Verdissement

Le verdissement urbain offre de multiples bénéfices pour la santé mentale et physique des personnes qui fréquentent ces lieux. Il contribue aussi à la lutte contre les changements climatiques et au maintien de la biodiversité. Certains bienfaits sur la santé proviennent de l’amélioration de la qualité de l’environnement associée aux arbres et à la végétation, comme la création d’îlots de fraîcheur ou la captation des polluants atmosphériques.

Certains bienfaits sur la santé proviennent de l’amélioration de la qualité de l’environnement associée aux arbres et à la végétation, comme la création d’îlots de fraîcheur ou la captation des polluants atmosphériques. D’autres bénéfices sont liés à la fréquentation des espaces verts pour la pratique d’activité physique ou la socialisation, par exemple. Le simple fait d’entrer en relation avec la nature – de manière passive par la contemplation ou active en jardinant, par exemple – procure également de nombreux avantages, en particulier sur la santé mentale.

Enfin, les communautés peuvent aussi en bénéficier par l’embellissement du milieu de vie, l’amélioration de la cohésion sociale, du sentiment d’appartenance et de sécurité.

Les bénéfices à la santé des espaces verts 

Source : Verdir les villes pour la santé de la population (INSPQ, 2017).

Cependant, les bénéfices du verdissement pour la santé sont répartis inéquitablement au sein de la population. Les quartiers défavorisés présentent souvent des indices de canopée plus faibles. Ainsi, les inégalités de couverture de canopée et d’accès aux espaces verts de qualité contribuent aux inégalités sociales de santé. Afin de maximiser les bénéfices sur la santé et le bien-être, il faut certes verdir plus, mais verdir mieux et verdir ensemble!

Visualiser les iniquités territoriales

Le Géoportail de santé publique de l’INSPQ offre la possibilité de visualiser les secteurs avec des populations en situation de vulnérabilités matérielle et sociale. Ces informations, combinées aux cartes d’îlots de chaleur urbains, permettent d’identifier les secteurs et les populations où les interventions de verdissement apporteraient les plus grands bénéfices. Consultez notre page Cartographie de la canopée.

Participation citoyenne

Impliquer la population – et en particulier les groupes en situation de vulnérabilité, dans la conception, les plantations, l’intendance et l’animation de ces espaces – permet de maximiser les bienfaits du verdissement sur la santé.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande aussi la participation de la communauté au verdissement pour maximiser l’acceptabilité sociale et l’utilisation des espaces verts. Elle permet de mieux comprendre et de répondre aux besoins exprimés, d’améliorer le sentiment d’appartenance et de favoriser la cohésion sociale. Développer des partenariats avec des organismes communautaires locaux peut faciliter l’atteinte de cet objectif.

Accès équitable à la forêt urbaine

Qu’on parle de verdissement, d’implantation d’infrastructures vertes ou encore de solutions fondées sur la nature, il est important de densifier la forêt urbaine pour ses nombreux bénéfices. De plus, la presque totalité de la population québécoise (94 %) supporte le verdissement comme mesure d’adaptation aux changements climatiques selon le Baromètre de l’action climatique 2022.

Afin de maximiser les bienfaits sur la santé, différentes cibles de verdissement peuvent être adoptées. Une règle simple (3-30-300), souvent citée, propose les recommandations suivantes : 3 arbres vus de sa fenêtre, 30 % de couvert forestier dans le quartier et 300 mètres de distance d’un parc ou d’un espace vert.

Proximité d’un espace vert

L’OMS suggère un accès à un espace vert public d’au moins 0,5 à 1 hectare à 300 mètres à vol d’oiseau ou à 5 minutes de marche de son domicile.

Contrairement à la norme de 30 % et à celle de 300 m, la règle proposant de pouvoir voir 3 arbres depuis chaque maison (3-30-300) ou lieu de travail n’est pas basée sur des données probantes. Elle promeut une répartition plus égalitaire sur le territoire et reflète le besoin de proximité des arbres pour toutes les personnes.

Afin de diminuer les inégalités sociales de santé, ces cibles devraient s’appliquer à l’échelle des quartiers ou des aires de diffusion et non seulement à l’échelle d’une municipalité ou d’un arrondissement.

Indice de canopée

Plusieurs villes comme Vancouver, Seattle et Barcelone ont adopté une cible de 30 % de couverture de canopée. Certaines études établissent des liens entre ce seuil et les bénéfices sur la santé. Une cible de 40 % de couverture procurerait un impact plus substantiel de rafraîchissement durant l’été. C’est la cible que Toronto et Melbourne visent.

Cependant, l’augmentation de la canopée ne devrait pas nuire à la densification des villes et contribuer à l’étalement urbain et à la perte de milieux naturels. Une ville comme Singapour démontre qu’il est possible d’être à la fois dense et verte avec 30 % de couverture de canopée, mais 47 % de recouvrement de végétation (incluant des toits verts).

Au Québec, la ville de Québec souhaite atteindre 35 % et Montréal 26 % pour 2025, Laval 27 % pour 2035 et Rosemère 45 % d’ici 2045.

Protéger et restaurer les milieux naturels

Comme le souligne les approches Une seule santé et Santé planétaire, la conservation des écosystèmes et de la biodiversité est essentielle à la santé humaine et au maintien des services écosystémiques.

La restauration de milieux naturels permet de consolider le réseau écologique ou la trame verte et de connecter les milieux naturels entre eux, au moyen de corridors écologiques ou verts. Cette connectivité est bénéfique pour la dispersion de la biodiversité, mais également pour favoriser le transport actif.

Ainsi, il faut penser « restauration » pour atténuer les dommages déjà causés aux écosystèmes, et non « déplacer » la nature à des endroits qui semblent moins poser d’entraves au développement.

Cadre mondial de la biodiversité Kunming à Montréal

En concordance avec la convention pour les milieux terrestres (cible 3), le Québec vise la protection de 30 % de son territoire dans son Plan Nature 2030. En milieu urbain et périurbain, la Communauté métropolitaine de Montréal cible également 30 % de milieux naturels protégés pour 2030. Pour en savoir plus, consultez les outils juridiques liés à la protection et la mise en valeur de territoires biologiquement significatifs.

Déminéraliser et végétaliser

Les occasions de verdissement dans les quartiers fortement minéralisés sont nombreuses. Les acteurs du verdissement des municipalités ou de la société civile peuvent développer des partenariats avec les institutions, les commerces, les industries et des particuliers. Différentes structures du cadre bâti peuvent être ciblées comme les :

  • Stationnements
  • Façades
  • Toits
  • Emprises routières

Étant donné qu’une grande partie du potentiel de verdissement se trouve en terrains privés, leurs propriétaires gagneraient à être inclus. Pour mieux intervenir, consultez notre page Lutte contre les îlots de chaleur urbains.

Diversifier la forêt urbaine pour améliorer sa résilience

Les changements climatiques favorisent la migration d’insectes ravageurs et de maladies, et modifient les conditions climatiques locales. L’épidémie d’agrile du frêne a fragilisé la forêt urbaine du sud du Québec où les espèces de frêne abondaient.

Introduire une plus grande diversité d’espèces d’arbres augmente la résilience de la forêt urbaine face aux aléas climatiques et aux risques biologiques. Cette diversification peut s’envisager de manières complémentaires :

  • En visant des caractéristiques spécifiques lors de la plantation des arbres : la taille à maturité ou la forme de la couronne, la rapidité de croissance, la tolérance à l’ombre, à la sécheresse, aux inondations ou aux sels de déglaçage (diversité fonctionnelle).
  • En intégrant des herbacées, des arbustes et des arbres de différentes hauteurs (diversité verticale).

Finalement, les espèces indigènes sont à privilégier et les plantes exotiques envahissantes sont à éviter, car elles nuisent à la biodiversité indigène.

Prévenir la maladaptation

Malgré ses nombreux avantages, le verdissement peut comporter des impacts négatifs sur la santé. Voici quatre exemples :

  • Éco-embourgeoisement ou gentrification verte : en améliorant l’attractivité des quartiers, le verdissement peut faire augmenter les valeurs foncières et causer ou renforcer l’embourgeoisement. Ce phénomène peut mener au déplacement et à l’exclusion sociale des personnes moins bien nanties. Parmi les pistes de solutions, notons l’implication des populations en situation de vulnérabilité dans les initiatives de verdissement ainsi que la planification conjointe du verdissement et du logement social. Consultez la publication Verdissement urbain et embourgeoisement.
  • Pollens allergènes : le verdissement peut accroître l’exposition de la population aux pollens allergènes émis par les arbres et la végétation. Toutefois, le potentiel allergène des arbres et des plantes n’est pas connu pour toutes les espèces. Consultez nos pages Pollens allergènes.
  • Composés organiques volatils (COV) : émis par les arbres, les COV peuvent se combiner à la pollution urbaine pour former du smog. Il est possible de les atténuer en diversifiant la composition de la forêt urbaine. Notamment, plusieurs espèces de conifères émettent peu de COV et améliorent la qualité de l’air même en hiver.
  • Zoonoses : les milieux naturels hébergent aussi des moustiques et des tiques porteuses de pathogènes responsables d’infections, comme la maladie de Lyme.

Besoin d’accompagnement?

Plusieurs spécialistes peuvent offrir un accompagnement dans les projets de verdissement :

Pour des conseils horticoles en ligne : https://espacepourlavie.ca/service-de-renseignements-horticoles

Dernière mise à jour :