Conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool
La conduite avec les facultés affaiblies est un des enjeux importants liés à la consommation d’alcool à court terme. Année après année, plusieurs centaines de personnes décèdent sur les routes du Québec et l’usage de l’alcool est l’un des facteurs qui contribuent le plus à ces décès.
La capacité de conduire de manière sécuritaire est affectée de manière exponentielle au fur et à mesure que la quantité d’alcool présente dans le sang augmente. Un taux d’alcool égal ou supérieur à 50 mg par 100 millilitres de sang (50 mg/100 ml, aussi connu sous l’appellation « 0,05 ») est associé à une diminution de la coordination et de l’attention, à une augmentation du temps de réaction et à des difficultés à bien détecter les dangers potentiels. Cela contribue à accroître les risques de collision.
Des résultats issus d’une étude québécoise montrent que la conduite d’un véhicule motorisé avec un taux d’alcool dans le sang variant entre 50 et 80 mg/100 ml (donc, une alcoolémie entre « 0,05 » et « 0,08 ») augmente d’environ quatre fois le risque de collision mortelle par rapport à une conduite sans consommation d’alcool (1).
Recommandations internationales plus strictes
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de fixer à 50 mg/100 ml ou moins le taux d’alcool dans le sang permis pour la conduite d’un véhicule motorisé et à 20 mg/100 ml ou moins pour les conducteurs moins expérimentés. En 2010, un avis scientifique de l’INSPQ avait aussi recommandé l’abaissement du taux d’alcool dans le sang permis pour conduire un véhicule motorisé à 50 mg/100 ml.
Particularités québécoises
Au Canada, en vertu du Code criminel, la limite légale du taux d’alcool pour conduire un véhicule motorisé est de 80 mg/100 ml (« 0,08 »). Au-delà de celle-ci, les conducteurs reconnus coupables d’une telle infraction se voient imposer un dossier criminel et des sanctions comme une amende, une interdiction de conduire et même l’emprisonnement, selon la gravité de la faute, les conséquences de la collision et le cas échéant, le nombre de récidives.
En plus de ces sanctions, toutes les provinces canadiennes, sauf le Québec, imposent des sanctions administratives (ex. : suspension du permis, saisie du véhicule, obligation de suivre un programme de réadaptation lorsqu’un conducteur est intercepté alors qu’il présente un taux d’alcool dans le sang supérieur à 50 mg/100 ml [40 mg/100 ml pour la Saskatchewan]). Au Québec, ces sanctions ne s’appliquent que lorsque le taux d’alcool dans le sang est supérieur ou égal à 80 mg/100 ml. Néanmoins, au Québec, diverses autres mesures de dissuasion et de contrôle sont en place.
Mesures de dissuasion et de contrôle
Le gouvernement du Québec a progressivement intensifié ses actions en vue de réduire la conduite avec facultés affaiblies :
- La tolérance zéro pour les titulaires d’un permis, âgés de moins de 22 ans, ou ceux possédant un permis d’apprenti conducteur ou probatoire.
- La suspension du permis de conduire dès la première arrestation, qui peut aussi être suivie par une interdiction de conduire ou sa révocation après la déclaration de culpabilité criminelle.
- L’utilisation d’un antidémarreur éthylométrique, soit d’un dispositif empêchant le démarrage du véhicule si la personne qui le conduit présente un taux d’alcool dans le sang supérieur à un seuil prédéfini. Consultez notre avis scientifique qui recommande l’intensification du recours à ce mécanisme par les personnes dont les comportements liés à la consommation d’alcool représentent un risque pour la sécurité routière.
Références
- Brault, M., Dussault, C., Bouchard, J., & Lemire, A. M. (2004). Le rôle de l’alcool et des autres drogues dans les accidents mortels de la route au Québec : Résultats finaux. Société de l’assurance automobile du Québec.