Pratique récréative du véhicule tout-terrain et de la motoneige

La pratique récréative du véhicule tout-terrain1 (VTT) et de la motoneige est très populaire au Québec. On estime que plus de 600 000 personnes de 12 à 74 ans pratiqueraient régulièrement l’une ou l’autre de ces activités motorisées2. Cependant, cette popularité est assombrie chaque année par des événements causant blessures et décès.

Au cours des 8 dernières années pour lesquelles les données complètes sont disponibles (2009 à 2016), il y a eu en moyenne annuellement 55 décès attribuables à la pratique récréative du VTT (n = 29) et de la motoneige (n = 26), ce qui représente 12 % de tous les décès associés aux véhicules à moteur3. Le pourcentage de conducteur parmi les victimes était de 88 % pour les VTT et 89 % pour les motoneiges. À ces décès s’ajoutent, pour les années 2009 à 2018, en moyenne 936 hospitalisations par année attribuables à la pratique du VTT (n = 624) ou de la motoneige (n = 301)4,5,6.

Pour le VTT, outre les collisions (35 %), un nombre important de décès sont attribuables aux capotages et aux renversements (30 %), ainsi qu’aux éjections ou à une chute du véhicule (22 %). La consommation d’alcool et la vitesse excessive sont des facteurs de risque majeurs. Pour les années 2009 à 2016, 42 % (86/206) des conducteurs décédés avaient consommé de l’alcool et 67 % de ceux-ci présentaient un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise de 80 mg par 100 ml de sang. La vitesse excessive à contribuer à l’accident ayant entraîné un décès dans au moins 30 % des cas7.

Pour la motoneige, les collisions avec un objet fixe ou un autre véhicule en mouvement (69 %), les noyades (12 %) et les éjections (11 %) constituaient les principaux événements à l’origine des décès3. La consommation d’alcool ainsi qu’une vitesse excessive pour les conditions de la piste sont deux comportements inadéquats fréquents. Pour les années 2009 à 2016, 47 % (86/184) des conducteurs décédés avaient consommé de l’alcool et 67 % de ceux-ci présentaient un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise de 80 mg par 100 ml de sang. La vitesse excessive a contribué à l’accident ayant entraîné un décès dans au moins 39 % des décès7. Pour plus de données sur les décès et les hospitalisations attribuables à la motoneige au Québec, consultez la mise à jour des données de décès et d'hospitalisations liés à la motoneige au Québec présentées dans la trousse média en prévention des traumatismes.

Certaines mesures de prévention peuvent contribuer à rendre la pratique du VTT et de la motoneige plus sécuritaire. Il s’agit avant tout de circuler sur des sentiers conçus et entretenus à cette fin, de ne pas conduire sous l’effet de l’alcool, de porter les vêtements de protection adéquats, dont le casque certifié, et de respecter les limites de vitesse8.

Au Québec, la Loi sur les véhicules hors route réglemente l’utilisation et la circulation des véhicules tout-terrain et des motoneiges sur les terres publiques et privées, notamment en précisant les endroits où ces véhicules sont autorisés à circuler, en énonçant les règles de circulation à suivre et en précisant l’âge et les conditions requises pour conduire de tels véhicules.

 

Pour en savoir plus

Références

  1. La catégorie des véhicules tout-terrain regroupe les véhicules de type quad (3 roues et 4 roues) et les véhicules de type côte à côte.
  2. Hamel, D. et Tremblay, B. (2012). Étude des blessures subies au cours de la pratique d'activités récréatives et sportives au Québec en 2009-2010. Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1507_EtudeBlessuresActRecreaSportQc2009-2010.pdf
  3. Gagné, M. (2020). Décès attribuables aux véhicules hors-route (2009-2016). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  4. Gagné, M. (2020). Hospitalisations attribuables aux véhicules hors-route (2009-2019). Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  5. On note davantage de décès et d’hospitalisations à VTT. Les données concernant les hospitalisations ne tiennent compte que des blessures ayant nécessité une hospitalisation et excluent toutes les blessures traitées à l'urgence seulement. Ces données ne rendent donc compte que d’une partie des blessures attribuables à la pratique du VTT et de la motoneige (source : Infocentre de santé publique et Med-Echo).
  6. Les données ne comprennent pas les hospitalisations des résidents québécois survenues dans les autres provinces canadiennes. Toutefois, les hospitalisations de non-résidents québécois ont été conservées pour les présentes analyses. Les hospitalisations de non-résidents québécois représentent 3,0% de l’ensemble des hospitalisations liées aux VHR qui ont été répertoriées au cours de la période allant de 2009 à 2018.
  7. Tessier, M. (2020). Décès attribuables aux véhicules hors-route (2009-2016), données complémentaires. Bureau d’information et d’études en santé des populations, Institut national de santé publique du Québec. Demande spéciale.
  8. Légaré, G. et Gagné, M. (2011). Surveillance des blessures associées aux véhicules hors-route au Québec. Tendances des 20 dernières années et données récentes. Direction de l'analyse et de l'évaluation des systèmes de soins et services, Institut national de santé publique du Québec. http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1375_SurvBlessuresVHR_Tendance20AnsDonneesRecentes.pdf