Actes à risque de transmission et seuils de restriction

Définition d’un acte à risque de transmission

Le SERTIH retient la définition énoncée par Santé Canada en 1998:

« Il s'agit d'interventions au cours desquelles la transmission du VHB, du VHC ou du VIH des travailleurs de la santé à des patients est très probable et englobent les actes suivants :

  1. la palpation, avec le doigt, de la pointe d'une aiguille dans une cavité du corps (espace creux à l'intérieur du corps ou d'un de ses organes) ou la présence simultanée des doigts du travailleur de la santé et d'une aiguille ou d'un autre instrument ou objet pointu ou tranchant dans une zone du corps cachée ou très exiguë, par exemple, durant les chirurgies abdominales, cardiothoraciques, vaginales ou orthopédiques lourdes;
  2. la réparation d'importants traumatismes;
  3. une section importante ou l'ablation de tout tissu buccal ou péribuccal, y compris des structures dentaires.

Au cours de ces interventions les tissus exposés du patient peuvent, en effet, entrer en contact avec le sang d'un travailleur de la santé blessé »1.

Les actes à risque de transmission sont donc effectués dans des cavités du corps où le soignant voit mal ses mains et où il y a présence d’une aiguille ou encore d’un autre objet pointu ou tranchant.

Les études de la transmissibilité des virus ont démontré que la peau saine constitue une barrière efficace contre la plupart des agents. Seuls les contacts du sang sur la peau lésée (ex. peau ayant subi une coupure), sur une muqueuse (ex. œil, bouche) ou des expositions percutanées (qui traversent la peau) ont été associés à une contamination et à une infection. Aussi longtemps que les précautions de base appropriées pour la procédure (ex. port de gants) sont appliquées de façon rigoureuse, le risque de contact du soigné avec le sang du soignant demeure extrêmement faible.

Le SERTIH a rédigé un guide de référence qui propose une liste d’actes à risque de transmission pour chaque profession et spécialité médicale visée par le SERTIH. Cette publication vise à guider les recommandations à émettre pour les soignants qui font appel au SERTIH. Le guide doit être utilisé comme outil de référence seulement et non pour déterminer la nature ou le risque de la pratique d’un soignant infecté. Celui-ci doit toujours être évalué par le SERTIH.

Seuils de restriction et recommandations concernant l’évaluation et le suivi des soignants infectés par le VIH, le VHB ou le VHC

Les recommandations des consensus d’experts, spécifiques à chaque pathogène (VIH, VHB et VHC), sont mises à jour régulièrement. Ces recommandations reposent sur la littérature et les recommandations mondiales à ce sujet.


1 Santé Canada. Compte-rendu de la Conférence de concertation sur les professionnels de la santé infectés : Risque de transmission des pathogènes à diffusion hématogène. RMTC 1998; 24S4.