Mise à jour de la section Statistiques : 12 mai 2022

Ampleur chez les jeunes

Faits saillants

  • Au Québec, environ 1 femme sur 9 et 1 homme sur 20 ont déclaré avoir subi une agression sexuelle par une personne adulte avant l’âge de 15 ans.
  • Les jeunes représentent la majorité des victimes d’infractions sexuelles enregistrées par les services de police.
  • Les filles sont de 3 à 5 fois plus nombreuses à être victimes d’agression sexuelle que les garçons, même si ces derniers en sont aussi victimes.
  • Les filles sont plus souvent victimes d’infractions sexuelles à l’adolescence, alors que les garçons le sont davantage pendant l’enfance.
  • Les agressions sexuelles commises sur les jeunes se manifestent majoritairement par des contacts sexuels et sont souvent multiples.
  • Dans près de 9 cas sur 10, les agressions sexuelles sont commises par une personne connue de la jeune victime, comme un ou une membre de la famille, une connaissance, un ou une amie, un ou une partenaire intime.
  • Dans les dernières années, au Québec, on remarque une hausse importante du nombre d’infractions de publication non consensuelle d’images intimes, de pornographie juvénile et de leurre d’enfants.

Quelle est l’ampleur des agressions sexuelles chez les jeunes?

Les données des services de protection de la jeunesse ne peuvent pas être utilisées pour connaître l’ampleur exacte des agressions sexuelles, considérant que le nombre connu d’enfants victimes des services de protection de l’enfance au Canada ne correspond qu’à environ 10 % des victimes d’agression sexuelle à l’enfance(1). Les taux d’incidence peuvent être influencés par :

  • La décision de la victime ou de l’entourage de signaler ou non l’agression sexuelle aux autorités;
  • La décision des services de protection de retenir ou non le signalement;
  • La décision de juger les faits fondés ou non par les services de protection(2).

Au Québec, entre avril 2021 et mars 2022, 2 208 enfants ont été pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en raison de situations d’agression sexuelle ou de situations de risque sérieux d’agression sexuelle jugées fondées et compromettant la sécurité ou le développement de l’enfant(3). En 2014, selon l’Étude d’incidence québécoise sur les signalements évalués en protection de la jeunesse (ÉIQ), 43 nouveaux cas d’agression sexuelle par 100 000 enfants ont été signalés et jugés fondés par les services de protection de la jeunesse, représentant 4 % de toutes les situations de maltraitance envers les enfants(4). À l’échelle canadienne, ce taux est de 45 cas par 100 000 enfants en 2019, représentant 3 % de tous les cas de maltraitance(5).

Au Québec, en 2019, les personnes âgées de moins de 18 ans représentaient la majorité (62 %) de toutes les victimes d’infractions sexuelles enregistrées par les services policiers, pour un total de 5 636 infractions (voir la section Sources et considérations méthodologiques pour en apprendre davantage sur la mesure des infractions sexuelles). Pour la même période, les personnes mineures représentaient un peu moins de la moitié (46 %) des victimes d’agression sexuelle, totalisant 2 589 personnes, alors qu’elles formaient la très grande majorité (91 %) des victimes des autres infractions sexuelles, totalisant 3 047 personnes(6).

Au Québec, en 2018, 11 % des femmes et 4 % des hommes ont déclaré avoir subi au moins une agression sexuelle commise par une personne adulte avant l’âge de 15 ans, représentant 7,5 % de la population québécoise, selon les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP)(7). Au Canada, les prévalences sont similaires, considérant que 12 % des femmes et 4 % des hommes en ont aussi déclaré avant l’âge de 15 ans, représentant 7,8 % de la population canadienne(7). En 2019, au Canada, les données de l’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation rapportent que 10 % des femmes et 3 % des hommes ont déclaré avoir subi une agression sexuelle avant l’âge de 15 ans de la part d’une personne adulte, représentant 6 % de la population canadienne(8). Il est important de noter que les deux enquêtes excluent toutefois de leur prévalence les agressions sexuelles commises par d’autres jeunes et par des partenaires intimes (voir la section Sources et considérations méthodologiques pour en apprendre davantage sur les mesures de l’agression sexuelle vécue à l’enfance).

Plusieurs études québécoises, menées à l’aide d’échantillons représentatifs de jeunes de 14 ans et plus, nous renseignent aussi sur la prévalence d’agressions sexuelles autodéclarées à l’enfance. Selon l’une d’elles, soit l’enquête Parcours amoureux des jeunes (PAJ) dont la collecte de données s’est déroulée en 2010-2011, près de 15 % des filles et 4 % des garçons de 14 à 18 ans ont déclaré avoir vécu une agression sexuelle avec contact durant l’enfance(9). En 2016-2017, l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) a rapporté que 6 % des jeunes de 14 ans et plus ont déclaré avoir été contraintes et contraints à une relation sexuelle non désirée (orale, vaginale ou anale) au cours de leur vie. La prévalence est cinq fois plus élevée chez les filles (10 %) que chez les garçons (2 %)(10).

Certaines études populationnelles rapportent des prévalences d’agression sexuelle qui incluent plus largement des violences sexuelles (en incluant par exemple le harcèlement sexuel et l’exhibitionnisme), alors que les données rapportées par les services de protection de la jeunesse et les services policiers s’appuient sur une définition plus restrictive des agressions sexuelles (avec contact ou avec pénétration). Ces différences de mesure peuvent expliquer en partie les prévalences autodéclarées d’agression sexuelle plus élevées dans certaines études populationnelles(11).

L’étude québécoise la plus récente documentant la prévalence d’agression sexuelle avant l’âge de 18 ans à partir d’un échantillon représentatif de la population adulte remonte à 2006. Dans cette étude, plus d’une femme sur cinq (22 %) et un homme sur 10 (10 %) ont rapporté avoir été victime d’au moins une agression sexuelle avec contact à l’enfance, représentant 16 % de la population québécoise(12). D’autres études analysant des données colligées dans plusieurs pays, dont le Canada et les États-Unis, rapportent que la proportion de la population à avoir été victime d’agression sexuelle avec contact dans l’enfance est de 20 % chez les femmes et de 8 % chez les hommes(11,13). Une autre étude qui rapporte des données de 24 pays établit les prévalences d’agression sexuelle avant l’âge de 18 ans de 8 % à 31 % chez les filles et de 3 % à 17 % chez les garçons. Ces écarts s’expliquent notamment par les différentes formes d’agression sexuelle prises en compte, soit avec contact, sans contact, activité sexuelle forcée et agression sexuelle mixte(14).

Qui sont les jeunes victimes d’agression sexuelle?

Au Québec, dans la majorité des cas d’agression sexuelle jugés fondés par les services de protection de la jeunesse, la victime était une fille (77 %). Plus de la moitié des victimes mineures (51 %) étaient âgées de 12 à 17 ans, alors que le tiers (32 %) étaient âgées de 6 à 11 ans. Les filles de 12 à 17 ans et celles de 6 à 11 ans font partie des groupes d’âge les plus surreprésentés parmi les victimes mineures d’agression sexuelle, représentant respectivement 46 % et 20 % des enfants ayant vécu une agression sexuelle évaluée comme fondée par les services de protection de la jeunesse(4).

Au Québec, en 2020, selon les données rapportées par Statistique Canada, le nombre d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers était cinq fois plus grand chez les filles que chez les garçons de moins de 18 ans (4 360 infractions comparativement à 780). Tout comme les cas d’agression sexuelle rapportés par les services de protection, les infractions sexuelles commises sur des filles ont fait davantage de victimes à l’adolescence (73 % des filles victimes avaient entre 12 et 17 ans), alors que les garçons ont été plus souvent victimes dans leur enfance (57 % des garçons victimes avaient moins de 12 ans)(15). Parmi l’ensemble des victimes d’infractions sexuelles déclarées en 2019, les 15 à 17 ans affichaient la proportion la plus élevée de victimes d’agression sexuelle (18 %), alors que les 12 à 14 ans et les 6 à 11 ans affichaient les proportions les plus élevées de victimes des autres types d’infractions sexuelles (36 % étaient âgées de 12 à 14 ans et 26 % de 6 à 11 ans; voir tableau 1)(6).

Selon les données d’études populationnelles, les femmes sont de trois à cinq fois plus nombreuses que les hommes à rapporter avoir vécu au moins une agression sexuelle dans leur enfance(7-9).

Quels sont les formes et les niveaux de gravité des agressions sexuelles chez les jeunes victimes?

En 2014, selon les données rapportées par les services de protection de l’enfance du Québec, les types d’agression sexuelle commis dans les cas d’incidents fondés étaient principalement des attouchements sexuels (50 %), suivi des agressions sexuelles avec pénétration (14 %) et des agressions sexuelles orales (11 %)(4). La majorité des enfants ayant vécu une agression sexuelle évaluée comme fondée par les services de protection ont vécu des incidents multiples (69 %).Comparativement aux autres catégories de maltraitance, ces enfants sont aussi celles et ceux qui présentaient des séquelles psychologiques en plus grande proportion (55 %). Dans la presque totalité des cas (97 %), les enfants victimes ne présentaient pas de blessures physiques, représentant par le fait même la catégorie de maltraitance qui entraînait le moins de blessures physiques(4). Toutefois, il importe de souligner que, selon les données des services de protection de la jeunesse, 16 % de l’ensemble des enfants avec incident fondé de maltraitance cumulaient plusieurs formes de maltraitance ou de troubles de comportement(4). Ainsi, il est possible que les conséquences psychologiques vécues par les enfants victimes d’agression sexuelle puissent découler d’un nombre considérable d’autres facteurs non attribuables uniquement à l’agression sexuelle, si l’on considère par exemple la possibilité que l’enfant puisse avoir été victime d’autres formes de maltraitance.

En 2020, selon les données des services de police rapportées par Statistique Canada, les agressions sexuelles armées (niveau 2) ou graves (niveau 3) représentaient moins d’un pour cent de toutes les infractions sexuelles enregistrées, et ce, autant au Québec qu’au Canada(15). En 2019, selon les données policières publiées par le ministère de la Sécurité publique du Québec, on dénombre 2 539 enfants victimes d’agression sexuelle simple (niveau 1), 36 enfants victimes d’agression sexuelle armée (niveau 2) et 5 enfants victimes d’agression sexuelle grave (niveau 3). Les contacts sexuels, le leurre d’enfants, l’incitation à des contacts sexuels et la publication non consensuelle d’images intimes sont les autres infractions d’ordre sexuel rapportées par les services de police en plus grand nombre (voir le tableau 1)(6).

Tableau 1 - Personnes mineures (0 à 17 ans) victimes d’infractions sexuelles déclarées par la police au Québec selon l’âge et le type d’infraction, 2019

Infractions sexuelles*   6 à 11 ans 12 à 14 ans 15 à 17 ans Total
N % N % N % N % N %

Total agressions sexuelles

295

5,2

512

8,9

780

13,6

993

17,4

2 589

45,7

Agression sexuelle simple (niveau 1)

294

5,3

507

9,1

762

13,6

976

17,5

2 539

45,5

Agression sexuelle armée (niveau 2)

1

0,9

4

3,7

16

15,0

15

14,0

36

33,6

Agression sexuelle grave (niveau 3)

0

0,0

1

3,7

2

7,4

2

7,4

5

18,5

Total autres infractions d’ordre sexuel

428

12,6

861

25,4

1 198

35,3

560

16,5

3 047

90,8

Contacts sexuels

379

20,2

628

33,4

627

33,4

221

11,8

1 855

98,7

Incitation à des contacts sexuels

28

12,0

67

28,8

107

45,9

29

12,4

231

99,1

Exploitation sexuelle

0

0,0

1

3,7

2

7,4

24

88,9

27

100,0

Inceste

14

36,8

16

42,1

2

5,3

1

2,6

33

86,8

Corruption d’enfants

1

4,8

18

85,7

2

9,5

0

0,0

21

100,0

Leurre

0

0,0

86

15,7

300

54,7

158

28,8

544

99,3

Publication non consensuelle d’images intimes

3

0,8

7

1,8

86

22,2

90

23,2

186

47,9

Rendre accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite

2

2,7

22

30,1

31

42,5

18

24,7

73

100,0

Voyeurisme

0

0,0

7

4,7

32

21,5

12

8,1

51

34,2

* Sélection non exhaustive des infractions sexuelles
Les données présentées sont des données provisoires.
Source : Ministère de la Sécurité publique (2021). Criminalité au Québec - Infractions sexuelles en 2019, [en ligne], Québec, Ministère de la Sécurité publique (consulté le 13 janvier 2022).

Qui sont les personnes auteures des agressions sexuelles?

Au Canada, en 2020, selon les données policières, l’auteur présumé était connu de la victime mineure dans près de neuf cas d’infraction sexuelle sur dix (89 %). L’infraction sexuelle était le plus souvent commise par un ou une membre de la famille (39 %), une connaissance (24 %), un ami ou une amie (11 %), un étranger ou une étrangère (11 %), puis par un ou une partenaire intime actuelle ou ancienne (9 %; voir graphique 1)(16).

Graphique 1 - Répartition (en %) des personnes mineures (0 à 17 ans) victimes d’infractions sexuelles rapportées par la police selon la relation de la victime avec l’auteur présumé, Canada, 2020

 

* Inclut les (ex-) conjointes et (ex-) conjoints mariés ou de fait, les (ex-) petites amies et (ex-) petits amis, les (ex-) partenaires intimes, les personnes avec lesquelles une relation de nature sexuelle était entretenue, qu’elles cohabitent ensemble ou non.
** Inclut les personnes avec un lien inconnu et les autres personnes non apparentées.
Source : Statistique Canada (2021). « Victimes de crimes violents et de délits de la route causant la mort ou des lésions corporelles commis par des membres de la famille et d’autres personnes, selon l’âge et le genre de la victime, le lien précis de l’auteur présumé avec la victime, et le type d’infraction » (consulté le 28 février 2022).

Les filles étaient proportionnellement plus nombreuses à être victimes d’infractions sexuelles de la part d’un partenaire intime (actuel ou ancien) ou d’une connaissance, alors que les garçons l’étaient davantage par un membre de la famille immédiate (voir tableau 2)(16). Par ailleurs, les données de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (EQSJS) de 2016-2017 révèlent que, parmi les jeunes de 14 ans et plus du secondaire, trois fois plus de jeunes ont rapporté avoir été victimes d’agression sexuelle par un autre jeune (4,5 %) que par un adulte (1,5 %)(10).

Tableau 2 - Personnes mineures (0 à 17 ans) victimes d’infractions sexuelles déclarées par la police au Canada selon le genre de la victime et le lien avec l‘auteur présumé, Canada, 2020

Auteur présumé Filles Garçons Total
Nombre % Nombre % Nombre %

Total membre de la famille

6 065

38,2

1 334

46,7

7 235

38,5

Parent

2 427

15,3

554

19,4

2 984

15,9

Frère ou sœur

1 240

7,8

363

12,7

1 606

8,6

Autre membre de la famille

2 217

14,0

417

14,6

2 645

14,1

Total personne connue non apparentée

8 066

50,8

1 209

42,3

9 290

49,5

Partenaire intime (actuel ou actuelle ou ancien ou ancienne)*

1 616

10,2

62

2,2

1 679

8,9

Ami ou amie

1 799

11,3

312

10,9

2 111

11,2

Connaissance

3 961

24,9

595

20,8

4 569

24,3 

Symbole d’autorité

690

4,3

240

8,4

931

5,0

Étranger ou étrangère

1 759

11,1

288

10,1

2 048

10,9

Autres**

178

1,1

25

0,9

204

1,1

TOTAL

15 887

100,0

2 856

100,0

18 777

100,0

* Inclut les (ex-) conjointes et (ex-) conjoints mariés ou de fait, les (ex-) petites amies et (ex-) petits amis, les (ex-) partenaires intimes, les personnes avec lesquelles une relation de nature sexuelle était entretenue, qu’elles cohabitent ensemble ou non.
** Inclut les personnes avec un lien inconnu et les autres personnes non apparentées.
Source : Statistique Canada (2021). « Victimes de crimes violents et de délits de la route causant la mort ou des lésions corporelles commis par des membres de la famille et d’autres personnes, selon l’âge et le genre de la victime, le lien précis de l’auteur présumé avec la victime, et le type d’infraction » (consulté le 28 février 2022).

Au Québec, en 2019, la majorité des infractions d’agressions sexuelles (niveaux 1 à 3) et des autres infractions d’ordre sexuel (contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels, leurre d’enfant, inceste, rendre accessible à un enfant du matériel sexuellement explicite et voyeurisme) ont été commises par des hommes (plus de 90 % des cas). La proportion des femmes auteures était plus élevée pour les infractions suivantes : publication non consensuelle d’images intimes (16,7 %) et exploitation sexuelle (25,0 %)(6). Selon les données de l’Enquête sociale générale sur la victimisation, en 2019, la grande majorité des personnes qui ont rapporté avoir été victimes d’agression sexuelle durant l’enfance — et dont l’agresseur était d’âge adulte — ont mentionné qu’un homme en était l’auteur (dans 96 % des cas chez les femmes et 84 % chez les hommes)(8).

Évolution des taux d’agressions sexuelles chez les jeunes

Au Québec, en 2019, le nombre de victimes mineures d’agression sexuelle a progressé de façon plus marquée que celui des victimes adultes comparativement à 2018, avec des hausses de 9,5 % pour les jeunes et de 4,3 % pour les adultes(6).

Au Canada, certaines infractions sexuelles rapportées par la police ont connu une augmentation marquée au cours des dernières années. C’est le cas notamment de la pornographie juvénile, du leurre d’enfants au moyen d’un ordinateur et de la publication non consensuelle d’images intimes. Les données sur les tendances des crimes déclarés par la police révèlent une hausse importante du nombre d’affaires de pornographie juvénile (accès, possession, production et distribution de pornographie juvénile), passant de 5 375 cas en 2019 à 7 274 en 2020, soit une hausse de 35 %. Il s’agit d’une augmentation de 75 % comparativement au nombre d’infractions rapportées en 2016 (4 164 cas). Le leurre d’enfants au moyen d’un ordinateur a aussi connu une augmentation importante, passant de 1 461 cas en 2019, à 1 736 en 2020, soit une hausse de 18 %. Il s’agit d’une augmentation de 57 %, lorsque comparée au nombre d’infractions recensées en 2016 (1 108 cas)(17). À la suite de l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité en 2015, la publication non consensuelle d’images intimes est désormais considérée comme une infraction au Code criminel qui, de surcroit, connaît aussi une augmentation marquée dans les dernières années. Au Canada, le nombre d’infractions de publication non consensuelle d’images intimes est passé de 726 en 2019, à 827 en 2020, soit une hausse de 14 %(17).

Au Québec, une hausse du nombre d’infractions de publication non consensuelle d’images intimes, de pornographie juvénile et de leurre d’enfants a aussi été rapportée par les données des services de police depuis 2016 (voir le graphique 2)(18).

Graphique 2 - Évolution du nombre d’infractions de publication non consensuelle d’images intimes, de pornographie juvénile et de leurre d’enfants au Québec, de 2016 à 2020

En raison de la complexité des affaires de cybercriminalité, les données sur la pornographie juvénile représentent probablement le nombre d’enquêtes actives ou closes pour l’année plutôt que le nombre total d’affaires signalées à la police(17).

 

Source : Statistique Canada (2021). « Statistiques des crimes fondés sur l’affaire, par infractions détaillées, Canada, provinces, territoires et régions métropolitaines de recensement », dans Statistique Canada, [en ligne] (consulté le 24 février 2022).

 

Références

  1. Afifi, T. O., H. L. MacMillan, T. Taillieu, K. Cheung, S. Turner, L. Tonmyr et W. Hovdestad (2015). « Relationship between child abuse exposure and reported contact with child protection organizations: Results from the Canadian Community Health Survey », Child Abuse & Neglect, vol. 46, p. 198‑206.
  2. Collin-Vézina, D., et D. Turcotte (juin 2011). L’abus sexuel envers les enfants au Canada : Les victimes, les auteurs et les contextes. Communication orale, Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et des conduites excessives. La Malbaie : Québec.
  3. Directeurs de la protection de la jeunesse (2022). Bilan des directeurs de la protection de la jeunesse/directeurs provinciaux 2022 [en ligne] (consulté le 12 août 2022).
  4. Hélie, S., D. Collin-Vézina, D. Turcotte, N. Trocmé et N. Girouard (2017). Étude d’incidence québécoise sur les situations évaluées en protection de la jeunesse en 2014, [en ligne], Montréal, Centre jeunesse de Montréal - Institut universitaire (consulté le 10 décembre 2021).
  5. Fallon, B., et al (2021). Denouncing the continued overrepresentation of First Nations children in Canadian child welfare: Findings from the First Nations/Canadian Incidence Study of Reported Child Abuse and Neglect - 2019, [en ligne], Ontario, Assembly of First Nations (consulté le 15 décembre 2021).
  6. Ministère de la Sécurité publique (2021). Criminalité au Québec - Infractions sexuelles en 2019, [en ligne], Québec, Ministère de la Sécurité publique (consulté le 13 janvier 2022).
  7. Cotter, A., et L. Savage (2019). La violence fondée sur le sexe et les comportements sexuels non désirés au Canada, 2018 : Premiers résultats découlant de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés, [en ligne], Statistique Canada, « Juristat » (consulté le 10 décembre 2021).
  8. Cotter, A. (2021). La victimisation criminelle au Canada, 2019, [en ligne], Statistique Canada, « Juristat » (consulté le 10 décembre 2021).
  9. Hébert, M., L. M. Amédée, M. Blais et A. Gauthier-Duchesne (2019). « Child sexual abuse among a representative sample of Quebec high school students: Prevalence and association with mental health problems and health-risk behaviors », The Canadian Journal of Psychiatry, vol. 64, n° 12, p. 846‑854.
  10. Institut de la statistique du Québec (2018). Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017. Résultats de la deuxième édition. Tome 2 : L’adaptation sociale et la santé mentale des jeunes, [en ligne], Québec, Institut de la statistique du Québec (consulté le 14 février 2022).
  11. Pereda, N., G. Guilera, M. Forns et J. Gómez-Benito (2009). « The prevalence of child sexual abuse in community and student samples: A meta-analysis », Clinical Psychology Review, vol. 29, n° 4, p. 328‑338.
  12. Tourigny, M., M. Hébert, J. Joly, M. Cyr et K. Baril (2008). « Prevalence and co‐occurrence of violence against children in the Quebec population », Australian and New Zealand Journal of Public Health, vol. 32, n° 4, p. 331‑335.
  13. Stoltenborgh, M., M. H. van IJzendoorn, E. M. Euser et M. J. Bakermans-Kranenburg (2011). « A global perspective on child sexual abuse: Meta-analysis of prevalence around the world », Child Maltreatment, vol. 16, n° 2, p. 79‑101.
  14. Barth, J., L. Bermetz, E. Heim, S. Trelle et T. Tonia (2013). « The current prevalence of child sexual abuse worldwide: A systematic review and meta-analysis », International Journal of Public Health, vol. 58, n° 3, p. 469‑483.
  15. Statistique Canada (2021). « Victimes de crimes violents déclarées par la police et de délits de la route causant la mort ou des lésions corporelles, selon le type d’infraction, le sexe de la victime et l’âge de la victime », dans Statistique Canada, [en ligne] (consulté le 24 février 2022).
  16. Statistique Canada (2021). « Victimes de crimes violents et de délits de la route causant la mort ou des lésions corporelles commis par des membres de la famille et d’autres personnes, selon l’âge et le genre de la victime, le lien précis de l’auteur présumé avec la victime, et le type d’infraction », dans Statistique Canada, [en ligne] (consulté le 28 février 2022).
  17. Moreau, G. (2021). Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2020, [en ligne], Statistique Canada, « Juristat » (consulté le 13 janvier 2022).
  18. Statistique Canada (2021). « Statistiques des crimes fondés sur l’affaire, par infractions détaillées, Canada, provinces, territoires et régions métropolitaines de recensement », dans Statistique Canada, [en ligne] (consulté le 24 février 2022).

Auteures : Maude Lachapelle et Dominique Gagné, conseillères scientifiques, INSPQ
Collaboration : Dave Poitras, conseiller scientifique spécialisé, INSPQ

Dernière mise à jour : 

12 mai 2022