Choléra

Agent causal

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par le bacille Vibrio cholerae, une bactérie (vibrion) productrice de toxines1-3.

Les sérogroupes O1 et O139 sont les principales causes des épidémies de choléra3,4. De nombreux autres sérogroupes, avec ou sans le gène producteur de la toxine cholérique, peuvent provoquer une maladie semblable au choléra, mais ne causent généralement pas d’épidémie2.

Transmission

Le choléra est étroitement associé au mauvais assainissement des eaux et à l’absence d’eau potable. Il se transmet le plus souvent par la consommation d’eau ou d’aliments contaminés au Vibrio cholerae par des matières fécales infectées. Les aliments crus ou insuffisamment cuits (en particulier les poissons et les crustacés) constituent des véhicules courants. La contamination peut également avoir lieu lorsqu’une personne infectée prépare de la nourriture sans s’être d’abord lavé les mains1,2,5.

Tableau clinique

La période d’incubation varie entre quelques heures et cinq jours après l’exposition1-4.

La plupart des personnes infectées ne manifestent aucun symptôme ou présentent des symptômes bénins. Les personnes symptomatiques présentent le plus souvent une diarrhée aqueuse aiguë1,2,4.

Lorsqu’elles ont des manifestations cliniques, les personnes infectées peuvent excréter des vibrions avant l’apparition des symptômes et jusqu’à deux semaines après leur disparition1.

La forme sévère survient dans 10 % des cas et se caractérise par une diarrhée très abondante (aspect en « eau de riz »), souvent accompagnée de nausées et de vomissements. En l’absence de traitement, une déshydratation sévère et un choc hypovolémique pouvant entraîner la mort en quelques heures peuvent survenir2.

Le taux de létalité pour le choléra non traité atteint > 50 %, mais il est de < 1 % avec une réhydratation adéquate et rapide2.

Traitement

La réhydratation est la pierre angulaire du traitement2. On peut traiter la majorité des personnes atteintes en leur administrant rapidement une solution orale préparée avec des sels de réhydratation2,6.

Pour les cas sévères présentant une déshydratation et des pertes liquidiennes continues, une réhydratation par voie intraveineuse accompagnée d’une antibiothérapie est indiquée1,2,6.

Épidémiologie

Historiquement et jusqu’à présent, le choléra sévit surtout en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est. Après un recul de l’incidence de la maladie dans la dernière décennie, on observe depuis 2021 une recrudescence importante des cas à l’échelle mondiale7-9. Certains facteurs tels que les évènements climatiques extrêmes, les conflits armés et les migrations de population contribuent à cette transmission accrue10. Selon l’OMS, en 2024, 560 823 cas ont été déclarés dans le monde. La majorité des cas ont été déclarés en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient (98 % des cas déclarés)11. Des cas autochtones et importés ont été rapportés dans 22 pays d’Afrique, 23 pays d’Asie, 11 pays d’Europe, 2 pays d’Amérique et 3 pays d’Océanie11. Cependant, ces données sous-estiment le fardeau de la maladie en raison de la sous-déclaration. Le fardeau réel est plutôt estimé entre 1 à 4 millions de cas par année12

Risques en voyage

Le risque de contracter le choléra pour les personnes qui voyagent en suivant les précautions de base concernant l’eau et les aliments est très faible2,13. Les personnes qui pourraient être à risque, les groupes particuliers, sont définies dans la section suivante.

Définition du niveau de risque par pays

Dans la section Recommandations par pays, le terme :

  • « Présence » signale la transmission active ou récente du choléra. Le niveau de risque indiqué est basé sur les données de l’OMS (ex. : bulletin hebdomadaire de l’OMS, rapport annuel), de ProMed-mail, du Global Public Health Intelligence Network et des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis.
  • « Présence indéterminée » signifie l’absence de données fiables et qu’une transmission ne peut être exclue.

Prévention et immunisation

Consulter la section Eau et aliments pour savoir comment prévenir le choléra.

Recommandations d’immunisation :

  • Présence ou présence indéterminée : Envisager la vaccination des personnes âgées de 2 ans et plus séjournant en zone où le choléra est présent (endémique ou épidémique) et qui font partie des groupes particuliers.

Se référer au Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) pour les indications et les informations sur l’administration du vaccin contre le choléra.

Groupes particuliers1-3,14

Personnes qui séjournent dans des conditions sanitaires inadéquates (manque d’accès à l’eau potable, des systèmes d’assainissements inefficaces et des installations sanitaires impropres ou inexistantes) :

  • qui n’auront pas accès à de l’eau potable et qui seront en contact étroit avec une population indigente isolée des ressources médicales (ex. : coopérants, personnel de la santé, personnel humanitaire dans les zones sinistrées et les camps de réfugiés, etc.);

OU

  • qui sont susceptibles de faire des infections entériques en raison de mécanismes de défense gastrique amoindris par une achlorhydrie, une gastrectomie, une vagotomie ou une thérapie continue aux inhibiteurs de la pompe à protons (ex. : oméprazole, lansoprazole), ou aux antagonistes des récepteurs H2 (ex. : cimétidine, famotidine, ranitidine).

Références

  1. Agence de la santé publique du Canada. Fiche Technique Santé-Sécurité : Agents Pathogènes – Vibrio cholerae. 2011.
  2. Pindyck T, Gutelius B, Mintz E.  Dans: CDC Yellow Book 2024. Oxford University Press; 2023.
  3. Organisation mondiale de la Santé. Choléra. 2024.
  4. Organisation panaméricaine de la Santé – Organisation mondiale de la santé. Choléra. 2024.
  5. Richterman A, Sainvilien DR, Eberly L, Ivers LC. Individual and Household Risk Factors for Symptomatic Cholera Infection: A Systematic Review and Meta-analysis. The Journal of Infectious Diseases. 15 oct 2018;218(suppl_3):S154‑64.
  6. Centers for Disease Control and Prevention. Treating Cholera. 2025.
  7. Organisation mondiale de la Santé. Une nouvelle analyse confirme une recrudescence du cholera à l’échelle mondiale. 2023.
  8. Organisation mondiale de la Santé. Choléra – situation mondiale. 2024.
  9. Organisation mondiale de la Santé. Choléra – situation mondiale. 2023.
  10. Organisation mondiale de la Santé. Weekly Epidemiological Record, 2023, vol. 98, 38 [full issue].
  11. Organisation mondiale de la Santé. Global situation report for cholera, 2024.
  12. Ali M, Nelson AR, Lopez AL, Sack DA. Updated Global Burden of Cholera in Endemic Countries. PLOS Neglected Tropical Diseases. 4 juin 2015;9(6):e0003832.
  13. Steffen R, Acar J, Walker E, Zuckerman J. Cholera: assessing the risk to travellers and identifying methods of protection. Travel Medicine and Infectious Disease. 1 mai 2003;1(2):80‑8.
  14. Centers for Disease Control and Prevention. Cholera. 2025.

Auteurs
Comité consultatif québécois sur la santé des voyageurs
Collaborateur
Karl Forest-Bérard, Secrétariat général

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