L’exposition aux vibrations est présente dans de nombreux milieux de travail au Québec. Pour les travailleurs et les travailleuses, l’utilisation régulière d’outils vibrants peut entraîner des effets néfastes sur la santé et la qualité de vie.
Ces effets peuvent également se répercuter sur les milieux de travail et le système de santé. Il peut y avoir notamment une augmentation de l’absentéisme, du présentéisme, du roulement de personnel, des accidents du travail ou des départs prématurés à la retraite, générant ainsi des coûts humains, sociaux et économiques importants.
On distingue deux types de vibrations :
- Les vibrations main-bras sont générées par les outils vibrants ou encore par une pièce tenue à la main contre une surface vibrante.
- Les vibrations au corps entier sont associées aux vibrations transmises à l’ensemble du corps par le siège d’un opérateur assis dans un équipement ou engin de chantier, par exemple, ou par le plancher pour un opérateur debout près d’un concasseur par exemple.
Effets sur la santé
En plus d’enjeu de sécurité, l’exposition régulière et prolongée à des vibrations au corps entier et à des vibrations main-bras peut provoquer des effets sur la santé reconnus comme maladies professionnelles, si rien n’est fait pour s’en prémunir. Ces maladies incluent notamment les pathologies lombaires et le syndrome vibratoire main-bras.
Souvent irréversibles et difficiles à traiter, elles entraînent des limitations fonctionnelles importantes qui peuvent affecter la qualité de vie tant professionnelle (arrêts de travail, réaffectation, etc.) que personnelle (capacités limitées pour les activités quotidiennes, douleurs chroniques, etc.) avec des répercussions possibles sur la santé mentale.
Facteurs de risques associés aux vibrations
En milieu de travail, les effets des vibrations sur la santé peuvent être exacerbés par la présence d’autres facteurs de risques.
Les facteurs de risques biomécaniques provoquent une surcharge sur les articulations et peuvent mener au développement de troubles musculosquettiques (TMS). Parmi ces facteurs, il y a :
- une force de préhension élevée,
- des mouvements répétitifs,
- des chocs et des impacts,
- des postures contraignantes,
- une station assise prolongée, lors de la manipulation des outils vibrants ou lors de la conduite des véhicules lourds.
Les facteurs de risque psychosociaux, comme une charge de travail élevée, une faible autonomie ou un manque de soutien au travail, peuvent aussi aggraver l’exposition aux vibrations et leurs effets sur la santé.
Ces facteurs peuvent augmenter l’effort musculaire lors de l’utilisation d’outils vibrants, diminuent le temps disponible pour mettre et ajuster les équipements de protection ainsi que pour prendre ses pauses, ou provoquent des réactions de stress physiologiques qui nuisent à la réparation des muscles.
L’utilisation d’outils vibrants et de la machinerie lourde peut aussi générer d’autres facteurs tels l’exposition au bruit et aux poussières.
Répertoire de machines et d’outils vibrants
Les outils vibrants peuvent tous engendrer le syndrome vibratoire. Le répertoire de machines et outils vibrants permet d’identifier des outils vibrants en milieu de travail afin de guider les activités de prévention et de prise en charge de la maladie.
Qu’est-ce que le syndrome vibratoire main-bras (SVMB) ?
Au Québec, près de 400 000 personnes sont exposées en milieu de travail aux vibrations main-bras. Elles sont toutes à risque de développer une maladie professionnelle appelée syndrome vibratoire main-bras.
La maladie peut comprendre trois types d’atteintes : vasculaire, neurologique et musculosquelettique. Elle se manifeste par l’apparition épisodique de doigts blancs (aussi appelé Raynaud secondaire), des engourdissements et la perte de dextérité ainsi que des douleurs et des limitations de mouvements aux articulations. La maladie s’aggrave si l’exposition aux vibrations se poursuit.
Secteurs d’activités et tâches à risque
La proportion de personnes atteintes du SVMB varie selon le secteur d’activité économique. La maladie peut atteindre jusqu’à 70 % des personnes dans certains secteurs, en fonction de la durée de l’exposition et de l’intensité des vibrations générées.
De nombreux outils génèrent des vibrations, notamment dans des secteurs comme les mines, la construction, la foresterie, l’entretien des routes, la mécanique automobile, la transformation du métal, les fonderies, les chantiers maritimes, l’industrie aéronautique, l’agriculture et le domaine dentaire.
Par exemple, les activités suivantes peuvent être source d’une exposition aux vibrations : meuler, couper, sabler, forer, riveter, percer, clouer, fraiser.
Prévention
La prévention du syndrome vibratoire main-bras repose sur la connaissance des effets sur la santé, la sensibilisation en milieu de travail (voir à cet effet les outils développés) et la mise en place des mesures préventives.
De plus, les employeurs ont la responsabilité légale d’assurer la protection de la santé, de la sécurité et de l’intégrité physique de leur personnel, selon l’article 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) du Québec. Cela comprend des mesures pour éliminer le risque à la source ou le réduire, comme changer l’outil pour un autre moins vibrant, bien entretenir les outils et les équipements, concevoir des supports anti vibratiles, etc.
Formation et outils pour divers publics
Le syndrome vibratoire main-bras est peu connu des travailleurs et travailleuses, des employeurs et du personnel professionnel de la santé. Voici des ressources adaptées pour chacun de ces publics.
Milieux de travail
Une vidéo et un feuillet d’information permettent de sensibiliser les travailleuses et les travailleurs, ainsi que les employeurs, aux symptômes de la maladie et aux moyens de se protéger.
Personnel en prévention du réseau de la santé et équipes de santé publique en santé au travail
L’INSPQ avec ses partenaires a produit la formation Le syndrome vibratoire main-bras : une maladie professionnelle à connaître. Elle s’adresse aux médecins, au personnel infirmier, aux ergonomes, aux techniciens et techniciennes en hygiène du travail, ainsi qu’aux hygiénistes du travail et autres acteurs et actrices en prévention. D’une durée approximative de trois heures, elle est offerte en ligne sur l’environnement numérique d’apprentissage gouvernemental de la Formation continue partagée.
Pour des ressources complémentaires, consultez le dossier Vibration sur le site du Réseau de santé publique en santé au travail.
Pour en savoir plus
- Consultez nos publications :
- Vers une définition des lésions professionnelles attribuables à une exposition aux vibrations à des fins de surveillance (2023)
Ce rapport propose une démarche méthodologique et une définition permettant de dénombrer dans le fichier de la CNESST les lésions professionnelles vraisemblablement attribuables à une exposition aux vibrations. Cette définition, basée sur le croisement de quatre variables disponibles dans le fichier, permettrait d’alimenter des indicateurs de surveillance qui pourront être exploités par divers préventionnistes, afin de mieux connaître les milieux de travail avec une plus forte fréquence de lésions attribuables à une exposition aux vibrations. - Caractérisation du syndrome du marteau hypothénarien chez les travailleurs utilisant des outils manuels et exposés aux vibrations main-bras
Ce document décrit les résultats d’une étude visant à mettre à jour les connaissances du syndrome du marteau hypothénarien quant à l’épidémiologie du syndrome, les mécanismes pathophysiologiques sous-jacents, les outils et métiers à risque, les approches thérapeutiques et préventives. - Caractérisation du syndrome du marteau hypothénarien chez les travailleurs utilisant des outils manuels et exposés aux vibrations main-bras - Synthèse
- Vers une définition des lésions professionnelles attribuables à une exposition aux vibrations à des fins de surveillance (2023)
- Consultez les publications de nos partenaires :
- Réseau de santé publique en santé au travail (RSPSAT) RSPSAT | Vibrations
- Reconnaître le syndrome du marteau hypothénarien (IRSST)
- Dossier Vibrations de l’Institut national de recherche et de sécurité
- Dossier Vibration de Health and Safety Executive (anglais seulement)
- Rapport Maladie des vibrations (document de travail à l’intention du Tribunal d’appel de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail, Ontario)
- Écoutez une entrevue accordée sur le syndrome vibratoire main-bras à l’émission Pénélope de Radio-Canada