Les personnes qui utilisent des drogues par injection (UDI)*

Qui sont-elles?2,3,7

  • Il est très difficile d’évaluer avec précision le nombre de Québécois qui s’injectent des drogues. En 1996, une étude disposant des moyens nécessaires en est venue à une estimation de 23 000 personnes UDI au Québec.
  • Les trois quarts des personnes UDI rencontrées par le réseau SurvUDI entre 2003 et 2010 sont des hommes (76 %);
  • L’âge moyen des hommes UDI est de 35 ans alors qu’il est de 30 ans chez les femmes;
  • La moitié des personnes UDI ont réussi des études secondaires, contre trois personnes sur quatre dans la population québécoise.

Où sont-elles?2

  • Les personnes UDI se concentrent en milieu urbain, mais sont aussi présentes en milieux semi-urbains dans toutes les régions du Québec;
  • Les plus grands nombres d’UDI sont recensés à Montréal, Québec et en Outaouais;
  • Entre 2003 et 2010, 41 % des personnes UDI avaient passé au moins une nuit dans la rue, un refuge ou un squat dans les six derniers mois;
  • Durant la même période, 14 % avaient séjourné en centre de détention.

Que consomment-elles?2

  • D’après les données recueillies entre 2003 et 2010, la drogue injectée par la plus grande proportion des usagers, soit par 86 %, est la cocaïne;
  • Les opioïdes suivent avec 60 %, le Dilaudid étant le plus utilisé parmi ce groupe (39 %);
  • L’héroïne injectée est plus présente à Montréal, l’injection de crack à Ottawa et en Outaouais et celle du Dilaudid est présente à des niveaux importants, mais variables dans toutes les régions du Québec;
  • Parmi les plus jeunes utilisateurs (moins de 25 ans), 74 % s’injectent de la cocaïne ou du crack et 59 % des opioïdes médicamenteux. L’injection d’héroïne est beaucoup plus fréquente chez les moins de 25 ans (53 %) que chez les 25 ans et plus (26 %).

Quel est leur état de santé?2,3

VIH

  • Le profil 2003-2010 indique que l’infection au VIH touche environ 75 personnes sur 500 (15 %) chez les personnes UDI contre une sur 500 dans la population générale (0,2 %). Chez les UDI de 40 ans et plus, un sur cinq est infecté par le VIH;
  • Chaque année, 2,7 % des personnes UDI non infectées contractent le VIH.

VHC et co-infection

  • Les personnes infectées par le VHC peuvent en guérir. La présence d’anticorps anti-VHC dans la salive indique donc qu’un individu a déjà été infecté, mais pas nécessairement qu’il l’est toujours au moment de l’entrevue.
  • Globalement, 63 % des individus recrutés par SurvUDI avaient déjà été en contact avec le virus de l’hépatite C.

Plusieurs autres problèmes de santé affectent les personnes UDI : surdoses, abcès, infection au virus de l’hépatite B, tuberculose, ITS, troubles cardiaques, maladies mentales, risques suicidaires.

Quels sont leurs comportements à risque?2,3

  • Le principal comportement à risque pour la transmission du VIH et du VHC chez les personnes UDI demeure l’utilisation de seringues usagées (par 22 % d’entre elles, en 2009);
  • Cette pratique est particulièrement associée à l’usage de cocaïne ou d’opioïdes médicamenteux qui impliquent tous deux jusqu’à des dizaines d’injections quotidiennes;
  • Les conditions d’injection sont également en cause : le fait de s’injecter en groupe ou dans des lieux publics, principalement la rue (54 % des UDI ont déclaré l’avoir fait au moins une fois au cours des 6 mois précédant l’enquête);
  • La réutilisation de ses propres seringues, chez 83 % des personnes UDI montréalaises, présente également un risque, de même que les relations sexuelles non protégées;
  • Plusieurs facteurs de vulnérabilité s’ajoutent, en lien avec les conditions de vie des personnes UDI : pauvreté, itinérance, violence, incarcération, répression policière et stigmatisation sociale.

Quels services et soins de santé leur sont offerts?1,4,5

  • Le principal service offert aux personnes UDI est le réseau des centres d’accès au matériel d’injection stérile (CAMI);
  • À l’automne 2010, le Québec disposait de 1 321 CAMI couvrant 16 régions socio-sanitaires sur 18 : au cours de l’année 2009-2010, 1 415 031 seringues, 792 878 ampoules d’eau et 507 702 Stéricups ont été distribuées aux personnes UDI;
  • Un réseau provincial de traitement de la dépendance aux opioïdes avec médicaments de substitution est également en place : en 2011, 3 400 personnes en bénéficiaient;
  • S’ajoutent les services de dépistage et de traitement pour le VIH et le VHC, en première ligne, et le traitement de la dépendance aux drogues, en deuxième ligne.

Quelles actions réseau peuvent être développées pour mieux les aider?3,5,6

  • Travail en réseau de la santé publique et des organismes communautaires dans la mise en œuvre des stratégies de réduction des méfaits, prioritairement l’augmentation de l’accès au matériel d’injection;
  • Travail en réseau des gestionnaires, médecins, infirmières et intervenants terrain afin de faciliter le dépistage et le traitement du VIH et, prioritairement, de l’infection au VHC;
  • Travail en réseau des centres de réadaptation et des services spécialisés en santé mentale pour la prise en charge des problèmes de dépendance et de comorbidité (santé mentale).

* Le réseau SurvUDI, sur lequel reposent les observations épidémiologiques, recrute 90 % de ses participants parmi la clientèle des centres d’accès au matériel d’injection stérile (CAMI). Le portrait dressé n’est donc pas nécessairement représentatif des UDI qui ne fréquentent pas ces services. Pour plus d’information sur SurvUDI, nous vous invitons à lire la fiche détaillée.

Références

  1. NOËL, L., GAGNON, D., CLOUTIER, R. (2011) Statistiques sur les services relatifs aux programmes de prévention du VIH et des hépatites B et C auprès des personnes UDI au Québec. Qc : INSPQ (à paraître)
  2. PARENT, R., ALARY, M., MORISSETTE, C., ROY, E., LECLERC, P., ALLARD, P-R. (2010) Surveillance des maladies infectieuses chez les utilisateurs de drogue par injection. 1995-2009; 2003-2009. Qc : INSPQ
  3. COMITÉ CONSEIL SUR LA PRÉVENTION DU VIH ET DU VHC CHEZ LES PERSONNES UTILISATRICES DE DROGUES (2009) Actions proposées pour la prévention du VIH-sida et de l’hépatite C chez les personnes utilisatrices de drogues. Qc : MSSS
  4. CENTRE DE RECHERCHE ET D’AIDE POUR NARCOMANES (2011) La dépendance aux opioïdes, portrait des traitements de substitution au QuébecMontréal : Cran
  5. NOËL, L., LAFOREST, J., ALLARD, P-R. (2007) Usage de drogues par injection et interventions visant à réduire la transmission du VIH et du VHC. Revue systématique de la littérature et validation empirique. Qc : INSPQ
  6. NOËL, L., LAFOREST, J., ALLARD, P-R., DIONNE, M. (2008) L’accès au suivi et au traitement pour les personnes atteintes de l’hépatite C au Québec. Qc : INSPQ
  7. REMIS, R.S., LECLERC, P, VANDAL, A.C. (1999) La situation du sida et de l’infection au VIH au Québec, 1996. DSP de Montréal-Centre pour le MSSS.

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Rédigée par : 

Pierre Brisson, expert formateur, Programmes nationaux de formation en ITSS

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