Résultats rapportés et interprétation

Résultats rapportés

Les résultats obtenus se présentent généralement sous forme d’images captées par l’appareil illustrant les différences de température observées (dans un spectre de couleur allant du bleu [plus froid] au rouge [plus chaud]), accompagnées de photos régulières du même endroit, à titre de comparaison (40). Les zones présumées humides devraient aussi être accompagnées de mesures de la moiteur.

Interprétation

  • Les irrégularités thermiques correspondent à des variations de température sur les surfaces (ex. : mur intérieur ou extérieur, plafond, etc.) (36,41), qui ne devraient pas être systématiquement associées à un problème de moiteur ou de contamination fongique.

Les irrégularités thermiques observées peuvent être causées par un problème d’humidité à l’intérieur des structures et ainsi révéler un problème potentiel de moiteur pouvant conduire à une contamination fongique (36,41). Elles peuvent également être causées par d’autres types de problèmes, notamment des défauts d’isolation (qui peuvent causer des ponts thermiques) ou des infiltrations d’air dans les composants de l’enveloppe extérieure (36,41). Ces conditions peuvent entraîner de la condensation sur les surfaces (en raison du contact de l’air chaud humide avec une surface froide) et, éventuellement, des problèmes de contamination fongique.

Les irrégularités thermiques peuvent aussi être occasionnées par d’autres phénomènes qui ne sont pas liés à un problème de moiteur, par exemple, l’eau froide qui circule dans les tuyaux ou, encore, l’air refroidit projeté par un climatiseur sur la surface (36). Les irrégularités thermiques provoquées par une infiltration d’eau ou une zone de moiteur sont cependant habituellement caractéristiques; une personne bien formée est généralement en mesure de les distinguer par rapport à d’autres types de problèmes. Néanmoins, la détection d’irrégularités thermiques signifie la présence de zones suspectes qui devront être investiguées plus en profondeur, à l’aide d’autres mesures complémentaires (ex. : mesures de la moiteur) ou d’une inspection intrusive pour évaluer si elles sont contaminées par les moisissures ou si elles présentent un problème d’humidité excessive.

  • En raison des nombreux paramètres à considérer ainsi que des différents facteurs pouvant influencer les irrégularités observées, l’interprétation des données issues de la thermographie infrarouge doit être effectuée par un expert qualifié.

Plusieurs facteurs peuvent influencer les lectures, notamment la température ambiante, la vitesse des vents, la pluie, l’ensoleillement, les propriétés de rayonnement des matériaux, la distance de la prise de mesure par rapport au bâtiment, etc. (42). Une formation appropriée ainsi que de bonnes connaissances sur les principes associés à cette technologie (ex. : principe de transfert de la chaleur, capacité à discriminer une zone humide par rapport à d’autres types de problèmes, etc.) et les divers paramètres qui peuvent influencer les résultats sont tributaires de l’utilisation de l’appareil et de l’interprétation des résultats qui en découlent (36,40–42). Il existe à cet égard une certification pour l’utilisation de la thermographie infrarouge (ex. : certification selon le processus de l’American Society for Nondestructive Testing [ASNT]) (42).

  • L’absence d’irrégularités thermiques lors de l’inspection des lieux n’exclut pas la présence d’un problème de contamination fongique. Il demeure donc important d’interpréter les résultats de mesure des irrégularités thermiques en considérant l’ensemble des informations disponibles.

À l’instar des mesures de moiteur, les résultats peuvent conduire à de faux négatifs si, par exemple, une contamination fongique cachée est présente à l’intérieur des structures et que les matériaux examinés ne sont plus humides ou mouillés (13).

Résumé des informations à vérifier

En accompagnement des résultats de mesures des irrégularités thermiques, certaines informations devraient être indiquées dans le rapport et peuvent être vérifiées afin d’assurer une interprétation adéquate, en particulier :

  •  
  • les résultats des mesures complémentaires (ex. : mesures de la moiteur) si des anomalies ont été détectées (afin de s’assurer que celles-ci sont bien associées à un problème d’humidité excessive [36]);
  • les conditions météorologiques extérieures (ex. : température extérieure, précipitations, ensoleillement, vitesse des vents, etc.) (41);
  • l’usage et l’interprétation de la thermographie infrarouge, effectués par un expert qualifié détenant une formation pertinente (42).

La page Web Thermographie – Analyse thermographique infrarouge (IR) fournit quelques informations additionnelles sur le champ d’application de la thermographie infrarouge et sur la certification disponible (Gouvernement du Canada, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada).

L’annexe 4 présente, sous forme de grille, les sections et contenu types d’un rapport d’investigation de la contamination fongique d’un bâtiment. Les informations générales qu’il devrait contenir sont exposées section par section, c’est-à-dire : contexte, objectifs, méthodologie (en particulier lorsque des appareils sont utilisés), résultats et interprétation (notamment les informations qui devraient figurer dans la légende accompagnant les photographies), recommandations et conclusions, références.