Résultats rapportés et interprétation

Résultats rapportés

Les résultats sont généralement rapportés de la manière présentée ci-dessous, selon la méthode d’analyse utilisée.

Analyse par examen microscopique direct

Les résultats sont rapportés sous forme de présence ou d’absence de contamination fongique (ou de prolifération de moisissures) sur la surface prélevée ou sous forme de décomptes semi-quantitatifs, selon la densité de structures fongiques. L’identification de certaines moisissures est possible, mais souvent limitée au genre ou au groupe (ex. : les genres Aspergillus et Penicillium ne pouvant généralement pas être distingués au microscope, ils sont rapportés Aspergillus/Penicillium groupe [ou Aspergillus/Penicillium like]).

Analyse par mise en culture

Les résultats sont généralement rapportés sous forme de présence ou d’absence des genres ou des espèces de moisissures présentes dans l’échantillon. Des résultats semi-quantitatifs peuvent aussi être indiqués, mais un résultat quantitatif en UFC est difficile à interpréter, car peu de surfaces sont complètement stériles.

Interprétation

  • La présence de prolifération de moisissures sur une surface signifie que le matériau atteint est contaminé et qu’il doit être nettoyé ou retiré. Un simple examen visuel effectué par une personne détenant une expérience pertinente peut généralement suffire à déterminer la présence de contamination fongique sur une surface donnée. En cas de doute, l’analyse par examen microscopique direct, dont le prélèvement a été réalisé avec une lame autocollante, peut aider à confirmer ou à infirmer cette observation. L’interprétation des résultats qui en découle doit néanmoins toujours considérer les autres informations disponibles, dont les résultats de l’inspection visuelle (4) ainsi que la localisation exacte et le contexte du prélèvement.

La méthode d’échantillonnage de surface, suivie d’une analyse par examen microscopique direct, est utilisée pour confirmer la présence ou l’absence de prolifération visible de moisissures sur une surface soupçonnée d’être contaminée, par exemple pour vérifier si les décolorations ou les dépôts observés sur une surface correspondent bien à une contamination fongique, et non à un autre phénomène (ex. : poussière, suie, efflorescence(5,13,15). L’observation de quelques structures fongiques au microscope ne signifie pas nécessairement que le matériau concerné est contaminé. En effet, la présence de prolifération de moisissures sera déterminée au laboratoire par la densité de structures fongiques examinées au microscope, selon des critères prédéterminés. Certaines structures caractéristiques (ex. : hyphes) peuvent également indiquer que la prolifération active sur le matériau.

Il existe plus d’une méthode valable pour procéder à ce genre d’analyse, à condition que le laboratoire ait fait la démonstration de sa validité (ex. : fidélité, performance, etc.[1]). Un exemple de critères utilisés par l’IRSST est présenté dans l’encadré ci-dessous.

Encadré 3: Exemple de critères utilisés pour l’interprétation d’échantillonnage de surface suivi d’un examen microscopique direct

Selon la Méthode 360 de l’IRSST (43), un échantillon peut indiquer une prolifération fongique si au moins 31 des 100 champs observés au microscope (grossissement 400X-600X) comptent minimalement une structure fongique. Similairement, des décomptes semi-quantitatifs peuvent être rapportés avec cette méthode, selon le pourcentage de champs où au moins une structure fongique a été observée.

Le tableau ci-dessous montre les critères utilisés par l’organisme pour les décomptes semi-quantitatifs, où un résultat « ++ » ou « +++ » peut indiquer la présence de prolifération fongique sur la surface échantillonnée. Un résultat inférieur peut simplement signifier la présence de spores déposées sur la surface échantillonnée. Il importe en tout temps d’interpréter ces résultats en considérant l’ensemble des informations disponibles, en particulier celles issues de l’inspection des lieux.

Résultats attendus

Pourcentage de champs balayés

Négligeable

0 à 5 % (0 à 5 champs/100)

+

6 à 30 % (6 à 30 champs/100)

++

31 à 60 % (31 à 60 champs/100)

+++

61 à 100 % (61 à 100 champs/100)

Tableau adapté de Marchand et al., 2009

Selon cette méthode, le décompte doit être effectué jusqu’à un maximum de 100 champs (si tous les champs sont négatifs) ou jusqu’à 31 champs positifs. En d’autres termes, avec cette méthode, le nombre de champs balayés ne devrait jamais être moins élevé que 31. Il convient néanmoins de noter que d’autres méthodes et critères d’analyse peuvent être employés (selon le laboratoire) et être tout aussi valables. Dans tous les cas, il est important que ces informations et leur interprétation soient bien indiquées dans le rapport d’analyse.

L’analyse d’un échantillon de surface réalisée avec un milieu de culture ne permet généralement pas de conclure à la présence de prolifération fongique sur le matériau. En effet, comme les moisissures sont omniprésentes dans l’environnement, il est normal de retrouver quelques spores viables déposées sur les matériaux. En conséquence, la présence de quelques UFC ne signifie pas nécessairement que le matériau est contaminé.

  • La connaissance des espèces en prolifération sur une surface donnée n’est généralement pas utile dans un contexte d’investigation fongique (27,44).

En effet, comme spécifié à la section Principales sources d'eau ou d'humidité excessive dans les bâtiments, la seule confirmation d’une contamination fongique visible sur une surface est suffisante pour justifier la mise en place de mesures correctives, peu importe les espèces en cause. Il peut toutefois arriver, dans certains cas cliniques particuliers, que les informations concernant les espèces présentes sur une surface contaminée soient utilisées par le médecin afin de contribuer au diagnostic médical. Dans un tel cas, il importe de souligner, encore une fois, l’importance d’avoir recours à un laboratoire accrédité qui détient les compétences et l’expérience requises pour procéder à l’identification des espèces fongiques.  

L’analyse par examen microscopique direct permet d’identifier certains genres ou groupes de moisissures (ex. : Aspergillus/Penicillium groupe [ou Aspergillus/Penicillium like]), mais permet rarement d’identifier les moisissures présentes à l’espèce (ex. : Aspergillus fumigatus). L’analyse par mise en culture, quant à elle, permet généralement d’identifier les espèces présentes sur la surface échantillonnée (13,45).

  • Peu importe la méthode de prélèvement et d’analyse, les résultats d’échantillonnage de surface ne peuvent en aucun cas être extrapolés en une concentration de moisissures dans l’air (c’est-à-dire en nombre de particules par mètre cube d’air) (11,13,15,46).

En effet, la présence de spores sur une surface donnée ne signifie pas qu’elles se retrouveront éventuellement dans l’air et qu’il en résultera une exposition chez les occupants (11,13,15). Par ailleurs, il est possible que les genres et/ou espèces de moisissures retrouvés sur les surfaces ne soient pas les mêmes que ceux présents dans l’air de la même pièce (4).

Résumé des informations à vérifier

En accompagnement des résultats d’échantillonnage de surface, certaines informations devraient être indiquées dans le rapport et peuvent être vérifiées afin d’assurer une interprétation adéquate, en particulier :

  •  
  • les objectifs ou les hypothèses de recherche à vérifier avec l’échantillonnage de surface, qui doivent être clairs et précis (5,18);
  • l’échantillonnage réalisé par un professionnel (ex. : hygiéniste) qui possède une formation et une expérience pertinentes (ex. : qui connaît les limites de la méthode) (23), selon un protocole reconnu;
  • la localisation exacte des prélèvements effectués, appuyée par exemple par des photographies;
  • le recours à un laboratoire accrédité pour l’analyse des échantillons (voir la fiche Rappel de la démarche d'évaluation de la contamination fongique), selon les protocoles prescrits (25).

Si l’analyse des échantillons a été réalisée par examen microscopique direct, le rapport d’analyse du laboratoire devrait également indiquer :

  •  
  • le nombre de champs de la lame qui a été balayé au microscope[2] ainsi que le grossissement;
  • la présence d’interférence pouvant influencer la capacité de détection des spores et d’autres structures fongiques (ex. : conidies, hyphes, etc.) en raison, par exemple, de la présence d’une grande quantité de poussières, de débris ou d’une densité trop importante de spores. L’interférence est évaluée selon la quantité de débris observée lors de l’analyse au microscope;
  • les critères d’analyse utilisés par le laboratoire pour déterminer la présence de prolifération fongique (ou pour interpréter les décomptes semi-quantitatifs).

Si l’analyse des échantillons a été réalisée par mise en culture, le rapport d’analyse du laboratoire devrait également inclure :

  •  
  • le type de milieu de culture choisi ainsi que les conditions d’incubation utilisées par le laboratoire.

Pour en savoir davantage sur les méthodes d’analyse des échantillonnages de surface et l’interprétation des résultats :

Le document Évaluation de structures mycologiques par examen microscopique – MA-360 présente la méthode de l’IRSST pour l’analyse d’échantillons de surface par examen microscopique (IRSST, 2007).

Le document Méthode d’échantillonnage et d’identification de bactéries et de moisissures par la méthode de prélèvements de surface –  MA-343 présente la méthode d’analyse de l’IRSST pour la mise en culture et l’identification de bactéries et de moisissures à la suite d’un prélèvement de surface (étape préalable à la méthode MA-340) (IRSST, 2009).

Le document Préparation des échantillons de matrices solides ou liquides – Évaluation des bactéries et moisissures cultivables – MA-342 présente la méthode d’analyse de l’IRSST pour la mise en culture et l’identification de bactéries et de moisissures à la suite d’un échantillonnage de procédé (ou en vrac) (étape préalable à la méthode MA-340) (IRSST, 2008).

Le document Identification des moisissures cultivables – MA-340 présente la méthode d’analyse de l’IRSST pour l’identification des moisissures mises en culture (étape suivante de la méthode MA-343 ou MA-342) (IRSST, 2008).

Le livre Recognition, evaluation, and control of indoor mold aborde certaines méthodes d’analyse des échantillonnages de surface (AIHA, 2008, p. 153 à 155 et p. 156 à 159).

L’avis scientifique Les risques à la santé associés à la présence de moisissures en milieu intérieur présente des informations sur l’interprétation d’échantillonnage de surface (INSPQ, 2002, p.60).

L’annexe 4 présente, sous forme de grille, les sections et contenu types d’un rapport d’investigation de la contamination fongique d’un bâtiment. Les informations générales qu’il devrait contenir sont exposées section par section, c’est-à-dire : contexte, objectifs, méthodologie (en particulier lorsque des appareils sont utilisés), résultats et interprétation (notamment les informations qui devraient figurer dans la légende accompagnant les photographies), recommandations et conclusions, références.

 

[1]     Pour plus d’information sur la procédure de validation d’une méthode d’analyse en microbiologie, voir le Protocole pour la validation et la vérification d’une méthode d’analyse en microbiologie (CEAEQ, 2012).

[2]     Il peut arriver que ce décompte ne soit pas indiqué dans le rapport. Dans un tel cas, il est possible de demander à voir la méthodologie employée par le laboratoire, où cette information devrait alors être indiquée.

    Dernière modification: 

    8 juin 2016