Enquête épidémiologique sur la situation de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) au Québec

Données 2013-2019

Les cas déclarés de LGV étaient rares au Québec avant 2005, année où une première émergence a eu lieu (25 cas en 2005, 44 cas en 2006). Elle a été suivie d'une période de faible endémicité entre 2007 et 2012 (2 à 13 cas par année). Depuis 2013, le nombre de cas déclarés de LGV a augmenté de façon importante.

Le 4 janvier dernier, l’« Enquête épidémiologique sur la situation de la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) au Québec, données 2013-2019 » a été diffusée par l’INSPQ.

Le présent rapport vise à décrire l’évolution de la résurgence de la LGV observée au Québec, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2019. Les résultats présentés permettent de soutenir la prise de décision, notamment pour l’adaptation des interventions de santé publique et des recommandations cliniques.

En voici quelques faits saillants :

  • La LGV touche presque exclusivement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) (99 % de l’ensemble des cas déclarés) et de façon exceptionnelle, les femmes et la population hétérosexuelle ;
  • Le réseau sexuel des personnes atteintes de LGV s’élargit et touche de plus en plus de personnes séronégatives au VIH. L’accès au traitement et à la PPrE est important en épidémie de LGV ;
  • Peu de cas sont identifiés comme des contacts de cas connus de LGV ou d’une autre ITSS. Les Interventions préventives auprès des personnes atteintes d’une ITSS et de leurs partenaires sexuels (IPPAP) nécessitent des améliorations ;
  • La proportion de cas de LGV avec réinfections potentielles est très élevée. Comparativement aux cas de LGV avec épisode unique, les réinfections potentielles rapportent exclusivement des partenaires sexuels masculins, plus souvent des antécédents de VIH et la rencontre de partenaires sexuels en sauna, ainsi que la consommation de drogues ;
  • Le dépistage régulier de l’infection rectale à Chlamydia trachomatis chez les HARSAH présentant des facteurs de risque de manière continue ou répétée, comme recommandé par le Guide québécois de dépistage des ITSS, demeure une priorité pour le contrôle de l’épidémie de LGV ;
  • Pour le dépistage, il est important de prélever tous les sites anatomiques exposés (génitaux ou anaux, sans le pharynx si la recherche de Neisseria gonorrhoeae n’est pas indiquée) ;
  • Il y a une bonne adhésion aux recommandations de traitements, mais une diminution est observée en 2019 comparativement à 2018 (95 % vs 87 %). Des activités d’antibio-gouvernance régulières doivent être maintenues.

Les résultats complets et plus détaillés sont disponibles dans le rapport et sa présentation d’accompagnement.

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