L’eau non potable inclut plusieurs types d’eau tels que l’eau de pluie réutilisée et les eaux usées réutilisées. Elle englobe également l’eau des installations de tours de refroidissement à l’eau. Ces installations ont été associées à plusieurs éclosions de légionellose. L’eau non potable peut comporter des risques pour la santé de la population qui y est exposée, car cette eau n’a habituellement pas subi les traitements permettant de diminuer sa concentration en contaminants de manière à la rendre potable. On peut surveiller la présence d’agents pathogènes ou de molécules chimiques dans les eaux usées.
Vigie des eaux usées
Par leur présence dans les selles des personnes infectées, une grande diversité d’agents pathogènes peut être détectée dans les eaux usées (ex. : norovirus, virus de la rougeole, virus de l’influenza, MPOX, etc.). La vigie des eaux usées présente un potentiel intéressant pour la santé publique. Elle s’inscrit dans une perspective de vigie intégrée des maladies infectieuses, et permet de suivre les tendances de circulation d’un virus ou autre pathogène sur un territoire, déceler l’émergence de nouvelles vagues ou de nouveaux variants connus.
En étant indépendante des politiques de dépistage et du recours aux soins de santé, la vigie des eaux usées apporte une information complémentaire aux données cliniques usuelles (ex. : hospitalisations, décès, proportion de positivité des tests de dépistage clinique, etc.). La vigie des eaux usées permet aussi le suivi d’autres substances au sein de la population, tels les médicaments et les drogues, ainsi que de la résistance aux antibiotiques.
COVID-19
La pandémie de COVID-19 a favorisé le développement de cette expertise au Québec. Coordonné par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), un programme de vigie de la COVID-19 dans les eaux usées a permis de suivre la circulation du virus dans la population québécoise entre 2022 et 2025. L’INSPQ pilotait les orientations scientifiques, l’analyse, l’interprétation et la diffusion des données, alors que la collecte des eaux usées dans les municipalités ciblées et les analyses de laboratoire étaient sous la responsabilité du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), en collaboration avec le Laboratoire de santé publique du Québec. Enfin, le programme québécois a bénéficié de l’expertise et du soutien de CentrEau-COVID, qui a mis en place un projet pilote de détection du SRAS-CoV-2 dans les eaux usées dans cinq régions du Québec en 2021.
Les données du SRAS-CoV-2 dans les eaux usées au Québec sont archivées sur le site web de l’INSPQ. Complémentaires aux autres données sur la COVID-19, elles ont contribué à la gestion pandémique au Québec. L’INSPQ détient et continue de développer une expertise en vigie des eaux usées.
Pour en savoir plus sur la vigie des agents pathogènes dans les eaux usées, consultez nos publications :
- Les eaux usées au service de la santé publique : bilan d’une vigie innovante (2025)
- Recommandations pour les milieux de soins lors de la détection de Candida auris dans les eaux usées (2025)
- Critères d’évaluation de la pertinence d’inclure des micro-organismes à la vigie des eaux usées (2025)
- Conditions de faisabilité et utilité de la surveillance de la COVID-19 à l’aide du monitorage du SRAS-CoV-2 dans les eaux usées - Mise à jour 2023 (2023)
Consultez également notre publication scientifique :
- Tracking SARS-CoV-2 transmission : evaluation of the Quebec wastewater surveillance program
International Journal of Environmental Health Research, 2025
Eaux usées réutilisées
La réutilisation des eaux usées est une solution adoptée à certains endroits dans le monde face aux problématiques de pénuries d’eau. Les eaux usées peuvent servir pour des usages domestiques (ex. : alimentation des toilettes). Elles peuvent aussi être employées pour d’autres usages tels que l’irrigation des terrains de golf, l’utilisation des installations de tours de refroidissement à l’eau, l’irrigation des cultures ou l’emploi de procédés industriels. Cependant, la réutilisation des eaux usées nécessite un encadrement de leur usage, par exemple par la mise en place d’une règlementation ou l’établissement de lignes directrices. Pour en savoir plus, prenez connaissance de notre publication :