Violence conjugale et grossesse

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Illustration : Sophie Casson

Messages clés à transmettre aux futurs parents

Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les futurs parents, selon un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Il est à noter que cette section ne constitue pas un résumé de la fiche.

Les messages sont formulés de façon à s’adresser directement aux futurs parents, que ce soit lors d’un suivi individuel ou lors d’une rencontre prénatale de groupe. Ils sont précédés d'un porte-voix et suivis d’une explication plus complète. En cliquant sur les mots soulignés dans le texte, vous serez dirigé vers la section de la fiche détaillée qui traite de ce thème.

Il se peut que le fait d’aborder le thème de la violence conjugale crée un inconfort ou provoque des réactions chez les futurs parents participant aux rencontres prénatales. Il est possible que certaines personnes au sein du groupe aient été ou soient victimes de violence conjugale ou y aient été exposées lors de leur enfance. Une réflexion sur le soutien à offrir à ces personnes et aux façons de les aborder devra être envisagée avant la tenue des rencontres prénatales.

La violence conjugale est un problème préoccupant, qui peut être présent pendant la grossesse ou après la naissance du bébé.

La violence entre partenaires amoureux est un problème pour certains couples. Elle cause du tort à la santé de la femme enceinte et à celle du bébé, pendant la grossesse et après sa naissance. Les conséquences pour la femme et pour le bébé peuvent durer longtemps et perturber plusieurs aspects de leur vie.

Certaines difficultés liées à la grossesse (p. ex. : ambivalence face à la grossesse, appréhension des changements à venir) et à l’arrivée du bébé (ex. : soins à donner au bébé, fatigue, adaptation à la nouvelle vie de parents) peuvent parfois augmenter le stress et faire augmenter la violence chez certains couples.

Il arrive souvent que les couples qui vivent de la violence avant la grossesse et pendant que la femme est enceinte continuent de vivre de la violence après la naissance du bébé. La violence peut même se poursuivre après qu’un couple se soit séparé.

La violence conjugale prend plusieurs visages : elle peut être physique ou psychologique. Si vous croyez que vous vivez de la violence, parlez-en.

Comparée à la violence avec une personne étrangère, celle avec un partenaire amoureux est difficile à reconnaître, car elle peut se vivre de différentes façons. Des exemples de gestes de violence sont les suivants : se faire menacer, se faire contrôler financièrement, être obligée d’avoir des relations sexuelles même si l’on n’a pas le goût, se faire insulter ou ridiculiser ou entendre son conjoint rabaisser sa famille et ses amis.

La violence est vécue de façon cyclique : parfois, il y en a, mais d’autres fois, on a l’impression que tout va bien. La relation n’est pas toujours marquée par des comportements violents.

Dans une relation violente, les deux partenaires ne sont pas égaux. L’un domine l’autre. La peur et l’impression de devoir marcher sur des œufs sont présentes.

Pour la majorité des personnes qui vivent de la violence, il n’est donc pas facile de réaliser que leur relation amoureuse puisse être devenue aussi une relation violente.

Nous vous encourageons à demander de l’aide si vous vivez de la violence au sein de votre couple.

Nous vous encourageons à entrer en contact avec des services spécialisés qui aident les femmes qui vivent de la violence avec leur partenaire ou un ex-partenaire. Cette aide est confidentielle. Ces services vous soutiennent, peu importe les décisions que vous prendrez. Nous pouvons vous aider dans cette démarche.

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Définir la violence conjugale

Au Québec, la violence conjugale est une préoccupation de santé publique 1,2. Dans son plan d’action en matière de violence conjugale, le gouvernement québécois la définit de la façon suivante :

« La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extraconjugale ou amoureuse à tous les âges de la vie3. »

Contrairement à la violence exercée par un étranger, la violence conjugale se manifeste entre deux personnes unies par un lien qui est amoureux 4 ou qui était amoureux 5. Cela la rend plus difficile à reconnaître, et il est par conséquent plus difficile d’y mettre fin en quittant le conjoint violent.

La violence conjugale peut se manifester de différentes façons. Celles-ci peuvent exister indépendamment l’une de l’autre ou être présentes en même temps 4 :

  • Violence psychologique et verbale : insultes, dénigrement, humiliation, contrôle sur la vie quotidienne et les activités sociales, menaces, harcèlement, etc.;
  • Violence physique : atteintes à l’intégrité physique qui prennent la forme de coups de poing, de coups de pied, de morsures, de brûlures, de menaces avec une arme, etc.;
  • Violence sexuelle : contraintes à avoir des relations sexuelles, soumission à des pratiques sexuelles non désirées, refuser de l’emploi d’une méthode contraceptive ou prophylactique, etc.;
  • Violence économique : absence d’accès au revenu familial, indépendance financière refusée par le conjoint, impossibilité de discuter des achats, absence de participation aux décisions économiques du foyer, etc.

Le cycle de la violence et le continuum de la violence conjugale permettent de mieux comprendre cette situation.

Cycle de la violence conjugale

La violence conjugale exercée par l’homme sur sa partenaire est marquée par l’emprise et le contrôle qui font partie du cycle de la violence.

Cycle de la violence conjugale
Figure adaptée de la Trousse média : violence conjugale6, disponible sur le site Web de l’Institut national de santé publique (INSPQ).

Continuum de la violence conjugale

La violence conjugale peut être située sur un continuum. Inspiré par les travaux de LaViolette 7, ce continuum présente cinq séquences :

Conflits conjugaux courants Conflits intenses Violence Violence sévère Terreur et harcèlement
Les rapports entre la femme et l’homme peuvent être égalitaires. (absence de domination) La violence est généralement perpétrée par les hommes sur les femmes. La composante de pouvoir et de domination est présente.

Le tableau qui suit illustre les comportements et les dynamiques qui caractérisent chacune des séquences 8.

Conflits conjugaux courants Conflits intenses Violence Violence sévère Terreur et harcèlement
  • Geste atypique;
  • Remords;
  • N’engendrent pas la peur, l’oppression ou la domination;
  • Aucune atteinte à l’intégrité physique ou psychologique;
  • Découlent de discussions qui dégénèrent;
  • Pourraient se produire dans n’importe quelle famille.
  • Mauvaise résolution des problèmes;
  • La gestion de la colère est un enjeu dans la famille;
  • Présence possible de remords;
  • Présence possible d’agressions physiques sporadiques ou de destruction de la propriété;
  • Absence de violence émotionnelle;
  • Absence de peur;
  • Découlent de discussions qui dégénèrent.
  • Agressions physiques sporadiques;
  • Agression verbale (p. ex., se faire injurier);
  • Développement d’appréhension;
  • Présence possible de remords;
  • Menaces d’abandon;
  • Agression sans témoin.
  • Emprise sur les pensées;
  • Généralement, plus d’agressions physiques régulières;
  • Menaces envers le réseau de soutien de la victime;
  • Isolement de la victime par l’agresseur;
  • Injures qui portent atteinte à la personne;
  • Menaces de suicide ou menaces de tuer d’autres personnes;
  • Jalousie;
  • Critiques de la famille et des amis;
  • Destruction de la propriété;
  • Repli sur soi;
  • Violence sexuelle;
  • Changement dans la personnalité de la victime.
  • Emprise sur les pensées;
  • Violence psychologique insidieuse;
  • Menaces de mort très précises;
  • Torture d’animaux domestiques;
  • Isolement extrême de la victime par l’agresseur;
  • Généralement, plus d’agressions physiques régulières;
  • Humiliation et dégradation sexuelles.

Reproduit et traduit avec autorisation du site web d’Alyce LaViolette (1998) Continuum of Aggression and Abuse. Peut être consulté sur le site web de l’auteure :
www.alycelaviolette.com/Continuum-of-Aggression-and-Abuse.htm

La violence conjugale et la transition à la parentalité

La période périnatale peut entraîner des changements dans la dynamique relationnelle d’un couple. Elle peut augmenter le niveau de stress, ce qui peut créer des changements dans la communication 9. Des tensions et des conflits liés à la grossesse peuvent surgir et nuire à l’harmonie et à la relation conjugale 9 (ambivalence devant la grossesse, appréhension des changements à venir, etc.).

Toutefois, bien que les conflits conjugaux puissent perturber le cours de la grossesse et affecter les gens qui les vivent, ils peuvent se régler sans violence par la négociation, le compromis et la médiation 10. Conséquemment, ils ne sont pas compris dans la définition de la violence retenue pour cette fiche, notamment parce qu’ils ne sont pas marqués par la dynamique de pouvoir et de contrôle qui caractérise la violence conjugale. La présente fiche cible donc les trois dernières séquences du continuum (violence, violence sévère, et terreur et harcèlement).

La fiche Adaptation à la parentalité présente d’autres difficultés pouvant survenir lors de cette étape importante, en abordant entre autres le stress, la communication dans le couple et les conflits (qui font partie des deux premières séquences du continuum).

Quelques chiffres

L’étude canadienne de Janssen et coll. (2003), menée auprès de 4750 femmes ayant donné naissance à un bébé vivant, révèle que 1,2 % des femmes rapportent avoir été victime de violence physique exercée par le partenaire intime pendant la grossesse et que 1,5 % disent avoir eu peur de leur partenaire pendant cette même période 11.

L’ Enquête sur l’expérience de la maternité (EEM) datant de 2006 indique qu’au Québec, 10 % des femmes interrogées ont rapporté avoir subi un ou plusieurs actes de violence au cours des derniers deux ans, comprenant la période pré-grossesse, la grossesse et le post-partum. Les actes violents les plus souvent mentionnés sont d’avoir été poussée, agrippée ou bousculée d’une façon qui aurait pu provoquer des blessures 12.

Peu de données sont rapportées quant à la prévalence de la violence psychologique, verbale, sexuelle ou économique lors de la grossesse. Il est donc difficile d’estimer l’ampleur de ces formes de violence à cette période. Celles-ci coexistent souvent avec la violence physique 13 et ont des conséquences importantes sur la santé de la femme qui en est victime.

Le tableau suivant présente les principaux signes et symptômes pouvant indiquer la présence de violence conjugale chez la femme qui en est victime 14,15,16,17,13,18,19,6. Ceux-ci ne sont toutefois pas limités à la période de la grossesse.

Type de violence Signes et symptômes
Physique
  • Blessures à la tête, au visage, au cou, aux seins et à l’abdomen;
  • Lésions semblant ne pas résulter d’un accident, mais d’une strangulation, d’une brûlure ou d’une morsure, par exemple;
  • Présence de plusieurs blessures mineures à différents stades de guérison (p. ex., d’anciennes ecchymoses à côté de nouvelles);
  • Maux de tête et insomnie;
  • Hyperventilation;
  • Douleurs gastro-intestinales, thoraciques et dorsales;
  • Tympan perforé.
Psychologique
Sexuelle
  • Douleurs pelviennes;
  • Lésions ou lacérations aux organes génitaux;
  • Présence d’infections transmissibles sexuellement;
  • Fausse-couche, grossesse non désirée.

Note : Plusieurs de ces signes ne sont pas liés exclusivement à la violence de la part du partenaire intime et pourraient être associés à d’autres types de problèmes.

D’autres signes qui pourraient indiquer la présence de violence conjugale sont :

  • La présence de blessures qui ne concordent pas avec l’explication qui est donnée.
  • L’accès tardif ou sporadique à des soins prénataux 20.

Soulignons que les blessures ne constituent pas l’indicateur le plus prévalent de la violence conjugale. Le plus souvent, la femme qui en est victime présente des troubles fonctionnels, c’est-à-dire des maux auxquels des causes médicales identifiables sont rarement trouvées 13.

Le principal facteur qui prédit la présence de la violence conjugale pendant la grossesse est la présence antérieure de violence au sein de la relation. Il ne faut toutefois pas oublier que la violence conjugale est un phénomène complexe, difficile à prédire et expliqué par des interactions entre différents ensembles de facteurs 13,21.

Notons que ce n’est pas parce qu’une femme présente un ou plusieurs facteurs de risque associés au fait d’être victime de violence conjugale qu’elle en subit nécessairement ou en sera victime au cours de sa vie. Comme le mentionne le Centre de liaison sur l’intervention et la prévention psychosociales (CLIPP, 2006, p.88) :

« La présence d’un ou même de plusieurs de ces facteurs de risque ne prédit pas automatiquement ou nécessairement l’occurrence du problème. Un facteur de risque, de par sa présence et en juxtaposition avec d’autres facteurs de risque, peut favoriser ou précipiter l’occurrence d’une problématique sans en être la cause. »

Les femmes sont-elles plus susceptibles d’être victimes de violence durant la grossesse?

Plusieurs études associent la grossesse à un risque plus élevé de violence conjugale, même si les données ne permettent pas de l’affirmer hors de tout doute. Il est tout de même reconnu que les conséquences qui y sont associées sont importantes, tant pour la femme que pour l’enfant à naître que pour le déroulement de la grossesse.

La période prénatale demeure toutefois une occasion de prévention et d’intervention importante puisque les femmes consultent davantage des professionnels de la santé pendant la grossesse et semblent plus réceptives aux messages de santé.

Et après la grossesse?

La violence cesse rarement après l’accouchement. Les données démontrent qu’elle augmente souvent en période post-partum 22,23, notamment à cause du niveau de stress des nouveaux parents. Jumelé aux pleurs du bébé, au manque de sommeil et aux difficultés d’adaptation à la parentalité, ce stress peut contribuer à accroître les risques de violence au sein du couple.

Et après une séparation conjugale?

La violence peut aussi être extraconjugale. La violence extraconjugale se définit par toute forme de violence, y compris le harcèlement, exercée par un ex-mari, un ex-conjoint ou un ex-partenaire après la séparation 24.

La figure suivante représente les principaux facteurs qui augmentent le risque d’être victime de violence conjugale, à tout moment de la vie 13. Ces facteurs sont formulés pour la situation où une femme est victime de violence :

Facteurs liés au risque d’être victime de violence conjugale Facteurs liés au risque d’être victime de violence conjugale

Principaux facteurs 5,11,12,25,26,27,28,13,29,20,23,21,30,31,32,33,34

  • Individuels :
    • Jeune âge
    • Faible statut socioéconomique/revenu
    • Faible éducation
    • Être séparée ou divorcée
    • Grossesse
    • Avoir été exposée à la violence conjugale durant l’enfance (transmission intergénérationnelle)
    • Avoir été abusée sexuellement
    • Avoir déjà été victime de violence
    • Dépression
    • Consommation abusive d’alcool
    • Consommation de drogues
    • Acceptation de la violence
  • Relationnels :
    • Disparités sur le plan de l’éducation entre conjoints
    • Présence d’enfant(s)
    • Caractère non désiré ou non planifié de la grossesse, tant pour la mère que pour le père
    • Conflits conjugaux/discorde dans le couple
  • Communautaires :
    • Acceptation des rôles traditionnels de genre
    • Faible capital social (degré de cohésion sociale qui existe dans les communautés 35)
    • Nombreux déménagements
  • Sociétaux :
    • Présence d’inégalités structurelles entre hommes et femmes
    • Pouvoir économique et décisionnel majoritairement masculin
    • Normes sociales qui soutiennent le recours à la violence

Trois grandes conclusions du Rapport mondial sur la violence et la santé de l’OMS concernent les conséquences de la violence conjugale sur la santé 13 :

  • Plus la violence est grave, plus l’effet sur la santé physique et mentale de la femme qui en est victime est profond;
  • Les répercussions de différents types et de multiples épisodes de violence semblent être cumulatives;
  • Les conséquences de la violence peuvent persister longtemps après que celle-ci s’est arrêtée.

Le tableau suivant, tiré de la Déclaration de consensus sur la violence exercée par le partenaire intime, publiée par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), présente les principales conséquences possibles répertoriées sur la santé de la femme, toutes périodes de la vie d’une femme confondues :

Conséquences possibles de la violence conjugale sur la santé de la femme
Générales Génésiques
  • Troubles somatiques chroniques;
  • État de stress post-traumatique 36,37,38;
  • Dépression, troubles anxieux, idées suicidaires et suicide;
  • Alcoolisme et toxicomanie;
  • Troubles du sommeil, fatigue chronique;
  • Troubles de l’alimentation et gastro-intestinaux;
  • Douleurs chroniques (ex. : maux de tête, mal de dos, arthrite);
  • Symptômes neurologiques (ex. : engourdissement, picotement, évanouissement, crises);
  • Syndrome de l’adulte secoué (ex. : vision trouble, vomissement, confusion, maux de tête);
  • Suffocation (strangulation incomplète), évanouissement;
  • Symptômes cardiaques, douleurs thoraciques, hypertension;
  • Exacerbation d’états pathologiques chroniques ou atteintes à la capacité d’une femme de soigner ses états pathologiques chroniques tels que le diabète, l’asthme, l’angine de poitrine et la douleur.
  • Manque de contrôle sur la prise de décisions en matière de reproduction;
  • Probabilité accrue de prendre part à des relations sexuelles non protégées;
  • Infections transmissibles sexuellement et infection à VIH-sida;
  • Dyspareunie, infection ou saignements vaginaux, baisse de la libido, irritation génitale;
  • Grossesse non planifiée ou non souhaitée.

Reproduit et adapté avec autorisation du document de la SOGC (2005) Déclaration de consensus sur la violence exercée par le partenaire intime (l’état de stress post-traumatique est ajouté).

La violence et le stress

Vivre de la violence génère un stress important. Ce stress peut entraîner des conséquences directes et indirectes sur la santé de la femme enceinte. Le stress déclenche la libération dans l’organisme du cortisol. Toutefois, à un niveau et une fréquence très élevés, la présence de stress peut affaiblir le système immunitaire de la mère et entraîner l’apparition d’états dépressifs.

Pour obtenir plus de détails sur l’effet du stress sur la santé, consulter la fiche Santé mentale, section Le cortisol et le stress.

La violence et l’état de stress post-traumatique

Dans certains cas, le stress peut mener à l’état de stress post-traumatique (ÉSPT). Il s’agit d’un trouble anxieux qui peut apparaître après l’exposition à un événement particulièrement traumatique (p. ex. : impliquant la mort ou une menace à l’intégrité physique d’une personne), comme la violence conjugale.

Il comporte des symptômes psychologiques et psychiatriques ainsi que des conséquences physiques 37. Sa prévalence à vie estimée chez les femmes ayant été victimes de violence conjugale varie considérablement d’une étude à l’autre, entre 33 % et 92 % 39,37,40.

Conséquences pour la grossesse

Outre les effets sur la santé présentés plus haut, une femme enceinte qui subit de la violence conjugale est plus susceptible que les femmes qui n’en sont pas victimes de vivre les situations mentionnées dans le tableau suivant :

Conséquences possibles de la violence conjugale lors de la grossesse
Sur la femme enceinte Sur le déroulement de la grossesse
  • Soins prénataux différés;
  • Gain pondéral insuffisant;
  • Infections maternelles (vagin, col utérin, reins, utérus);
  • Exacerbation d’une maladie chronique
  • Stress maternel
  • Dépression maternelle
  • Traumatisme abdominal
  • Fausse-couche et mortinaissance
  • Hémorragie antepartum
  • Rupture prématurée des membranes
  • Travail et accouchement prématurés
  • Décollement placentaire
  • Complications au cours du travail

Reproduit avec autorisation du document de la SOGC (2005) Déclaration de consensus sur la violence exercée par le partenaire intime.

Conséquences pour l’enfant

Au Québec, l’exposition à la violence conjugale est considérée comme une forme de maltraitance selon la Loi de la protection de la jeunesse, en raison des conséquences importantes qui lui sont associées.

Les bébés dont la mère a été victime de violence durant sa grossesse ont un risque accru de :

  • 17 % de présenter un faible poids à la naissance 41,20,42;
  • 30 % de nécessiter plus de soins médicaux après la naissance 20;
  • Être victime du syndrome du bébé secoué :
    Cette pathologie survient lorsqu’un nourrisson ou un jeune enfant est secoué violemment 43. Les lésions qui la caractérisent sont une hémorragie intracrânienne, une hémorragie rétinienne et des fractures des côtes et de l’extrémité des os longs 43.
    Il est estimé qu’entre 7 et 30 % des bébés victimes du SBS en meurent, alors que 30 à 50 % d’entre eux développeront des séquelles neurologiques ou cognitives importantes 44.

Les enfants exposés à la violence conjugale grandissent dans un climat de peur, d’anxiété, d’agressivité et de domination, où ils sont plus susceptibles de :

  • Vivre des conflits de loyauté 45;
  • Être victime de violence : 30 à 87 % d’entre eux seraient victimes de mauvais traitements, allant de l’agression verbale et psychologique à l’agression physique et sexuelle 45;
  • D’avoir des problèmes de santé physique et mentale : maux de tête, maux d’estomac, perte d’appétit, perte de poids, dépression, faible estime de soi, confusion, anxiété et état de stress post-traumatique 45;
  • Manifester des problèmes de comportement : agressivité, hyperactivité, comportements antisociaux et délinquants 45;
  • D’avoir des difficultés de fonctionnement social : faibles habiletés de communication et de résolution de conflits, évitement ou détachement par rapport aux autres enfants 45;
  • Présenter des difficultés sur le plan cognitif et scolaire : difficultés d’attention et de concentration, problèmes d’apprentissage, absences scolaires, retards scolaires, déficiences dans les habiletés verbales, intellectuelles ou motrices 45;
  • Reproduire certains comportements violents dans leur relation de couple à l’âge adulte 21 : les enfants sont très sensibles au climat familial dans lequel ils vivent et apprennent par imitation. Lorsqu’ils sont témoins de violence entre leurs parents, ils peuvent apprendre à agir de cette façon avec les autres.

Pour en savoir davantage sur les conséquences de la violence conjugale sur l’enfant exposé, consulter le document Enfants exposés à la violence conjugale 46 du Centre québécois de ressources en promotion de la sécurité et en prévention de la criminalité.

Si la femme enceinte qui consulte mentionne qu’elle vit de la violence conjugale :

Il est fortement recommandé que les professionnels établissent un plan pour sa sécurité 15. Le fait d’aborder avec les femmes le sujet des comportements de sécurité augmente l’adoption de ces comportements 47. Ce plan personnalisé peut comprendre, entre autres :

  • une évaluation du danger lié à sa sécurité et à celle de ses enfants (ex. : « Vous sentez-vous à l’aise de retourner à la maison aujourd’hui? ») 18;
  • de l’information sur les comportements liés à la sécurité;
  • de l’information sur les ressources disponibles à proximité et leurs coordonnées.

Pour obtenir de plus d’information sur le plan de sécurité et sur les points qui s’y retrouvent, le document suivant peut être consulté :
www.cfpc.ca/uploadedFiles/Resources/Resource_Items/Health_Professionals/IntimatePartnerViolenceAvril2005_fr.pdf (Annexe C, p. 415).

Si la femme enceinte répond qu’il n’y a pas de violence au sein de sa relation intime ou ne souhaite pas en discuter :

Il est suggéré que les professionnels renforcent le lien de confiance. Voici des exemples de formulation 48 :

  • « Je suis content d’apprendre que vous ne vivez pas de la violence. Si cela devenait le cas, vous savez que vous pouvez m’en parler, ou en parler à un membre de l’équipe. »
  • « Si jamais il y avait de la violence à la maison, je suis là pour vous, pour vous écouter et en parler. »
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    www.inspq.qc.ca/violenceconjugale
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    www.vawnet.org/domestic-violence/summary.php?doc_id=1530&find_type=web_desc_GC

Date de création : octobre 2011

Ressources et liens intéressants

Les adresses, noms d’organismes ou documents mentionnés dans cette section ont retenu l’attention des différents partenaires ayant collaboré à la rédaction de cette fiche en raison de leur pertinence. Toutefois, il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive et les contenus qui y sont développés n’engagent ni la responsabilité des différents partenaires ni celle de l’Institut national de santé publique du Québec.

Pour connaître des ressources disponibles

MSSS - Sujets - Problèmes sociaux - Violence conjugale. (De cette page d’accueil sur la violence conjugale du ministère de la Santé et des Services sociaux, on peut cliquer, dans la section Ressources, sur le type de ressources recherchées, p. ex. maison d’hébergement ou centre de femmes). La recherche peut se faire par région.
www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sociaux/violenceconjugale.php

Pour en savoir plus sur les signes et symptômes de la violence conjugale

La brochure Briser le silence aborde la thématique de la violence conjugale lors de la grossesse et présente les signes et symptômes associés. Il s’agit d’un outil de sensibilisation et d’information à l’intention des femmes enceintes.
publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2010/10-847-02F.pdf

Pour en savoir plus sur les conséquences de la violence

Trousse Média : La violence conjugale
www.inspq.qc.ca/violenceconjugale

Directives cliniques de la SOGC
Tableau 3 : Effets de la violence au cours de la grossesse
www.cfpc.ca/uploadedFiles/Resources/Resource_Items/Health_Professionals/IntimatePartnerViolenceAvril2005_fr.pdf (p.395)

Rapport mondial sur la violence et la santé
www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/en/full_fr.pdf

Pour en savoir plus sur la recherche de cas et l’identification précoce des femmes victimes de violence conjugale

Directives cliniques de la SOGC
Annexe C — Outils d’évaluation de la VPI
www.cfpc.ca/uploadedFiles/Resources/Resource_Items/Health_Professionals/IntimatePartnerViolenceAvril2005_fr.pdf (p. 415)

Répertoire d’outils soutenant l’identification précoce de la violence conjugale (2010) INSPQ.
Disponible sur le site web de l’INSPQ, dans la rubrique Publications.
www.inspq.qc.ca/publications/notice.asp?E=p&NumPublication=1068

Pour se renseigner sur l’intervention auprès des femmes victimes de violence

Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF)
Contribue à l’avancement des connaissances sur la violence familiale et la violence faite aux femmes .
www.criviff.qc.ca

Lexique

Cortisol :
Hormone libérée dans l’organisme en réponse à un stress.

Dyspareunie :
Douleur apparaissant chez la femme au cours des rapports sexuels.

État de stress post-traumatique :
Ensemble des symptômes affectant une personne qui a été victime ou témoin d’un événement ayant constitué une menace sérieuse pour son intégrité physique ou celle d’autrui.

Génésique :
Liée à la fonction sexuelle et reproductrice.

Mortinaissance :
Naissance d’un enfant mort-né.

Prophylactique :
Se dit d'un traitement ou d'un remède préventif.

Syndrome du bébé secoué :
Secousses violentes infligées à un nourrisson ou un jeune enfant entraînant des lésions cérébrales profondes, des handicaps physiques et mentaux permanents et parfois même la mort.