Stachybotrys chartarum

Stachybotrys chartarum sur panneau de gypseStachybotrys chartarum sur boisStachybotrys chartarum sur panneau cartonnéStachybotrys chartarum sur gélose EMStachybotrys chartarum sur gélose RBStachybotrys chartarum - Microscopie (culture EM)

Introduction

L’International Mycological Association (Association internationale de mycologie) répertorie, dans sa banque de données fongiques, 87 espèces nommées faisant partie du genre Stachybotrys {3971}. Par ailleurs, il y a quinze espèces nommées de Stachybotrys inscrites dans la banque de données internationale du consortium Universal Protein Resource (UniProt) et plus de dix souches non nommées {3318}.

C’est de fait le S. chartarum qui fait l’objet de multiples études scientifiques et d’articles profanes à cause de son rôle potentiel dans les problèmes de santé associés à la mauvaise qualité de l’air des édifices contaminés par des moisissures ou des édifices dits « malsains ». Ces problèmes de santé seraient attribuables aux puissantes mycotoxines produites par certaines souches de S. chartarum.

Taxonomie

Règne Fungi Famille Dematiaceae
Phylum Ascomycota Genre Stachybotrys
Classe Sordariomycetes Espèce chartarum
Ordre Hypocreales    

L’espèce type est le Stachybotrys chartarum (Stachybotrys atra Corda). Le Stachybotrys chartarum était autrefois nomméS. atra ou S. alternans.

Certaines souches de Stachybotrys spp. ont des stades télémorphes rattachés à trois genres différents : Chaetosphaeria pomiformis, Cordyceps sinensis et Melanopsamma pomiformis {3842}.

Deux chémotypes de Stachybotrys chartarum ont été identifiés parmi des souches isolées de bâtiments endommagés par l’eau {4271}. Conséquemment, le S. chartarum (sensu lato) peut être maintenant séparé en trois, soit ses deux chémotypes et une nouvelle espèce, le S. chlorohalonata, qui produit des spores lisses. Les deux chémotypes du S. chartarum, le chémotype S et le chémotype A, ont une morphologie semblable, mais ils diffèrent dans la production des métabolites. Le chémotype S produit les trichothécènes, les satratoxines et les roridines macrocycliques, alors que le chémotype A produit les atranones et les dolabellanes.

Écologie

Le Stachybotrys chartarum est un mycète dématiacé. Il a une distribution mondiale et est trouvé généralement dans le sol et les milieux riches en cellulose (foin, paille, grains, débris végétaux, racines mortes, pulpe de bois, tissus et papier) {102}. Il peut contaminer les grains, le tabac, les isolants mousse (isolants expansés), les textiles, l’air intérieur et les matériaux des bâtiments endommagés par l’eau {725, 816, 724}.

Les spores de S. chartarum ne se disséminent pas aisément dans l’air parce qu’elles sont produites en petits agrégats recouverts d’un mucilage séché; les spores sont aéroportées seulement lorsqu’elles deviennent sèches et qu’elles sont déplacées mécaniquement ou lorsqu'elles sont attachées à des particules de poussière {102}.

Une fois que le Stachybotrys a employé les sucres libres du substrat pour commencer à croître, sa forte activité cellulolytique lui permet de continuer de croître rapidement {3729}. Ce mycète prolifère lentement, ce qui facilite la surcroissance par d’autres moisissures {102}.

En environnement intérieur, la prévalence du Stachybotrys dans les échantillons d’air est d'environ 13 % des logements; toutefois, la prévalence calculée pour l'ensemble des échantillons n'est que de 5 %.

Exigences de croissance

Le Stachybotrys chartarum ne concurrence pas bien les autres mycètes croissant rapidement. Il se développe à des températures allant de 2 à 40 °C (croissance optimale de 23-27 °C) {724}. Ce mycète se développe de façon optimale à un pH situé entre 5,6 et 6,0, mais il peut croître aussi à un pH situé entre 3,0 et 9,8 {995}.

Le S. chartarum exige une très grande quantité d’eau libre pour croître, et un contenu élevé en cellulose favorise son développement; ce besoin en eau correspond à un Aw d’au moins 0,94 (activité optimale > 0,98) {817}. Sur des matériaux de construction, une activité de l’eau correspondant à un Aw de 0,96 donnera un rendement plus pauvre qu’un Aw de 0,98 {605}.

Activité de l'eau :
Minimale Aw = 0,94 
Optimale Aw > 0,98

Croissance sur matériaux de construction et en environnement intérieur

Le Stachybotrys est une moisissure noir verdâtre qui se développe sur des substrats ayant un contenu élevé en cellulose et un faible contenu en azote, tels que le foin, la paille, l’osier et les morceaux de bois; sur des matériaux de construction tels que les panneaux cartonnés de plafond, les panneaux de gypse, les papiers pare-vapeur, les papiers peints, les supports d’isolation, les panneaux de fibre agglomérée, les recouvrements en papier des panneaux de gypse, les panneaux de particules et le bois ainsi que sur des objets communs tels que les boîtes de carton, les documents papier, le jute et la poussière quand tous ces substrats sont endommagés par l’eau. {3729, 725, 817}.

Pour croître, cette moisissure exige des circonstances qui permettent aux matériaux d’être détrempés ou en présence d’un degré élevé d’humidité, et ce, pendant plusieurs jours ou même durant des semaines. Les spores de la plupart des moisissures peuvent commencer à croître après seulement 24 heures d’humidité, tandis que les spores de Stachybotrysprennent au moins 48 heures d’humidité soutenue pour commencer leur croissance.

Puisque les spores de Stachybotrys sont rarement aéroportées, il arrive plus souvent qu’elles soient identifiées lors de l'échantillonnage direct d’une zone contaminée par écouvillonnage ou par prélèvement sur bande adhésive plutôt que par échantillonnage d’air.

Le Stachybotrys a intéressé les professionnels de la santé pour plusieurs raisons. Notamment, il faut noter son rôle possible dans la maladie des édifices malsains étant donné que cette moisissure contamine les édifices aux prises avec des problèmes de conception des systèmes mécaniques ou des problèmes de construction, ou encore les édifices dont la stratégie opérationnelle inadéquate mène à des problèmes d’humidité excessive chronique. Cependant, il ne faut pas oublier que le Stachybotrys est seulement un genre mineur dans ce type de bâtiment comparativement aux autres genres de moisissures associés à la maladie des édifices malsains {816}.

Lors d'une étude, ce mycète a été cultivé à partir d’échantillons d’air provenant de 13 % des bâtiments contaminés {4274}. Shelton et al. ont établi le profil de la flore fongique en milieu extérieur et en milieu intérieur à travers les États-Unis {696}. Ils ont déterminé que le S. chartarum était présent en milieu intérieur dans 0 à 27 % des bâtiments, tandis qu’à l’extérieur il était présent dans moins de 2 % des échantillons d’air.

Lorsque cette moisissure est en croissance active dans un environnement humide, elle est noire avec une apparence brillante et gluante, mais en séchant, elle apparaît rapidement plus poudreuse et peut ressembler à de la suie noire.

Plus de détails

À l’intérieur, le Stachybotrys se développe surtout sur des surfaces recouvertes de papier, qui ont été humidifiées, soit par une pénétration directe d’eau, soit par une condensation importante à la surface du matériau. Ainsi, les panneaux de gypse utilisés fréquemment pour les murs et les plafonds intérieurs, une fois qu'ils sont fortement mouillés, peuvent être attaqués par le Stachybotrys {725}. À une humidité relative se situant entre 84 et 100 %, le mycète se reproduit rapidement sur le papier peint et le placoplâtre et produit même des mycotoxines {995}. En raison de la capacité duStachybotrys à fortement dégrader les matériaux contenant de la cellulose et parce qu'il est très hydrophile, sa présence en milieu intérieur est un excellent indicateur de dommages chroniques occasionnés par l’eau {413}. Cependant, parce c’est généralement une espèce à croissance lente, une surface envahie par le Stachybotrys pourrait avoir été précédemment dominée par d’autres espèces au début des dommages occasionnés par l’eau ou lors de problèmes dus à une humidité relative inférieure {16}.

D’ailleurs, parce que les spores de S. chartarum sont habituellement recouvertes de mucilage séché, l’aérosolisation de ses spores dans l'air ambiant se produit seulement une fois que les colonies sont desséchées et qu'elles deviennent fragiles {809}. Il est habituellement difficile de trouver du Stachybotrys dans les échantillons d’air intérieur, à moins que les zones contaminées aient été mécaniquement dérangées. À maturité, les spores sont dans une masse gélatineuse, mais elles meurent rapidement en séchant : ceci explique le fait qu’une grande proportion des spores aéroportées ne soit pas viable. Toutefois, les spores mortes sont encore allergènes et toxinogènes {817}.

En environnement intérieur, la prévalence du Stachybotrys dans les échantillons d’air est d'environ 13 % des logements; toutefois, la prévalence calculée pour l'ensemble des échantillons n'est que de 5 %. De plus, ce mycète prolifère lentement, ce qui facilite la surcroissance (contamination secondaire) par d’autres moisissures {102}.

Lors d'une étude de plus de 12 000 échantillons d’air provenant de 1 717 bâtiments dans l’ensemble des États-Unis, leS. chartarum a été identifié en moyenne dans 6 % de ces bâtiments {696}.

Une étude semblable a été menée sur des prélèvements faits dans 200 maisons ayant connu une histoire d’incursion d’eau, dans la région de Houston au Texas {809}. Plutôt que de cultiver des échantillons d'air, les chercheurs ont employé des échantillonneurs qui permettent le décompte microscopique direct des spores. Des 821 échantillons d’air prélevés à l’intérieur des pièces, 9,6 % étaient positifs pour le Stachybotrys sp., tandis que 28 % des échantillons prélevés dans les cavités murales étaient positifs; 2,7 % des échantillons d’air extérieur étaient positifs. Le décompte médian des spores était de 13 ufc/m³ pour l’air extérieur, de 53 ufc/m³ pour l’air des pièces et de 14 190 ufc/m³ pour l’air des cavités murales. Les auteurs ont conclu que les spores de Stachybotrys détectées dans les cavités des murs ne contribuaient pas de façon significative aux concentrations de spores décelées à l’intérieur de la pièce, ce qui suggère que la contamination fongique par cette espèce peut être relativement contenue si les cavités sont bien confinées.

Une étude a été menée sur des isolants de cellulose appliqués par giclage humide (wet spray-applied cellulose insulation, en anglais WSACI) dans des bâtiments endommagés par l’eau. Les résultats ont démontré que leStachybotrys est habituellement en faible concentration comparativement aux autres moisissures; il représentait moins de 5 % du décompte dans les échantillons de deux des quatre bâtiments étudiés. Par contre, les décomptes peuvent être parfois élevés, atteignant 27 millions de ufc/g de flocage au plafond {670}.

Une étude réalisée sur 72 échantillons de matériaux de construction contaminés provenant de 23 bâtiments situés au Danemark a montré que le Stachybotrys arrivait au deuxième rang des moisissures les plus souvent isolées après lesAspergillus. Le S. chartarum était la moisissure la plus fréquemment identifiée sur les échantillons de matériaux, suivie de l’A. versicolor. Des trichothécènes ont été détectées sur chacun des quatre types de matériaux de construction naturellement contaminés par le Stachybotrys; sur les matériaux contaminés expérimentalement en laboratoire, quatre des cinq cultures de S. chartarum pouvaient produire ces mycotoxines {605}.

Une enquête finlandaise, conduite dans des écoles endommagées par différents problèmes d’humidité, avait pour but d’étudier la relation entre les microbes en milieu intérieur et les symptômes respiratoires des enfants. Les auteurs ont constaté que le Stachybotrys était trouvé plus fréquemment dans les échantillons prélevés dans les écoles présentant des problèmes d’humidité que dans les écoles témoins, ce qui confirme bien son statut d’indicateur de l'humidité {694}.

Des mycotoxines ont été identifiées dans des bâtiments contaminés par des moisissures; une étude a démontré que les trichothécènes étaient décelables en concentration nettement plus élevée dans ces bâtiments que dans des bâtiments témoins {425}.

Lors d'une autre étude, 15 des 79 échantillons (19 %) de matériaux de construction, moisis à la suite d’un problème de dégâts d’eau, contenaient des quantités décelables de trichothécènes variant de 2,5 à 3 500 ng/g {16}. Il est cependant important de noter que les métabolites et les composés organiques volatils (COV) sont produits en moins grandes concentrations sur des matériaux de construction (comme les panneaux de gypse) que sur des milieux de culture synthétiques; cette différence est probablement liée à la valeur nutritive des substrats {596}.

Laboratoire

La manipulation des cultures de ce genre doit se faire en respectant
les précautions de laboratoire de base (niveau de biosécurité 2).

Cette moisissure saprophyte est facilement isolée et cultivée sur les milieux ordinaires de culture mycologique. La gélose à la farine de maïs (CMA) et la gélose à l’extrait de malt (MEA) sont les milieux recommandés pour l’identification des Stachybotrys {413}; pour en faciliter l’isolement, des milieux sélectifs non standards devraient être utilisés {876}.

Morphologie macroscopique des colonies

Les colonies croissent rapidement, atteignant leur maturité en dedans de quatre jours, dans la mesure où les milieux de culture offrent la bonne quantité d’eau libre {412}.

Les colonies, incubées à 25 °C, atteignent un diamètre de 2,5 à 3 cm sur gélose MEA. Les colonies sont diffuses et de texture cotonneuse ou poudreuse (amas de spores). Au début, la colonie est blanche, puis elle devient noir verdâtre avec l’âge; le revers de la colonie est incolore puis noirci {412, 724}. Un pigment brun diffusible peut être présent.

Morphologie microscopique

Les hyphes sont septés et peuvent pousser en surface et en profondeur dans le milieu de culture. Ils peuvent former des cordons.

Les conidiophores macronémateux et mononémateux font de 100 µm à 1 cm de long sur 3 à 6 µm de large; ils sont simples ou ramifiés, hyalins ou grisâtres au début et ils deviennent brun olivâtre ou noirs à maturité. Les conidiophores portent une couronne de phialides à l’apex {3971, 724}. Chacun des conidiophores (stipes et branches) est droit ou sinueux; incolore, gris ou brun olivâtre et parfois recouvert partiellement de granules foncés.

Les cellules conidiogènes sont monophialidiques, discrètes, en groupes, ellipsoïdales ou vaguement fusiformes. Ces phialides, en groupes de trois à dix cellules, sont incolores ou pigmentées; elles sont de forme cylindrique et leur apex est légèrement enflé. L’ouverture des phialides est généralement très petite et sans collerette.

Les agrégats de conidies se présentent comme de larges têtes noires brillantes et mucilagineuses. Chacune des conidies est acrogène, simple, cylindrique ou oblongue; arrondie à une extrémité ou aux deux extrémités; ellipsoïde ou réniforme; noir verdâtre, brune ou noire; de texture lisse ou verruqueuse et couverte parfois de granules foncés ou de striations longitudinales. En général, les conidies de S. chartarum sont foncées, ovales, mesurant en moyenne 4,5 X 9 µm; elles sont hyalines à paroi lisse et deviennent gris olivâtre, verruqueuses à maturité {725, 412, 816, 724}.

Métabolites spécifiques

Plusieurs métabolites secondaires du S. chartarum, des composés organiques volatils et des mycotoxines ont été isolés et caractérisés.

Composés organiques (incluant les COV)

Le profil des composés organiques volatils microbiens (MCOV) du Stachybotrys est connu en partie. L’équipe du chercheur Gao a étudié les MCOV produits par cette espèce en croissance sur du riz : les chercheurs ont identifié principalement des dérivés du butanol et du thujopsène (un sesquiterpène) {596}; l’étude de la croissance du Stachybotrys sur des panneaux de gypse n’a permis de trouver qu’un seul de ces composés, soit le 1-butanol. Quelque 20 composés mineurs ont aussi été identifiés (alcools, cétones et terpènes). Wilkins et al. {707} ont décrit la synthèse du trichodiene qui est un sesquiterpène impliqué dans la biosynthèse d’antibiotiques et de certaines mycotoxines. Des hydrocarbures de sesquiterpène ont aussi été identifiés {995}.

D’autres MCOV, communs à plusieurs moisissures, ont aussi été identifiés dans les cultures de Stachybotrys et contribuent probablement aux problèmes de santé associés à la mauvaise qualité de l’air intérieur.

De fait, il est bien connu que dans l’environnement intérieur des édifices humides, plusieurs composés organiques, incluant des MCOV, ont été associés à la présence d’espèces fongiques. Nombre d’entre eux, communs à la majorité des moisissures, contribuent probablement à différents problèmes de santé associés à la mauvaise qualité de l’air intérieur. Toutefois, plusieurs de ces métabolites fongiques identifiés ne sont pas réactifs et sont en très faibles concentrations dans l’air intérieur {594}.

Mycotoxines

Le Stachybotrys est reconnu comme un producteur de plusieurs mycotoxines. Le S. chartarum produit des mycotoxines appartenant aux familles suivantes : satratoxines, roridines, verrucarines et stachybocines {4272}. La majorité des études toxicologiques porte sur les trichothécènes macrocycliques de cette moisissure.

Les toxines du Stachybotrys sont produites dans les phialides, les conidies et les conidiophores. Il est important de noter qu’environ un tiers des isolats de Stachybotrys chartarum génère des trichothécènes macrocycliques toxiques, tandis que les autres souches produisent de simples trichothécènes moins toxiques {996}.

Une revue récente de la littérature en toxicologie mentionne l’existence de plus de 30 mycotoxines produites par leStachybotrys, qui pourraient être nocives pour les humains et les animaux, ou du moins, in vitro pour les lignées cellulaires {995}. Ces produits comprennent : des atranones (atranone A, atranone B, atranone C, atranone D et atranone E), de la déchlorogriséofulvine, de l'épidéchlorogriséofulvine, de l'épiroridine E, des isororidines (isororidine A et isororidine E),des isosatratoxines (isosatratoxine F, isosatratoxine G et S-isosatratoxine H), du néosolaniol, de la phenylspirodimane, des roridines (roridine A, roridine C et roridine E), de l'acide roridinique, des roridines (roridine E, roridine L2), des satratoxines (satratoxine F, satratoxine G et satratoxine H), du solaniol, des stachybocines, (stachybocine A, stachybocine B, stachybocine C et stachybocine D), de la stachybotramide, de la stachybotrine, du stachybotrydial, du stachybotrylactame, du stachybotrylactone, de la stachybotrolide, de la stachybotryotoxine, des trichoverrines (trichoverrine A et trichoverrine B), des trichoverrols (trichoverrol A et trichoverrol B) et des verrucarines (verrucarine A, verrucarine B, verrucarine C).

Des mycotoxines ont été identifiées dans des bâtiments contaminés par des moisissures; une étude a démontré que les trichothécènes étaient décelables en concentration nettement plus élevée dans ces bâtiments que dans des bâtiments témoins {425}.

Tous les composés trichothécènes macrocycliques sont chimiquement stables, ce qui explique le fait que certains matériaux contaminés, tel le foin, peuvent conserver leurs propriétés toxiques pendant de nombreuses années {725}. Les sujets peuvent être exposés à ces toxines soit par ingestion de nourriture contaminée par le Stachybotrys, soit par inhalation directe des spores {817}.

Plus de détails

La toxicité des trichothécènes résiste à la lumière du soleil, aux rayons ultraviolets, aux rayons X, à une température allant jusqu’à 120 °C et aux acides. Elles sont toutefois facilement détruites par les produits alcalins qui permettent une détoxification; ces propriétés ont des conséquences importantes dans la décontamination des édifices {102}.

Les roridines A et E; les verrucarines B et J; les satratoxines F, G et H ainsi que les trichoverrols A et B sont les toxines qui seraient associées aux effets nocifs du Stachybotrys sur l’homme {425, 102}.

Des trichothécènes moins toxiques (non macrocycliques) ont aussi été rapportées, notamment le trichodermol et la trichodermine {995}.

Il est important de souligner que le Stachybotrys chartarum est l’espèce fongique la plus souvent associée aux trichothécènes {130}. En plus de ces mycotoxines, le Stachybotrys produit de la stachylysine, un agent protéiné hémolytique capable de lyser les érythrocytes de moutons {995, 816}.

Au cours d'une étude, 15 des 79 échantillons (19 %) de matériaux de construction, moisis à la suite d’un problème de dégâts d’eau, contenaient des quantités décelables de trichothécènes variant de 2,5 à 3 500 ng/g {16}. Il est cependant important de noter que les métabolites et les composés organiques volatils (COV) sont produits en moins grande concentration sur des matériaux de construction (comme les panneaux de gypse) que sur des milieux de culture synthétiques; cette différence est probablement liée à la valeur nutritive des substrats {596}.

Problèmes de santé

L’intérêt porté au Stachybotrys provient surtout de son potentiel toxique ayant pour résultat différentes mycotoxicoses; son rôle dans les cas d’hémosidérose et du syndrome des édifices malsains est controversé, mais les études cas-témoins, les rapports de cas et les études expérimentales ont suggéré une association possible entre ces maladies et l’exposition environnementale aux mycotoxines du Stachybotrys {1128, 2649, 893}. Quelques rapports publiés dans les années 1970 ont même émis l’hypothèse que des trichothécènes aérosolisées pourraient avoir été employées en tant qu’armes biologiques dans le Sud-Est asiatique.

On a observé la première fois la pathogénicité du Stachybotrys chez du bétail et des chevaux en Union soviétique, dans les années 1920. La stomatite, la rhinite, la conjonctivite et les désordres neurologiques se sont développés chez les animaux à la suite de l’ingestion de foin contaminé par la moisissure. Ce syndrome s’est plus tard appelé la stachybotrytoxicose. Des études animales ont été depuis entreprises pour démontrer les effets pathogènes des trichothécènes.

Irritation et inflammation

Des propriétés irritatives spécifiques associées au Stachybotrys ont été attribuées aux trichothécènes. Les satratoxines sont connues pour provoquer des réactions inflammatoires et pour modifier les concentrations alvéolaires en agent tensioactif. La satratoxine H est toxique par inhalation et est présente sur les spores fongiques {817}.

Des études expérimentales chez la souris ont démontré la présence d’inflammation intraalvéolaire, bronchiolaire et interstitielle grave après une exposition intranasale aux spores de Stachybotrys {811, 4273}.

Réactions allergiques

Les réactions allergiques et l’infection sont des mécanismes pathogènes peu importants dans la liste des problèmes de santé associés au Stachybotrys. Toutefois, certains auteurs ont associé des symptômes de rhinite et d’asthme à une exposition au Stachybotrys en milieu intérieur.

Plus de détails

Selon Vesper, le Stachybotrys chartarum est une moisissure trouvée de façon significative (p < 0,1) à des concentrations plus élevées dans les maisons des sujets asthmatiques que chez les sujets témoins {810}. Des expositions respiratoires à répétition à des extraits allergènes bruts de S. chartarum causent des réponses typiques des maladies associées aux allergies respiratoires, comme le démontrent des taux élevés d’IgE dans le sérum et le lavage bronchoalvéolaire. {102}. Cependant, des anticorps de type IgE dirigés contre le S. chartarum ont pu être trouvés aussi chez approximativement 10 % des sujets asymptomatiques.

Lors d'une étude, la présence d’IgE sériques propres aux espèces d’Aspergillus, de Cladosporium et au Stachybotrys chartarum s’est avérée être associée au syndrome des édifices malsains {917}.

Au cours d'une étude semblable, les sujets exposés à des environnements moisis, où le S. chartarum avait été identifié, présentaient des symptômes compatibles avec de l’asthme et une affection pulmonaire interstitielle {240}.

Composés et mécanismes allergènes

Il n’existe pas de fraction allergène purifiée qui soit répertoriée pour le Stachybotrys.

Pneumonite d'hypersensibilité

Aucune pneumonite d’hypersensibilité (HP) humaine confirmée étant associée au Stachybotrys n’a été rapportée. Dans certains cas, des sujets exposés à des environnements moisis où le S. chartarum avait été trouvé, ont signalé des problèmes respiratoires, certains compatibles avec la HP.

Plus de détails

Hodgson et al. ont décrit une maladie pulmonaire, compatible avec une HP, associée au milieu intérieur : cette maladie était apparue à la suite d’une exposition au Stachybotrys chartarum et à l’Aspergillus versicolor, deux moisissures apparaissant consécutivement à des problèmes d’humidité {240}. Un palais de justice et un bureau nouvellement construit, avaient connu des problèmes d’humidité (fuites par la fenestration et le toit et infiltrations dans l’enveloppe); les occupants ont éprouvé des symptômes de malaises généraux et certains symptômes compatibles avec de l’asthme ou avec une affection pulmonaire interstitielle. Plusieurs panneaux de plafond étaient visiblement couverts d’une moisissure noire qui a été plus tard identifiée comme étant du S. chartarum; on l’a trouvé dans chacun des échantillons d’air prélevés pendant la manipulation de livres. Dans ces échantillons d’air, ont été retrouvées des concentrations élevées deS. chartarum (104 à 107 ufc/m³).

Effets toxiques (mycotoxicoses)

Le Stachybotrys produit une multitude de toxines, entre autres, des satratoxines qui sont des mycotoxines de la famille des trichothécènes. Les trichothécènes, en général, sont des inhibiteurs efficaces de l’ADN, de l’ARN et de la synthèse de protéines. Ils modulent des réactions inflammatoires et diminuent ensuite les concentrations des surfactants alvéolaires (agents phospholipidiques tensioactifs).

Il a été constaté que l’exposition à ces toxines peut se produire par l’ingestion de nourriture contaminée ou, expérimentalement, par l’inhalation directe des spores {460, 423, 1363, 896, 890, 4273, 1404, 899, 196}. L’exposition aux trichothécènes peut produire une variété de conditions cliniques, y compris l’irritation de la peau, l’anorexie, les vomissements, la diarrhée, l’hémorragie, la convulsion et la mort.

En plus de ces mycotoxines, le Stachybotrys produit une hémolysine, la stachylysine, qui lyse expérimentalement les érythrocytes de moutons {883, 882, 885, 884}. L’existence de la stachylysine a été démontrée dans les spores de quelques souches.

Il a été démontré que l’inhalation des spores toxiques de S. chartarum peut entraîner l’absorption de trichothécènes {425}. On peut observer des symptômes respiratoires à la suite de l’inhalation, allant de symptômes bénins, telles la congestion, la toux et la rhinite, à une maladie réactive des voies aériennes et même à des syndromes plus graves, y compris la fibrose pulmonaire {102}.

Des individus soumis à une exposition chronique aux toxines produites par ce mycète rapportent des symptômes rappelant ceux du rhume ou de la grippe, des maux de gorge, de la diarrhée, des maux de tête, de la fatigue, des dermatites, une perte locale intermittente des cheveux et des malaises généralisés. L’inhalation des conidies peut également entraîner des changements pathologiques respiratoires ou des pneumomycotoxicoses {725}.

L’exposition au S. chartarum a été rapportée comme pouvant être neurotoxique pour l’homme, bien que la preuve n’ait pas encore été faite {130}. Les animaux recevant des injections de ces toxines ont montré les symptômes suivants : de la nécrose et des hémorragies dans le cerveau, le thymus, la rate, l’intestin, le poumon, le cœur, les ganglions lymphatiques, le foie et le rein {817}. Des études additionnelles seraient nécessaires pour vérifier si les humains exposés à des quantités suffisantes de ces mycotoxines développent un portrait clinique et pathologique compatible avec celui démontré chez le modèle animal.

Plus de détails

Les effets toxiques du Stachybotrys ont été étudiés la première fois après une manifestation de la maladie chez des chevaux au milieu des années 1930 en Ukraine. À cette époque, les données épidémiologiques ont suggéré l’hypothèse voulant que la manifestation ait été liée au fourrage moisi. Plus tard, l’identification de Stachybotrys dans la paille et l’exposition expérimentale menant à la même maladie ont confirmé l’identité d’une maladie maintenant connue sous le nom de stachybotryotoxicose. Peu après, une manifestation clinique semblable chez des ouvriers agricoles a été identifiée comme étant la stachybotryotoxicose humaine liée à l’exposition par inhalation de la moisissure présente sur de la paille d’orge.

Les ouvriers de ferme manipulant la paille ou le foin contaminé par le Stachybotrys appartiennent donc à une catégorie de travailleurs à risque de développer cette mycotoxicose humaine. Après une exposition au Stachybotrys, les symptômes principaux décrits sont l’irritation, principalement respiratoire et cutanée, aux sites de contact avec le matériel toxique {811}. Après un contact direct avec la moisissure, les manifestations primaires de la maladie peuvent apparaître sur la peau; la dermatite progressera en lésions avec exsudats qui couvriront d’une croûte la lésion nécrosante.

Lors de l'étude d’un bâtiment contaminé, les satratoxines G et H ont été identifiées à des concentrations de 2 à 5 ppm dans des panneaux moisis de plafond {240}. Cependant, les auteurs restent incertains quant à savoir si les toxines des différentes espèces de moisissures présentes pouvaient constituer la cause première des problèmes de santé éprouvés par les occupants.

Les trichothécènes sont, parmi les petites molécules toxiques, les inhibiteurs les plus efficaces de la synthèse des protéines et ont été associées à une diminution de la résistance aux infections.

Les espèces de Stachybotrys peuvent produire un agent immunosuppresseur, semblable à la cyclosporine, capable expérimentalement d’augmenter la survie de greffes de peau chez les rats {102}. Les données récentes sur la toxicologie des mycotoxines produites par le Stachybotrys démontrent que ce groupe de mycotoxines est capable de produire de l’immunosuppression et des réactions inflammatoires des systèmes gastro-intestinal et pulmonaire {2382}. Les rapports d’étude et les études cas-témoins ont suggéré une association possible entre ces pathologies et l’exposition environnementale aux mycotoxines de Stachybotrys, bien que ce rapport causal n’ait pas été fermement établi.

Bien que quelques trichothécènes soient potentiellement cancérogènes, jusqu’ici, les rapports des études animales sont demeurés contradictoires. Il n’y a aucune évidence scientifique pour soutenir des réclamations selon lesquelles les individus exposés au Stachybotrys courent le risque à long terme de développer un cancer {102}.

Infection et colonisation

Aucune infection humaine ou animale associée au Stachybotrys chartarum ou à toute autre espèce de Stachybotrys n’a été rapportée.

Facteur de virulence

Aucun facteur particulier de virulence n’a été rapporté pour le Stachybotrys chartarum.

Milieux particuliers

Infections nosocomiales

Aucune infection nosocomiale due au Stachybotrys n’a été rapportée.

Aucune éclosion nosocomiale due à une exposition au Stachybotrys spp. n’a été rapportée en milieu hospitalier.

Maladies professionnelles

Aucune manifestation particulière due à l’exposition en milieu de travail aux espèces de Stachybotrys n’a été rapportée ces dernières années. La seule manifestation publiée était celle de l’éclosion historique de stachybotrytoxicose chez les fermiers manipulant du foin contaminé en Union soviétique.

Plus de détails

En raison de ce risque particulier, les ouvriers agricoles manipulant de la paille ou du foin contaminé par le Stachybotrysappartiennent à une catégorie de travailleurs à risque pouvant développer des mycotoxicoses humaines. Lors de ce type d’exposition au Stachybotrys, les symptômes principaux décrits sont l’irritation respiratoire et cutanée, principalement au point de contact avec le matériel toxique {811}. Lors d’un contact direct de la moisissure avec la peau, les manifestations primaires de la maladie peuvent apparaître sur la peau; la dermatite progressera en lésions avec exsudats qui couvriront d’une croûte la lésion nécrosante.

Outils de diagnostic

Cultures

La culture des échantillons cliniques n’est pas justifiée étant donné qu’il n’y a aucune infection rapportée comme étant associée au Stachybotrys.

Histopathologie

L’examen histologique n’est pas justifié étant donné qu’il n’y a aucune infection rapportée comme étant associée auStachybotrys.

Immunodiagnostic

Même si certaines études ont démontré l’existence d’IgE ou d’IgG anti-Stachybotrys chez des sujets exposés symptomatiques, les épreuves sérologiques ne sont pas disponibles de routine; les allergènes de Stachybotrys ne font pas partie de la panoplie de base destinée aux épreuves par intradermoréaction.

Plus de détails

Un seul allergène, le GL10 - Stachybotrys atra, fait partie du programme américain de surveillance de la Federal Drug Administration (FDA) des États-Unis et du Biological Products Deviation Reporting. Non-Blood Product Codes (registre des substances biologiques fongiques recevant les rapports concernant la non-conformité de produits [traduction libre]) {3285}.

Épreuves immunodiagnostiques disponibles

Épreuve IgE IgG Antigènes Autre
Cuti-réactions N/D      
RAST-IgE Expérimental      
RAST-IgG   Expérimental    
ELISA-ELIFA        
Immunodiffusion        
Immunofluorescence        
Fixation du complément        
PCR        
Autre        

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Dernière modification: 

28 juillet 2016