dépister, contrer. Québec: Gouvernement du Québec.