Guides de pratique pour les analyses de laboratoire en lien avec les ITSS

Mycoplasma genitalium

Mycoplasma genitalium est une bactérie causant une infection transmissible sexuellement (ITS). Cette ITS est de plus en plus fréquemment détectée à l’échelle mondiale, mais sa prévalence au Québec et ses caractéristiques épidémiologiques sont inconnues. Une proportion non négligeable des cas sont asymptomatiques; lorsque des symptômes sont présents, ceux-ci sont variables et non spécifiques, causant des manifestations cliniques similaires aux infections à Chlamydia trachomatis et à Neisseria gonorrhoeae. Il s’agit d’un microorganisme avec un taux élevé de résistance aux macrolides et une résistance émergente aux fluoroquinolones, ce qui suscite de l’inquiétude.

L’INSPQ présente donc ce nouveau numéro de la série « Guides de pratique pour les analyses de laboratoire en lien avec les ITSS », portant sur les analyses de laboratoire pour le diagnostic des infections génitales à M. genitalium. Il est accompagné d’un sommaire d’une page recto verso résumant les principaux constats, les recommandations à retenir pour effectuer les prélèvements et des liens vers le site de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC) pour la prise en charge et les tests de résistance.

Ce guide présente l’épidémiologie et son importance clinique, les syndromes ainsi que les techniques de détection de M. genitalium. Il décrit les étapes conduisant à un prélèvement de qualité, et décrit les principes et procédures des tests d’amplification des acides nucléiques (TAAN). Ce guide souligne également les enjeux en lien avec la résistance de cette bactérie aux macrolides et aux fluoroquinolones, et décrit les épreuves de détection de cette résistance.

L’infection symptomatique peut être associée à une cervicite ainsi qu’à ses complications chez la femme, telle que l’atteinte inflammatoire pelvienne (AIP) et à des issues défavorables lors de grossesse (par exemple, avortement spontané et travail préterme), en plus d’être un facteur de risque de transmission accrue du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Chez l’homme, elle peut être associée à une urétrite. Un diagnostic adéquat demeure important pour instaurer un traitement approprié compte tenu de la résistance de M. genitalium à l’antibiothérapie syndromique empirique actuellement recommandée, ciblant les infections à C. trachomatis et N. gonorrhoeae. M. genitalium devrait être recherché uniquement chez certaines personnes symptomatiques (le dépistage n’est pas recommandé); les critères qui justifient de rechercher M. genitalium (tel que précisés dans le guide et le sommaire), sont :

  • En présence d’un syndrome compatible avec une ITS (urétrite, cervicite, orchiépididymite ou AIP), ET
  • Lorsque la recherche de C. trachomatis et de N. gonorrhoeae s’avère négative, ET
  • En l’absence de réponse au traitement syndromique recommandé.

Ce guide de pratique n’aborde pas la prise en charge des infections. Les cliniciens peuvent consulter le nouveau chapitre des Lignes directrices canadiennes sur les ITS (LDC-ITS) de l’ASPC, paru le 4 juillet 2018, portant spécifiquement sur les infections à M. genitalium, incluant le traitement et la prise en charge des partenaires (LDC-ITSS M. genitalium).

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Rédigée par : 

Annick Trudelle - Unité ITSS

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