Allaitement

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Illustration : Sophie Casson

Messages clés à transmettre aux futurs parents

Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les futurs parents, selon un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Il est à noter que cette section ne constitue pas un résumé de la fiche.

Les messages sont formulés de façon à s’adresser directement aux futurs parents, que ce soit lors d’un suivi individuel ou lors d’une rencontre prénatale de groupe. Ils sont précédés d'un porte-voix et suivis d’une explication plus détaillée. En cliquant sur les mots soulignés dans le texte, vous serez dirigé vers la section de la fiche complète qui traite de ce thème.

Le lait que vous produisez est fait spécialement pour nourrir votre bébé. C’est le seul lait parfaitement adapté pour lui.

Votre lait est composé de plus de 200 ingrédients qui évoluent en fonction de l’âge et des besoins particuliers de votre bébé. Ce lait fournit tout ce dont il a besoin pour se nourrir, être protégé de certaines maladies et infections et assurer son bon développement.

L’allaitement, ça s’apprend.

Les débuts de l’allaitement ne sont pas toujours faciles pour les nouveaux parents. Même s’il est naturel pour le sein de produire du lait, le geste d’allaiter représente un apprentissage. Près de quatre à six semaines peuvent être nécessaires pour se sentir à l’aise. C’est normal que cela demande du temps et des efforts.

Il existe des moyens pour faciliter le démarrage de l’allaitement. Avant l’arrivée du bébé, vous pouvez vous préparer à l’allaitement. Le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans regroupe l’information utile et présente différentes stratégies pour bien démarrer l’allaitement (p. ex. : le contact peau à peau à la naissance, les positions d’allaitement et la prise du sein, etc.). Le soutien de votre conjoint est important durant cette période.

Il est fortement recommandé de faire un allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie de l’enfant et de le poursuivre jusqu’à deux ans et au-delà avec ajout d’aliments complémentaires.

Au Canada, comme partout dans le monde, les organismes de santé recommandent fortement que les bébés soient nourris uniquement de lait maternel (sans d’autres liquides) pendant leurs six premiers mois. Après cette période, vous pourrez continuer à allaiter votre bébé jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de deux ans ou plus, tout en lui permettant de découvrir de nouveaux aliments.

Il est important d’allaiter, car cela augmente les chances que votre bébé et vous soyez en bonne santé. Plus l’enfant reçoit une grande quantité de lait et plus il est allaité longtemps, plus il y a de bénéfices pour la santé. C’est pourquoi il est recommandé d’allaiter le plus longtemps possible, mais il est mieux d’allaiter un peu que pas du tout.

Nous vous encourageons à demander de l’aide si vous avez des préoccupations au sujet de l’allaitement.

Si vous avez des préoccupations, des inquiétudes ou que vous vivez des difficultés lors de l’allaitement, nous vous encourageons à demander l’aide de ressources spécialisées en allaitement. De nombreux parents font appel à ces ressources pour obtenir du soutien et des conseils afin de surmonter des difficultés. Nous pouvons vous aider dans cette démarche.

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Définir l’allaitement

L’allaitement se définit d’un point de vue biologique par l’enfant qui est nourri avec le lait produit naturellement par les seins de sa mère. L’allaitement est mondialement reconnu comme le mode d’alimentation optimal des nourrissons. Une grande diversité au regard de la pratique de l’allaitement est notée en fonction de la culture dans laquelle les familles vivent.

Afin de permettre une prise de décision éclairée à propos de l’allaitement, cette fiche aborde l’information à transmettre en période prénatale.

Les lignes directrices nationales et internationales en matière d’allaitement

Au Québec, les lignes directrices ministérielles en matière d’allaitement vont de pair avec celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’UNICEF :

L’allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie de l’enfant et la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans et au-delà avec ajout d’aliments complémentaires1.

L’allaitement exclusif signifie que le bébé ne reçoit que du lait humain (au sein ou exprimé). Les vitamines, les minéraux et la majorité des médicaments n’interfèrent pas avec le caractère exclusif de l’allaitement 2.

Le bébé n’est plus considéré exclusivement allaité dès qu’il reçoit d’autres liquides (lait de vache, de chèvre, de soya, préparations commerciales pour nourrissons, eau, jus, tisane) ou des aliments 2.

L’allaitement : une norme biologique

L’allaitement est un mécanisme biologique qui permet à l’humain (comme à tout mammifère) de nourrir son bébé en produisant un lait spécialement adapté aux besoins de celui-ci. Le bébé humain est vulnérable à sa naissance et a besoin de soins constants pendant plusieurs mois. L’allaitement ainsi que le geste d’allaiter (contact peau à peau, portage) permettent de répondre à ses besoins de nutrition, de proximité, de chaleur et de sécurité.

Lors de la grossesse, le corps de la femme sécrète des hormones qui entraînent le développement de la glande mammaire. Le sein se prépare à fabriquer du lait pour le bébé à venir et produit du colostrum à partir de la 16 e semaine de grossesse environ.

À la suite de l’accouchement, la chute d’hormones provoquée par le décollement du placenta déclenche une augmentation rapide de la production de lait, appelée montée laiteuse. La production de lait se maintient ensuite aussi longtemps que le sein est stimulé et que le lait est prélevé. Lorsque cette stimulation cesse, la glande mammaire retombe en « dormance » jusqu’à la prochaine grossesse 3.

Un lait unique

Le lait maternel est constitué de plus de 200 composantes qui agissent en synergie et qui se modifient constamment en fonction de l’âge et des besoins particuliers du bébé 3. Il fournit ainsi au bébé tout ce dont il a besoin pour se développer de façon optimale.

Plus précisément, le lait maternel contient toutes les composantes nécessaires pour :

  • répondre aux besoins nutritifs du bébé (p. ex. : lactose comme carburant pour le cerveau, acides gras à longue chaîne pour le développement des neurones et de la vision, etc.);
  • fournir une protection immunitaire au bébé :
    Le nourrisson naît avec un système immunitaire immature qui ne peut fabriquer certains anticorps avant plusieurs mois. Le lait maternel contient des anticorps, des globules blancs et d’autres composantes bioactives qui tapissent les muqueuses intestinales et respiratoires du bébé et l’aident à lutter contre les infections. Cette protection immunitaire se poursuit pendant toute la durée de l’allaitement.

Pour de plus amples renseignements sur la composition du lait maternel, consulter le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, p. 142-143; il présente un tableau (non exhaustif) comparant les ingrédients du lait maternel et ceux des préparations commerciales pour nourrissons.

L’évolution de la norme sociale

L’histoire montre que les bébés n’ont pas toujours pu être nourris au sein de leur mère. En effet, très souvent, les femmes décédaient en couches, étaient malades ou avaient une lactation insuffisante. Le recours à une nourrice, alors privilégié, fut longtemps la seule option permettant la survie de l’enfant.

L’utilisation des laits d’animaux domestiqués était peu sûre et réservée aux situations où les nourrices n’étaient pas disponibles. La mortalité infantile était beaucoup plus élevée chez les bébés ainsi nourris au lait d’animaux. Ils souffraient d’une malnutrition causée par un lait à la composition mal adaptée à leurs besoins et d’infections liées à la mauvaise conservation du lait et à l’entretien déficient des biberons 3.

De l’allaitement à l’utilisation du biberon

Au fil des ans, l'utilisation du biberon pour nourrir les bébés est devenue moins risquée. La distribution de lait de vache modifié mis en conserve et le développement de biberons et de tétines plus faciles d’entretien ont contribué aux modifications des pratiques en matière d’alimentation du bébé 4.

De plus, les grands changements sociétaux comme l’industrialisation, la médicalisation de la naissance, le marketing, la contraception, l’arrivée des femmes sur le marché du travail sont autant de facteurs qui ont influencé la norme sociale 4. Toutefois, aucune étude n’a été faite à ce jour pour vérifier l’ innocuité de l’utilisation à grande échelle de substituts du lait maternel chez les bébés.

Le retour à l’allaitement

L’avancement des connaissances, de la science et de la technologie a permis à la communauté scientifique de faire de nouveaux constats. Dans les pays en voie de développement, le passage de l’allaitement maternel à l’alimentation artificielle a eu des effets désastreux sur la santé des enfants, comme en témoignent les taux de mortalité, de morbidité et de malnutrition infantiles plus élevés chez les enfants nourris au biberon que chez ceux qui sont allaités 3.

Petit à petit, les études ont révélé que l’abandon de l’allaitement maternel a également eu des répercussions sur la santé des enfants et des femmes dans les pays industrialisés 5,6(voir la section Effets de l’allaitement sur la santé). C’est pourquoi la promotion, le soutien et la protection de l’allaitement sont redevenus une priorité mondiale de santé publique.

Quelques chiffres

Au cours des dernières décennies, les taux d’allaitement ont grandement augmenté au Québec :

  • Le taux d’allaitement total* est passé de 57 % (1994-1995) à 71 % (1998-1999) 7; le taux de démarrage de l’allaitement a également augmenté au fil des ans. En 2006-2007, environ 87 % des femmes ont commencé l’allaitement 8, comparativement à 11 % à la fin des années 1960 7.

* Ce taux représente le pourcentage d’enfants âgés de moins de deux ans dont la mère a déclaré avoir allaité, indépendamment de la durée.

Cependant, bien que les taux d’allaitement soient élevés, beaucoup de femmes cessent d’allaiter au cours des premières semaines de vie de l’enfant. L’abandon est deux fois plus élevé dans le premier mois qu’à tout autre moment. On observe également une baisse du taux d’allaitement exclusif au cours des mois suivant la naissance du bébé 9.

Le tableau 1 présente les taux d’allaitement total et exclusif au Québec au cours des six premiers mois suivant la naissance de l’enfant.

Tableau 1
Taux d’allaitement au Québec
  Taux d’allaitement 1998-1999 10 Taux d’allaitement2005-2006 9
Périodes Total Exclusif Total Exclusif
Naissance

72 %*

ND

85 %**

52 %**

1 semaine

67 %

56 %

80 %

51 %

1 mois

59 %

41 %

73 %

44 %

2 mois

53 %

34 %

67 %

35 %

3 mois

47 %

18 %

62 %

28 %

4 mois

41 %

6 %

56 %

20 %

5 mois

ND

ND

51 %

10 %

6 mois

ND

ND

47 %

3 %

Note : Le taux d’allaitement total représente le pourcentage de bébés ayant reçu du lait maternel pour une durée déterminée, qu’ils aient reçu ou non d’autres formes de liquides ou de solides en complément à leur alimentation. Le taux d’allaitement exclusif représente le pourcentage de bébés ayant été allaités de manière exclusive pour une durée déterminée.

* = immédiatement à la naissance de l’enfant

** = pendant le séjour au centre hospitalier ou à la maison de naissance

ND = non disponible

Par ailleurs, les taux d’allaitement au Québec sont plus faibles que ceux de l’ouest du Canada et ceux des pays scandinaves. Par exemple :

  • Le taux d’allaitement exclusif au Québec est plus bas qu’en Colombie-Britannique (48 % contre 61 % à 3 mois; 10 % contre 19 % à 6 mois) 8;
  • Le taux d’allaitement exclusif pendant le séjour au service de maternité est plus bas au Québec (52 % en 2006) que dans les pays scandinaves, comme la Suède (98 % en 2000) et la Norvège (94 % en 1998) 11,12.

Il a été documenté que le fait que l’enfant reçoive des suppléments de préparations commerciales pour nourrissons en centre hospitalier est l’un des facteurs les plus importants qui prédisent l’arrêt précoce de l’allaitement 13. Au Québec, de tels suppléments sont utilisés dans 39 % des allaitements 9, malgré le fait qu’il existe peu de raisons médicales de le faire 14.

Malgré les lignes directrices en matière d’allaitement, les recherches indiquent que beaucoup de femmes au Québec et dans divers pays ont des difficultés à les suivre, en particulier en ce qui concerne l’allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie de l’enfant 15. Des études se sont penchées sur les facteurs qui peuvent influencer la décision d’allaiter ou la durée de l’allaitement chez les femmes.

Le modèle écologique 16 permet de classifier ces facteurs selon différents niveaux d’influence. Ces facteurs peuvent interagir pour faciliter l’allaitement ou, à l’inverse, pour faire obstacle à celui-ci.

Pour une femme, la décision d’allaiter est souvent prise au sein d’un contexte plus large, en fonction de ses relations interpersonnelles, de la communauté dans laquelle elle vit ou des normes présentes dans son environnement socioculturel 17.

Le tableau 2 montre les différents facteurs qui peuvent influencer la décision d’allaiter ou la poursuite de l’allaitement. Ces multiples facteurs devraient donc idéalement être considérés dans le cadre des interventions visant à promouvoir l’allaitement.

Tableau 2
Facteurs qui influencent le début ou la durée de l’allaitement
  Influences positives sur l’allaitement Influences négatives sur l’allaitement
Facteurs individuels
  • Intention d’allaiter durant la grossesse 18.
  • Connaissances sur les bénéfices de l’allaitement et croyance en ces bénéfices 19,15
  • Fort sentiment d’efficacité personnelle en allaitement 20,15,18. (Pour savoir comment favoriser le sentiment d’efficacité personnelle en allaitement chez la femme, consulter l’ annexe 2.).
  • Expérience antérieure positive d’allaitement 15.
  • Âge plus avancé (p. ex. : plus de 25 ans) 9,18.
  • Niveau de scolarité ou de revenu plus élevé 9,18.
  • Partenaire présent dans sa vie à la naissance du bébé 9.
  • Immigration récente ou courte durée de résidence au pays 18.
  • Perception d’inconfort physique ou de douleurs associée à l’allaitement 18.
  • Manque d’information prénatale sur l’allaitement 15.
  • Croyance dans le fait que le lait maternel est insuffisant pour nourrir le bébé 19,21,20.
  • Introduction de préparations commerciales pour nourrissons durant les premiers jours suivant la naissance 18.
  • Introduction d’une tétine ou d’une sucette durant les premiers mois post-partum 15.
  • Introduction d’aliments solides avant l’âge de 6 mois 15.
  • Tabagisme 15,18.
  • Problèmes de santé chez la mère (p. ex. : infections, dépression, trouble anxieux) 20,15.
  • Problèmes de santé chez le bébé (p. ex. : coliques, problèmes respiratoires, hospitalisation) 20.
Facteurs interpersonnels
  • Soutien du conjoint 20,18.
  • Soutien du réseau social de la mère 18, provenant en particulier de la grand-mère maternelle ou d’une femme dans l’entourage qui a vécu une expérience positive d’allaitement et qui lui sert de modèle 22,15,18.
  • Soutien des professionnels de la santé et des services sociaux 23,22,18.
  • Information et recommandations incohérentes, inexactes ou inadéquates au sujet de l’allaitement de la part de l’entourage ou des professionnels 18.
Facteurs dans la communauté
  • Procédures et pratiques utilisées dans les hôpitaux ou les maisons de naissance (p. ex. : protocole IAB, contact peau à peau, cohabitation 24 heures par jour) 23,20.
  • Accès à des ressources (p. ex. : organismes, groupes d’entraide, consultantes en lactation) 23,22,20.
  • Retour au travail 19,23,18.
  • Nature du travail (p. ex. : horaire non flexible, nombre élevé d’heures de travail) 22.
  • Environnement de travail défavorable à la mise en place de l’allaitement (p. ex. : attitude négative de l’employeur ou des collègues) 23,22.
Facteurs socioculturels
  • Orientations gouvernementales et politiques publiques favorables à l’allaitement (p. ex. : congé de maternité payé, droit d’allaiter en public) 23,17.
  • Valeurs véhiculées dans la société (p. ex. : sexualisation des seins) 17.
  • Surreprésentation de l’utilisation du biberon par les médias, alors que le geste d’allaiter ou les bénéfices de l’allaitement sont rarement illustrés 24.

Pourquoi est-ce important d’allaiter?

Plusieurs effets bénéfiques de l’allaitement sur la santé de la mère et sur celle de l’enfant sont rapportés dans la littérature. Les études ne permettent pas toujours de différencier, d’une part, les effets du lait maternel, et d’autre part, ceux du geste d’allaiter. S’ajoutant aux propriétés du lait maternel, l’allaitement est un geste maintes fois répété* qui assure des contacts physiques et des interactions entre la mère et son bébé.

Les effets pour lesquels les preuves sont concluantes et font consensus dans les revues systématiques d’envergure sont les suivants :

Effets sur la mère :
Réduction du risque du

  • cancer des ovaires 6,25;
  • cancer du sein 6,25, 70;
  • diabète de type 2 6,25.

Effets sur l’enfant :
Réduction du risque de

Certains auteurs mentionnent d’autres avantages de l’allaitement, tels que 4,28 :

  • une sécurité alimentaire pour le nourrisson, peu importe la situation ou le lieu où la mère se trouve;
  • la disponibilité constante d’un lait de conservation facile et optimale;
  • une réduction des déchets et de l’empreinte carbone;
  • une diminution de la quantité de soins médicaux pour le bébé (p. ex. : consultations chez le médecin, nuits d’hospitalisation) 10;
  • une baisse de l’absentéisme maternel au travail.

* Environ 1500 tétées pour 6 mois d’allaitement exclusif à 8 tétées par jour.

Pourquoi allaiter exclusivement et le plus longtemps possible?

Les effets bénéfiques de l’allaitement sur la santé de la mère et sur celle de l’enfant sont associés à l’exclusivité et à la durée de l’allaitement 2. En d’autres mots, les effets sont dose-dépendants, c’est-à-dire qu’ils sont en fonction de la quantité de lait maternel reçu par l’enfant 29,30,31,32 et de la durée de l’allaitement 31.

Ainsi, un allaitement exclusif pendant les six premiers mois et se poursuivant jusqu’à deux ans avec l’ajout d’aliments complémentaires offre le plus de bénéfices à la mère et à l’enfant. Toutefois, un allaitement plus court ou partiel offre plus de bénéfices qu’une absence totale d’allaitement.

L’alimentation avec des préparations commerciales pour nourrissons (PCN) n’équivaut pas à l’allaitement maternel et est associée à certains risques.

Les PCN ne contiennent pas les mêmes ingrédients que le lait maternel. Celui-ci a une composition unique, puisqu’il contient de multiples ingrédients présents naturellement chez l’être humain. Les PCN ne peuvent reproduire toutes ces composantes avec la même qualité (p. ex. : acides aminés, acides gras). De plus, certaines composantes ne peuvent pas être reproduites artificiellement et ne sont pas présentes dans les PCN (p. ex. : enzymes, anticorps).

L’alimentation avec les PCN peut donc rendre le bébé plus vulnérable à certaines maladies, infections ou allergies 2,28. Pour de plus amples renseignements sur les différences entre les compositions des PCN et du lait maternel, consulter la section Un lait unique de cette fiche et le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, p. 142-143.

Enfin, mentionnons que l’utilisation des PCN peut aussi être associée à des erreurs de fabrication (p. ex. : erreurs d’ingrédients, de mesure, d’étiquetage), à la contamination chimique ou bactérienne, à des erreurs de dilution ou à une conservation inadéquate 28,1.

Le rôle des professionnels de la santé et des services sociaux

Le message des professionnels de la santé et des services sociaux peut influencer grandement la décision des futurs parents en ce qui concerne l’allaitement. Par exemple, il est démontré que les femmes ont plus tendance à commencer et à poursuivre l’allaitement si leur médecin les soutient et les encourage à le faire 33,34.

Par ailleurs, il a été documenté que la neutralité du professionnel par rapport à l’allaitement est souvent interprétée par les femmes comme une attitude défavorable à l’allaitement. De plus, celles qui perçoivent que les professionnels ont une attitude neutre par rapport à l’allaitement sont plus susceptibles d’arrêter d’allaiter après environ six semaines 35.

Lors de la période périnatale, le rôle du professionnel est donc :

  • de recommander aux futurs parents l’allaitement, fait selon les lignes directrices nationales et internationales en matière d’allaitement;
  • de leur fournir une information exacte et crédible sur le plan scientifique afin de leur permettre de prendre une décision éclairée en fonction de leur situation;
  • d’être réceptif et respectueux du contexte et du vécu de chaque famille;
  • d’offrir un soutien, particulièrement en début d’allaitement, puisque l’abandon est élevé pendant le premier mois.

Voici les associations ou organismes canadiens ayant pris position pour la promotion, le soutien et la protection de l’allaitement :

  • Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (1998)
  • Collège des médecins du Québec (2000)
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux (2001)
  • Association des pharmaciens du Canada (2001)
  • Ordre professionnel des diététistes du Québec (2002)
  • Regroupement Les sages-femmes du Québec (2002)
  • Collège des médecins de famille du Canada (2004)
  • Ordre des diététistes du Canada (2004)
  • Ordre professionnel des hygiénistes dentaires du Québec (2004)
  • Santé Canada (2004)
  • Société canadienne de pédiatrie (2004)
  • Ordre des pharmaciens du Québec (2005)
  • Association canadienne des sages-femmes (2007)

L’importance du père dans l’allaitement

De nombreuses études démontrent que le père influence grandement la décision de la femme d’allaiter et de poursuivre l’allaitement. Lorsque celui-ci est favorable à l’allaitement, la femme a près de 80 % de chances de commencer l’allaitement 10. L’attitude du père serait plus déterminante que celle des professionnels de la santé 36.

Par ailleurs, la perception de l’attitude du conjoint à propos de l’allaitement influencerait davantage la femme enceinte que l’attitude réelle de celui-ci. De façon générale, les femmes ont tendance à percevoir leur conjoint comme étant moins favorable qu’il ne l’est en réalité 37. Elles ont 10 fois plus de chances de commencer l’allaitement si elles perçoivent une attitude positive chez leur conjoint que si elles croient qu’il est ambivalent ou qu’il préfère le biberon 38.

Ainsi, il semble être pertinent d’inclure le futur père dans l’apprentissage de l’allaitement 39. Une étude démontre que les mères dont le conjoint a reçu de l’information sur les façons de surmonter les difficultés liées à l’allaitement présentaient des taux d’allaitement exclusif plus élevés à six mois, comparativement aux mères dont le conjoint n’a pas reçu cette information 40.

Pour plus de détails sur l’expérience du père lors de l’allaitement, consulter la fiche Adaptation à la parentalité.

Les stratégies de promotion de l’allaitement

Différentes stratégies, d’efficacité variable, permettent d’augmenter le taux de démarrage ou la durée de l’allaitement.

Les stratégies efficaces

  • Programme de l’Initiative des amis des bébés (IAB) de l’OMS 41,42,43,44,45,46,13. Ce programme englobe les pratiques jugées les meilleures par la littérature scientifique et constitue la principale stratégie retenue par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour favoriser l’allaitement au Québec 2 (voir l' Annexe 1).
  • Approches qui combinent documentation, rencontres (individuelles ou de groupe) et soutien par les pairs 42.
  • Interventions pour favoriser le sentiment d’efficacité personnelle en allaitement 47,48 (voir l' Annexe 2).
  • Communication avec des femmes ayant allaité (p. ex. : communications téléphoniques, présence des organismes communautaires dans les rencontres d’information prénatale régulières) 42,49,50.
  • Rencontres de groupe pour les femmes qui prévoient allaiter et rencontres individuelles chez les femmes qui ne prévoient pas allaiter 49.
  • Présence du père favorisée dans les rencontres 40.
  • Ateliers pratiques sur la mise au sein (intervention prometteuse) 51.

Les stratégies inefficaces

  • Distribution d’un document (p. ex. : brochure, manuel) sur l’allaitement sans autre forme d’intervention (p. ex. : counselling, discussion) 42,50.

Les stratégies nuisibles

  • Préparation des mamelons pendant la grossesse ou port de boucliers de Woolwich pour les mamelons plats ou invaginés 52.
  • Distribution d’échantillons ou de matériel éducatif (p. ex. : DVD, brochure) produits par les fabricants de préparations commerciales pour nourrissons 53.

L’apprentissage de l’allaitement

Si produire du lait est naturel pour le sein, le geste d’allaiter semble moins naturel pour plusieurs femmes. En effet, comme pour tout nouveau geste, l’allaitement nécessite un apprentissage, un certain nombre d’essais et d’erreurs ainsi que de nombreux ajustements dans les débuts de sa pratique. Les experts en allaitement estiment que de quatre à six semaines environ seraient souvent nécessaires pour qu’une mère se sente à l’aise dans la pratique de l’allaitement.

En conséquence, il est important de préparer les futurs parents à l’allaitement et de leur présenter de façon réaliste les difficultés possibles en début d’allaitement ainsi que les moyens pour les surmonter. Par exemple, plusieurs futurs parents ne savent pas qu’il est fréquent que le bébé manifeste des besoins intenses de téter (particulièrement durant le deuxième jour de vie), que le contact peau à peau aide le bébé à téter, etc. Soulignons aussi que le soutien de l’entourage s’avère particulièrement utile durant les premières semaines postnatales pour conserver la confiance de la mère dans sa capacité à allaiter.

Pour plus de renseignements sur les conditions qui favorisent le succès de l’allaitement (proposées par le programme de l’Initiative des amis des bébés), consulter l’annexe 2 de cette fiche.

Pour plus de renseignements sur l’apprentissage de l’allaitement ainsi que sur les difficultés d’allaitement et leurs solutions, consulter le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, p. 358-439. On y retrouve notamment l’information sur différents moyens pour favoriser un bon démarrage de l’allaitement, tels que le contact peau à peau à la naissance, une première tétée dans l’heure qui suit la naissance, la cohabitation jour et nuit avec le bébé, l’allaitement à la demande, les positions confortables et la prise du sein.

Cibler le bon moment durant la période prénatale pour aborder l’allaitement

Il existe peu de données scientifiques permettant de déterminer le moment optimal pour aborder le sujet de l’allaitement en prénatal. En s’appuyant sur les lignes directrices du programme de l’Initiative des amis des bébés, de l’Academy of Breastfeeding Medicine (2009) et du National Institute for Health and Clinical Excellence (2008), une catégorisation des éléments à aborder en fonction du trimestre de grossesse est proposée.

La majorité des femmes ont déjà réfléchi sur le sujet et ont même décidé avant la grossesse si elles allaiteront ou non leur enfant. Plus la décision d’allaiter est prise tôt (pendant la grossesse ou avant), plus elle favorise l’allaitement 10. C’est pour cette raison qu’il est proposé d’aborder l’importance de l’allaitement sur le plan de la santé et de donner l’information concernant les lignes directrices nationales et internationales dès le premier trimestre de grossesse.

Au premier trimestre :

  • Aborder les lignes directrices et les bénéfices de l’allaitement pour la mère et le bébé;
  • Aborder les obstacles, les contraintes et les préoccupations possibles comme le manque de confiance ou de soutien, la gêne d’allaiter en public, l’alimentation de la mère pendant l’allaitement, les soins aux bébés, la peur d’avoir mal aux mamelons, les conséquences sur le couple;
  • Poser des questions ouvertes pour explorer les croyances et les connaissances du couple, et faire du recadrage le cas échéant;
  • Inclure le futur père et les proches dans la démarche.

Au deuxième trimestre :

  • Encourager la femme à trouver des modèles de femmes qui ont allaité avec succès dans son entourage (membres de la famille, amies, collègues);
  • Encourager les futurs parents à assister à un cours portant sur l’allaitement ou à participer à un groupe de soutien en allaitement, en leur fournissant une liste des ressources disponibles;
  • Inviter les futurs parents à prendre connaissance des sections sur l’allaitement du guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans et vérifier au rendez-vous suivant s’ils ont des questions. S’ils ne semblent pas intéressés par le guide ou capables de le lire, aborder les thèmes sur la gestion de l’allaitement : l’importance de l’allaitement exclusif, le principe d’offre et de demande, la façon de savoir si le bébé boit assez de lait, l’importance d’une bonne prise du sein.

Au troisième trimestre :

  • Aborder le déroulement de l’allaitement et du post-partum immédiat (contact peau à peau, première tétée, allaitement à la demande, importance d’éviter les suppléments [sauf s’ils sont médicalement indiqués], implication du père, etc.);
  • Encourager de nouveau les futurs parents à prendre contact avec un groupe d’entraide en allaitement (si ce n’est déjà fait);
  • S’assurer que les futurs parents ont un réseau de soutien adéquat pour le post-partum.

Une autre façon de déterminer le bon moment pour discuter de l’allaitement en prénatal est de recourir au modèle transthéorique 24. Ce modèle, d’abord développé pour la cessation de la consommation de tabac ou de drogues, permet d’individualiser l’approche en orientant les thèmes et la façon de les aborder en fonction du stade de changement de comportement de la personne 55,56.

La décision d’allaiter pourrait être comparée à d’autres changements de comportement en santé. Bien qu’il existe peu de preuves scientifiques permettant de savoir si ce modèle est applicable à l’allaitement, il est actuellement utilisé dans certaines régions du Québec et pourrait être considéré comme une solution intéressante.

La place de l’information sur les préparations commerciales pour nourrissons

Le programme de l’Initiative des amis des bébés suggère de donner de l’information sur les préparations commerciales pour nourrissons (PCN) de façon individuelle aux futurs parents qui le désirent 57.

Durant la période prénatale, il est important que les femmes enceintes prennent confiance en leur capacité à allaiter leur bébé. Parler de PCN dans un contexte de groupe peut nuire à cette confiance et sous-entendre qu’il est probable que la majorité des femmes auront besoin d’utiliser des PCN pendant leur allaitement. De même, les discussions en groupe, comparativement à celles en individuel, peuvent davantage contribuer à normaliser la pratique de l’alimentation au biberon 58.

Cependant, il est important de s’assurer que tous les futurs parents reçoivent de l’information adéquate sur l’alimentation de leur nourrisson ainsi qu’un soutien qui répond à leurs besoins particuliers 57.

Une information donnée individuellement répondra mieux aux besoins des parents qui savent déjà durant la période prénatale qu’ils utiliseront des PCN. Ils devront être renseignés adéquatement sur une utilisation sécuritaire de ces produits en fonction du type de PCN qu’ils utiliseront (poudre, liquide concentré ou formule prête à servir) 58. Le professionnel pourra faire un enseignement personnalisé au moment opportun en prénatal, en postnatal immédiat ou plus tard selon le besoin. Ceci peut se faire à la maternité ou à la maison de naissance, lors de la visite à domicile postnatale ou lors des cliniques de vaccination.

Dans le cas où des parents souhaitent s’informer des PCN lors d’une rencontre de groupe, les professionnels sont encouragés à répondre brièvement à leurs questions. Si la discussion se prolonge, ils peuvent leur proposer d’y répondre individuellement à la fin de la rencontre ou les référer au guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans (p. 342-350 et 440-453), qui est disponible en tout temps comme référence sur ce sujet pour les parents.

Pour plus de renseignements sur l’information à communiquer individuellement sur les PCN, voir la section Ressources et liens utiles.

De façon générale, il y a peu de situations où l’allaitement n’est pas recommandé 14. La majorité des maladies ou des conditions maternelles n’ont pas d’effet néfaste sur la qualité du lait maternel qui peut être donné au bébé. Dans la mesure où la mère ne peut allaiter de façon exclusive ou que le bébé ne peut téter, celui-ci pourra être nourri, au moins partiellement, de lait maternel exprimé.

Dans presque toutes les classes de médicaments, on peut trouver des médicaments qui sont sécuritaires pendant l’allaitement. Si la mère doit commencer ou continuer à prendre une médication pendant l’allaitement, elle pourra discuter des effets possibles avec le médecin ou le pharmacien. Ceux-ci peuvent contacter le Centre IMAGe du CHU Sainte-Justine pour avoir accès à des sources d’information fiables et à jour (voir la section Ressources et liens utiles).

La consommation d’alcool ou de tabac n'est pas une contre-indication à l’allaitement, mais on doit s’assurer de suivre certaines précautions. Pour de plus amples renseignements, consulter les fiches Alcool et Tabac.

Certaines situations exceptionnelles sont cependant incompatibles avec l’allaitement, par exemple la consommation de drogues par la mère (voir la fiche Drogues), le VIH/sida chez la mère ou la galactosémie chez l’enfant 14.

Enfin, notons que certaines situations, sans empêcher l’allaitement, peuvent rendre l’allaitement au sein plus difficile, demander un aménagement particulier (p. ex. : exprimer son lait pour le donner à son bébé qui a une fente palatine) ou encore requérir l’ajout temporaire ou permanent de préparations commerciales pour nourrissons.

Lorsque l’allaitement demande des aménagements ou qu’il représente un défi particulier, certaines femmes peuvent faire le choix de ne pas allaiter (p. ex. : grossesses multiples, problèmes de santé mentale, antécédent d’agressions sexuelles). La décision revient à la femme, et le professionnel doit la respecter.

NOTE : Banques et échanges de lait

On entend de plus en plus parler de banques de lait maternel. Il est important de savoir qu’il existe des différences majeures entre des banques de lait gérées par une organisation de santé et l’échange informel de lait d’une mère à une autre ou via Internet.

Une banque de lait officielle est gérée selon des critères stricts de sélection de donneuses ainsi qu’au niveau de la manipulation et la conservation du lait. Ce lait est destiné aux bébés les plus vulnérables, par exemple les bébés prématurés, dont les mères ne peuvent fournir suffisamment de leur propre lait. Des offres d’achat et de vente de lait maternel se trouvent présentement sur Internet. Ces transactions commerciales ne sont pas contrôlées (provenance, manipulation, entreposage, etc.) et peuvent comporter des risques. Ces risques demeurent présents pour l’utilisation du lait d’une autre femme, même s’il s’agit du lait offert par une amie. Ce choix doit être analysé prudemment.

Pour plus de renseignements sur les risques associés à l’utilisation de lait maternel acheté sur Internet ou d’une autre personne, consulter le site de Santé Canada : www.canadiensensante.gc.ca/recall-alert-rappel-avis/hc-sc/2010/13461a-fra.php.

Certaines femmes enceintes peuvent présenter un risque particulier de rencontrer des difficultés liées à l’allaitement (risque dû par exemple à une contre-indication médicale, à un handicap physique tel qu’une déficience visuelle, à une chirurgie mammaire, à des difficultés lors d’un allaitement antérieur) et avoir besoin d’un soutien accru.

Les professionnels sont encouragés à les diriger vers des ressources spécialisées, où une évaluation et un suivi appropriés pourront leur être offerts (voir la section Ressources et liens utiles).

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Date de création : octobre 2011

Ressources et liens intéressants

Les adresses, noms d’organismes ou documents mentionnés dans cette section ont retenu l’attention des différents partenaires ayant collaboré à la rédaction de cette fiche en raison de leur pertinence. Toutefois, il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive et les contenus qui y sont développés n’engagent ni la responsabilité des différents partenaires ni celle de l’Institut national de santé publique du Québec.

Pour plus d’information sur l’allaitement

Ministère de la Santé et des Services sociaux
Le site du Ministère fournit de l'information sur l'Initiative des amis des bébés.

http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/initiative-amis-des-bebes.php

Une  guide de formation y est disponible en ligne. Ce guide fait partie d'une trousse qui a été diffusée aux agences puis aux formateurs régionaux et locaux. Lors des démarches d'implantation de l'IAB, tout établissement doit permettre à son personnel de développer les compétences nécessaires à la transformation de l'environnement de soins afin de le rendre conforme à celui-ci. Pour obtenir de l'information au sujet des activités de formation en allaitement en région, les professionnels doivent prendre contact avec la personne responsable de la formation dans son propre établissement sinon auprès de son agence régionale de santé et de services sociaux.

http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2008/formation_allaitement.pdf

L’allaitement maternel : concepts fondamentaux. Document d’auto-apprentissage.
L’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO) et le Projet des lignes directrices sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers ont permis le développement de ce document d’auto-apprentissage. Ce module d’autoformation présente les concepts de base nécessaires à la promotion et au soutien de l’allaitement.
www.rnao.org/Storage/30/2482_168_ModuleAuto-apprentisageAllaitment_Final_Copy.pdf

Pour soutenir les parents lors de l’allaitement

Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans
Sections La préparation à l'arrivée de bébé (p.122-126) et L’alimentation (p. 270 et suivantes)
www.inspq.qc.ca/mieuxvivre

Ministère de la Santé et des Services sociaux
Le site du Ministère fournit une liste des ressources d’aide en allaitement.
www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/nutrition/index.php?aid=25

Aide-mémoire pour les mères qui allaitent

Les mères peuvent consulter en ligne cet aide-mémoire en version française, anglaise et langue des signes québécoises. Il est aussi disponible dans une version en texte électronique (fichier RTF et PDF). L’aide-mémoire peut être consulté dans le Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans dans la section intitulée alimentation.

http://msssa4.msss.gouv.qc.ca/fr/document/publication.nsf/961885cb24e4e9f
d85256b1e00641a29/2de015d3a3186465852570cb0071cf5f?OpenDocument

Ligue La Leche
Cette organisation, présente dans plus de 60 pays, a pour mission d’aider les mères à allaiter leur bébé en offrant entre autres des services de soutien téléphonique et des rencontres d’information.
www.allaitement.ca

Fédération québécoise Nourri-Source
Ce réseau québécois d’entraide en allaitement maternel est constitué des organismes Nourri-Source, dont la mission principale est le soutien à l’allaitement. Ces organismes offrent des services de jumelage avec des marraines et des parrains d’allaitement, du soutien téléphonique, des haltes-allaitement et des séances d’information prénatale.
www.nourri-source.org

Association québécoise des consultantes en lactation diplômées de l'IBLCE (AQC)

Cet organisme regroupe des IBCLCs (International Board Certified Lactation Consultants - Consultantes en lactation certifiées par l’IBLCE). Ces professionnelles ont les compétences et les connaissances indispensables pour apporter une aide de qualité aux bébés et aux mères dans le domaine de l’allaitement et un soutien aux autres intervenants de la santé. Elles travaillent dans les hôpitaux, les CSSS, les organismes communautaires, les pharmacies, les cliniques spécialisées en allaitement,  les cliniques privées, et font également des visites à domicile.

www.ibclc.qc.ca

Newman Breastfeeding Clinic and Institute (NBCI)
Les sites Internet suivants offrent de l’information sur l’allaitement et de l’aide pour les problèmes liés à l’allaitement. Des séquences vidéo, des livres et des DVD (en version française) sont également disponibles
www.breastfeedinginc.ca​
www.nbci.ca

Pour des questions sur l’allaitement et ses effets sur la santé

Info-Santé 811
Ce service de consultation téléphonique permet de joindre un professionnel de la santé en cas de problème non urgent. Le service est accessible 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Il fournit une liste à jour des contre-indications à l’allaitement.

Centers for Disease Control and Prevention (CDC)
Ce site offre une liste à jour des contre-indications à l’allaitement (en anglais).
www.cdc.gov/breastfeeding/disease/index.htm

Centre IMAGe
Ce centre d’information québécois est destiné aux professionnels de la santé et offre des renseignements sur les médicaments pendant la grossesse et l’allaitement.
514 345-2333 ou image.chu-sainte-justine.org

Motherisk
Cet organisme fournit de l'information et répond aux questions du public et des professionnels sur les médicaments pendant la grossesse et l’allaitement.
1 877 439-2744 (service en français offert) ou www.motherisk.org/prof/breastfeeding.jsp (site en anglais)

United States National Library of Medicine (Toxnet/Lactmed)
Ce site offre de l’information sur les médicaments pendant l’allaitement (en anglais).
www.toxnet.nlm.nih.gov/cgi-bin/sis/htmlgen?LACT

L’allaitement et les produits en vente libre : un guide pour la mère et son enfant
Ce guide d’Ema Ferreira a été publié aux éditions du CHU Sainte-Justine en 2009.

Pour des idées d’activités de groupe en prénatal

Santé Canada
Cet organisme nous offre le Guide pratique pour la protection, la promotion et le soutien de l’allaitement dans les projets communautaires.
www.phac-aspc.gc.ca/hp-ps/dca-dea/publications/workbook-manuel/pdf/workbook-manuel-fra.pdf

Pour plus de détails sur l’information à transmettre de façon individuelle sur les préparations commerciales pour nourrissons (PCN)

Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans
(p. 342-350 et 440-453)
www.inspq.qc.ca/mieuxvivre

Organisation mondiale de la santé
L’OMS a publié des directives relatives à la préparation, à la conservation et la manipulation dans de bonnes conditions des préparations en poudre pour nourrissons.
www.who.int/foodsafety/publications/micro/pif_guidelines_fr.pdf

Lexique

Colostrum :
Liquide épais jaunâtre, riche en protéines et en anticorps.

Entérocolite nécrosante :
Maladie grave du tractus gastro-intestinal touchant surtout le prématuré et consistant en une inflammation des intestins causant la destruction des tissus environnants.

Fente palatine :
Malformations congénitales qui peuvent concerner la lèvre supérieure, le palais ou les deux.

Galactosémie
Maladie congénitale héréditaire causée par l'absence d'enzymes responsables de métaboliser le galactose contenu dans le lait en glucose assimilable par l'organisme.

Ictère :
Symptôme consistant en une coloration jaune plus ou moins intense de la peau et des muqueuses.

Innocuité :
Caractère de ce qui est sans danger.

Méconium :
Ensemble des matières visqueuses que le bébé expulse peu après sa naissance.

Morbidité :
Caractère de ce qui est malade.

Ocytocine :
Hormone qui provoque la contraction de l’utérus pendant l’accouchement. Dans le sein, elle provoque une contraction qui pousse le lait vers l’extérieur.

Revue systématique :
Démarche scientifique rigoureuse de revue critique de la littérature consistant à rassembler, évaluer et synthétiser toutes les études pertinentes portant sur un sujet particulier.

Syndrome de mort subite du nourrisson :
Décès inexplicable et subit d’un nourrisson âgé de moins de un an apparemment en bonne santé.

Troubles mentaux :
Maladie diagnostiquée caractérisée par des altérations de la pensée, de l’humeur ou du comportement qui entraînent un état de détresse et interfèrent avec le fonctionnement de la personne.

Annexes

Annexe 1 - Le programme de l’Initiative des amis des bébés

L’Initiative des amis des bébés (IAB) est un programme international créé en 1991 par l’OMS et l’UNICEF pour optimiser les résultats de l’allaitement maternel. Ce programme est la principale stratégie retenue par le MSSS pour favoriser l’allaitement au Québec 2. L’IAB propose d’aborder les thèmes suivants lors des rencontres prénatales individuelles ou en groupe :

  • L’effet de l’allaitement sur la santé et les conséquences du non-allaitement;
  • Les recommandations en matière d’allaitement;
  • Les conditions qui favorisent le succès de l’allaitement.

L’effet de l’allaitement sur la santé et les risques du non-allaitement

L’IAB requiert que l’on parle des effets de l’allaitement sur la santé et des risques de ne pas allaiter.

Les lignes directrices en matière d’allaitement

L’ensemble des orientations ministérielles québécoises va de pair avec les lignes directrices de l’OMS et de l’UNICEF, qui préconisent l’allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie de l’enfant et la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans et au-delà avec ajout d’aliments complémentaires. Ceci permet à la mère et à son enfant de continuer à bénéficier des nombreux bienfaits immunologiques et nutritionnels de l’allaitement.

Les conditions qui favorisent le succès de l’allaitement

Sujet Points d’information

Contact peau à peau dès la naissance pendant une heure ou plus1,60,53,58

  • Le contact peau à peau semble être la première étape d’une séquence de comportements qui s’observe chez la plupart des bébés. Une série de réflexes innés s’organisent pour lui permettre de chercher et de trouver le sein. Par ces comportements, le bébé montre qu’il est prêt à téter et la mère l’aidera intuitivement au besoin. Ceci favorise une première tétée efficace.
  • Dans de plus en plus d’hôpitaux, le contact peau à peau est possible même après une césarienne si la mère et le bébé se portent bien.
  • Le contact peau à peau est bénéfique pour tous les bébés (allaités ou non). Cette pratique permet :
    • aux bactéries de la mère de coloniser le bébé;
    • à la mère et à l’enfant de faire connaissance;
    • une meilleure température, une meilleure oxygénation et un rythme cardiaque plus stable chez le bébé;
    • de diminuer les pleurs et de calmer rapidement le bébé;
    • de renforcer le lien d’attachement.

Tétée précoce après la naissance1,58

  • Elle procure le colostrum, très riche en anticorps.
  • Elle est associée à une plus longue durée de l’allaitement.
  • Elle diminue les risques d’hémorragie en post-partum (la tétée favorise la sécrétion d’ocytocine).

Cohabitation 24 heures sur 241,58

  • Elle permet à la mère de voir les signes de faim de son bébé et le bon moment pour lui offrir le sein.
  • Elle permet aux parents de mieux connaître les cycles de sommeil-éveil de leur nouveau-né et de se reposer en même temps que lui.
  • Elle renforce le sentiment de compétence parentale dans les soins du bébé.

Bonnes positions et prise du sein61,1
Le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans décrit en détail les éléments d’une bonne prise du sein (p. 370-373).

  • Cela permet d’éviter la douleur chez la mère.
  • Cela favorise une stimulation adéquate du sein et une bonne production de lait.
  • Le bébé boit mieux, car une bonne prise favorise un bon transfert de lait du sein au bébé.

Allaitement à la demande1,61,58

  • Des tétées à la demande du bébé (fréquentes et non minutées) favorisent l’établissement et le maintien de la production lactée.
  • La fréquence et la durée des tétées sont variables d’un bébé à l’autre.
  • La majorité des bébés allaités boivent de 8 à 12 fois par 24 heures, avec généralement un épisode de tétées groupées.
  • Des tétées fréquentes favorisent un meilleur apport en lait et diminuent la perte de poids chez le bébé. Elles favorisent l’élimination du méconium et diminuent les risques d’ ictère.
  • Il est parfois nécessaire de stimuler le bébé à boire plus souvent les premiers jours, surtout s’il est somnolent, pour prévenir la perte de poids ou l’ictère;
  • Les signes que le bébé boit suffisamment, dont l’élimination quotidienne des selles (fréquence et apparence), sont des points clés à retenir pour les parents et sont énumérés dans le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans.

Allaitement exclusif (éviter les  suppléments)58

  • Un allaitement exclusif favorise une durée d’allaitement plus longue. D'un point de vue nutritif, le lait maternel est l'unique aliment dont le bébé a besoin pour assurer sa croissance au cours des six premiers mois de vie.
  • L’ajout de PCN comporte des risques pour l’allaitement, car il diminue la stimulation des seins et nuit donc à l’établissement et au maintien de la production lactée.
  • Un allaitement non-exclusif diminue la quantité de colostrum et de lait maternel que le bébé reçoit. En diminuant la dose de lait maternel, on diminue ses bénéfices (effet dose-dépendant).
  • L'ajout de PCN peut modifier la flore intestinale du bébé et l'exposer prématurément à la protéine du lait de vache.
  • Il existe très peu de raisons médicales de donner une PCN.

Non-utilisation de la sucette ou de la tétine1,59,58

  • L’utilisation de la sucette chez le nouveau-né peut masquer les signes de faim et espacer les tétées, ce qui contribue à :
    • diminuer la quantité totale de lait bu par l’enfant;
    • diminuer la stimulation des seins et donc la production de lait.
  • L’utilisation du biberon engendre aussi une baisse de stimulation des seins, surtout s’il contient de la PCN.
  • Il est généralement proposé de s’assurer que le bébé boit de la bonne façon au sein et que l’allaitement est bien établi (ce qui peut prendre de quatre à six semaines après la naissance) avant d’utiliser la sucette ou le biberon. Mais bien souvent, il n’est aucunement nécessaire d’utiliser la sucette ou le biberon.

Ressources

Des ressources sont présentes pour soutenir les femmes qui désirent allaiter :

  • Les visites à domicile par le CLSC;
  • Les haltes-allaitement, les ateliers sur le nourrisson, les ateliers d’allaitement (en fonction des milieux);
  • Les ressources dans l’entourage de la femme;
  • Les organismes communautaires de soutien en allaitement.

Annexe 2 - Favoriser le sentiment d’efficacité personnelle en allaitement

Le sentiment d’efficacité personnelle dans le domaine de l’allaitement renvoie à la perception de la femme sur sa capacité à allaiter son bébé 62,63. Ainsi, si celle-ci croit qu’elle peut allaiter avec succès, elle sera plus susceptible de faire ce choix et de faire des efforts pour poursuivre l’allaitement. En revanche, si elle a une faible confiance en sa capacité d’allaiter, elle sera de deux à trois fois plus susceptible de cesser avant d’avoir atteint ses objectifs 64,65,66,67.

Le fait d’avoir un sentiment élevé d’efficacité personnelle en allaitement lors de la période prénatale est associé à un taux plus élevé de démarrage et de poursuite de l’allaitement chez les femmes de différents milieux sociodémographiques. De plus, il a été démontré qu’il est possible d’augmenter le sentiment d’efficacité chez les femmes, ce qui a pour effet de favoriser la durée et l’exclusivité de l’allaitement 48.

Le sentiment d’efficacité personnelle en allaitement se construit de quatre façons :

  • Les expériences personnelles d’allaitement : C’est l’élément qui a le plus d’influence. Une expérience d’allaitement perçue comme un succès augmente le sentiment d’efficacité personnelle, tandis qu’une expérience négative peut avoir un effet négatif sur ce sentiment. Il a été démontré que les femmes qui ont déjà donné naissance à un enfant ont un sentiment d’efficacité personnelle plus élevé que celles qui en sont à leur première grossesse 68;
  • L’observation d’autrui (modeling) : Connaître et observer une femme qui a allaité avec succès contribue au sentiment d’efficacité personnelle. Le visionnement de documents audiovisuels où l’on voit des femmes allaiter semble aussi avoir cet effet 47. Les femmes qui ont reçu du soutien d’un groupe de pairs rapportent que cela a augmenté leur confiance 63;
  • La persuasion verbale : Les encouragements à poursuivre l’allaitement ne semblent pas augmenter le sentiment d’efficacité personnelle, tandis que complimenter la femme pour ses efforts vis-à-vis de l’allaitement semble efficace lorsque ces compliments proviennent du conjoint ou de la grand-mère maternelle 47;
  • Les facteurs physiologiques et psychologiques : Les états physiques et psychologiques peuvent influencer le sentiment d’efficacité personnelle. La douleur aux mamelons est associée à un plus faible sentiment d’efficacité personnelle dans les premiers jours 47. Un faible sentiment d’efficacité personnelle en postnatal immédiat est aussi associé à la perception de manque de lait à quatre semaines 69.