Transmission de l’hépatite C chez les HARSAH

Karine Blouin vous propose un article sur la transmission de l’hépatite C chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Incident hepatitis C virus infection in men who have sex with men: a prospective cohort analysis from 1984 to 2011. Les infections incidentes par le virus de l’hépatite C chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes : une analyse de cohorte prospective de 1984 à 2011 [traduction libre]
Mallory D. Witt, Eric C. Seaberg, Annie Darilay, Stephen Young, Sheila Badri, Charles R. Rinaldo, Lisa P. Jacobson, Roger Detels, Chloe L. Thio |  Paru en mars 2013 dansClinical Infectious Diseases

La transmission du virus de l’hépatite C se produit principalement par voie percutanée. Des épidémies de VHC par transmission sexuelle ont toutefois été rapportées récemment chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH) et plus particulièrement chez des HARSAH infectés par le VIH. La connaissance de la dynamique et des facteurs de risque de transmission du VHC chez les HARSAH infectés ou non par le VIH nécessite le suivi d’une cohorte importante. La cohorte « Multicenter AIDS cohort study (MACS) » établie en 1984, soit depuis le début de l’épidémie de VIH, comporte des mesures fréquentes et uniformes d’infection par le VHC.

Méthodologie

La cohorte MACS est une cohorte prospective qui a recruté 6 972 HARSAH infectés ou non par le VIH à Baltimore, MD, Washington, DC, Chicago, IL, Pittsburg, PA et Los Angeles, CA au cours de trois périodes, soit 1984-1985, 1987-1990, et 2001-2003. Pour être inclus dans la présente analyse d’incidence, les participants devaient être séronégatifs pour le VHC dans les deux premières années suivant le recrutement et avoir eu au moins une visite de suivi avec un test de détection du VHC. La définition d’infection incidente (nouvelle infection) par le VHC dans cette étude est le développement d’anticorps contre le VHC chez un participant auparavant séronégatif. Pour être considéré comme un cas incident d’infection par le VHC, un participant devait avoir eu au moins deux visites de suivi avec un résultat positif.

Principaux résultats

Le taux d’incidence du VHC était de 2,08 par 1 000 personnes-années pour une durée de suivi de 55 343 personnes-années. Des infections incidentes par le VHC ont été observées à la fois chez les HARSAH infectés par le VIH et non infectés par le VIH, et ce, depuis 1984. Pendant toute la durée de l’étude, l’incidence du VHC était plus élevée chez les participants infectés par le VIH que chez les participants non infectés.

L’analyse multivariée dans la cohorte entière ajustée pour l’ethnie, le tabagisme, le niveau d’éducation, le statut d’emploi et l’histoire de transfusion sanguine montre que l’incidence du VHC était associée significativement avec :

  • un âge plus avancé;
  • la période de recrutement 2001-2003;
  • l’infection par le VIH;
  • la positivité pour l’antigène de surface de l’hépatite B (HBsAg);
  • l’utilisation de drogue par injection;
  • la consommation de plus de 13 boissons alcoolisées par semaine;
  • les relations sexuelles anales réceptives non protégées avec de multiples partenaires masculins au cours des six mois précédents;
  • l’infection par la syphilis au cours des six mois précédents.

Les résultats de l’analyse multivariée étaient similaires pour le sous-groupe de participants infectés par le VIH. De plus, l’incidence du VHC était plus faible pour des niveaux de lymphocytes T CD4 plus élevés, pour des concentrations de CD4 situées entre 0 et 500 cellules/mL3. Cette association n’était pas observée pour des niveaux des CD4 au-dessus de 500 cellules/mL3.

Discussion

Cette étude démontre que l’épidémie de VHC chez les HARSAH, infectés ou non par le VIH, se poursuit depuis plusieurs décennies aux États-Unis. Cette étude est aussi la première à montrer que les hommes infectés par le VIH avec de faibles concentrations de lymphocytes T CD4 sont plus à risque d’infection par le VHC. L’âge avancé et les relations sexuelles anales réceptives non protégées avec de multiples partenaires masculins au cours des six mois précédents étaient également des facteurs associés au risque d’infection par le VHC.

 

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Rédigée par : 

Karine Blouin

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