Dépistage rapide du VIH dans les centres de détention de l'île de Montréal : constats éclairants

Une grande majorité (93 %) des personnes incarcérées dans l’un des trois centres de détention de l’île de Montréal à qui il fut proposé de choisir entre un test de dépistage standard du VIH et un test de dépistage rapide (TDR) ont opté pour ce dernier. Ces personnes dépistées par un TDR se sont dites par ailleurs aussi satisfaites que les personnes ayant choisi le test standard.

Une étude menée par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal sous la direction du Dr Gilles Lambert, chercheur principal, nous apprend que l’offre de dépistage rapide du VIH dans ces centres de détention de compétence provinciale est apparue réaliste. Le personnel infirmier a aisément développé un counseling adapté au TDR permettant de mesurer l’aptitude d’une personne à recevoir son résultat sur-le-champ. Ce personnel infirmier a également pu exécuter le test et en interpréter les résultats sans difficulté.

L’utilisation des TDR a permis d’accroître la proportion des personnes testées recevant leur résultat et le recevant rapidement. Elle n’a pas entraîné de gain sur la durée de l’interaction entre l’infirmière et l’usager, ce qui aurait pu libérer des ressources et augmenter le nombre de personnes ayant accès au service de dépistage. Par ailleurs, considérant le faible taux de positivité observée avec la TDR (0,3 %), l’offre des tests de dépistage rapide auprès des seuls UDI et HARSAH permettrait d’accroître les bénéfices de celle-ci.

Fait à noter, cette étude décrit pour la première fois le profil de risque des personnes incarcérées dans les centres de détention de compétence provinciale et ayant demandé un test de dépistage des ITSS. On y apprend, par exemple, que 20 % des personnes ayant demandé un tel test avaient déjà consommé des drogues par injection au moins une fois dans leur vie et que près de la moitié d’entre elles avaient partagé une seringue. On sait aussi que 6,6 % des hommes dépistés étaient des HARSAH et que 14 % des hommes étaient originaires de pays où le VIH est endémique (la communauté caribéenne et celle de l’Afrique subsaharienne).

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Espace ITSS

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