Blessures associées aux activités pratiquées sur des plans d’eau naturels

Les activités pratiquées sur les plans d’eau naturels peuvent être associées à des noyades et quasi-noyades et à des blessures à la moelle épinière. La baignade et la navigation récréative comptent parmi ces activités.

Importance du problème

Noyades et quasi-noyades

Au Québec, entre 2000 et 2013, 808 décès par noyade sont survenus sur des plans d’eau naturels, ce qui représente en moyenne 57 noyades par année1. Ces noyades surviennent principalement dans un lac (37,1 %), une rivière (36,1 %) ou le fleuve (10,6 %). Les autres lieux de survenue sont notamment une chute, un ruisseau, un étang, une baie ou un barrage1. Les activités pratiquées sur les plans d’eau naturels sont également associées à des quasi-noyades, c'est-à-dire des asphyxies par submersion non mortelles. Durant la période 2006-2007 à 2015-2016, au moins 60 personnes ont été hospitalisées pour quasi-noyade en lien avec ces activités, ce qui représente en moyenne un peu moins de 6 cas par annéea,2.

Blessures à la moelle épinière

Au Québec, de 2006-2007 à 2015-2016, au moins 27 personnes ont été hospitalisées pour des blessures à la moelle épinière survenues à la suite d’un saut dans un plan d’eau naturel, ce qui représente en moyenne presque trois cas par annéeb,3. Les blessures à la moelle épinière survenues à la suite d’un saut dans l’eau sont également responsables de 11 décès entre 2000 et 2015. Les informations disponibles ne permettent cependant pas de connaître le lieu de survenue de ces décèsc,4.

Circonstances

Noyades

La baignade présente des risques accrus de noyade lorsqu’elle est associée à la consommation d’alcool. Pour les années 2000 à 2008, 21 % des adultes victimes de noyade sur un plan d’eau naturel avaient une alcoolémie supérieure à 8 mg d’alcool par 100 ml de sang au moment de l’événement5. Le fait de se baigner seul ou sans surveillance peut également accroître le risque de noyade. Pour les années 2000 à 2008, un peu plus du quart (28 %) des baigneurs victimes de noyade étaient seuls au moment de l’événement6.

La consommation d’alcool est également un facteur de risque de noyade lors de la navigation récréative. Au moins 20 % des adultes victimes de noyade liée à ce type d’activité avaient consommé de l’alcool et 11 % d’entre elles présentaient une alcoolémie supérieure à la limite légale. Cette estimation est conservatrice puisque la présence ou l’absence d’alcool n’est pas connue dans 24 % des cas5. Le non port d’un vêtement de flottaison individuel est également un facteur de risque important des noyades associées à la navigation récréative. Les statistiques disponibles montrent que huit victimes sur dix ne le portaient pas ou le portaient mal au moment de la noyade6. La pêche en bateau est l’activité la plus souvent en cause lors de noyades associées à la navigation récréative, suivi de la navigation (motorisée ou non), notamment en canot ou en kayak5.

Blessures à la moelle épinière

Une étude réalisée auprès de 44 personnes ayant subi une blessure à la moelle épinière au Québec entre 1961 et 2004 à la suite d’un saut dans un plan d’eau naturel à permis de documenter les circonstances dans lesquelles surviennent ces blessures. La majorité des sauts dans un plan d’eau naturel ayant causé une blessure à la moelle épinière ont été effectués dans un lac ou un étang (63 %) ou dans une rivière (20 %), le fond de l’eau n’était pas clairement visible dans 70 % des cas et les sauts ont été effectués dans moins de 1,4 m d’eau dans 79 % des cas7. De plus, dans un certain nombre de cas, les blessés ont rapporté avoir consommé de l’alcool au moment de l’événementd,7.

Mesures de prévention

Différentes mesures de prévention peuvent être mises en place afin de réduire le nombre de noyades, de quasi-noyades et de blessures à la moelle épinière attribuables à la baignade et à la navigation récréative sur les plans d’eau naturels : ne pas consommer d’alcool, éviter de se baigner seul ou sans surveillance, examiner l’aire de baignade pour évaluer les risques (ex. courant fort, profondeur insuffisante pour plonger de façon sécuritaire) et porter un vêtement de flottaison pour tous ceux qui sont dans une embarcation lors de la navigation récréative6.

Réglementation en vigueur

La réglementation applicable à la navigation récréative, tel que la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada et ses règlements connexes, est de juridiction fédérale. Vous trouverez davantage d’information sur le site du Bureau de la sécurité nautique de Transport Canada.

Pour en savoir plus

a. Puisque le lieu de survenue est indéterminé pour 84 des 375 quasi-noyades survenues au Québec entre 2006-2007 et 2015-2016, le nombre d’hospitalisations attribuables à une quasi-noyade survenue dans un plan d’eau naturel pourrait être plus élevé.

b. Puisque le lieu de survenue des sauts dans l’eau provoquant une blessure à la moelle épinière est indéterminé pour 10 des 58 cas survenus au Québec entre 2006-2007 et 2015-2016, le nombre d’hospitalisations attribuables à une blessure à la moelle épinière suite à un saut dans un plan d’eau naturel pourrait être plus élevé.

c. Le lieu de survenue des décès résultant d’une blessure à la moelle épinière liée à un saut dans l’eau est inconnu. Les événements à l’origine de ces blessures ont pu survenir dans une piscine résidentielle, dans un bain public ou dans un plan d’eau naturel.

d. Parmi les 89 personnes interrogées ayant subi une blessure à la moelle épinière à la suite d’un saut dans une piscine (résidentielle ou publique) ou dans un plan d’eau naturel au Québec entre 1961 et 2004, 47 % ont rapporté avoir consommé de l’alcool au moment des événements. Les données disponibles ne permettent cependant pas de distinguer la part de ces personnes ayant effectué un saut dans un plan d’eau naturel.

Références

  1. Tremblay, B. (2016). Proportion de noyades en eau libre et lieux. Fichier de la banque de données du coroner (2000-2013). Direction de la promotion de la sécurité en loisir et sport, ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Demande spéciale.
  2. Gagné, M. (2017). Hospitalisations pour quasi-noyades. Fichier Med-Écho (2006-2007 à 2015-2016). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  3. Gagné, M. (2017). Hospitalisations attribuables à un saut dans l’eau provoquant une lésion médullaire. Fichier Med-Écho (2006-2007 à 2015-2016). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  4. Gagné, M. (2018). Décès attribuables à un saut dans l'eau provoquant une lésion traumatique autre que noyade ou submersion (2000-2015). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  5. Tremblay, B., Lafleur, J., Mervier-Brulotte, H. et Turner, S. (2010). Faits saillants sur les noyades et les autres décès liés à l’eau au Québec de 2000 à 2008 – Édition 2010. Trois-Rivières, Direction de la promotion de la sécurité, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. http://www.education.gouv.qc.ca/references/publications/resultats-de-la-recherche/detail/article/faits-saillants-sur-les-noyades-et-les-autres-deces-lies-a-leau-au-quebec-de-2000-a-2008-ed/
  6. Sergerie, D. et Turner S. (Page consultée le 6 janvier 2017). Prévention des noyades et des quasi-noyades. [en ligne], www.inspq.qc.ca/prevention-traumatismes/noyades-et-quasi-noyades
  7. Barss, P., Djerrari, H., Leduc, B. E., Lepage, Y. et Dionne, C. E. (2008). Risk factors and prevention for spinal cord injury from diving in swimming pools and natural sites in Quebec, Canada: a 44-year study. Accident, Analysis and Prevention, 40(2), 787‑797.