22es Journées annuelles de santé publique

Plusieurs affiches pertinentes sur les ITSS

Les 22es Journées annuelles de santé publique (JASP) ont eu lieu les 4 et 5 décembre 2018 à l’Hôtel Bonaventure de Montréal. Elles se sont déroulées sous le thème Dessiner Demain, en référence au rôle des acteurs de santé publique et leurs partenaires qui s’efforcent à travers leurs travaux et leurs réflexions d’avoir un impact positif sur l’avenir de la société.

Dans le cadre de ces journées, plusieurs équipes de santé publique ont présenté des affiches sur leurs travaux dans les domaines de surveillance, de recherche, d’évaluation de programme, d’intervention, de projet novateur ou de transfert de connaissances. Le cahier des abrégés des communications affichées est disponible sur le site des JASP : Télécharger le cahier des abrégés des communications affichées. Les affiches elles-mêmes sont également disponibles cette année, en cliquant sur le titre de chaque affiche à partir du lien suivant.

Nous attirons votre attention sur 4 affiches concernant des travaux dans le domaine des ITSS. Nous vous invitons à consulter l’abrégé de ces affiches ou les affiche elles-mêmes en cliquant sur les titres.

Surveillance sentinelle des infections gonococciques, de l’antibiorésistance et des échecs de traitement au Québec : résultats et défis

Defay F, Venne S, Labbé AC, Lambert G, Lefebvre B, Trudelle A, Blouin K.

Une manchette sera proposée plus spécifiquement sur ce contenu, nous ajouterons le lien ici aussi.

Nouvelles recommandations pour la vaccination contre les VPH au Québec : pourquoi et comment ?
Sauvageau C, Gilca V, Trudeau G, Landry M, Mayrand MH.

Les recommandations ont récemment changées concernant la vaccination contre les VPH au Québec. Cette affiche vise à informer les professionnels de la santé sur les approches et les moyens utilisés par le Comité sur l’Immunisation du Québec (CIQ) pour la prise de décisions concernant le calendrier de vaccination contre les VPH. Les démarches mises en place ont été les suivantes : depuis 2014, deux revues de la littérature ont été effectuées ; des études cliniques sur des calendriers mixtes ont été menées ; les enjeux économiques, de faisabilité, d’acceptabilité et de conformité ont été analysés et discutés au CIQ pour une publication en 2018. Les résultats de ces démarches sont présentées en détail dans l’affiche.

Le calendrier mixte proposé maintenant permet :

• une meilleure réponse immunitaire contre les types de virus les plus cancérogènes tout en assurant une bonne immunité contre les autres 7 types de VPH inclus au vaccin nonavalent.

• de diminuer le coût du programme et ainsi d’offrir la vaccination à des cohortes additionnelles de garçons.

• de ne pas être en situation de monopole d’un seul manufacturier et ainsi limiter les impacts négatifs en cas de pénurie de vaccins.

Les auteurs soulignent que l’évaluation de différents calendriers de vaccination sans l’implication des compagnies privées demande des efforts importants, mais peut permettre l’optimisation et une plus grande étendue des programmes publics. La dose du vaccin bivalent qui suit la dose du vaccin nonavalent est considérée comme un filet de sécurité, puisqu’une seule dose de vaccin semble déjà procurer des bénéfices importants.

 

Chemsex : une réponse concertée à une problématique émergente dans le domaine de la prévention du VIH et des autres ITSS
Hamel N, Girard G, Mercure SA.

L’affiche présentée aux JASP proposait un visuel simplifié et très graphique de la démarche, mais le résumé soumis détaille un peu plus le contexte et les retombées du projet :

Contexte et description : À Montréal, les deux tiers des nouveaux diagnostics de VIH concernent des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Cette population fait face à de multiples facteurs de vulnérabilités (biologiques, sociales) déjà connus et documentés. Ces dernières années, certaines pratiques de consommation de drogues en contexte sexuel ont attiré l’attention des organismes communautaires, des soignants et des acteurs de la santé publique. Ce phénomène est connu sous l’appellation « chemsex », un terme anglais qui décrit l’utilisation de drogues, particulièrement le crystal meth, le GHB et la kétamine, dans le but d’amplifier la sexualité de la personne qui les consomme en termes de durée (plusieurs heures, voire quelques jours) et d’intensité (types de pratiques visant à repousser des limites, nombre de partenaires souvent augmenté).
La consommation de substances psychoactives dans un contexte sexuel ne date pas d’hier. Toutefois, deux enjeux suscitent une préoccupation particulière : 1) le crystal meth est une drogue qui a le potentiel de causer rapidement une dépendance et dont la consommation soutenue peut avoir des conséquences sociales, psychologiques et physiques importantes ; 2) la pratique plus fréquente de l’injection dans une population peu familière avec les techniques d’injection à risques réduits.

Résultats et retombées : À l’automne 2017, le Comité HARSAH de la Direction de Santé Publique de Montréal (DSPub) a pris l’initiative de mettre en place un groupe de travail multipartite (intervenants communautaires, conseiller en dépendance, médecin, travailleur social, gestionnaire, infirmier, chercheur et intervenant-pair) qui s’est vu confier trois mandats :

  1. développer une formation de base sur le chemsex. Elle sera offerte aux intervenants de 1ère ligne dès l’hiver 2019. Cette formation outillera les intervenants à offrir une intervention brève et, au besoin, référer vers des services appropriés.
  2. émettre des recommandations quant au matériel de prévention pour le crystal meth : «Selon les données recueillies par une recherche réalisée à Montréal (Meth@morphose) et par des cliniques spécialisées, jusqu’à 22 % de personnes pratiquant le chemsex auraient eu recours à l’injection comme mode consommation. Ce groupe d’injecteurs ne se considère pas « UDI » et nomme d’ailleurs cette pratique d’injection sous le terme « slam ». Cette particularité a amené le groupe de travail à réfléchir à la composition d’une trousse destinée spécifiquement aux « slammeurs ». À la suite d’entretiens semi-dirigés auprès de « slammeurs » pour valider le contenu de la trousse et explorer les modes de distribution les plus adaptés, la nécessité de revoir l’information sur l’utilisation adéquate du matériel de prévention a été mise en lumière. Un nouvel outil d’information sera donc développé pour accompagner les trousses à « slam ». Enfin, dans le but de réduire le passage à l’injection, des pipes à crystal meth seront financées par la DSPub afin que les organismes qui desservent cette population puissent les distribuer gratuitement pour accompagner leurs interventions.»
  3. soutenir l’évaluation de différentes interventions mises en place  récemment et donc non encore évaluées; comme par exemple les ateliers offerts par l’organisme ACCM ainsi que les formations créées par le comité.

 

Éducation à la sexualité en milieu scolaire : point de vue des jeunes sur les approches pédagogiques à privilégier
Descheneaux J, Pagé G, Piazzesi C, Pirotte M, FQPN.

Faisant suite à l’implantation du nouveau curriculum d’éducation à la sexualité (ÉS) au Québec de façon obligatoire dans les écoles primaires et secondaires depuis l’automne 2018, cette étude vise à réaliser une synthèse des connaissances sur les besoins exprimés par les jeunes en termes d’éducation sexuelle positive, inclusive et émancipatrice.

Les résultats de la méta-analyse démontrent que les jeunes ont des points de vue consensuels, complémentaires ou contradictoires selon les modalités d’intervention.
1) Il existe un consensus sur la nécessité d’avoir de cours en éducation à la sexualité à l’école et que ces cours soient plus fréquents ; également, la majorité souhaite que les apprentissages débutent plus tôt.
2) Concernant le ou la pédagogue en éducation à la sexualité, tout le corps professoral devrait être formé sur les enjeux de genre et des sexualités et l’attitude à adopter devrait miser sur l’ouverture, l’égalité, la proactivité, le plaisir et la passion pour son travail. D’autres éléments ne font pas consensus : la profession d’origine (personnel enseignant vs spécialiste), l’âge (des jeunes vs des adultes qui ont davantage tendance à préserver la confidentialité), ou la culture et le genre (même culture/genre que soi ou non).
3) Une approche pédagogique qui évite les cours magistraux, intègre une diversité d’activités interactives et qui laissent place à la réflexion personnelle sont de besoins exprimés (ex : démonstrations en classe, jeux, images ou matériels visuels, suggestion de lectures, etc.).
4) Il y a consensus quant à la création d’espace inclusif et sécuritaire, mais les jeunes ne s’entendent pas sur les modalités à privilégier concernant la mixité ou la non-mixité de la classe.

Des modalités d’intervention diversifiés et complémentaires afin de rejoindre une pluralité de jeunes sont à privilégier afin d’accroître la portée des interventions et de penser l’inclusion de tous et toutes.

 

Enfin 2 affiches étaient présentées, sans être directement en lien avec les infections transmissibles sexuellement et par le sang. Comme nous partageons régulièrement des travaux en lien avec les opioïdes, du fait de leur présence importante dans les communautés les plus vulnérables aux ITSS, voici également deux liens qui pourraient vous intéresser ou vous inspirer :

Réduction des méfaits : la loi du bon samaritain pour accroître les appels au 911 lors des surdoses d’opioïdes
Azuelos C, Bourbonnais C, Brassard S, Coderre A, Nour K, Loslier J, Lanthier-Veilleux M, Dao HH.

Étude sur l’offre de service et besoins des pharmacies CAMI montérégiennes dans la crise des opioïdes
Dubois J, Fournier C, Lemire M, Panneton I, Kadaoui N.

Rédigée par : 

Fannie DEFAY - Espace ITSS

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