Facteurs de risque

 
 

Pour mieux connaître le profil des victimes de violence conjugale et des conjoints ayant des comportements violents.

Les facteurs de risque sont des caractéristiques qui sont associées à une plus grande probabilité d'être victime ou de commettre de la violence conjugale.

Les facteurs de risque ne sont pas nécessairement des causes de la violence conjugale. Une combinaison de facteurs individuels, relationnels, communautaires et sociétaux augmente le risque d’être victime ou agresseur dans un contexte de violence conjugale. Certains facteurs de risque sont les mêmes pour les victimes et les agresseurs1, 2.

Facteurs individuels

Agresseur Victime
  • Jeune âge
  • Faible revenu/statut socioéconomique
  • Faible niveau de scolarité
  • Chômage
  • Mauvais traitements durant l’enfance: abus physique, agression sexuelle et exposition à la violence conjugale
  • Troubles de la personnalité
  • Consommation/abus de drogue et d’alcool
  • Tolérance face à la violence
  • Violence antérieure
  • Jeune âge
  • Faible revenu/statut socioéconomique
  • Faible niveau de scolarité
  • Être séparée ou divorcée
  • Grossesse
  • Mauvais traitements durant l’enfance : abus physique, agression sexuelle et exposition à la violence conjugale
  • Dépression
  • Consommation/abus de drogue et d’alcool
  • Tolérance face à la violence
  • Victimisation antérieure

Facteurs relationnels

Agresseur Victime
  • Écart de niveau de scolarité entre les conjoints
  • Partenaires multiples/infidélité
  • Conflits conjugaux/insatisfaction conjugale
  • Durée de la relation
  • Écart de niveau de scolarité entre les conjoints
  • Nombre d’enfants
  • Conflits conjugaux/insatisfaction conjugale

Facteurs communautaires

Agresseur Victime
  • Acceptation par la communauté de modèles traditionnels relatifs aux rôles des deux sexes
  • Caractéristiques des quartiers:
    • pauvreté, chômage, faible niveau d’alphabétisation
    • tolérance à l’égard de la violence, grande proportion de ménages qui ont recours aux punitions corporelles
    • faible proportion de femmes avec une grande autonomie ou un niveau élevé de scolarité
  • Faible désapprobation de la violence par la communauté
  • Acceptation par la communauté de modèles traditionnels relatifs aux rôles des deux sexes
  • Caractéristiques des quartiers:
    • pauvreté, chômage, faible niveau d’alphabétisation
    • tolérance à l’égard de la violence, grande proportion de ménages qui ont recours aux punitions corporelles
    • faible proportion de femmes avec une grande autonomie ou un niveau élevé de scolarité
  • Faible désapprobation de la violence par la communauté

Facteurs sociétaux

Agresseur Victime
  • Normes sociales propices à la violence
  • Normes traditionnelles quant aux rôles des deux sexes
  • Législation concernant la violence conjugale
  • Normes sociales propices à la violence
  • Normes traditionnelles quant aux rôles des deux sexes

Racines sociales et historiques

Plusieurs organisations mondiales (Organisation mondiale de la Santé, Assemblée des Nations Unies) ainsi que le gouvernement du Québec reconnaissent que la violence conjugale a des racines sociales et historiques profondes.

Selon l’Assemblée des Nations Unies, elle est la manifestation de rapports de force historiquement inégaux entre les hommes et les femmes3.

Dans sa Politique d’intervention en matière de violence conjugale, le gouvernement du Québec identifie clairement que la société, en maintenant des rapports de domination et d’inégalité entre les sexes, notamment par la socialisation sexiste, joue un rôle important dans l’émergence et la perpétuation de la violence conjugale.4

 
 

Références

  1. Heise, L. et Garcia-Moreno, C. (2002). La violence exercée par des partenaires intimes. Dans E.G. Krug, L.L. Dahlberg, J.A. Mercy, A. Zwi et R. Lozano-Ascencio (Eds.), Rapport mondial sur la violence et la santé (pp. 97-135). Genève: Organisation mondiale de la Santé.
  2. World Health Organization (WHO), London School of Hygiene and Tropical Medicine. (2010). Preventing intimate partner and sexual violence against women. Taking action and generating evidence. Genève: World Health Organization.
  3. Assemblée générale des Nations-Unies. Déclaration sur l'élimination de la violence à l’égard des femmes. Résolution 48/104 de l'Assemblée générale du 20 décembre 1993. www1.umn.edu/humanrts/instree/french/Fe4devw.htm
  4. Gouvernement du Québec (1995). Politique d'intervention en matière de violence conjugale. Prévenir, dépister, contrer. Québec: Gouvernement du Québec.