Soins préventifs et de santé durant la grossesse

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Illustration : Sophie Casson

Messages clés à transmettre aux futurs parents

Voici les principaux messages de santé à transmettre à tous les futurs parents, selon un consensus basé sur la recherche scientifique et la pratique professionnelle. Il est à noter que cette section ne constitue pas un résumé de la fiche.

Les messages sont formulés de façon à s’adresser directement aux futurs parents, que ce soit lors d’un suivi individuel ou lors d’une rencontre prénatale de groupe. Ils sont précédés d'un porte-voix et suivis d’une explication plus détaillée.

Échographie et radiographie

  • L’échographie est une technique qui permet de visualiser certains organes. Elle fait partie des examens de routine lors d’un suivi de grossesse et permet de rendre compte de son déroulement. Cet examen est sécuritaire pour votre santé et celle de votre bébé.
  • La radiographie est un examen médical qui peut présenter un risque durant la grossesse, si la dose de rayons X est très élevée. Cependant, la majorité des radiographies émettent de très faibles doses de rayons X et ne présentent donc pas de risque pour le bébé.

Immunisation

Il existe différents types de vaccins. Certains peuvent être donnés pendant la grossesse, d’autres pas. Il n’y a pas de risque à côtoyer des gens qui reçoivent des vaccins.

Prévention et traitement des infections

  • En tout temps, il est fortement recommandé de consulter votre médecin si vous faites de la fièvre.
  • Le rhume est une infection courante. Il ne se guérit pas par les médicaments, bien que ceux-ci puissent en atténuer les symptômes. Les solutions salines et l’acétaminophène sont de bons choix.
  • Il se peut que vous soyez incommodée par une infection urinaire pendant votre grossesse. Il est conseillé de la traiter. Les médicaments antibiotiques disponibles sont sécuritaires pour soigner cette infection.
  • Il existe différents types d’infections vaginales. Si vous en êtes incommodée, il est conseillé de consulter votre médecin avant de traiter l’infection pour en déceler la cause. Des médicaments sécuritaires sont disponibles.
  • Les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) présentent des risques pour la santé du bébé à naître. Si vous avez des doutes, il est conseillé de le signaler à votre professionnel de la santé. Des tests de dépistage peuvent être faits en tout temps et répétés au besoin.

Prévention et traitement des principaux malaises mineurs

Plusieurs malaises mineurs sont fréquents pendant la grossesse. Bien qu’ils ne présentent généralement pas de risque pour votre santé ou celle de votre bébé, ces malaises peuvent être incommodants. Il existe différentes façons de les soulager en changeant certaines habitudes de vie. Parlez-en à votre professionnel de la santé.

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Au cours de leur grossesse, parfois même avant de savoir qu’elles sont enceintes, de nombreuses femmes ont eu recours à des soins préventifs ou de santé. Plusieurs se questionnent sur les risques et les bénéfices associés à ces soins ou sur les meilleurs moyens de se protéger et de protéger leur enfant à naître.

Cette fiche aborde les effets de la radiographie et de l’échographie sur la grossesse, puis l’immunisation, la prévention et le traitement des infections et des malaises mineurs lors de la grossesse.

Échographie

L’échographie est une technique d’imagerie qui utilise des ultrasons pour visualiser certaines parties de l’organisme. Elle fait partie des examens de routine lors d’un suivi de grossesse et permet de rendre compte du déroulement de la grossesse. Cette technique est sécuritaire pour la santé de la femme enceinte et celle du fœtus1,2.

Radiographie

Les femmes peuvent être inquiètes parce qu’elles ont eu une radiographie alors qu’elles ignoraient qu’elles étaient enceintes ou parce que leur état de santé actuel requiert une radiographie.

Les radiographies (rayons X) sont des rayonnements électromagnétiques. Dans l’environnement qui entoure l’humain, différentes sources produisent des rayonnements électromagnétiques, comme les rayons ultraviolets et les micro-ondes. Certains aliments, des matériaux de construction et l’air ambiant peuvent aussi contenir une certaine quantité de rayonnements.

Comparativement à ces autres sources, les rayons X sont plus chargés en rayonnements électromagnétiques. Ils ont aussi un pouvoir ionisant : ils peuvent charger électriquement le corps, ce qui peut entraîner des lésions aux cellules ou à l’ADN.

Les rayons X ont cependant des avantages, car ils permettent notamment un diagnostic impossible à l’œil nu. Le médecin traitant ou le spécialiste en radiologie peut évaluer les bénéfices de cet examen médical en regard des risques potentiels pour le développement du fœtus.

Conséquences possibles sur la santé

La grande majorité des radiographies ne sont pas associées à des conséquences nuisibles sur la santé de la femme enceinte ou celle du fœtus.

La puissance des radiographies est mesurée en rads. Il est estimé qu’une exposition supérieure à 10 rads augmente le risque de nuire au développement du fœtus3. Toutefois, le nombre de rads par examen radiographique est généralement de 5 ou moins. À titre d’exemple, la dose de rayons X est en moyenne de 0,01 millième de rad (ou 0,00001 rad) pour une radiographie dentaire, de 60 millièmes de rad (ou 0,06 rad) pour une radiographie à la poitrine et de 800 millièmes de rad (ou 0,8 rad) pour un CT-scan4.

Par ailleurs, toutes les radiographies n’ont pas le même effet sur le fœtus. Les rayons X qui ciblent la partie supérieure du corps de la femme n’atteignent pas le fœtus, alors que les radiographies dirigées vers la partie inférieure du corps entraînent l’émission de rayons près du fœtus ou à travers ce dernier5.

Le fœtus est plus sensible que l’adulte aux effets dommageables des rayonnements, puisque ses cellules se divisent plus rapidement et se développent pour devenir des cellules spécialisées. Dans le cas où des cellules fœtales sont atteintes, les conséquences pour la grossesse ou pour l’enfant à naître peuvent être3 :

Ces effets sont en fonction du stade de la grossesse et de la dose d’irradiation5. Ainsi, plus la dose est faible, plus le risque diminue. De plus, l’effet tératogène des rayons X est plus prononcé entre la 8e et la 15e semaine de grossesse6.

Mesures préventives

Pour réduire les risques associés aux radiographies, il est suggéré que la femme enceinte :

  • en discute avec le médecin traitant pour évaluer les options possibles (imagerie par résonance magnétique [IRM] ou échographie);
  • avise le technicien en radiologie pour la mise en place d’une mesure de protection (tablier en plomb);
  • attende, si possible, après l’accouchement pour effectuer une radiographie qui est non urgente7.

Idéalement, la mise à jour de la vaccination devrait être faite avant la grossesse. Le but de l’immunisation pendant la grossesse est de créer chez la femme enceinte un état d’immunité qui la protégera, de même que son fœtus, si elle est en contact avec un organisme agresseur8,9. L’immunisation permet aussi de protéger le nouveau-né pendant les 6 à 12 premiers mois de sa vie.

On distingue deux types de vaccins, soit les vaccins vivants et les vaccins inactivés (non vivants). Tous deux amènent le corps à fabriquer des anticorps qui protègent contre la maladie pour laquelle ils sont élaborés :

  • Le vaccin vivant atténué, c’est-à-dire préparé à partir d’agents infectieux vivants affaiblis, procure habituellement une protection à long terme avec une seule dose;
  • Le vaccin inactivé est constitué à partir d’agents infectieux d’un virus ou d’une bactérie qui ont été tués ou de toxines auxquelles on a fait perdre leur pouvoir pathogène. Ce vaccin requiert plus d’une dose et dans certains cas, des rappels périodiques pour offrir une bonne protection10.

Les vaccins vivants atténués peuvent dans de très rares cas causer la maladie. Pour cette raison, ils sont en général contre-indiqués pendant la grosesse8.

Cependant, lorsque la probabilité d’une infection est élevée ou que celle-ci est susceptible de constituer un risque pour la femme enceinte et le fœtus, l'utilisation d'immunoglobulines ou l’immunisation avec un vaccin vivant est alors conseillée10. Avoir été vaccinée avec un vaccin vivant atténué alors que la grossesse n’était pas connue pose un risque très limité pour la poursuite de celle-ci8. La femme enceinte peut discuter de ce risque avec son médecin traitant.

La vaccination avec un vaccin inactivé est possible pendant la grossesse s’il est recommandé à cause de facteurs de risques particuliers comme une exposition ou une condition médicale, exemple : influenza, pneumocoque, rage 8.

Le contact d’une femme enceinte avec quelqu’un qui a été vacciné n’est pas dangereux10. Conséquemment, les enfants d’une femme enceinte peuvent se faire vacciner, sans que cela représente un danger pour celle-ci8.

Pour plus de renseignements sur les indications de la vaccination pendant la grossesse, consulter les documents suivants :

Immunisation contre certaines maladies ou infections

Varicelle

Une infection à la varicelle durant la grossesse est plus sévère que chez une femme non enceinte11. Contracter la varicelle durant la grossesse peut avoir des répercussions sur le développement du fœtus12 :

  • Bien que la plupart des bébés nés de mères ayant eu la varicelle durant leur grossesse soient en santé, de 1 à 3 % de ces nouveau-nés présentent une ou plusieurs malformations congénitales attribuables à cette infection12. Les risques de malformations sont plus élevés lorsque la varicelle est contractée durant le deuxième trimestre de la grossesse12.
  • Si la femme contracte la varicelle moins de cinq jours avant l’accouchement et de un à deux jours après l’accouchement, il y a une possibilité (de 20 ou 30 %) que son bébé contracte aussi la varicelle. Cette varicelle est grave et peut avoir des complications importantes pour la santé du bébé12. Des immunoglobulines spécifiques contre le virus de la varicelle peuvent être administrées à la femme enceinte ou au nouveau-né exposés8.

Le vaccin contre la varicelle ne doit pas être administré durant la grossesse, car il s’agit d’un virus vivant atténué8. Il est indiqué aux femmes enceintes considérées non protégées qui sont exposées à la varicelle de consulter un médecin. Pour être considérée protégée, une personne doit avoir fait la varicelle ou avoir été vaccinée8.

Dans le cas où la femme enceinte ne sait pas si elle est protégée contre le virus de la varicelle, une analyse sanguine peut établir s’il y a présence ou non d’anticorps contre le virus de la varicelle. Il est d’usage que la vaccination RRO-Var (rougeole, rubéole, oreillons, varicelle) soit offerte aux femmes après l’accouchement dans le milieu hospitalier si celles-ci n’ont pas la couverture nécessaire8.

Rubéole

Lorsqu’une femme est atteinte de la rubéole durant sa grossesse, le bébé est susceptible d’être atteint du syndrome de la rubéole congénitale et de manifester à sa naissance un ou plusieurs symptômes associés à cette maladie13,14. Le risque de malformations congénitales à la suite d’une infection maternelle à la rubéole est essentiellement limité aux 16 premières semaines de gestation13.

Le consensus actuel de pratique est de ne pas vacciner les femmes enceintes contre la rubéole8, à cause du risque théorique d’effets tératogènes du virus de la rubéole. Le virus contenu dans le vaccin peut traverser la barrière placentaire et infecter le fœtus, bien qu’aucun cas de rubéole congénitale n’ait été observé dans des centaines de cas de vaccination par inadvertance durant la grossesse8,15.

Par ailleurs, la vaccination accidentelle d’une femme enceinte ou d’une femme qui est devenue enceinte dans le mois suivant la vaccination ne nécessite pas d’envisager une interruption de grossesse8.

Si la femme n’est pas vaccinée contre la rubéole, une analyse sanguine permet de vérifier la présence ou non d’anticorps. En l’absence d’anticorps, le vaccin contre la rubéole (RRO ou RRO-Var) est recommandé après l’accouchement16.

Grippe

Le vaccin contre la grippe est recommandé à toutes les femmes enceintes au 2e et au 3e trimestre de grossesse car le risque de complications associé à la grippe augmente au cours du 2e trimestre et particulièrement au 3e trimestre de grossesse. Au 1er trimestre, le vaccin est également recommandé si la femme enceinte présente une condition médicale augmentant le risque de complications8,17.

Le vaccin est bien toléré pendant la grossesse et la surveillance des effets secondaires n’a pas soulevé de préoccupation sur l’innocuité du vaccin. Celui-ci est utilisé au cours de la grossesse depuis plusieurs années.

Il est également recommandé que les membres de la maisonnée soient vaccinés contre la grippe afin de prévenir la transmission au nouveau-né. Par cette mesure préventive, le nouveau-né est protégé contre les risques de maladie et de décès associés à la grippe durant les premiers mois de vie18. Notons toutefois que les nourrissons de moins de six mois ne peuvent pas recevoir le vaccin contre la grippe.

Rage

À cause des conséquences importantes liées au non-traitement d’une exposition à la rage, la grossesse n’est pas considérée comme une contre-indication à un traitement suivant cette exposition8,9,11.

Immunisation et allaitement

Il n’y a pas de contre-indication à la vaccination durant l’allaitement lorsqu’il s’agit d’un vaccin inactivé.

De même, certains vaccins vivants atténués comme ceux de la rubéole et de la varicelle peuvent être donnés à la mère allaitante. Bien qu’ils puissent être excrétés dans le lait maternel et transmis à l’enfant, ils n’infectent généralement pas le nourrisson; si l’infection se produit, elle est bénigne, car elle est atténuée8.

Cette section décrit différentes infections pouvant être présentes lors de la grossesse. Les symptômes courants, les conséquences possibles sur la santé et les méthodes de prévention ou de traitement sont abordés pour plusieurs infections.

Rhume et grippe

Rhume

Le rhume est une infection virale qui touche les voies respiratoires supérieures. Il se manifeste par19 :

  • une rhinite;
  • une irritation de la gorge;
  • de la congestion nasale;
  • de la toux.

Il est estimé qu’un adulte présente en moyenne de deux à trois rhumes par année; conséquemment, il est fort possible que plusieurs femmes enceintes en soient aussi atteintes. Le rhume n’est pas associé à des complications fœtales ou maternelles19. La fièvre est plus légère pendant un rhume.

Grippe

La grippe est une infection causée par le virus de l’influenza. Elle se distingue du rhume par la présence de19 :

  • frissons;
  • douleurs musculaires;
  • fatigue;
  • fièvre élevée. La fièvre correspond soit à une température buccale de 38 °C à 38,4 °C qui persiste 24 heures ou plus, soit à une température buccale de 38,5 °C ou plus mesurée à deux reprises.

Les femmes qui développent des complications de l’influenza seraient davantage sujettes à des accouchements prématurés, des fausses-couches et des morts fœtales20-22. C’est la température corporelle élevée due à la fièvre qui peut engendrer des risques de malformations (plutôt que l’infection elle-même)19-20.

La grossesse n’augmente pas le risque de contracter la grippe, mais les femmes enceintes, à cause des changements à leur physiologie et à leur système immunitaire, sont plus vulnérables aux complications de la grippe23-25, particulièrement lors du troisième trimestre19. L’ incidence de la grippe durant la grossesse est similaire à celle dans la population en général, se situant entre 2 et 22 %19.

Prévention

Outre le vaccin contre l’influenza saisonnière, différentes mesures de prévention sont efficaces26 :

  • Se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon;
  • Éternuer dans un mouchoir et le jeter, ou encore éternuer dans le pli du coude en l’absence de mouchoir.

Traitement

Tant pour le rhume que pour la grippe, le principal traitement est axé sur le soulagement des symptômes18. Pour se sentir mieux, la personne enrhumée ou grippée peut27 :

  • se reposer à la maison, surtout en cas de fièvre;
  • boire beaucoup de liquide;
  • éviter de fumer ou d’être exposée à la fumée secondaire des produits du tabac.

La femme enceinte peut avoir recours à différents moyens pour soulager les symptômes liés au rhume et à la grippe, comme le montre le tableau suivant19 :

Tableau 1 - Soulagement des symptômes de la grippe et du rhume

Symptômes Traitements
Congestion nasale
  • Utiliser une solution nasale saline pour aider à libérer le mucus.
  • Si ce traitement ne soulage pas la congestion, recourir à un décongestionnant topique à longue action, à raison d’une vaporisation dans chaque narine deux fois par jour au besoin, pour un maximum de trois à cinq jours.
  • Attention : Seuls les décongestionnants topiques contenant de l’oxymétazoline ou de la xylométazoline sont indiqués. Les décongestionnants systémiques pris par voie orale sont à éviter (par ex., pseudoéphédrine).
Maux de tête, fièvre et douleurs musculaires
  • Prendre de l’acétaminophène.
Irritation de la gorge
  • Se gargariser à l’eau tiède salée plusieurs fois par jour.
  • Prendre de l’acétaminophène.

Les médicaments pour le rhume ou la grippe qui contiennent plusieurs principes actifs ou de l’alcool sont à éviter afin de ne pas exposer le fœtus inutilement à ces produits19.

De plus, on ne connaît pas bien l’innocuité des antiviraux pour la grippe chez la femme enceinte; ceux-ci n’ont par ailleurs que des effets modestes sur les symptômes. Leur usage doit être évalué au cas par cas, par un médecin.

Il est suggéré que les femmes enceintes aient un suivi médical en cas de grippe ou de fièvre. Si d’autres types d’infections sont soupçonnés (par ex., sinusite, bronchite), il est indiqué de consulter son médecin, car plusieurs traitements sont possibles et ils varient selon le stade de la grossesse.

NOTE : Mise en garde sur les anti-inflammatoires

En raison des risques qui y sont associés, l’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens n’est pas suggérée pendant la grossesse et n’est pas recommandée à partir de la 28e semaine de grossesse.

Ces produits sont des médicaments aux propriétés analgésiques, antipyrétiques et anti-inflammatoires. Parmi les plus utilisés, on retrouve l’ibuprofène (Advilmd, Motrinmd), l’AAS (Aspirinemd) et le diclofénac (Voltarenmd), qui sont en vente libre.

Lorsqu’une situation particulière nécessite la prise d’un anti-inflammatoire chez une femme enceinte, il convient qu’elle en discute avec le médecin ou le pharmacien. De même, ceux-ci pourront aussi rassurer une femme qui s’inquiète à propos de la prise d’un anti-inflammatoire avant la confirmation de la grossesse.

L’ acétaminophène (Tylenolmd, Abenolmd, Atasolmd) est un médicament aux propriétés analgésiques et antipyrétiques qui, contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens, est dépourvu de propriétés anti-inflammatoires. Son utilisation est sécuritaire lors de la grossesse. Il peut être employé pour soulager la fièvre et la douleur, les symptômes du rhume et de la grippe et les maux de tête, entre autres.

Allaitement

Le rhume et la grippe ne sont pas des contre-indications à l’allaitement. Le risque de transmission à l’enfant par le lait maternel est faible, comparé au risque de transmission par d’autres voies (par ex., gouttelettes respiratoires, contact direct avec le bébé).

Plusieurs médicaments en vente libre peuvent se retrouver dans le lait maternel. Leur usage n’est toutefois pas incompatible avec l’allaitement. Il est indiqué d’en discuter avec le pharmacien.

Bien que nous disposions de peu de données sur l’utilisation des antiviraux lors de l’allaitement, elle comporte probablement peu de risques pour la majorité des enfants allaités. Une approche au cas par cas doit être préconisée.

Toxoplasmose

La toxoplasmose est une maladie infectieuse causée par un parasite, le Toxoplasma gondii. Ce dernier est transmis aux humains par trois modes :

  • L’exposition au parasite présent dans les excréments de chat par le biais de la litière ou de la terre (par ex., en jardinant ou en consommant un produit qui a été souillé par le contact de la terre contaminée);
  • La consommation de viande contaminée crue ou pas assez cuite ou encore de lait non pasteurisé qui renferme le parasite;
  • De façon congénitale, par passage transplacentaire de la femme enceinte au fœtus qu’elle porte28.

La toxoplasmose est une maladie relativement commune, qui passe souvent inaperçue. Lors du premier trimestre, l’infection fœtale est peu prévalente (environ 6 % des cas), alors qu’au troisième trimestre, la prévalence d’infection est élevée (environ 80 %).

Symptômes

Lorsqu’ils sont présents, les symptômes courants incluent :

  • une enflure des ganglions lymphatiques;
  • un mal de tête;
  • un mal de gorge;
  • de la fièvre;
  • des douleurs musculaires;
  • un inconfort vague29.

Les gens les plus susceptibles de développer des complications à la suite de cette infection sont ceux dont le système immunitaire est affaibli. Lorsqu’une personne est infectée, elle développe habituellement une immunité (c’est-à-dire des anticorps) contre la toxoplasmose.

Conséquences possibles sur la santé

Bien que l’infection soit généralement sans gravité pour la santé de la femme enceinte, les conséquences sont plus importantes pour le fœtus. La gravité de l’atteinte fœtale est inversement proportionnelle à l’âge gestationnel: les conséquences pour le fœtus qui a été infecté tôt durant la grossesse sont habituellement plus sérieuses que lors d’une infection plus tardive.

Les conséquences possibles sur la santé de l’enfant à naître incluent30

  • la choriorétinite;
  • les troubles de l’ouïe et de la vision;
  • l’épilepsie;
  • le retard mental.

Dépistage

Il existe des tests permettant de détecter la présence d’anticorps de la toxoplasmose chez la femme enceinte. Cependant, dans la plupart des cas, la présence d’anticorps (révélée par un test positif) ne signifie pas qu’un traitement soit nécessaire, puisque beaucoup de femmes auront développé des anticorps en raison d’une exposition préalable à cette maladie31. Des examens plus poussés seront donc nécessaires.

Un test négatif signifie pour sa part que la femme enceinte ne possède pas d’anticorps et qu’elle pourrait donc par la suite transmettre le parasite au fœtus qu’elle porte si elle devait être atteinte durant sa grossesse. Ce test de dépistage pourrait être répété si la femme présentait au cours de la grossesse des symptômes liés à l’infection au Toxoplasma gondii.

Prévention

La toxoplasmose peut être prévenue si on observe les mesures d’hygiène suivantes28,29,32 :

  • Se laver les mains après avoir touché des animaux, jardiné ou touché des objets souillés par la terre;
  • Éviter de nettoyer les bacs de litière des chats. Si cela n’est pas possible, porter des gants lors du nettoyage;
  • Porter des gants pour faire du jardinage;
  • Bien faire cuire la viande avant de la manger (une viande bien cuite perd sa couleur rouge et devient beige rosé, avec une température supérieure à 68 °C);
  • Laver ou peler les fruits et les légumes avant de les manger;
  • Laver les instruments de cuisine et les surfaces et se laver les mains après la manipulation d’aliments;
  • Pour les femmes enceintes qui ont un chat : ne pas lui donner de la viande crue ou pas assez cuite et garder l’animal à l’intérieur afin de prévenir sa contamination.

(La listériose est abordée dans la fiche Alimentation et gain de poids)

Infections urinaires

Une infection urinaire est une infection qui touche une ou plusieurs parties du système urinaire : les reins, les uretères, la vessie et l’urètre. Il existe différentes formes d’infections urinaires : la bactériurie asymptomatique, l’infection urinaire basse (cystite aiguë) et l’infection urinaire haute (pyélonéphrite aiguë ou PNA).

L’infection urinaire est causée par une prolifération anormale d’agents infectieux dans le système urinaire. La bactérie E. coli est la principale cause des infections urinaires (environ 90 % des cas)33,34. Étant donné leur anatomie, les femmes sont beaucoup plus sujettes que les hommes aux infections urinaires : la taille courte de l’urètre (environ 4 cm) et la proximité du rectum facilitent l’accès des bactéries à la vessie.

De nombreuses femmes seront incommodées durant leur grossesse par une infection urinaire en raison du taux important d’œstrogène circulant et de la glycosurie associée. Il est évalué qu’entre 2 et 20 % des femmes en sont atteintes au cours de leur grossesse35-37. Les streptocoques du groupe B sont responsables d’environ 5 % des infections urinaires chez les femmes enceintes (voir la section Streptocoques du groupe B).

Symptômes

Les infections urinaires sont couramment asymptomatiques35-38. Lorsque des symptômes sont présents, ils incluent39 :

  • des douleurs ou des brûlures au moment d’uriner;
  • un sentiment persistant d’avoir besoin d’uriner;
  • une augmentation de la fréquence du besoin d’uriner;
  • une odeur désagréable qui se dégage de l’urine;
  • une pression ou des douleurs dans l’abdomen;
  • une présence de sang dans l’urine.

Conséquences possibles sur la santé

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la bactériurie asymptomatique peut progresser vers une forme plus aiguë. Il est estimé que cela se produit chez 20 à 40 % des femmes enceintes atteintes de cette infection.

Les formes plus aiguës d’infections urinaires sont associées à des conséquences négatives sur la grossesse, comme40 :

  • le travail avant terme;
  • la prééclampsie;
  • une faible croissance intra-utérine;
  • un accouchement prématuré.

Prévention

Il existe différents moyens de prévenir une infection urinaire. Comme la principale source de contamination est la bactérie E. coli, il est important de suivre quelques mesures d’hygiène :

  • S’essuyer ou se laver la région génitale de l’avant vers l’arrière33;
  • Uriner afin de vider la vessie après une relation sexuelle33;
  • Laver la région des organes génitaux quotidiennement, et avant et après les rapports sexuels33,41.

Les femmes enceintes qui ont un historique d’infections urinaires (plus de trois épisodes par année) peuvent bénéficier d’un traitement prophylactique, tout au long de la grossesse et jusqu’à quatre à six semaines après l’accouchement38.

Traitement

Toute infection urinaire chez une femme enceinte doit être traitée, même si elle est asymptomatique :

  • Plusieurs antibiotiques sécuritaires existent pour la femme enceinte et le fœtus. Le choix de l’antibiotique est fait en fonction des résultats de l’analyse et de la culture d’urine;
  • La consommation de probiotiques42 ou de canneberges, sous forme de jus ou de comprimés43, ne présente aucun bénéfice de traitement.

Infections vaginales

Les infections vaginales touchent de nombreuses femmes. Il s’agit du motif de consultation médicale le plus fréquent chez les femmes. On retrouve trois types d’infections vaginales :

  • Vulvo-vaginite à levures (ou vaginite à champignons);
  • Vaginose bactérienne;
  • Trichomonase.

Le dépistage systématique des infections vaginales durant la grossesse n’est pas requis. La moitié des cas d’infections vaginales lors de cette période guérissent sans traitement44.

Vulvo-vaginite à levures

Les vulvo-vaginites à levures (ou vaginites à champignons) sont les infections vaginales les plus fréquentes. Il est estimé que trois femmes sur quatre en sont atteintes au cours de leur vie. Dans la très grande majorité (90 % des cas), ce type de vaginite est causé par le Candida albicans.

La grossesse est un moment où la fréquence d’infections à levures augmente; près de 15 % des femmes en sont atteintes, particulièrement lors du troisième trimestre.

Symptômes
La vulvo-vaginite à levures s’observe par la présence des symptômes suivants :

  • pertes vaginales blanches, en grains ou en mottes45;
  • œdème au niveau de la vulve et du vagin46;
  • érythème46.

Cette infection peut toutefois passer inaperçue chez certaines femmes, puisqu’environ 20 % des cas sont asymptomatiques.

Conséquences possibles sur la santé
Ce type d’infection n’empêche pas le bébé de naître en santé et de bien se développer.

Traitement
Si la vulvo-vaginite à levures n’est accompagnée d’aucun symptôme, il n’est pas nécessaire de la traiter.

Des médicaments intravaginaux en vente libre sont disponibles pour les femmes qui sont en mesure de reconnaître les signes et symptômes de cette infection et qui en sont incommodées. Ces médicaments sont sécuritaires durant la grossesse.

Des médicaments peuvent aussi être prescrits par le médecin. Il s’agit habituellement de traitements de six ou sept jours43. La durée du traitement peut toutefois être plus longue chez les femmes enceintes afin de prévenir le risque de récurrence, qui est élevé pendant la grossesse.

L’administration par voie orale de produits à base de composés de type azole n’est pas suggérée comme première méthode de traitement, tout comme l’administration par voie intravaginale d’acide borique. Leur emploi est possible pendant la grossesse lors de certaines situations particulières, sous la supervision d’un médecin47.

Vaginose bactérienne

De nombreuses femmes souffrent de ce type d’infection vaginale : sa prévalence se situe entre 10 et 30 % lors de la grossesse. Pour environ une femme sur deux, la vaginose bactérienne est asymptomatique46,48.

Symptômes
Lorsqu’ils sont présents, les symptômes associés à la vaginose bactérienne sont45 :

  • des pertes vaginales abondantes non inflammatoires de couleur blanche ou grise et malodorantes (odeur de poisson);
  • des démangeaisons;
  • une sensation de brûlure.

Conséquences possibles sur la santé
Plusieurs études établissent un lien entre la présence d’une infection vaginale bactérienne et différentes conséquences sur la grossesse :

  • Un risque deux fois plus grand de travail avant terme;
  • Un risque accru de 10 % de rupture prématurée des membranes;
  • Un risque accru de 40 % que le bébé soit de faible poids à la naissance.

Prévention
Différentes mesures préventives peuvent être mises de l’avant pour prévenir la vaginose bactérienne :

  • Limiter ou éviter les douches vaginales (moins de trois par mois);
  • Adopter des comportements sexuels sécuritaires;
  • Cesser la consommation de tabac.

Le dépistage d’une vaginose bactérienne lors du suivi de grossesse n’est pas systématique; il est fait lorsque la femme présente des symptômes de vaginose, a des antécédents de travail avant terme ou présente une menace de travail avant terme45,46,49.

Traitement
Lorsqu’une vaginose bactérienne est diagnostiquée, l’administration d’un traitement pharmacologique par voie orale, comme le métronidazole ou la clindamycine, est suggérée50. Ce traitement est prescrit par le médecin traitant et n’est pas en vente libre. Le traitement privilégié dure sept jours. Comme de nombreuses récurrences sont observées, la femme enceinte pourra être attentive à la présence de symptômes après le traitement.

Trichomonase

Ce type d’infection vaginale est moins prévalent que les autres types. La trichomonase est une infection transmissible sexuellement. Elle résulte de l’introduction du parasite Trichomonase vaginalis dans le vagin à la suite d’un rapport sexuel avec un partenaire infecté.

Symptômes
Les symptômes associés à la trichomonase sont les suivants :

  • Pertes vaginales beiges ou jaune verdâtre, écumeuses et malodorantes;
  • Picotements;
  • Troubles de la miction.

Cependant, jusqu’à la moitié des femmes qui contractent une trichomonase sont asymptomatiques46,49.

Conséquences possibles sur la santé
Durant la grossesse, la présence de trichomonase a été associée à un risque accru de 40 % que le bébé soit de faible poids et naisse avant terme51. De plus, à cause des effets inflammatoires que la trichomonase occasionne aux parois vaginales, la femme infectée est plus susceptible de contracter le VIH lors d’une relation sexuelle non protégée avec un partenaire infecté52.

Traitement
Lorsqu’il y a confirmation du diagnostic de trichomonase, la femme enceinte pourra avoir recours à un traitement à dose unique de métronidazole prescrit par le médecin.

Il y a une absence de consensus sur la nécessité de dépister et de traiter les femmes asymptomatiques affectées par la trichomonase lors de la grossesse. Le médicament utilisé à cette fin n’a pas démontré qu’il prévenait efficacement les conséquences défavorables pour la grossesse53.

Les probiotiques et les infections vaginales

Le recours aux probiotiques lors de la grossesse demeure controversé42,54. Les données sont insuffisantes pour conclure à l’efficacité des probiotiques comme mode de traitement pour les infections vaginales. Leur utilisation n’est pas appuyée par les autorités gouvernementales ou les associations professionnelles. Cependant, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter si une femme enceinte en a consommé42,55.

Dans le cas où la femme enceinte souhaite avoir recours à des probiotiques, elle pourra être dirigée vers un professionnel de la santé afin qu’il choisisse une souche de probiotiques étudiée et qui détient un code NPN. Un probiotique n’est pas conseillé chez les femmes enceintes qui souffrent d’un déficit immunitaire.

Streptocoques du groupe B

Les streptocoques du groupe B (SGB) sont des bactéries communes qui se retrouvent dans le vagin, le rectum et la vessie des femmes56. Elles font partie de la flore vaginale normale : de 5 à 40 % des femmes enceintes en sont colonisées, c’est-à-dire que ces bactéries sont présentes dans leur organisme, sans qu’elles présentent de symptôme57.

Chez certaines femmes enceintes, les SGB peuvent causer des infections (par ex., infections urinaires), de l’inflammation et de la douleur56.

Conséquences possibles sur la santé

Il est estimé qu’environ 50 % des femmes colonisées par les SGB les transmettent à leur bébé lors de l’accouchement58. Bien que la très grande majorité des bébés ne soient pas affectés par ces bactéries, un petit nombre, estimé entre 1 et 2 %, développeront une infection pouvant toucher leur sang, leur cerveau, leurs poumons et leur moelle épinière56.

Les facteurs associés aux risques d’infection à SGB chez le nouveau-né sont les suivants :

  • Un début du travail avant 37 semaines de gestation, qu’il y ait rupture ou non des membranes;
  • La prolongation de la rupture des membranes au-delà de 18 heures;
  • La présence de fièvre légère et inexpliquée chez la mère durant le travail;
  • Un précédent enfant de la mère présentant une infection à SGB à l’accouchement;
  • Chez la mère, une infection passée de la vessie ou des reins causée par une bactériurie à SGB.

Dépistage

Les infections à SGC peuvent être dépistées lors de la grossesse et traitées afin de réduire la probabilité que le bébé en soit atteint. Trois méthodes sont proposées56,58,59 :

  • Faire un dépistage chez toutes les femmes enceintes entre la 35e et la 37e semaine de grossesse et traiter les mères qui présentent une infection à SGB et qui sont exposées à des facteurs de risque;
  • Faire un dépistage chez toutes les femmes enceintes entre la 35e et la 37e semaine de grossesse et traiter les mères qui présentent une infection à SGB dès le début du travail;
  • Traiter les femmes qui présentent un risque accru de transmettre les bactéries à SGB à leur enfant, sans faire de dépistage.

Traitement

Depuis plusieurs années, les études démontrent que l’utilisation d’une antibioprophylaxie pendant la grossesse entraîne une baisse considérable des taux de colonisation maternelle et d’infection néonatale60,61. Par contre, comme l’indiquent les directives cliniques de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) sur la prévention de l’infection néonatale à streptocoques B, la chimioprophylaxie qui est donnée à la femme enceinte avant le début du travail ou la rupture des membranes est inefficace et mène, à terme, à une récurrence de la colonisation par des SGB dans plus des deux tiers des cas58.

Infections transmissibles sexuellement et par le sang

Les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) représentent un danger pour le fœtus lors de la grossesse. Santé Canada et le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec conseillent que l’on offre aux femmes enceintes des tests de dépistage pour la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l’herpès, le virus de l’hépatite B et le VIH.

Il est indiqué que les femmes qui sont continuellement exposées à des facteurs de risque d’ITSS pendant la grossesse se voient offrir des tests de dépistage tous les trimestres47.

Le tableau 1 ci-dessous présente les ITSS les plus fréquentes, leurs symptômes, les conséquences possibles sur la grossesse et la santé du bébé, ainsi que les méthodes de prévention et de traitement.

Pour de plus amples renseignements sur les ITSS, consulter la section 6 des Lignes directrices canadiennes pour les infections transmissibles sexuellement : www.phac-aspc.gc.ca/std-mts/sti-its/cgsti-ldcits/section-6-4-fra.php.

Tableau 2 - Les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)
ITSS Description Symptômes Conséquences possibles sur la santé Prévention et traitement

Chlamydia

  • Infection bactérienne qui se transmet par contact avec une personne infectée.
  • Il s’agit d’une infection pour laquelle beaucoup de femmes sont asymptomatiques : ce chiffre est estimé à 90 %.
  • Lorsqu’ils sont présents, les symptômes incluent un écoulement vaginal, des troubles de la miction, des douleurs dans le bas de l’abdomen, des saignements vaginaux anormaux et des douleurs lors des rapports sexuels47,62.
  • À la lumière des données actuelles, il n’y aurait pas d’association fiable entre cette infection et des conséquences néfastes sur le déroulement de la grossesse47.
  • Risques de transmission lors de l’accouchement : une transmission verticale (de la mère à l’enfant) survient dans 50 à 75 % des naissances par voie vaginale d’une mère infectée47,62.
  • Les principales manifestations cliniques retrouvées chez le nourrisson sont une conjonctivite et une pneumonie47,62.
  • L’infection à chlamydia se traite à l’aide d’antibiotiques47,62.
  • Le partenaire sexuel a besoin d’être traité, qu’il ait passé un test de dépistage ou non.
  • Il n’y a pas de contre-indication à l’allaitement chez une femme ayant une infection à chlamydia ou qui reçoit un traitement antibiotique.

Gonorrhée

  • Infection bactérienne qui se transmet par contact avec une personne infectée.
  • Il s’agit d’une infection pour laquelle beaucoup de femmes sont asymptomatiques : ce chiffre est estimé à 40 %.
  • Lorsqu’ils sont présents, les symptômes incluent : des pertes et des saignements vaginaux anormaux, des troubles de la miction et des douleurs abdominales ou pelviennes.
  • Associée à un accouchement prématuré, à une rupture prématurée des membranes, à l’ endométrite, à la chorio-amniotiteet à la septicémie
    • Les principales manifestations cliniques retrouvées chez le nourrisson sont une conjonctivite, des abcès au cuir chevelu, une infection systémique et une méningite.
  • Comme on retrouve plusieurs souches et que celles-ci sont multirésistantes, il est indiqué de faire une culture cellulaire afin de pouvoir évaluer la sensibilité des souches aux antibiotiques.
  • Ce traitement devrait être accompagné d’un traitement contre la chlamydia, à moins que le test de dépistage de celle-ci soit négatif.
  • La gonorrhée se traite à l’aide d’antibiotiques47,62.
  • Généralement, on ne considère pas que les antibiotiques contre la gonorrhée soient nuisibles à l’allaitement.

Syphilis

  • Infection bactérienne qui se transmet par contact (oral, génital, anal, ou de sang à sang) avec une personne infectée.
  • La syphilis non traitée comporte plusieurs stades évolutifs qui présentent chacun des manifestations cliniques variées 62.
  • 1er stade (de 3 à 90 jours après le contact) : présence d’un ulcère non douloureux (gorge, organes génitaux, anus).
  • 2e stade (de 2 semaines à 6 mois après début de l’infection) : fièvre, syndrome d’allure grippale, apparition de rougeurs sur la paume des mains, la plante des pieds ou ailleurs sur le corps, ganglions enflés.
  • 3e stade (de 1 an à plus de 20 ans) : complications neurologiques ou cardiaques sérieuses.
  • La transmission se produit à travers le placenta ou à l’accouchement.
  • La syphilis complique peu souvent la grossesse, notamment à cause de sa prévalence réduite. Cependant, son risque de transmission au fœtus, lorsqu’elle n’est pas traitée, avoisine les 100 %.
  • Pendant la grossesse, la syphilis infectieuse peut entraîner une infection fœtale, conduisant à une mortinaissance, un accouchement avant terme, des malformations congénitaleset une maladie active au moment de l’accouchement47.
  • Chez la femme enceinte, les traitements varient en fonction du stade de la syphilis.
  • La pénicilline-G (benzathine) est efficace pour prévenir la transmission de la mère au fœtus et traiter l’infection fœtale.
  • Chez les mères qui allaitent, la présence de lésions syphilitiques primaires ou secondaires s’accompagne d’un risque théorique de transmission de la syphilis au nourrisson47.

Hépatite B

  • Infection virale qui se transmet par contact des organes génitaux ou d’une plaie avec le sang, le sperme et les sécrétions vaginales d’une personne infectée.
  • Plusieurs personnes ne présentent pas de symptômes.
  • Lorsqu’ils sont présents, les symptômes incluent : fatigue, fièvre, douleurs au ventre, perte d’appétit, maux de cœur, vomissements, jaunisse (parfois).
  • Les mères atteintes d’une infection aiguë à l’hépatite B ou qui sont porteuses du virus peuvent le transmettre à leur nourrisson, au moment de l’accouchement.
  • 95 % des cas de transmission verticale (de la mère à l’enfant) peuvent être prévenus par l’administration d’immunoglobulines contre l’hépatite B et d’un vaccin contre l’hépatite B au nouveau-né, avec rappels à 1 mois et à 6 mois47.
  • La 1re dose du vaccin devrait être administrée chez le bébé né d’une mère infectée dans les 12 heures suivant la naissance. Les immunoglobulines, elles, devraient être administrées immédiatement après la naissance.

VIH (virus d’immuno-
déficience humaine)

  • Infection virale qui se transmet par contact des organes génitaux ou d’une plaie avec le sang, le sperme et les sécrétions vaginales d’une personne porteuse du virus ou par contact de sang à sang.
  • L’infection peut être présente sans symptômes, même pendant de nombreuses années.
  • Lorsqu’ils sont présents, les symptômes incluent : grande fatigue, transpiration abondante (la nuit), perte de poids, ganglions enflés au cou, aux aisselles et à l’aine, diarrhée, fièvre et toux persistante.
  • Le VIH peut entraîner des manifestations plus graves comme certains types de cancer, des infections (par ex., pneumonie), de même qu’une évolution vers le sida et ultimement, la mort.
  • La mère peut transmettre le virus à son bébé pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.
  • L’amorce du traitement antirétroviral lors de la grossesse est cruciale pour réduire la transmission verticale (de la mère à l’enfant).
  • Il est fortement recommandé de ne pas allaiter, étant donné que le VIH peut se transmettre par le lait maternel47.

Herpès

Pour en savoir plus : SOGC et Passeport Santé

  • Infection virale très prévalente au Québec, qui est causée par le virus de l’herpès simplex (VHS-1 ou VHS-2) : il est estimé que plus de 20 % des gens en sont atteints62.
  • L’herpès se transmet aussi par contact orogénital avec une personne infectée (VHS-1 ou « feux sauvages »), que cette personne soit symptomatique ou pas.
  • Le risque de contracter une infection à VHS serait plus élevé durant la grossesse.
  • Les récurrences seraient plus fréquentes chez les femmes enceintes.
  • L’infection à VHS est souvent asymptomatique : la grande majorité des personnes infectées par l’herpès génital ne le savent pas63.
  • Cloques d’eau douloureuses sur les organes génitaux et l’anus.
  • Sensation de brûlure en urinant.
  • Pertes vaginales.
  • Fièvre, courbatures, maux de tête.
  • Parfois, écoulement anormal par le pénis.
  • Possibilité d’infection néonatale (acquisition de l’infection au moment de l’accouchement ou peu après par l’intermédiaire d’une exposition au virus se trouvant dans le tractus génital maternel) ou congénitale (très rare phénomène attribuable à l’acquisition fœtale du VHS in utero, par passage transplacentaire).
    • Risques de transmission variables en fonction :
      • du stade de l’infection : s’agit-il d’un premier épisode ou d’une récurrence?
      • de l’ état immunitaire précédent : la femme avait-elle déjà des anticorps résultant d’une exposition précédente?
    • Manifestations possibles chez le nouveau-né infecté :
      • Infection cutanée, oculaire et buccale;
      • Maladie affectant le système nerveux central;
      • Maladie disséminée.
  • Il faut évaluer les antécédents quant à l’herpès génital de façon précoce durant la grossesse.
  • Pour un couple où la femme enceinte n’a jamais eu de crises d’herpès et où le conjoint est porteur du VHS-1 ou 2 :
    • Abstinence suggérée pour contacts oraux/anogénitaux et anogénitaux/anogénitaux;
    • Utiliser un condom.
  • Pour les femmes enceintes qui présentent des infections récurrentes, un traitement suppressif pourrait être envisagé dès la 36e semaine, pour réduire le risque de lésions et transmission virale au moment de l’accouchement.
  • Un traitement (l’acyclovir) peut être offert durant la grossesse, sans crainte pour le développement du fœtus62.

La femme enceinte peut être incommodée par différents malaises qui entraînent rarement des complications plus64. Des moyens peuvent aider à prévenir, réduire ou traiter certains de ces malaises. Plusieurs moyens sont proposés dans le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, p. 100-110.

Dans cette section sont abordés les malaises mineurs couramment présents lors de la grossesse.

Nausées et vomissements

Les nausées et les vomissements sont parmi les malaises de grossesse les plus fréquemment rapportés65,66. Entre 50 et 75 % des femmes enceintes font l’expérience de nausées et la moitié d’entre elles ont aussi des vomissements65.67. De façon générale, les nausées et les vomissements débutent entre la 4e et la 9e semaine de grossesse et sont rarement observés après la 22 e semaine65.

Les causes exactes des nausées durant la grossesse ne sont pas bien connues, mais l’augmentation des taux d’hormones serait possiblement impliquée68,69. Ces malaises n’entraînent pas de conséquences graves pour la femme enceinte ou pour l’enfant à naître.

Un petit nombre de femmes (entre 0,5 et 2 %) souffrent d’une forme plus sévère et persistante de ces symptômes, nommée hyperémèse gravidique65. Cette affection nécessite souvent une hospitalisation, car elle est associée à des vomissements persistants quotidiens, à une perte de plus de 5 % du poids avant la grossesse, à une déshydratation sévère et à un déséquilibre électrolytique68.

Prévention

La prise d’une multivitamine contenant de l’acide folique, idéalement avant la conception, non seulement réduit le risque de malformations congénitales chez le fœtus, mais permet également de diminuer la fréquence et la sévérité des nausées et des vomissements durant la grossesse. En effet, la prise de multivitamine aurait pour effet d’optimiser l’état nutritionnel et le métabolisme de la femme enceinte70.

Pour de plus amples renseignements sur la prise d’une multivitamine contenant de l’acide folique, consulter la fiche Alimentation et gain de poids.

Traitement

Différents moyens peuvent être utilisés pour réduire les nausées et les vomissements chez la femme enceinte, en fonction de la sévérité de ses symptômes, des répercussions sur sa qualité de vie et des conséquences possibles sur la santé de l’enfant à naître70.

Dans un premier temps, la femme enceinte peut modifier ses habitudes alimentaires et de vie. Bien que l’efficacité de ces mesures ne soit pas appuyée par des données probantes, elles ne présentent aucun danger pour la femme enceinte65,68,70,71:

  • Tenter de manger avant d’avoir faim ou aussitôt que la faim se fait sentir, pour éviter d’avoir l’estomac vide;
  • Manger un peu avant de se lever le matin : biscottes, craquelins, pain grillé;
  • Manger une collation riche en protéines avant de se mettre au lit : noix, yogourt, fromage;
  • Prendre de petits repas légers et fréquents (toutes les deux ou trois heures par exemple) et éviter d’en sauter;
  • Manger des aliments dont on a envie;
  • Éviter les aliments très gras ou épicés;
  • Privilégier des boissons froides, acides (par ex., limonade) ou aromatiques (par ex., tisanes à l’orange);
  • Boire entre les repas, plutôt qu’en mangeant;
  • Se reposer (par ex., faire des siestes, écourter les journées de travail);
  • Éviter certains stimuli dans l’environnement (par ex., odeurs fortes, chaleur, humidité, bruits, etc.);
  • Se lever lentement de son lit ou de sa chaise et éviter les changements brusques de position.

Dans un second temps, des traitements non pharmacologiques peuvent être utilisés si la femme enceinte est en mesure de s’alimenter et de s’hydrater convenablement :

  • La vitamine B6 (pyridoxine) est un traitement intéressant64. Les études concluent à son efficacité probable pour réduire les nausées, et à l’absence d’effets indésirables72-74. Cependant, la vitamine B 6 ne serait pas efficace pour réduire les vomissements70;
  • Le gingembre, consommé sous différentes formes (par ex., pastilles, boissons), peut être efficace pour réduire les nausées et les vomissements66,67,71,72,75. Toutefois, le gingembre pris en quantité importante ou sous forme de comprimés n’est pas suggéré, car peu d’études ont été menées à ce jour pour établir l’ innocuité et l’efficacité de cet aliment69,70;
  • L’acupuncture et l’acupression sont également des solutions à considérer64-67,70,71. En effet, bien que l’efficacité constatée varie d’une étude à l’autre65,66,70,71, ces méthodes sont suggérées, car elles n’ont pas d’effets indésirables sur la grossesse70. Leur coût peut toutefois limiter leur accessibilité;
  • Différentes formes de psychothérapies66,71, telles l’hypnose et la méditation, peuvent être des traitements de remplacement à considérer, mais l’efficacité de ces techniques est appuyée par peu d’études, et les résultats s’avèrent variables65,71.

Dans un troisième temps, la femme enceinte peut prendre des médicaments antiémétiques selon les conseils de son médecin. Certains médicaments ont été étudiés chez les femmes enceintes, sont efficaces et ne présentent pas de risque pour le déroulement de la grossesse65,66,71. Par contre, des effets secondaires incommodants sont possibles (par ex., somnolence, sécheresse de la bouche)65.

Si la femme enceinte ne parvient pas à s’alimenter et à s’hydrater convenablement, il est conseillé qu’elle soit suivie par un médecin, car la déshydratation peut nécessiter une hospitalisation65.

Diriger vers des ressources

Il est indiqué de diriger les femmes enceintes qui présentent des nausées et des vomissements plus persistants et sévères vers des ressources spécialisées, qui pourront leur offrir une évaluation et un suivi appropriés.

Les signes suivants sont à surveiller68 :

  • Symptômes de déshydratation (par ex., émission non fréquente d’urine, urine de couleur foncée);
  • Vomissements répétitifs tout au long de la journée,
  • Présence de sang dans les vomissements;
  • Douleur ou crampes abdominales;
  • Perte de plus de 5 % du poids avant la grossesse.

Constipation et hémorroïdes

Constipation

La constipation est un malaise courant durant la grossesse, au cours duquel le transit intestinal est ralenti. Ce problème touche entre le tiers et la moitié des femmes enceintes. Il est plus souvent observé lors du premier et du troisième trimestres76,77.

Les symptômes suivants sont associés à la constipation78 :

  • Consistance anormale des selles (selles trop dures);
  • Diminution de la quantité de selles émises ou de la fréquence de la vidange intestinale (moins de trois fois par semaine);
  • Difficulté d’expulsion des selles.

Certains changements physiologiques normaux durant la grossesse peuvent être à l’origine de la constipation, notamment la compression du côlon par l’utérus, la consommation réduite de liquide chez certaines femmes qui souffrent de nausées et de vomissements ou la prise de suppléments de fer76,79. L’augmentation de la concentration de progestérone vers la fin de la grossesse joue également un rôle dans la réduction de l’activité des muscles gastro-intestinaux80.

Hémorroïdes

Les hémorroïdes sont des veines dilatées qui se forment dans la paroi du rectum et de l’anus81. Elles peuvent résulter de la constipation, de la pression accrue sur les veines rectales lors de la grossesse ou de l’action de certaines hormones sur le système gastro-intestinal79.

Les hémorroïdes ne présentent pas de conséquences nuisibles à la santé de la femme enceinte ou à celle de son bébé à naître, mais entraînent un inconfort. Les symptômes incluent81 :

  • des démangeaisons ou des douleurs dans la région anale;
  • des saignements mineurs lors de la défécation.

La prévalenceattribuée aux hémorroïdes varie considérablement d’une étude à l’autre, allant de 5 à 85 % chez les femmes enceintes79, principalement lors des deuxième et troisième trimestres. Il semble toutefois y avoir une surévaluation de ce malaise, puisque seulement 50 % des gens qui le rapportent en souffrent réellement76. Bien qu’elles régressent habituellement après l’accouchement, les hémorroïdes demeurent présentes chez de 15 à 24 % des nouvelles mères79.

Traitement

Les mesures non pharmacologiques sont à privilégier, tant pour la constipation que pour les hémorroïdes76,79. Il est possible de modifier certaines habitudes alimentaires et de vie :

  • Augmenter l’apport en fibres à environ de 25 à 30 grammes par jour, en consommant notamment des fruits, des légumes, des légumineuses et du son76,79 (pour une liste plus complète, consulter la fiche Fibres du site Extenso). Néanmoins, il importe de dire à la femme enceinte que la consommation d’une trop grande quantité de fibres peut causer des ballonnements et des flatulences. Ces effets peuvent être minimisés si on commence par de petites quantités et qu’on augmente graduellement jusqu’à ce que l’efficacité du traitement soit observée ou en fonction de la tolérance de la personne78,82;
  • Augmenter sa consommation d’eau pour atteindre de 6 à 8 verres par jour (de 1,5 à 2 litres)76,79;
  • Pratiquer une activité physique de façon modérée, comme la marche ou la natation76,79.

Une information claire sur l’hygiène intestinale doit aussi être transmise :

  • Il est souhaitable d’aller à la selle lorsque le besoin se fait sentir, afin d’éviter de nuire au mouvement péristaltique83, puisque cela aurait pour conséquence de déshydrater les selles et de rendre leur évacuation plus difficile;
  • Le rythme du transit intestinal peut varier d’un individu à l’autre, sans que cela soit signe de constipation. Pour plusieurs personnes, le matin ou après les repas est le moment le plus propice pour aller à la selle79;
  • Au moment de la défécation, il faut éviter de forcer en retenant son souffle83, mais plutôt s’assurer de bien relâcher la musculature du plancher pelvien;
  • La position suivante est favorable à la défécation : pointe des pieds ou pieds sur un petit banc, genoux légèrement plus hauts que les hanches, avant-bras appuyés sur les cuisses, dos droit79;
  • Un massage abdominal peut aider, dans le sens des aiguilles d’une montre (pour suivre le côlon)79.

Dans les cas où ces moyens ne sont pas suffisants, la femme enceinte peut ajouter à son alimentation des suppléments de fibres alimentaires ou un laxatif de lest (psyllium ou méthylcellulose), par exemple Metamucilmd, Prodiemmd et les céréales All-Branmd Bran Budsmd de Kellogg’s.

Les laxatifs émollients, comme le docusate sodique (Colacemd, Soflaxmd), peuvent aussi être utilisés sans danger76,79,83,84. Bien qu’ils soient sécuritaires lors de la grossesse, ces produits peuvent avoir des effets indésirables, comme des ballonnements, des flatulences et des crampes à l’estomac.

Pour traiter les hémorroïdes, les mesures suivantes sont utiles76 :

  • Bien nettoyer la région anale après chaque selle;
  • Faire des bains de siège à l’eau tiède de 3 à 4 fois par jour pendant de 15 à 20 minutes;
  • Faire une application locale de crème ou d’onguent, comme une compresse d’hamamélis ou de la pommade d’oxyde de zinc, car cela peut aider à réduire les symptômes associés aux hémorroïdes (douleur, sensation de brûlure, démangeaison, inconfort et irritation).

L’utilisation d’huile de ricin doit être évitée chez les femmes enceintes, car elle peut stimuler les contractions utérines et est associée à un risque de détresse fœtale si elle est faite peu de temps avant l’accouchement. Ce produit n’est pas conseillé chez les femmes qui allaitent, car la prise d’une bonne quantité par la mère pourrait entraîner des effets indésirables comme la diarrhée et l’insomnie chez la mère ainsi que les tremblements chez les nourrissons exposés76.

Pour de plus amples renseignements sur les moyens de réduire la constipation et les hémorroïdes, consulter le guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, p. 105.

Diriger vers des ressources

Les professionnels sont encouragés à diriger les femmes enceintes qui présentent des problèmes de constipation ou d’hémorroïdes plus persistants et sévères vers des ressources spécialisées, qui pourront leur offrir une évaluation et un suivi appropriés.

Les signes suivants sont à surveiller78,81 :

  • La constipation dure plus de trois semaines;
  • Du sang est présent lors de la défécation;
  • La constipation est accompagnée de fièvre, de faiblesse ou d’une perte de poids;
  • Une douleur sévère, qui est associée à la présence des hémorroïdes.

Reflux gastro-œsophagien

Le reflux gastro-œsophagien, communément appelé brûlures d’estomac, survient lorsque le contenu de l’estomac remonte dans l’œsophage ou dans la bouche. Puisque le contenu de l’estomac est acide, le reflux entraîne une inflammation de l’œsophage, ce qui explique les sensations de brûlure dans l’abdomen et le goût acide dans la gorge85.

Lors de la grossesse, la diminution du tonus du sphincter œsophagien inférieur, l’augmentation du niveau de progestérone et l’expansion de l’utérus (qui accentue la pression dans l’abdomen) sont des facteurs qui contribuent au reflux86.

Le reflux gastro-œsophagien touche environ de 30 à 80 % des femmes enceintes. Il apparaît généralement aux premier et deuxième trimestres et se résorbe après l’accouchement86,87. Ce trouble présente peu de risques pour la santé de l’enfant à naître ou celle de la femme enceinte, mais peut nuire au bien-être et à la qualité de vie de cette dernière.

Symptômes

Les symptômes apparaissent souvent après les repas85-87:

  • Sensation de brûlure d’estomac (pyrosis);
  • Douleurs dans la région supérieure de l’abdomen;
  • Régurgitation;
  • Goût acide ou amer dans la gorge;
  • Indigestion;
  • Nausées et vomissements.

Traitement

Pour soulager les symptômes, les modifications dans les habitudes alimentaires ou de vie sont souvent privilégiées85,86:

  • Élever la tête du lit de 10 à 15 cm, de façon à avoir la tête et les épaules à un niveau plus haut que l’estomac (la gravité aiderait à prévenir le reflux);
  • Prendre des repas légers et fréquents (toutes les deux ou trois heures par exemple);
  • Éviter les aliments qui favorisent le reflux, comme le café, le thé, le chocolat, les boissons gazeuses, la menthe, les aliments très gras, les épices;
  • Éviter de manger ou de boire au moins trois heures avant le coucher;
  • Mâcher de la gomme pour augmenter la production de salive, ce qui peut aider à neutraliser l’acide gastrique;
  • Éviter de s’allonger après avoir mangé;
  • Éviter de porter des vêtements trop serrés, car ils peuvent exercer une pression sur l’abdomen.

Élever la tête de lit est une mesure particulièrement efficace pour réduire le reflux auprès de la population adulte88. L’efficacité des autres mesures n’est pas appuyée par des données probantes, mais ces mesures sont utilisées parce qu’elles ne présentent aucun danger pour la femme enceinte85.

Lorsque ces mesures ne sont pas suffisantes, certains traitements pharmacologiques peuvent être utilisés pendant la grossesse :

  • Les antiacides (par ex., Rolaidsmd, Tumsmd, Maaloxmd) permettent de soulager les symptômes en neutralisant l’acidité gastrique pendant une courte période. Leur efficacité est donc temporaire84. Ils sont en vente libre;
  • Les antagonistes des récepteurs H2 diminuent la production d’acide par l’estomac. La ranitidine est un type de médicament antagoniste dont l’efficacité pendant la grossesse a été établie86,87;
  • Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont des médicaments plus puissants, prescrits par le médecin dans le cas où les antiacides ou les antagonistes H2 ne soulagent pas les symptômes. L’oméprazole est l’IPP privilégié durant la grossesse86.

Diriger vers des ressources

Les professionnels sont encouragés à diriger les femmes enceintes qui présentent des reflux plus persistants et sévères vers des ressources spécialisées, qui pourront leur offrir une évaluation et un suivi appropriés.

Les signes suivants sont à surveiller85 :

  • Des reflux fréquents (par ex., de deux à trois fois par semaine);
  • Une difficulté à avaler ou des douleurs lors de la déglutition;
  • Une perte de poids inexpliquée;
  • Des douleurs à la poitrine;
  • La présence de sang dans les vomissements ou dans les selles (selles de couleur foncée).

Crampes dans les jambes

Les crampes dans les jambes constituent un malaise courant durant la grossesse. Environ de 5 à 30 % des femmes enceintes en souffriraient89. Ces crampes constituent des contractions musculaires involontaires qui entraînent une douleur aux mollets ou aux pieds. Elles surviennent le plus souvent pendant la nuit et deviennent plus fréquentes au cours du deuxième ou troisième trimestre90.

Leurs causes exactes ne sont pas connues, mais certaines recherches suggèrent que l’accumulation d’acides lactique et pyruvique dans les jambes due à une mauvaise circulation sanguine serait en cause90. Ce malaise est également associé à une déficience en magnésium89. Les crampes dans les jambes ne sont pas dangereuses pour la santé de la femme enceinte ou celle du fœtus.

Prévention et traitement

Pour aider à prévenir les crampes dans les jambes pendant la grossesse, les mesures suivantes peuvent être utilisées :

  • Étirer les muscles du mollet avant d’aller au lit90;
  • Pratiquer une activité physique90;
  • Bien s’hydrater90;
  • Prendre des suppléments de magnésium ou de sodium89-91.

Les multivitamines ou les suppléments minéraux semblent également aider à réduire les crampes, bien qu’il ne soit pas possible de déterminer précisément quel ingrédient est responsable de cet effet. Le calcium n’offre, quant à lui, aucun bénéfice91.

Lorsqu’une crampe se présente, les mesures suivantes peuvent aider90 :

  • Étirer les muscles douloureux;
  • Marcher ou secouer les jambes;
  • Prendre une douche ou un bain chaud;
  • Masser les muscles douloureux avec de la glace.

Troubles du sommeil

Les besoins en sommeil varient d’un individu à l’autre. Au sein de la population en général, il est estimé que ce besoin est d’environ 8 heures par période de 24 heures (avec des variations de 6 à 9 heures)92. Aucune donnée ne permet de statuer sur le nombre d’heures de sommeil requis durant la grossesse93.

Durant la période périnatale, les femmes sont plus susceptibles de vivre des périodes de sommeil troublées. En effet, lors de la grossesse, le sommeil peut être influencé par les particularités propres à chacun des trimestres :

  • Au premier trimestre, l’augmentation de la concentration en progestérone entraîne une plus grande envie de dormir93. Le sommeil peut être perturbé par l’envie d’uriner plus fréquente, la sensibilité des seins et les nausées matinales94;
  • Au deuxième trimestre, peu de troubles du sommeil sont rapportés. L’apparition des crampes aux jambes ou du syndrome des jambes sans repos peut nuire au sommeil de certaines femmes94;
  • Au troisième trimestre, la difficulté de trouver une position confortable pour dormir, des brûlures d’estomac, des crampes aux jambes, des ronflements, l’envie plus fréquente d’uriner, des états d’éveil plus longs et la fatigue matinale peuvent nuire à la qualité du sommeil94. C’est durant ce trimestre que certaines femmes enceintes rapportent le plus grand manque de sommeil93 ou un sommeil de moindre qualité95.

De plus, les perturbations dans le sommeil peuvent être attribuables aux changements physiques et hormonaux associés à la période périnatale ainsi qu’aux besoins de l’enfant lors de ses premiers mois de vie93. Des facteurs psychosociaux peuvent également nuire à la qualité du sommeil (par ex., des craintes ou de l’ambivalence à l’égard de la grossesse ou de l’arrivée de l’enfant, du stress lié aux conditions de vie, des relations interpersonnelles difficiles, etc.).

Symptômes de l’insomnie

Un des troubles de sommeil les plus courants est l’insomnie. Ses symptômes sont les suivants96 :

  • Difficulté à s’endormir;
  • Réveils fréquents durant la nuit;
  • Réveil prématuré;
  • Sommeil de qualité variable (par ex., plusieurs nuits de sommeil de faible qualité, suivies par une nuit de sommeil de bonne qualité);
  • Fatigue ou envie de dormir durant le jour;
  • Difficultés de concentration ou oublis fréquents;
  • Irritabilité;
  • Diminution du niveau de motivation ou d’énergie;
  • Inquiétudes par rapport au sommeil.

Traitement

Si des changements dans les habitudes de sommeil sont observés, mais qu’ils ne nuisent pas aux activités durant la journée, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Par contre, si les activités durant la journée sont touchées, certains moyens peuvent être utilisés pour favoriser une bonne hygiène de sommeil97,98:

  • Dormir le temps nécessaire pour se sentir reposé;
  • Maintenir un horaire de sommeil régulier, c’est-à-dire se coucher et se lever aux mêmes heures tous les jours;
  • Éviter de se forcer à dormir;
  • Éviter de consommer des excitants (par ex., café, chocolat, boissons gazeuses contenant de la caféine), en particulier dans les heures qui précèdent le coucher;
  • Aménager un environnement propice au sommeil (par ex., éteindre les lumières intérieures et extérieures, contrôler les bruits environnants et la température);
  • Éviter d’utiliser la chambre à coucher pour des activités non liées au sommeil (par ex., étudier, manger);
  • Tenter de résoudre les problèmes ou les soucis quotidiens avant l’heure du coucher. Au besoin, préparer une liste pour le lendemain;
  • Incorporer la pratique régulière d’exercices physiques à son horaire quotidien, préférablement plus de quatre heures avant le coucher. Pour de plus amples renseignements sur la pratique d’activité physique durant la grossesse, consulter la fiche Activité physique et mieux-être;
  • Éviter de faire des siestes durant le jour, particulièrement si elles dépassent de 20 à 30 minutes ou ont lieu vers la fin de la journée.

Les thérapies cognitivo-comportementales sont considérées comme efficaces pour traiter ou réduire les troubles du sommeil auprès de la population adulte99. Ce type de psychothérapie a pour objectif de modifier les pensées ainsi que les comportements qui contribuent aux difficultés de sommeil chez la personne99.

Si les troubles de sommeil persistent et nuisent aux activités quotidiennes et à la qualité de vie, des traitements pharmacologiques existent :

  • Des somnifères peuvent être prescrits par le médecin pour aider à récupérer. Bien qu’ils soient assez sécuritaires pour être administrés lors de la grossesse, des contre-indications et effets secondaires peuvent y être associés;
  • Des produits pouvant favoriser le sommeil sont en vente libre (par ex., Nytolmd, Dormexmd, Benadrylmd, Gravolmd). Il est important que les femmes enceintes discutent de leur usage avec un pharmacien ou un professionnel de la santé. D’autres agents médicamenteux prescrits peuvent être utilisés de façon sécuritaire durant la grossesse, mais il faut discuter de ces produits avec un médecin, qui doit superviser leur utilisation.

Il existe également des produits naturels qui ont des propriétés sédatives, mais une prudence s’impose quant à leur utilisation chez les femmes enceintes100-104. Quel que soit le produit désiré, il ne devrait être utilisé que sur ordonnance du médecin ou conseil du pharmacien. L’automédication est à éviter.

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Date de création : octobre 2011

Ressources et liens intéressants

Les adresses, noms d’organismes ou documents mentionnés dans cette section ont retenu l’attention des différents partenaires ayant collaboré à la rédaction de cette fiche en raison de leur pertinence. Toutefois, il ne s’agit nullement d’une liste exhaustive et les contenus qui y sont développés n’engagent ni la responsabilité des différents partenaires ni celle de l’Institut national de santé publique du Québec.

Pour en savoir plus sur la vaccination durant la grossesse

Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
La SOGC a publié en 2008 une directive sur l’immunisation pendant la grossesse.
sogc.org/wp-content/uploads/2013/02/gui236CPG0911f.pdf

Pour en savoir plus sur les effets des médicaments sur la grossesse et l’allaitement

Centre IMAGe
Ce centre d’information québécois est destiné aux professionnels de la santé et offre des renseignements sur les effets des médicaments durant la grossesse ou l’allaitement.
514 345-2333 ou http://image.chu-sainte-justine.org

Motherisk
Cet organisme répond aux questions du public et des professionnels sur différents thèmes concernant la grossesse et l’allaitement.
1 877 327-4636 (service en français offert) ou www.motherisk.org(site en anglais)

Pour avoir davantage d’information sur les sources alimentaires de fibres

Extenso, le portail d’information de NUTRIUM
Extenso bénéficie de l’expertise d’une solide équipe de professionnels de la santé spécialisés en nutrition (médecins, nutritionnistes et autres spécialistes).
www.extenso.org

Lexique

Antiémétique :
Qui agit contre les nausées et les vomissements.

Antipyrétique :
Qui agit contre la fièvre.

Bactériurie :
Présence de très grandes quantités de bactéries dans l’urine fraîchement émise.

Barrière placentaire :
Structures anatomiques qui séparent la circulation sanguine maternelle de la circulation sanguine du fœtus.

Choriorétinite :
Inflammation de la rétine et de la choroïde.

CT-scan :
Technique d’imagerie cérébrale.

Déséquilibre électrolytique :
Déséquilibre dans les rapports entre différents électrolytes (par ex., sodium, potassium, calcium, magnésium) et l’eau contenus dans l’organisme.

Dysurie :
Troubles de la miction.

Érythème :
Lésion dermatologique courante caractérisée par une rougeur de la peau.

Fausse couche :
Décès d’un embryon ou d’un fœtus qui survient au cours des 20 premières semaines de grossesse.

Glycosurie :
Présence de sucre dans les urines.

Incidence :
Nombre de nouveaux cas d’une maladie, ou de personnes qui sont tombées malades, pendant une période donnée et dans une population déterminée.

Innocuité :
Caractère de ce qui est sans danger.

Malformations congénitales :
Anomalies morphologiques des organes, des membres ou des tissus présentes dès la naissance (héréditaires ou non).

Morbidité :
Caractère de ce qui est malade.

Mortinaissance :
Naissance d’un enfant mort-né.

Mouvement péristaltique :
Mouvement par lequel les intestins se contractant sur eux-mêmes favorisent l’acte de la digestion.

Œdème :
Gonflement d’un organe ou d’un tissu dû à une accumulation ou à un excès intratissulaire de liquides.

Passage transplacentaire :
Passage à travers le placenta, dans le sens mère-fœtus ou l’inverse.

Prééclampsie :
Complication survenant durant la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle, un taux élevé de protéines dans les urines et une prise de poids avec œdèmes.

Prévalence :
Nombre de cas (nouveaux et anciens) liés à une maladie, recensés dans une population déterminée, à un moment donné.

Prophylactique :
Se dit d’un traitement ou d’un remède préventif.

Retard de croissance intra-utérin :
Complication de la grossesse définie par une croissance insuffisante du fœtus à un âge gestationnel donné (croissance inférieure au 10 e percentile).

Rhinite :
Inflammation, hypersécrétion et écoulement d’origine virale ou allergique qui affectent les muqueuses du nez et des voies respiratoires supérieures.

Sphincter œsophagien inférieur :
Muscle en forme d’anneau situé à la jonction de l’œsophage et de l’estomac, qui s’ouvre pour laisser passer la nourriture dans l’estomac et se contracte pour empêcher celle-ci de remonter.

Syndrome des jambes sans repos :
Sensation désagréable ressentie dans les membres inférieurs, déclenchée par l’immobilité et provoquant un besoin de bouger les jambes en les agitant, en se levant ou en marchant.

Tératogène :
Susceptible de provoquer des malformations congénitales par son action sur le fœtus.