Portrait des ITSS et vigie rehaussée de la LGV

Au cours de la semaine dernière, le « Portrait des ITSS au Québec : année 2016 (et projections 2017) » a été diffusé par l’INSPQ.

On y remarque que :

  • L’infection à Chlamydia trachomatis demeure la plus fréquente des ITS à déclaration obligatoire. Elle touche particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans. Son incidence augmente de manière constante.

  • Le taux d’incidence de cas déclarés d’infection gonococcique a plus que doublé entre 2012 et 2016, et cette hausse s’est accentuée en 2016 et en 2017 chez les hommes. Cette hausse rapide semble expliquée en partie par la détection des infections extragénitales et la sensibilité des tests.

  • L’épidémie de syphilis infectieuse touche maintenant la plupart des régions du Québec. Une éclosion est d’ailleurs en cours au Nunavik depuis 2017. La hausse touche principalement les hommes, mais une augmentation est observée chez les femmes en 2017. On rapporte trois cas de syphilis congénitale en 2016 et au moins un en 2017.

  • Une recrudescence de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) est observée depuis 2013 et touche presque exclusivement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

  • Le taux de cas déclarés d’hépatite B est plutôt stable depuis 2011, ce qui justifie de poursuivre les efforts pour augmenter la couverture du programme universel de vaccination en milieu scolaire et pour promouvoir la vaccination auprès des groupes de personnes davantage à risque.

  • Environ 1000 cas d’hépatite C ont été déclarés en 2016.

  • Le nombre annuel de nouveaux diagnostics de VIH tend à diminuer légèrement depuis quelques années. Le rapport annuel 2016 du Programme de surveillance de l’infection par le VIH au Québec a également été diffusé la semaine dernière.

Connaître les dernières données de vigie et de surveillance des ITSS au Québec permet au niveau régional et national de voir les tendances, les changements, les nouveautés. Les régions y retrouvent quelques spécificités régionales en plus du portrait national.

Enfin, ces données servent à ajuster et consolider les actions et la mobilisation pour mieux joindre, dépister, détecter et traiter les ITSS, par exemple en augmentant la promotion du dépistage ou d’interventions préventives auprès de certains groupes vulnérables ou pour certaines ITSS. Dans certaines régions, ces changements sont requis à la suite d’éclosion ou du changement dans la répartition des cas dans la province. Ces données permettent également au niveau national d’ajuster au besoin les recommandations de dépistage, par exemple l’ajustement des stratégies et interventions concernant la LGV.

Consultez le Portait des ITSS au Québec : année 2016 (et projections 2017) pour plus d’information.

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Le rapport annuel de vigie rehaussée sur la LGV vient tout juste d’être diffusé par le MSSS. Ce rapport présente les données recueillies au Québec sur la LGV du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2016 avec quelques constats préliminaires pour l’année 2017.

Principaux constats concernant les cas déclarés depuis 2013, vous retrouverez dans ce document les informations suivantes :

  • L’analyse confirme que l’éclosion touche toujours essentiellement des HARSAH dont la majorité vit avec le VIH

  • Il y a une progression du nombre de cas hors de la région de Montréal

  • Une proportion plus élevée de cas asymptomatiques est rapportée

  • Une augmentation de la proportion de cas qui consomme des drogues est également rapportée

Consultez le document Lymphogranulomatose vénérienne Québec, 1er janvier 2005 au 31 décembre 2016 pour en apprendre davantage sur les analyses de la vigie rehaussée de cette infection au Québec.

La vigie se poursuit pour les cas déclarés de LGV. Dans le cadre de cette vigie, nous vous rappelons qu'une enquête épidémiologique doit être réalisée à la suite d’une déclaration de LGV et que le formulaire d’enquête dépersonnalisé doit être transmis à la Direction de la vigie sanitaire (DVS) du MSSS.

Un webinaire sera offert à l'ensemble des régions pour présenter les principaux constats de ce rapport, présenter le nouveau questionnaire LGV, répondre au besoin aux questions de clarification et enfin présenter l'outil clinique. Ce webinaire aura lieu le 18 janvier prochain.

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Rédigée par : 

Geneviève Boily – Espace ITSS

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