La VIOLENCE vécue en milieu autochtone

Odile Bergeron, Faisca Richer et 
Isabelle Duguay

Institut national de santé publique du Québec

Révision scientifique (par ordre alphabétique) :
Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador
Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James
Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

Messages clés

  • Au Canada, « Autochtone » est un terme légal utilisé pour définir les premiers peuples et leurs descendants. Au Québec, les communautés autochtones ont en commun d’avoir été établies au cours de vagues de sédentarisation et d’avoir été, pour la plupart, légalement instituées par les autorités gouvernementales canadiennes. La majorité des Premières Nations et des Inuit au Québec réside dans l’une des 55 communautés autochtones réparties sur le territoire de la province.
  • Les populations autochtones au Québec s’inscrivent dans des contextes sociaux et culturels complexes, dynamiques et hétérogènes à maints égards.
  • La violence vécue en milieu autochtone présente plusieurs caractéristiques similaires à la violence vécue dans les milieux non autochtones, entre autres en matière de facteurs de risque et de conséquences sur la santé.
  • À cette violence s’ajoute la violence collective qui se manifeste par les limites structurelles imposées par les nombreuses politiques gouvernementales dans à peu près tous les domaines du développement économique et social des populations autochtones au pays. Ce type de violence est en fait souvent désigné par le terme « violence structurelle » ou « racisme systémique ».
  • La violence vécue en milieu autochtone ne peut donc être interprétée strictement comme l’expression d’un comportement individuel ou d’un problème circonscrit à quelques ménages, mais doit plutôt être comprise comme un phénomène social aux causes multiples.
  • Les populations autochtones sont davantage victimes d’actes violents que les populations non autochtones.
  • Les conséquences de la violence vécue par les Autochtones sur leur santé s’ajoutent au fardeau de l’état de santé déjà défavorable de la population, et compromettent le développement des individus et des communautés.
  • L’inadéquation ou le manque de services et de programmes sociaux et de santé socialement et culturellement sécuritaires peuvent interférer dans la réduction de la violence.
  • Le soutien aux peuples autochtones dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ainsi que l’engagement de divers acteurs pour s’attaquer aux problèmes structuraux qui nuisent au développement et à l’essor de leurs communautés sont essentiels à la pleine réalisation des actions à mettre en place pour réduire la violence vécue par les populations autochtones.