L'intimidation vécue par les populations autochtones

Ce texte a été rédigé par Odile Bergeron, conseillère scientifique, Institut national de santé publique du Québec

Faits saillants

  • L’intimidation au sein des populations autochtones s’inscrit bien souvent dans un contexte de violence plus large qui tient sa source de traumatismes collectifs passés et contemporains et du cumul des difficultés sociales, économiques et de santé vécues par ces populations.
  • L’intimidation commise par des personnes non autochtones envers des Autochtones s’exprime bien souvent par des préjugés et des stéréotypes liés à l’exclusion sociale, économique, politique et culturelle et se remarque davantage à l’extérieur des communautés autochtones.
  • L’intimidation vécue entre personnes d’origine autochtone renvoie à différentes formes de comportements tels que les ragots, les querelles, la violence physique. Elle s’exprimerait davantage dans les communautés autochtones.
  • L’intimidation a d’importantes conséquences sur la santé et le bien-être des individus, des familles et des communautés. Elle compromet également la confiance des Autochtones à l’égard des institutions publiques.
  • La prévention de l’intimidation au sein des populations autochtones requiert d’agir en amont sur différents déterminants sociaux de la santé, de favoriser le renforcement du capital social, d’agir précocement sur les plans individuel et familial et de soutenir les initiatives scolaires et parascolaires.

Qu’est-ce qui caractérise l’intimidation vécue par les populations autochtones?

L’intimidation est une problématique sociale vécue par les Premières Nations et les Inuits, et ce, peu importe leur sexe ou leurs caractéristiques personnelles. L’intimidation peut notamment se manifester en milieu scolaire et au sein des familles et des communautés. Elle s’exprime différemment selon qu’elle soit vécue entre personnes d’origine autochtone ou commise par des personnes non autochtones, le plus souvent sous la forme de comportements discriminatoires à l’endroit des Autochtones1,2.

Au Canada, « Autochtone » est un terme légal utilisé pour définir les premiers peuples et leurs descendants. La Loi constitutionnelle de 1982 reconnaît trois peuples distincts, soit les Premières Nations (avec ou sans statut), les Inuits et les Métis. Au Québec, étant donné qu’aucun groupe métis n’a été légalement reconnu, l’emploi du terme « Autochtone » renvoie généralement à 10 Premières Nations et au peuple inuit.

L’intimidation chez les Autochtones : l’expression d’un schéma de ruptures sociales

L’intimidation est l’une des expressions de la violence interpersonnelle au sein des populations autochtones, qui est elle-même la conséquence d’un contexte historique et politique favorisant la perpétuation de la violence. En effet, la violence vécue au sein des populations autochtones reflète bien souvent un schéma de ruptures de relations sociales qui tient sa source de l’expérience historique autochtone et ne peut donc pas être strictement interprétée comme l’expression d’un comportement individuel ou d’un problème circonscrit à quelques ménages. Par exemple, au Canada, les pensionnats ont été identifiés comme principal mécanisme érigé pour favoriser l’assimilation des Autochtones aux normes, valeurs, croyances et pratiques occidentales3-9. Les pensionnats n’ont pas seulement compromis la santé et le bien-être des enfants qui les ont fréquentés, les blessures affectives et les sévices physiques subis ont également des répercussions à long terme à travers les générations.

Des politiques, des pratiques institutionnelles ou des mesures administratives, sans explicitement cibler un groupe ethnique, peuvent également contribuer à créer une iniquité dans l’accès aux services et aux ressources de base. Ainsi, les inégalités sociales, politiques et économiques qui en résultent contribuent au cumul de déterminants défavorables à la santé et au bien-être des populations autochtones8,10-12. En effet, la pauvreté, le chômage, la faible scolarisation, le sous-financement des services publics, la difficulté d’accès aux services de santé et aux services sociaux sont, entre autres, des facteurs de risque de la violence collective subie par les Autochtones.

À l’instar d’autres problématiques de santé, les problèmes de violence dans les populations autochtones sont particulièrement importants, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des communautés, et la position de désavantage systémique dans laquelle elles sont placées accroît le risque qu’elles vivent davantage d’intimidation ou de comportements violents que la population non autochtone.

Certaines limites méthodologiques sont liées aux données disponibles. Puisque certaines études sont  parfois réalisées dans des écoles situées près de grands centres, alors que d’autres s'intéressent à de petites communautés autochtones éloignées1,2, il est parfois impossible de distinguer l’intimidation vécue entre élèves autochtones de celle commise envers les élèves autochtones par les élèves non autochtones. De plus, la variabilité de la taille des échantillons, rend la possibilité de mesurer des écarts significatifs sur le plan statistique presque impossible.

Bien que l’intimidation vécue par les Autochtones sous la forme d’actes racistes commis par les non-autochtones soit un phénomène connu et assez bien documenté au Canada3,13-17, l’intimidation commise entre pairs au sein d’une même communauté est pour sa part moins bien définie dans la littérature actuelle. Par conséquent, il est difficile de proposer une définition claire de l’intimidation vécue par les Autochtones, d’en décrire l’ampleur, de dégager des facteurs de risque et d’en mesurer les conséquences18-22.

Les quelques études disponibles sur l’intimidation vécue par les Autochtones au Canada ont été principalement réalisées en milieu scolaire. Celles-ci suggèrent que les jeunes Autochtones sont plus à risque que les jeunes non autochtones d’être victimes d’intimidation ou d’être impliqués dans des situations d’intimidation1,18,21,22. Certaines études confirment de plus que les enfants autochtones seraient également victimes d'intimidation fondée sur l’origine ethnique20,23.


L’intimidation commise par des personnes non autochtones

Il est fort bien documenté que les Autochtones sont encore souvent victimes de préjugés et de stéréotypes liés à leur exclusion sociale, économique, politique et culturelle. L’intimidation constitue en ce sens une autre expression de cette forme de discrimination24. Au Canada, les Autochtones font partie des groupes sociaux les plus susceptibles de devoir composer avec différentes formes d’exclusion16,17 qui seraient exacerbées en contexte urbain et feraient en sorte que la discrimination et le racisme deviennent une réalité quotidienne pour plusieurs Autochtones qui y étudient, y travaillent et y vivent2,15,16,22. Ceci est particulièrement vrai dans les villes où la population autochtone représente la principale minorité25.

Un grand nombre de membres des Premières Nations et d’Inuits au Québec résident dans l’une des communautés autochtones réparties sur le territoire de la province [26]. Cela dit, au Québec comme ailleurs au Canada, de plus en plus d’Autochtones vivent à l’extérieur de leur communauté d’origine, très souvent en milieu urbain, soit parce qu’ils y sont nés, parce qu’ils s’y sont installés ou, pour quelques-uns, parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers pour payer le billet d’avion qui leur permettrait de retourner dans leur communauté d’origine. Au Québec, le phénomène de mobilité vers les villes est en nette augmentation27,28. Plusieurs villes de la province, dont Montréal, Val-d’Or et La Tuque, présentent des populations autochtones importantes.

Le racisme vécu par les Autochtones 

Le racisme est une forme de discrimination fondée sur l’origine ethnique qui peut s’exprimer tant au niveau interpersonnel qu’institutionnel. Mieux connu et plus facile à identifier, le racisme interpersonnel s’exprime par des stéréotypes négatifs ou des préjugés dans les interactions quotidiennes entre individus23. Il peut entraver, par exemple, la recherche d’un logement ou d’un emploi. La marginalisation sociohistorique des peuples autochtones se ferait également sentir en milieu scolaire où les élèves autochtones seraient exposés à un plus grand risque d’intimidation fondée sur leur origine ethnique1,15,19,20,22.

L’intimidation dirigée entre pairs ou la violence latérale

L’intimidation dirigée entre pairs est souvent comprise dans le concept de violence latérale. Il s’agit d’un comportement utilisé au sein de groupes de personnes opprimées et marginalisées pour retourner leur colère les unes contre les autres29,30. Elle serait particulièrement présente au sein de groupes marginalisés ou opprimés et incarnerait une « structure internalisée » de la domination subieStewart et collaborateurs cité dans 31, c’est-à-dire que les victimes d’abus ou de domination tourneraient leur colère et leur insatisfaction envers leurs pairs plutôt que de les diriger vers le système qui les opprime32,33.

Ce type de comportement peut prendre différentes formes comme les ragots, les commérages, le ressentiment, la jalousie, les insultes, la concurrence, l’exclusion sociale, le non-respect de la vie privée, les querelles de famille, la violence familiale, la violence physique, les mauvais traitements à l'égard des personnes aînées, la violence faite aux femmes et les activités liées aux gangs19,30,33,34. Des paroles et des gestes peuvent aussi être commis dans le but d’ostraciser un pair qui est perçu, d’un point de vue ethnique, comme étant trop ou pas assez représentatif du groupe19,23. Ces diverses formes s’exprimeraient davantage dans les communautés autochtones qu’à l’extérieur de celles-ci.

L’intensité et la répétition de ces comportements peuvent engendrer une normalisation et une banalisation de l’intimidation par les personnes qui en sont témoins ou victimes, ainsi que par les auteurs. Des participants à une étude portant sur l’intimidation vécue dans un milieu aborigène en Australie ont mentionné que les enfants qui étaient exposés à l’intimidation au sein de la famille et de la communauté étaient accoutumés tôt à ce type de violence et apprenaient ainsi à reproduire certains comportements. Ces participants considéraient alors « normal » que certains d’entre eux, plus âgés, la reproduisent sur les plus jeunes19. La normalisation de la violence a également été identifiée comme étant un facteur qui a favorisé les comportements violents entre enfants autochtones dans les pensionnats35.


Les principaux facteurs de risque

Un facteur de risque pouvant être associé à l’intimidation est une caractéristique des personnes, de leurs relations ou de leur environnement pour laquelle une association statistique avec l’intimidation est démontrée, il ne s’agit cependant pas d’une relation de cause à effet.

La fréquence et la sévérité de la violence vécue dans certaines communautés sont le reflet du cumul d’un grand nombre de facteurs, dont certains d’entre eux se manifestent de façon plus importante que dans les populations non autochtones. Ce cumul de facteurs associés à la violence prend racine dans l’histoire collective des Autochtones, dont les traumatismes causés par le colonialisme, les bouleversements sociaux rapides, la dépréciation de la culture traditionnelle et les expériences continues de racisme et de discrimination1,18,19,29,32,33,36-38. Ainsi, des enfants et des jeunes vivent dans des milieux où la pauvreté et l’abus de substances des parents les rendent plus vulnérables à plusieurs formes de maltraitance, telles que la négligence et l’abus sexuel37. Ces expériences continuent d’influencer de façon persistante les déterminants de la santé chez les Autochtones du Québec et d’ailleurs, et entravent leur capacité à réaliser leur plein potentiel36,37.

Principaux facteurs de risque associés à la violence en milieu autochtone

Facteurs sociétaux

  • Conditions de vie défavorables (chômage, pauvreté, faible niveau de scolarité, accès limité aux occasions d’emploi, faiblesse du revenu moyen)
  • Mauvaises conditions de logements
  • Inadéquation des services offerts aux Autochtones ou absence de services adaptés à leurs besoins
  • Discrimination, racisme systémique et profilage racial
  • Politiques de colonisation et d’assimilation à l’égard des populations autochtones (ex. : pensionnats)

Facteurs communautaires

  • Manque d’autonomie et de pouvoir découlant des politiques d’assimilation
  • Perte de l’identité collective
  • Normes et valeurs favorables à l’expression de la violence
  • Isolement géographique et social

Facteurs communautaires

  • Manque d’autonomie et de pouvoir découlant des politiques d’assimilation
  • Perte de l’identité collective
  • Normes et valeurs favorables à l’expression de la violence
  • Isolement géographique et social

Facteurs relationnels

  • Relations malsaines
  • Effets transgénérationnels des traumatismes sur le fonctionnement familial (blessures affectives et sévices physiques)
  • Surpopulation des logements

Facteurs individuels

  • Pauvreté, chômage
  • Consommation d’alcool ou de drogues
  • Problèmes de santé mentale

Source : tiré de La prévention de la violence au Québec : une responsabilité individuelle et collective [Huitième rapport du directeur national de santé publique]39

En ce qui concerne plus particulièrement l’intimidation, à l’instar de ce qui est observé dans la population non autochtone, cette problématique est particulièrement observée chez les jeunes d’âge scolaire. Cela dit, les conditions de vie dans lesquelles vivent plusieurs aînés autochtones, dont le manque de logements et d’infrastructures d’accueil qui leur sont destinées, les rendraient vulnérables à l’intimidation commise en milieu familial2,40. Ces conditions de vie peuvent en effet provoquer une hausse des tensions familiales qui se traduisent parfois par de l’intimidation ou d’autres comportements violents41.

La présence de certains éléments associés au contexte historique, politique, social ou communautaire ou encore aux conditions de vie peut accroître le risque d’intimidation en milieu autochtone. Mentionnons notamment :

  • Les traumatismes collectifs passés et contemporains qui sont susceptibles de contribuer à la transmission intergénérationnelle de comportements délétères42,43 et à une certaine « normalisation de la souffrance »10.
  • Le cumul des difficultés sociales auxquelles sont confrontées nombre de communautés et qui a des impacts directs sur la qualité du tissu social garant du bien-être des collectivités. Ces difficultés peuvent avoir le dessus sur la force du groupe et entraver inévitablement le développement des collectivités dans la mesure où il s’avère alors difficile pour elles de tirer avantage des bénéfices du sens communautaire35.
  • La défavorisation économique et matérielle des Premières Nations et des Inuits par rapport aux non-autochtones, la pauvreté étant le résultat du faible accès à l’éducation et à des emplois de qualité dans de nombreuses communautés37, ainsi que des mesures discriminatoires auxquelles ils doivent faire face en milieu urbain.
  • Les conditions de vie précaires qui reflètent la situation financière des Autochtones. Une proportion importante d’entre eux vit dans des logements délabrés ou surpeuplés37.

Les conséquences

L’intimidation vécue par les Autochtones, qu’elle soit physique, verbale, sociale ou matérielle, commise ou non entre pairs, est lourde de conséquences sur la santé des individus, des familles et des communautés. Elle atteint l’intégrité des personnes qui y sont exposées et peut entraîner des conséquences importantes à court, moyen et long terme.

Conséquences de l’intimidation vécue dans l’enfance et à l’adolescence§

Conséquences à court et moyen terme

  • Troubles du sommeil21,32
  • Changements dans les habitudes alimentaires21,32
  • Perte ou gain de poids21,32
  • Baisse du système immunitaire21,32
  • Troubles somatiques21,32
  • Dépression18
  • Anxiété18
  • Consommation de drogue et d’alcool18
  • Tentatives de suicide18
  • Atteinte à la santé mentale (ex. : sentiment d’inutilité)15,20,25,32
  • Baisse de l’estime de soi15,20,25,32
  • Effets négatifs sur la persévérance et la réussite scolaire15,20,25,32
  • Décrochage scolaire21,24,25,35
  • Taux d’absentéisme élevé (ex. : ne pas vouloir aller au travail)15,20,25,32

Conséquences à l’âge adulte

  • Chômage21,24,25,35
  • Détérioration des relations interpersonnelles (ex. : perte de confiance envers autrui)21,24,25,35
  • Faible sentiment d’appartenance sociale21,24,25,35

§Les conséquences ne sont pas présentées par ordre d’importance.

Conséquences de l’intimidation vécue à l’âge adulte§

Conséquences à court et moyen terme

  • Chômage21,24,25,35
  • Détérioration des relations interpersonnelles (ex. : perte de confiance envers autrui)25
  • Isolement social25

§ Les conséquences ne sont pas présentées par ordre d’importance.

En plus des conséquences sur la santé et le bien-être des individus et la difficulté à entretenir des rapports sociaux sains, l’intimidation et le racisme systémique vécus par les Autochtones ont d’importantes conséquences sur leur confiance envers différentes institutions comme les institutions scolaires, de santé et gouvernementales3,14,15,25. Cette perte de confiance peut entraîner à son tour des répercussions sur l’état de santé et le développement social et économique des individus et des collectivités.


Prévention de l’intimidation vécue par les Autochtones

La prévention de l’intimidation au sein des populations autochtones doit s’insérer dans une perspective plus globale de prévention de la violence. Cette perspective requiert d’agir en amont sur différents déterminants sociaux de la santé tels que la pauvreté, l’emploi, l’éducation et le logement dans le but d’offrir des conditions de vie favorables au développement des enfants. L’action sur les facteurs de risque associés à l’intimidation et aux comportements violents favorisera également le renforcement du capital social qui contribue à la valorisation des cultures autochtones et à l’estime de soi, et redonne un pouvoir aux individus, aux familles et aux communautés en plus d’avoir des effets positifs sur leur santé mentale et leur bien-être1,20,44,45. Le renforcement du capital social contribue également à atténuer la force du racisme vécu par les Autochtones qui résident en milieu urbain (Conseil permanent de la jeunesse, 2004 dans O’Bomsawin, 201125). En investissant l’espace public, les Autochtones peuvent alors tirer profit du partage d’expériences communes et nouer des relations avec des personnes issues de différents milieux en plus de se donner les moyens de s’organiser pour dénoncer les injustices et les préjugés qui persistent à leur égard25. Le capital social constitue en cela un déterminant important de résilience et de bien-être des individus comme des familles.

Pour appuyer les Autochtones dans leurs démarches d’intégration au milieu urbain, les centres d’amitié autochtones, au Québec comme ailleurs au Canada, sont reconnus pour être des carrefours de services urbains, un milieu de vie et un ancrage culturel pour les Autochtones en travaillant à favoriser une meilleure compréhension des enjeux, défis et problématiques des Autochtones citadins et la cohabitation harmonieuse dans leur milieu par la construction de ponts entre les peuples46.

Plus largement, les peuples autochtones doivent également être soutenus dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination dans divers domaines (ex. : santé, éducation, revendications territoriales) afin qu’ils puissent trouver des solutions à l’intimidation et aux autres problèmes de violence, et prendre leurs propres décisions en ce qui a trait au règlement des différends, à la définition d'un comportement acceptable et à la prise en charge du bien-être de la collectivité30,33,47.

Différentes mesures visant à prévenir l’intimidation, à en diminuer la fréquence, à promouvoir des comportements exempts de violence, à agir sur certains facteurs pouvant être associés à l’intimidation ou à soutenir l’engagement des communautés en ce sens peuvent également être mises de l’avant.

Agir précocement sur les plans individuel et familial

La violence chez les jeunes est souvent le résultat de comportements s’exprimant tôt dans la vie et s’inscrivant dans un contexte sur lequel les jeunes ont peu d’emprise. L’amélioration des conditions de vie des familles est primordiale dans la mesure où il est reconnu que le soutien parental et social agit favorablement dans la diminution de la participation des jeunes autochtones à l’intimidation1,19,48.

Comme dans les milieux non autochtones, des programmes de visites à domicile visant à soutenir les familles vivant en contexte de vulnérabilité peuvent contribuer à réduire la maltraitance envers les enfants autochtones; la maltraitance envers les enfants étant un des prédicteurs les plus robustes de la violence vécue et commise par la suite en contexte familial et conjugal49. D’autres programmes visant le développement de la petite enfance et poursuivant différents objectifs, dont le développement des compétences sociales de l’enfant, en passant par le développement de pratiques parentales favorables au développement optimal de l’enfant, peuvent aussi contribuer à la prévention de l’intimidation en milieu autochtone.

Soutenir les initiatives scolaires et parascolaires

Il va de soi que tout programme permettant d’optimiser le parcours scolaire des jeunes en milieu autochtone pourra contribuer à réduire l’intimidation et la perpétration de la violence de façon significative dans cette population. L’école est en effet un espace privilégié où les jeunes, les enseignants et le personnel éducatif peuvent apprendre et mettre en pratique des comportements sociaux qui contribuent à la prévention de la violence à l’école, mais également au sein de la communauté en général50. Cependant, le milieu scolaire dans lequel les enfants autochtones évoluent doit reconnaître l’historique de la colonisation et ses conséquences contemporaines sur la marginalisation des Autochtones. Pour plusieurs parents autochtones et leurs aînés, l’éducation institutionnelle peut être synonyme d’assimilation, d’échec social et de détresse psychologique parce qu’elle demeure associée aux pensionnats1,48,51,52. Des programmes faisant la promotion de la santé mentale et permettant l’acquisition d’aptitudes pouvant s’appliquer dans la gestion et la communication des émotions peuvent également s’avérer utiles dans la prévention de la violence chez les jeunes50,53,54.

Bien que le milieu scolaire soit un endroit privilégié pour rejoindre les jeunes autochtones, l’école ne permet pas toujours de les rejoindre tous, notamment ceux qui ont quitté l’école ou qui font partie des groupes plus âgés. Pour cette raison, les activités comme le sport et les loisirs, les arts, la musique, le théâtre ou les ateliers tenus dans le territoire en présence d’aînés sont l’occasion pour les adolescents de s’impliquer dans un groupe, gagner une certaine reconnaissance et un sentiment d’appartenance à la communauté55. Il importe en fait que ce type d’activités permette aux jeunes de se mobiliser, de renforcer l’identité autochtone comme source de fierté et l’héritage culturel comme source de résilience face aux difficultés53.

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