Transmission sexuelle du virus Zika

Mise à jour 4 octobre 2016

L'infection par le virus du Zika a été signalée pour la première fois chez l’homme en 1952. Ce n’est donc pas un nouveau virus. Pourquoi y sommes-nous soudainement si intéressés ? C'est qu'il a été introduit dans les Amériques et que désormais, il y a de la transmission vectorielle dans plus d'une trentaine de pays de ce continent.

Jusqu’en 2005, on observait des éclosions sporadiques et limitées en Afrique et en Asie. Des épidémies plus importantes ont par la suite été signalées dans certaines îles du Pacifiques entre 2012 et 2014, notamment en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie Française et à l’Île de Pâques.

Figure 1 : Distribution du virus Zika avant 2005 et sa propagation en Océanie entre 2005 et 2015

Source : Musso, D., Cao-Lormeau, V. M., & D. J. Gubler (2015) Zika virus : following the path of dengue and chikungunya? The Lancet, vol. 386, p. 243-244.

Les préoccupations mondiales ont surtout surgi à la suite de l’apparition du virus au Brésil et de sa propagation en Amérique au cours de l’année 2015, mais particulièrement de l'augmentation des cas de complications qui y sont associés. Le nombre de cas d'infection se compte maintenant en millions et bien que cette infection soit généralement assez bénigne, on rapporte un nombre préoccupant de cas de Syndrome Guillain-Barré et de microcéphalie congénitale depuis le début de l’épidémie. Après plusieurs recherches et analyses, les scientifiques confirment que le virus du Zika cause des cas de Syndrome Guillain-Barré et de microcéphalie congénitale. Pour davantage d’informations sur l’infection et ses complications, reportez-vous aux articles suivants :

La transmission sexuelle du virus Zika – Connaissances actuelles

Bien que le virus du Zika soit principalement transmis par un vecteur, soit un moustique, de la même manière que les virus de la dengue, de la malaria ou de la fièvre jaune, on rapporte également des cas de transmission sexuelle et de transmission verticale du virus.

L’Institut national de santé publique du Québec est impliqué dans l’évaluation du risque de transmission du virus Zika, entre autres sa possible émergence au Québec. Pour davantage d’informations sur la transmission vectorielle du virus, reportez-vous aux documents suivants :

En février, on rapportait au moins trois cas de transmission sexuelle du virus Zika dans la littérature :

  • Le premier cas, identifié en 2008, est celui d’un homme, de retour d’Afrique de l’Ouest, qui a transmis l’infection à sa conjointe, résidant aux États-Unis et qui n’avait pas elle-même voyagé à l’extérieur du pays dans la dernière année. L’enquête rapporte que l’homme a développé des symptômes quelques jours après son retour de voyage et qu’il avait déjà eu des relations sexuelles avec sa conjointe, chez qui le virus a été décelé par la suite.1
  • Le deuxième cas a été rapporté en février 2016 aux États-Unis. Il s’agit d’un homme, diagnostiqué avec l’infection par le virus Zika, qui n’a effectué aucun voyage à l’extérieur du pays et qui a eu des relations sexuelles avec une personne de retour du Venezuela, où les autorités sanitaires rapportent une transmission locale du virus.2
  • Enfin, il y a quelques jours, un troisième cas de transmission sexuelle du virus Zika a été rapporté en France par la ministre de la Santé. Le virus a été détecté chez une femme résidente de la région parisienne qui a eu des contacts sexuels avec son conjoint de retour du Brésil.3

On rapporte également le cas d’un homme chez qui le virus Zika a été détecté dans le sperme jusqu’à 10 semaines après avoir été infecté par le virus. La persistance du virus dans le sperme après l’infection a d’ailleurs amené les autorités sanitaires à faire certaines recommandations quant à la possible transmission sexuelle du virus.4

La transmission sexuelle du virus Zika est maintenant établie et les instances de santé publique internationales transmettent leurs recommandations à la population pour prévenir cette transmission et ses complications.

Quelles sont les recommandations en lien avec la transmission sexuelle du virus Zika?

Aux personnes de retour d’une zone où la transmission locale du virus est avérée :

  • s’abstenir d’avoir des relations sexuelles ou utiliser un condom pour toutes les relations sexuelles durant au moins 4 semaines suivant leur retour. 

Aux hommes ayant une partenaire sexuelle enceinte :

  • s’abstenir d’avoir des relations sexuelles
  • porter un condom pour toutes les relations sexuelles pendant toute la durée de la grossesse

Aux femmes qui souhaitent être enceintes et qui voyagent dans un pays où la transmission locale du virus est avérée :

  • atteindre au moins deux mois après le retour de voyage pour toute tentative de conception. 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise également qu’une femme ayant eu des relations sexuelles non protégées à risque de transmission du virus Zika qui ne souhaite pas être enceinte peut envisager l’utilisation de la contraception hormonale d’urgence.

Pour consulter l’intégralité des recommandations de prévention, reportez-vous aux documents suivants :

Les autorités de santé publique, au Québec et au Canada, restent attentives au développement des connaissances sur la transmission du virus Zika, afin d’ajuster au besoin les messages de prévention.

Références

  1. Foy, B. D. et al. (2011) Probable non-vector-borne transmission of Zika virus, Colorado, USA. Emerging Infectious Diseases, 17 (5), 880-882.
  2. DCHHS Reports first Zika virus case in Dallas County acquired through sexual transmission, Dallas County Health and Human Services, 2 février 2016.
  3. Virus Zika : une première transmission sexuelle en France, Sciences et Avenir, 29 février 2016.
  4. Musso, D., Roche, C., Robin, E., Nhan, T. , Teissier, A., & Cao-Lormeau, V. M. (2015) Potential sexual transmission of Zika virus, Emerging Infectious Diseases, 21(2), p. 359-361.

Rédigée par : 

Geneviève Boily – Espace ITSS

Catégorie(s):