Surveillance des inégalités sociales de santé

Une inégalité sociale de santé (ISS) se définit comme une différence de santé entre les individus liée à des facteurs ou critères sociaux de différenciation (classes sociales, catégories socioprofessionnelles, catégories de revenu, niveaux d’études, etc.) (Aïach, 2000). Une ISS est évitable car elle résulte d’une distribution inégale des ressources sur laquelle il est possible d’agir ou dont on peut atténuer les effets. Elle est également injuste car tous devraient avoir une chance égale d’atteindre son plein potentiel (de santé et d’accomplissement social) et ce, peu importe son statut social.

De façon générale, les ISS touchent l’ensemble de la société et apparaissent selon un continuum en fonction du statut socioéconomique (ex. revenu, niveau de scolarité). Autrement dit, les personnes dont le statut socioéconomique est moins favorable sont en moins bonne santé que celles dont le statut est plus favorable.

Depuis, plusieurs années, l’Institut joue un rôle dans la diffusion d’information concernant les ISS et ce, pour différentes thématiques. Plus récemment, l’Institut a reçu le mandat du ministère de la Santé et des Services sociaux de développer le Système de surveillance des inégalités sociales de santé au Québec (SSISSQ), en collaboration avec ses partenaires régionaux et nationaux de la santé publique. Ces derniers bénéficient avec ce système d’une méthodologie commune et d’une harmonisation des pratiques pour la mesure et le suivi des ISS. Ce suivi régulier et continu permet par ailleurs d’apprécier les gains réalisés ou les fossés qui se creusent entre les groupes de la population. Des constats cruciaux pour informer, sensibiliser et mobiliser les acteurs québécois quant à l’impact des ISS et au gain potentiel que leur réduction aurait sur l’amélioration du bilan de la santé des Québécois.

Référence :

Aïach, P. (2000). De la mesure des inégalités : enjeux sociopolitiques et théoriques. In A. Leclerc, D. Fassin, H. Grandjean, M. Kaminski & T. Lang, Les ISS. Paris : Éditions La Découverte/INSERM, pp. 81-91.

Voir aussi