Conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool

Selon les plus récentes statistiques publiées par la Société de l’assurance automobile du Québec (2019), 359 personnes sont décédées sur les routes du Québec en 2018. La conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool demeure la principale cause de décès sur les routes. Parmi les conducteurs décédés testés en 2017, 30,3 % avaient un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise de 80 mg d’alcool par 100 ml de sang1.

Selon plusieurs études - dont une étude québécoise - conduire avec une alcoolémie variant entre 51 et 80 mg/100 ml de sang augmente d’environ quatre fois le risque de collision mortelle2. Le risque de collision mortelle s’accroit de manière exponentielle au fur et à mesure que l’alcoolémie augmente; le risque est de 23,9 et 176,5 pour des taux d’alcoolémie variant entre 81-150 mg/100 ml et 151-210 mg/100 ml3. Malgré le risque entrainé par ce comportement, la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool demeure un comportement encore bien répandu au Québec. Selon un sondage réalisé en 2012 par la Fondation de recherche sur les blessures de la route, 17,6 % des Québécois ont admis avoir conduit après avoir consommé de l’alcool au cours des 30 derniers jours et 5,7 % ont admis avoir conduit même s’ils croyaient dépasser la limite permise au Code de la sécurité routière au cours des 12 derniers mois4.

Le Québec s’est toujours attaqué intensément à la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. Des règlements plus sévères et des mesures plus rigoureuses tels que des programmes d’application sélective de la loi, la tolérance zéro pour les nouveaux conducteurs, la suspension du permis de conduire, les campagnes de sensibilisation et le programme d’antidémarreur éthylométrique ont été implantés. Au cours des dernières années, différentes mesures ont été recommandées afin de continuer les progrès faits en matière de lutte contre l’alcool au volant au Québec :

  • Introduire un article au Code de la sécurité routière afin d’abaisser le taux d’alcoolémie permis pour conduire un véhicule à 50mg/100ml pour tous les conducteurs non assujettis au permis probatoire5,6.
  • Développer une stratégie devant mener à l’introduction de l’antidémarreur éthylométrique dans les normes de sécurité pour la construction des véhicules7,8.
  • Mettre en œuvre les moyens permettant d’instituer le dépistage aléatoire de l’alcool au volant9.
  • Accentuer la réalisation de programmes d’application sélective de la règlementation au regard de la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool9.

La mise en œuvre de ces mesures permettrait de faire des gains supplémentaires en matière de lutte contre l’alcool au volant et de sauver des vies3,10.

Pour en savoir plus

Références

  1. Société de l’assurance automobile du Québec (2019). Bilan routier 2018. Société de l’assurance automobile du Québec.https://saaq.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/bilan-routier-2018.pdf
  2. Dussault, C., Brault, M., Bouchard, J. et Lemire, A. M. (2004). Le rôle de l’alcool et des autres drogues dans les accidents mortels au Québec – Résultats préliminaires. Québec, Société de l’assurance automobile du Québec.
  3. Blais, É. et Maurice, P. (2010). Réduction de la limite d’alcool permise dans le sang pour la conduite d’un véhicule automobile. Direction du développement des individus et des communautés, Institut national de santé publique du Québec.
    http://www.inspq.qc.ca/publications/1054
  4. Fondation de recherche sur les blessures de la route (2012). Sondage sur la sécurité routière de 2012 : l’alcool au volant au Canada par région : tendances. Ottawa. http://www.tirf.org/publications/PDF_publications/RSM_2012_Drinking_Driv...
  5. Blais, É, Lavoie, M. et Maurice, P. (2010). Mémoire déposé à la Commission des transports et de l’environnement dans le cadre des consultations sur le projet de loi no 71, loi modifiant le Code de la sécurité routière et d’autres dispositions législatives. Direction du développement des individus et des communautés, Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1053_MemoireSecuriteRoutiere.pdf
  6. Table québécoise de la sécurité routière (2009). Deuxième rapport de recommandations. Pour poursuivre l’amélioration du bilan routier. Table québécoise de la sécurité routière.
  7. Table québécoise de la sécurité routière (2007). Pour améliorer le bilan routier. Premier rapport de recommandations de la Table québécoise de la sécurité routière. Table québécoise de la sécurité routière.
  8. Blais, É. et Maurice, P. (2018). Antidémarreur éthylométrique et conduite avec les facultés affaiblies : efficacité des programmes et recommandations pour en maximiser l’impact. Direction du développement des individus et des communautés, Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/publications/2394
  9. Table québécoise de la sécurité routière (2013). Troisième rapport de recommandations. Pour des routes de plus en plus sécuritaires. Table québécoise de la sécurité routière, ministère des Transports du Québec.
  10. Blais, É., Sergerie, D. et Maurice, P. (2013). The effect of ignition interlock programs on drinking-and-driving: a systematic review. Dans les Actes du colloque de la 23e Conférence Canadienne Multidisciplinaire en Sécurité Routière. Montréal: Québec. 26-29 mai.