Aureobasidium pullulans

Aureobasidium pullulans sur panneau de gypseAureobasidium pullulans sur boisAureobasidium pullulans sur panneau cartonnéAureobasidium pullulans sur gélose EMAureobasidium pullulans sur gélose RBAureobasidium pullulans - Microscopie (culture EM)

Introduction

Taxonomie

Règne Fungi Famille Dothioraceae
Phylum Ascomycota Genre Aureobasidium
Classe Dothideomycetes Espèce pullulans
Ordre Dothideales    

Le genre Aureobasidium inclut, selon les différents registres consultés, entre 14 {3318} et 26 espèces nommées {813, 816, 3971}. Parmi celles-ci, l’A. pullulans est la seule espèce bien connue {816}; il existe deux variétés bien documentées associées à la fois à l’environnement intérieur et aux problèmes de santé, soit l’A. pullulans var. pullulans et l’Apullulansvar. melanogenum {1056}. De plus, la base de données fongique de l’International Mycological Association (Association internationale de mycologie) compte six variétés d’A. pullulans {3971, 4041}.

La forme télémorphe de l’Aureobasidium pullulans est le Discosphaerina fulvida.

Écologie

L’Aureobasidium pullulans est une moisissure saprophyte ubiquitaire {1056} qui est généralement considérée comme contaminant environnemental {412, 816}. Il est un des mycètes les plus communs dans les zones tempérées avec de nombreuses mentions dans les îles Britanniques et aux États-Unis, mais il est également trouvé au Canada, en Alaska, en Antarctique, en Europe et en Russie.

C’est un genre omniprésent et cosmopolite trouvé dans le sol des forêts, en eau douce et à la surface des feuilles de différentes plantes aussi bien que sur des graines (blé), des céréales (orge, avoine) et certaines noix comme les pacanes {2225, 816, 1056, 2224}. On le trouve également comme agent de détérioration des fruits (poires, raisins et tomates) ou dans les jus de fruits {813, 1056}. Il a été associé à l’avarie des poires et des oranges pendant le stockage ou le transport de ces fruits.

A. pullulans a également été rapporté en tant qu’espèce dominante dans quelques étangs à poissons {2235}.

Plus de détails

L’Aureobasidium sp. est connu en tant qu’envahisseur primaire de plusieurs espèces de feuilles. Pendant l’été, les spores se déposent à la surface des feuilles sans en attaquer les cellules. En automne, quand les feuilles atteignent la sénescence, l’Aureobasidium commence le processus de décomposition de ces feuilles.

Aureobasidium pullulans se retrouve en suspension dans l’air des zones tempérées, où ses spores, de taille respirable, sont la plupart du temps émises à partir de plantes contaminées {2224}; ce mycète est également détecté dans des régions sans matière végétale abondante et même en Arctique {2224, 4041}.

Dans une étude entreprise dans la ville de Pasadena (Californie, États-Unis), on a démontré que des pics de concentrations de spores unicellulaires hyalines d’Aureobasidium se produisaient la nuit et pendant des périodes de précipitations; à ces moments-là, l’Aureobasidium constituait 90 % du décompte fongique {2224}. Dans cette étude, des fleurs, particulièrement du corymbia (un eucalyptus), se sont avérées être la source principale du mycète. En Californie rurale, la dispersion de l’A. pullulans coïncidait avec la période des récoltes de choux et de fraises {4034}.

Dans l’air extérieur des secteurs urbains de la Lituanie, les chercheurs ont conclu que A. pullulans était parmi les mycètes les plus abondants; avec une fréquence de 56,7 %, il était le cinquième mycète le plus souvent détecté {2226}.

Parce que ce mycète croît la plupart du temps sous forme de levures et que ses spores ne sont pas propulsées (libérées activement), l’Aureobasidium devient aéroporté seulement par la désagrégation mécanique du matériel contaminé ou par l’aspersion d’eau contaminée; il peut être dispersé par le vent une fois que les mycéliums sont desséchés. L’étude de la distribution saisonnière a montré une prédominance de l’Aureobasidium pullulans de juillet à novembre {2227}.

Exigences de croissance

Les espèces d’Aureobasidium se développent bien aux températures de 2 °C à 35 °C, avec une température optimale de 25 °C; quelques isolats pathogènes humains peuvent croître à une température plus élevée {1056}. Quelques espèces peuvent même se développer à des températures infraglaciaires {989, 4041}.

Les espèces d’Aureobasidium sont des colonisateurs tertiaires : A. pullulans exige des taux élevés d’humidité pour pouvoir germer et se développer, c’est-à-dire un Aw (eau disponible) de 0,89-0,90 à 25 °C {989, 3969}.

Activité de l’eau : Aw = 0,89-0,90 {3729}

Croissance sur matériaux de construction et en environnement intérieur

Aureobasidium pullulans exige des niveaux élevés d’eau disponible pour se développer; il croît généralement en milieu intérieur sur des surfaces qui sont continuellement humides, particulièrement dans les salles de bains et les cuisines ainsi que sur les rideaux de douche, le coulis des tuiles, les chambranles et les allèges des fenêtres ainsi que dans les bassins à condensation ou dans les réservoirs d’humidificateurs {2225, 2217, 1056}. Ce mycète peut croître sur les surfaces peintes intérieures et les endommager; cependant, dans certaines circonstances, avec une humidité relative constante d’au moins 75 %, A. pullulans peut même se développer sur la surface du matériel peint, probablement sans la détériorer {989}.

Plus de détails

Dans une maison rurale où vivaient deux enfants pour qui un diagnostic de pneumonite d’hypersensibilité (HP) avait été posé, quelques pièces se sont révélées fortement contaminées avec de l’Aureobasidium sp. : les concentrations intérieures atteignaient jusqu’à 659 ufc/m³, alors que les échantillons d’air extérieur contenaient 70 ufc/m³ {2216}. Dans cette étude, l’Aureobasidium arrivait au second rang, suivant seulement le Cladosporium dans sa prédominance dans l’air intérieur. La source du mycète était un sous-sol dont le sol était couvert par une bâche et des planches de bois et dans lequel il y avait de l’eau stagnante et une contamination étendue.

Une étude britannique a indiqué que les oreillers communs usagés contiennent une charge substantielle de plusieurs espèces de mycètes. Dans cette étude, l’Aureobasidium pullulans était présent dans six des dix oreillers étudiés; la concentration de ce mycète étant plus élevée dans les oreillers de plume (5 110 ufc/g) que dans ceux fabriqués de matière synthétique (1 926 ufc/g) {2223}.

Des concentrations élevées d’Aureobasidium ont également été détectées dans des dispositifs de climatisation d’automobiles à Atlanta {2288, 2224}.

Laboratoire

La manipulation des cultures de ce genre doit se faire en respectant
les précautions de laboratoire de base (niveau de biosécurité 2).

Morphologie macroscopique des colonies

Aureobasidium pullulans se développe de manière modérée ou rapide et vient à maturité en dedans de sept jours d’incubation, à la température ambiante. Sur gélose pomme de terre (PDA), le diamètre des colonies est de 1 à 3 cm, après une incubation de sept jours à 25 °C {816}.

Sur gélose à l’extrait de malt (MEA), à 24 °C, les colonies atteignent un diamètre de 4 cm en sept jours {1056}. Les colonies sont au début blanches, roses, crème pâle ou jaunes; elles sont moites, levuriformes, de texture mucoïde à pâteuse et luisante avec un aspect de cuir, mais à maturité, elles deviennent noires et veloutées {412, 816, 2242}.

Le mycélium aérien forme parfois une légère frange floconneuse {1056}. Le revers de la colonie devient souvent noir, du moins au centre de la colonie {412}; pour quelques souches, le revers peut être blanc, orange clair ou pêche {415, 4041}.

Morphologie microscopique

Quand la colonie est jeune, moite et levuriforme, les seules structures observées au microscope sont des cellules unicellulaires bourgeonnantes de levures (blastoconidies). Avec l’âge, apparaissent des hyphes septés (2-16 µm de diamètre); ils sont hyalins, lisses et à parois minces.

Dans des cultures plus vieilles, des hyphes brun foncé et à parois épaisses peuvent être formés; ces hyphes font généralement 2-10 µm de diamètre, mais peuvent être aussi épais que 15-20 µm. Les hyphes de certaines souches peuvent se différencier pour former de grandes chlamydospores (6 x 12 µm) brunes à parois épaisses. À maturité, des arthrospores à une ou deux cellules, à parois épaisses, peuvent également être produites {816}.

L’Aureobasidium n’a aucun conidiophore distinct. Les cellules conidiogènes sont intercalaires ou situées à l’apex des hyphes. Des conidies (4-6 µm x 2-3 µm) sont produites simultanément (synchrones), directement sur les filaments végétatifs, en groupes (ou touffes) ou sont situées le long des hyphes. Ces blastospores mesurent de 7-16 µm x 3,5 µm; elles peuvent alors à leur tour bourgeonner et donner naissance à de courtes chaînettes de spores de deux, trois ou quatre éléments.

Les conidies ou blastospores sont hyalines, à parois lisses, unicellulaires, ellipsoïdes, mais de forme variable, souvent avec un hile imprécis (cicatrice visible au moment du détachement des spores). De plus petites spores secondaires sont souvent produites. {814, 816, 2242, 1056}.

Cette moisissure est considérée comme un mycète dématiacé en raison de sa capacité de produire un pigment foncé, ressemblant à de la mélanine, qui s’accumule dans la paroi des cellules {2228, 2225}.

Métabolites spécifiques

Composés organiques (incluant les COV)

Le profil spécifique des métabolites et des composés organiques volatils microbiens (mCOV) de l’Aureobasidium croissant en milieu intérieur n’a pas été publié.

Cependant, l’Aureobasidium a plusieurs applications industrielles qui donnent un aperçu de certains des types de métabolites produits : une espèce, A. pullulans, produit le pullulan qui est un polysaccharide biodégradable transformé en fibres et utilisé pour emballer de la nourriture et certains produits pharmaceutiques. Différentes souches d’A. pullulanspeuvent produire de l’amylase, de la protéinase, de la lipase, de la cellulase, de la xylanase, de la mannanase, des transférases, du pullulan, du sidérophore et de la protéine unicellulaire; les gènes codant pour la fabrication de la protéinase, de la lipase, de la cellulase, de la xylanase et du sidérophore ont été clonés et caractérisés {4047}.

Mycotoxines

L’Aureobasidium n’est pas connu pour produire des mycotoxines {989, 813, 2224}.

Problèmes de santé

Irritation et inflammation

Aucune étude spécifique portant sur les propriétés irritatives ou inflammatoires de l’Aureobasidium n’a été publiée.

Réactions allergiques

Historiquement, les espèces d’Aureobasidium n’ont pas été considérées comme des agents allergènes importants; toutefois, les rapports récents ont associé la présence d’Aureobasidium, autant en milieu intérieur qu’extérieur, à la rhinite chez les enfants et à la rhinite, l’asthme et la sinusite chez les adultes {199, 3822}. Le pouvoir allergène de ce mycète a été confirmé par des méthodes in vivo (épreuves par cuti-réactions) et in vitro directes (analyses sérologiques), par des études épidémiologiques et par des tests de provocation bronchique {808, 1893, 2224}.

Plus de détails

Une enquête, menée dans le Midwest américain, portant sur 100 patients souffrant de rhinite allergique, a démontré la prédominance (20,5 %) de la sensibilisation à l’Aureobasidium (IgE) parmi les sujets allergiques {1464}. Une étude de prévalence de la sensibilisation, faite en Californie, a montré que parmi 94 patients allergiques d’un centre de traitement de l’asthme et des allergies, 17 % avaient des résultats de cuti-réactions positives contre des extraits d’A. pullulans{2224}; sur ces patients, 56 % présentaient des signes de bronchite ou d’asthme bronchique.

Une étude semblable, menée chez 105 patients asthmatiques de la Pologne, a trouvé que la sensibilisation àA. pullulans était associée à la gravité de l’asthme {1585}.

En outre, une étude épidémiologique portant sur des professeurs travaillant dans des bâtiments scolaires ayant subi des dommages par l’humidité, a établi une association entre la sinusite et des niveaux élevés d’IgG spécifiques antimoisissures pour l’A. pullulans {199}.

Composés et mécanismes allergènes

Les composantes spécifiques des allergènes de l’Aureobasidium pullulans n’ont pas été étudiées.

Pneumonite d'hypersensibilité

La pneumonite d’hypersensibilité (HP) à A. pullulans a été associée à une exposition au contaminant issu des humidificateurs et des systèmes de ventilation en milieu de travail et en milieu résidentiel {277, 2245, 2240} ou a été associée à des expositions dans des lieux très humides tels que les saunas (maladie dite du poumon du preneur de sauna) {813, 2224}.

Plus de détails

Aureobasidium pullulans est à l’origine de très rares cas de HP associés à des expositions résidentielles {4046}. Des cas de HP dus à une exposition résidentielle à l’A. pullulans ont été rapportés chez deux jeunes enfants de mêmes parents {2216}.

Dans un complexe industriel, les systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) ont servi à la fois de foyer à la croissance de l’A. pullulans et de véhicule à la transmission de ce mycète qui a été la cause d’au moins 115 cas de HP; de fait, un total de 152 employés avaient des précipitines anti-Aureobasidium pullulans {2240}.

Des cas de réactions immunes à IgG et des cas de HP du type poumon des humidificateurs ont été signalés au sein d’une imprimerie où 12 % des ouvriers ont eu des résultats positifs en ce qui concerne les épreuves d’anticorps anti-A. pullulans {277}.

Effets toxiques (mycotoxicoses)

Aucune mycotoxicose humaine ou animale associée à l’Aureobasidium n’a été rapportée.

Infection et colonisation

Les infections à Aureobasidium pullulans sont rares. Entre 1996 et 2003, seulement 23 cas cliniques d’infection ont été mentionnés dans la littérature scientifique {2225}. Bon nombre d’entre eux ont été associés à la présence de cathéters de dialyse péritonéale utilisés à demeure {2234} et à d’autres dispositifs médicaux.

Depuis, l’Aureobasidium a été rapporté comme agent étiologique rare de différentes phaeohyphomycoses {2228, 2225, 2221}. D’un point de vue clinique, on a rapporté que l’Aureobasidium cause une variété d’infections localisées, y compris des kératites {2221}, des pneumonies et des méningites {4016}, de même que d’autres mycoses cutanées {2225} et sous-cutanées opportunistes et des septicémies {2224}. Cependant, la pathogénicité de l’A. pullulans demeure limitée et les infections rares {816, 1819}.

A. pullulans peut également être cultivé à partir des sites colonisés tels que la peau, les cheveux, le dessous des ongles et la cavité nasale {814, 2217, 816, 1056}.

Plus de détails

Avant l’année 2000, seulement quelques cas cliniques d’infection à A. pullulans ont été rapportés dans la littérature. En effet, une revue de cas portant sur une période de 5 ans, période durant laquelle 556 hyphomycètes dématiacés ont été envoyés pour identification à un laboratoire central de mycologie, a trouvé que 75 isolats étaient des souches d’Aureobasidium sp.; seulement 7 de ces isolats (9 %) ont été considérés comme pouvant être l’agent pathogène en cause. Ces 7 isolats d’Aureobasidium ont été cultivés à partir d’échantillons cliniques de patients sur qui une dialyse péritonéale a été pratiquée {2225}. Des infections fongiques liées à la dialyse péritonéale sont également souvent associées à d’autres maladies sous-jacentes telles que le diabète {2234}.

La kératite provoquée par l’A. pullulans est très rare mondialement. Une étude a passé en revue 447 cas de kératites microbiennes présumées au Népal et a pu en confirmer seulement 3 comme étant causées par l’Aureobasidium {2221}. De même, une étude indienne passant en revue 730 cas d’infection de l’œil {4059} a pu démontrer qu’Aureobasidiumétait l’agent causal dans 1,6 % des ulcères fongiques cornéens.

Un cas unique peu commun de kératite à A. pullulans s’est produit un mois après une chirurgie dite « LASIK »; mais ce cas était probablement le résultat d’une auto-infection vraisemblablement liée à la contamination de l’œil par l’ongle de la patiente {2217}.

Des cas d’infection envahissante ou de septicémie à Aureobasidium pullulans ont été rapportés chez des patients immunocompromis {2224}, chez des cancéreux {2237, 2242}, chez des patients gravement traumatisés {2228} ou chez des receveurs d’organes {2231}. Un cas mortel de fongémie à A. pullulans, accompagnée d’une infection envahissante, a été rapporté chez un enfant en bas âge (4 mois) {2225}.

L’Aureobasidium mansoni a été rapporté comme étant l’agent d’un cas de méningite nosocomiale chez un patient pédiatrique {4016}.

Facteur de virulence

Aucun facteur particulier de virulence n’a été rapporté.

Milieux particuliers

Infections nosocomiales

Bien que les sujets immunocompromis courent un plus grand risque de développer des infections fongiques opportunistes, le risque pour ces patients suivant une exposition à des concentrations élevées de spores aéroportées d’Aureobasidiumn’est pas connu {2224}.

De rares infections nosocomiales à Aureobasidium ont été rapportées, la plupart du temps transmises de façon iatrogène. Un cas de méningite pédiatrique nosocomiale à Aureobasidium mansoni a été décrit {4016}.

Plus de détails

En raison de l’affinité d’A. pullulans pour quelques dispositifs médicaux, les patients en dialyse péritonéale continue courent un plus grand risque de développer une infection nosocomiale provoquée par ce mycète {2225, 2232, 1819}. Ces infections fongiques liées à la dialyse péritonéale sont souvent compliquées par d’autres maladies sous-jacentes telles que le diabète {2234}.

En milieu hospitalier, A. pullulans a démontré une affinité pour les matériaux synthétiques et les dispositifs chirurgicalement implantés; ce fait a été confirmé par l’isolement relativement fréquent de ce microorganisme à partir de cathéters péritonéaux, de dialyse et de cathéters de voies veineuses centrales. D’ailleurs, il est difficile de supprimer l’Aureobasidium avec les procédures standard de désinfection {2225}.

Maladies professionnelles

Aucune infection professionnelle à proprement parler, due à Aureobasidium, n’a été rapportée.

Aucune éclosion due à l’exposition aux espèces d’Aureobasidium n’a été rapportée, associée à une exposition propre à un métier particulier, excepté possiblement la pneumonite d’hypersensibilité (HP) diagnostiquée chez des ouvriers chargés de la transformation du bois {4013}. Par ailleurs, des cas de HP, liés aux systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) contaminés, ont été rapportés en milieu de travail {277, 2240}.

Plus de détails

Dans un complexe industriel, les systèmes de CVC ont servi à la fois de foyer à la croissance de l’A. pullulans et de véhicule à la transmission de ce mycète qui a été la cause d’au moins 115 cas de HP; de fait, un total de 152 employés avaient des précipitines anti-Aureobasidium pullulans {2240}.

Des cas de réactions immunes à IgG et la HP du type poumon des humidificateurs ont été signalés au sein d’une imprimerie où 12 % des ouvriers ont eu des résultats positifs en ce qui concerne les épreuves d’anticorps anti-A. pullulans {277}.

Outils de diagnostic

Cultures

Un certain nombre de mycètes de faible virulence, tels que l’A. pullulans, sont souvent considérés comme des contaminants lorsqu’ils sont isolés d’hôtes sains; donc, lorsque l’Aureobasidium est isolé à partir de spécimens cliniques, il est généralement considéré comme un contaminant, à moins qu’il ne s’agisse d’un contexte clinique particulier {2228}. Ainsi, l’isolement d’Aureobasidium dans un spécimen clinique exige une évaluation prudente.

Plus de détails

Il faut noter que A. pullulans a été trouvé dans les sécrétions nasales aussi bien chez des personnes en bonne santé que chez des patients souffrant de rhinosinusite chronique; sa prévalence était cependant de 5,2 %, ce qui est bien moins que les espèces d’Aspergillus et de Penicillium, toutes les deux totalisant 40 % des mycètes identifiés {2227}.

Histopathologie

À l’examen histopathologique, dans des sections de tissus infectés par l’Aureobasidium colorées à l’hématoxyline-éosine (H & E), on peut observer, comme pour les autres agents de phaehyphomycoses, des hyphes courts, septés, à paroi foncée. Si la production de pigments n’est pas évidente, l’utilisation de la coloration argentique de Fontana-Masson peut être utile {4080}.

Immunodiagnostic

Les extraits allergènes d’Aureobasidium pullulans sont disponibles commercialement, et les épreuves spécifiques peuvent être utiles dans le diagnostic de la sensibilisation à l’Aureobasidium {808}. Les extraits allergènes sont disponibles aussi bien pour les tests in vitro (RAST) que pour les tests in vivo (essai intradermique) {4073, 3284, 417, 581}.

Les extraits d’antigènes d’Aureobasidium pullulans sont disponibles commercialement pour les épreuves in vitro de mise en évidence des IgG spécifiques, et ces épreuves peuvent être utiles dans le diagnostic de la pneumonite à Aureobasidium.

Plus de détails

Aucun allergène ou antigène d’Aureobasidium ne fait partie du programme américain de surveillance de la Federal Drug Administration (FDA) des États-Unis et du Biological Products Deviation Reporting. Non-Blood Product Codes (registre des substances biologiques fongiques recevant les rapports concernant la non-conformité de produits [traduction libre]) {3285}.

Il est important de noter que, puisque l’Aureobasidium pullulans a été considéré longtemps comme un allergène peu important, ses extraits ne sont pas normalement inclus dans les trousses de dépistage d’allergies. Toutefois, les résultats des quelques études cliniques ou épidémiologiques, qui ont ajouté Aureobasidium à leur panel de dépistage de sensibilisation, réaffirment la prévalence des réactions à ce mycète; ces mêmes résultats indiquent l’importance d’ajouter ce mycète aux panels d’allergènes de base {4058, 1814}.

Il en va de même des maladies dues à des réactions immunes à IgG : quelques cas de pneumonite d’hypersensibilité (HP) ont été attribués à l’Aureobasidium {2758, 2224}. L’utilisation des extraits d’antigènes pourrait contribuer au diagnostic de certains problèmes respiratoires sous-diagnostiqués.

Épreuves immunodiagnostiques disponibles

Épreuve IgE IgG Antigènes Autre
Cuti-réactions X      
RAST-IgE X      
RAST-IgG   Expérimental    
ELISA-ELIFA        
Immunodiffusion        
Immunofluorescence        
Fixation du complément        
PCR        
Autre        

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Dernière modification: 

28 juillet 2016