Statistiques - ampleur jeunes

Comment l’ampleur des agressions sexuelles est-elle connue?

Trois sources majeures d’information permettent de documenter l’ampleur des agressions sexuelles chez les jeunes :

  1. Les données des services de protection de la jeunesse.+

    Cette source se base sur les nouveaux cas d’agression sexuelle sur des mineurs connus des services de protection de la jeunesse, et ce, sur une période donnée, habituellement une année (incidence). Même si ces données permettent de connaître le nombre de cas d’agression sexuelle traités par ces services, leurs statistiques ne représentent qu’une faible proportion de toutes les agressions sexuelles subies par des enfants et des adolescents, car celles-ci ne sont pas toutes dévoilées et rapportées aux autorités et parce que les cas signalés ne sont pas tous corroborés. Ces données proviennent surtout des Études canadiennes sur l’incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants - ÉCI.

  2. Les données des services de police.+

    Cette source se base sur les infractions sexuelles enregistrées annuellement par les services de police (incidence). Même si ces données permettent de connaître le nombre d’infractions sexuelles traitées par ces services, leurs statistiques ne représentent qu’une faible proportion de toutes les agressions sexuelles subies par la population car celles-ci ne sont pas toutes dévoilées et rapportées aux autorités et parce que les situations dénoncées ne sont pas toutes jugées fondées. Ces données proviennent principalement du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire – DUC 2.

  3. Les données des enquêtes populationnelles.+

    Il s’agit de la source la plus fiable pour obtenir la prévalence de l’agression sexuelle auprès d’une population, puisque ces enquêtes se basent habituellement sur de larges échantillons représentatifs d’une population et qu’elles interrogent les répondants sur leurs expériences de victimisation de façon anonyme. Elles ne permettent toutefois pas de comprendre en détails les contextes et les expériences de vie des victimes. Ces données réfèrent aux enquêtes nationales, telle l’Enquête sociale générale, et à certaines études scientifiques.

Ampleur et caractéristiques des agressions sexuelles envers les jeunes

Faits saillants

Les agressions sexuelles au Québec touchent un nombre important d’enfants.

  • C’est environ un homme sur 10 (9,7 %) et près d’une femme sur quatre (22,1 %) au Québec qui rapportaient en 2006 avoir vécu au moins un incident d’agression sexuelle avec contact avant l’âge de 18 ans, représentant 16 % de la population québécoise1.
  • En 2008, 55 cas d’agression sexuelle par 100 000 enfants ont été signalés et jugés fondés par les services de protection de la jeunesse au Québec, alors qu’il s’agissait de 43 cas par 100 000 enfants pour l’ensemble du Canada2,3. Source : ÉIQ-2008, ÉCI-2008
  • Au Québec, les victimes âgées de moins de 18 ans représentaient 53,4 % de toutes les victimes d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers en 201434. Source : DUC 2 - MSP 2014

Les filles sont plus souvent victimes d’agression sexuelles que les garçons, même si ces derniers sont victimes d’un nombre considérable d’agression sexuelle, particulièrement avant l’adolescence.

  • Une étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de Québécois révélait que les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes à avoir été agressées sexuellement dans l’enfance (respectivement 22 % et 10 %)1.
  • Dans la majorité des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de la jeunesse canadiens, la victime était une fille (78 %)5. Source ÉCI-2008
  • Au Québec, le nombre d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers en 2013 était 3 fois et demie plus grand chez les filles (2 753) que chez les garçons (771)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
  • En 2013, les infractions sexuelles enregistrées par les services de police au Québec et commises sur des jeunes filles ont fait davantage de victimes à l’adolescence (61,8 % de victimes féminines entre 12 et 17 ans), alors que les garçons ont été plus souvent victimes d’infractions dans leur enfance (58,9 % de victimes masculines avant 12 ans)26. Source : DUC 2 - MSP 2013

Les agressions sexuelles envers des enfants incluent en grande majorité des contacts (attouchement et pénétration) et font souvent l’objet d’incidents multiples, mais sont rarement des agressions sexuelles armées ou provoquant des blessures.

  • Les agressions sexuelles armées (niveau 2) ou graves (niveau 3) représentaient moins d’un pourcent de toutes les infractions sexuelles sur des mineurs enregistrées par les services de police en 2009, autant au Québec qu’au Canada6,7. Source : DUC 2 - MSP 2009
  • En 2008, le type d’agression sexuelle commise dans les cas corroborés par les services de protection de l’enfance au Canada était majoritairement des attouchements (53 %), suivi d’une agression sexuelle avec pénétration (21 %)3. Source ÉCI-2008
  • Dans les enquêtes suivant un signalement jugé fondé pour agression sexuelle en 2008 au Canada, 51 % des cas portaient sur des incidents multiples et 49 % portaient sur un incident isolé2. Source ÉCI-2008

Les agressions sexuelles envers les enfants sont presque toujours commises par des personnes connues de la victime, incluant des membres de la famille et des personnes mineures.

  • Dans près de 97 % des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de la jeunesse en 2008, l’agresseur était connu de la victime, soit une figure parentale dans 33 % des cas ou un membre de la fratrie dans 32 % des cas3. Source ÉCI-2008
  • Dans le quart (25 %) des infractions sexuelles déclarées à la police en 2012 au Canada et commises par un membre de la famille envers un enfant ou un jeune (0-17 ans), l’auteur présumé était un frère ou une sœur28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • 12 % des infractions sexuelles envers des enfants et jeunes victimes enregistrées par la police en 2012 au Canada ont été commises par un étranger8. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • Au Canada, environ la moitié de toutes les infractions sexuelles signalées à la police en 2012 et commises à l’endroit de jeunes de 12 à 15 ans et de 16 et 17 ans l’ont été par des connaissances du jeune (respectivement 49 % et 53 %). L’âge de ces auteurs présumés laisse croire qu’ils étaient des pairs dans une proportion considérable, puisque 30 % d’entre eux étaient âgés de 12 à 17 ans et 19 % étaient âgés de 18 à 24 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada

Données des services de protection de la jeunesse

Faits saillants

  • Au Québec en 2008, 55 cas d’agression sexuelle par 100 000 enfants ont été signalés et jugés fondés par les services de protection de la jeunesse, alors qu’il s’agissait de 43 cas par 100 000 enfants pour l’ensemble du Canada2,3. Source : ÉIQ-2008
  • Dans la majorité des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de la jeunesse canadiens, la victime était une fille (78 %) et près de la moitié des victimes (48 %) étaient âgées de 12 à 15 ans5. Source ÉCI-2008
  • Dans près de 97 % des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de la jeunesse, l’agresseur était connu de la victime, soit une figure parentale dans 33 % des cas ou un membre de la fratrie dans 32 % des cas3. Source ÉCI-2008
  • Parmi les enfants québécois et canadiens dont les agressions sexuelles ont été jugées fondées entre 1998 et 2003 par les services de protection de la jeunesse, entre 25 % et 49 % d’entre eux avaient vécu une autre forme de mauvais traitements9,10,11. Sources : ÉIQ-2008, ÉCI-1998, ÉCI-2003
 
 

Les données des services de protection de la jeunesse (incidence) ne peuvent être utilisées pour connaître l’ampleur exacte ou l’évolution réelle des agressions sexuelles commises sur des enfants, car ces données ne représentent que le nombre d’enfants victimes connus des services de protection de l’enfance, ce qui correspond à environ 10 % des agressions sexuelles vécues par des enfants32. Les taux d’incidence peuvent être influencés par :

  1. La décision de la victime ou de l’entourage de signaler ou non l’agression sexuelle aux autorités ;
  2. La décision des services de protection de retenir ou non le signalement ;
  3. La décision de juger ou non les faits fondés par les services de protection5.

 

Données québécoises

  • Ampleur des cas d’agression sexuellecliquez pour voir plus

    • Au Québec en 2008, 78 cas d’agression sexuelle par 100 000 enfants ont été signalés et jugés fondés par les services de protection de la jeunesse, représentant 6 % de toutes les situations de mauvais traitements jugées fondées27. Source : ÉIQ-2008
  • Âge et sexe des victimescliquez pour voir plus

    • Dans les incidents fondés d’agression sexuelle, les filles sont surreprésentées par rapport aux garçons, elles représentent 73 % des victimes d’incidents27. Source : ÉIQ-2008
    • Les enfants ayant un incident d’agression sexuelle fondé étaient âgés de 12 à 17 ans dans 45 % des cas; de 6 à 11 ans dans 37 % des cas, de 3 à 5 ans dans 17 % des cas et 2 % étaient âgés de 2 ans et moins27. Source : ÉIQ-2008
  • Formes et gravitécliquez pour voir plus

    • En 2008, les types d’agression sexuelle commise dans les cas jugés fondés par les services de protection de la jeunesse du Québec étaient principalement des attouchements sexuels (46 %), une agression sexuelle avec pénétration (11 %) et des activités sexuelles orales (6 %). Toutefois, 17 % des situations correspondaient à la catégorie « autres abus sexuel »27.
    • Au Québec en 2008, dans les enquêtes suivant un signalement jugé fondé pour agression sexuelle par les services de protection de la jeunesse, 58 % des cas portaient sur des incidents multiples et 49 % sur un incident isolé27.
  • Évolutioncliquez pour voir plus

    • Les taux d’incidence d’agression sexuelle obtenus par les trois études canadiennes et québécoises d’incidence des mauvais traitements envers les enfants réalisées depuis 1998 ont fluctué et laissent croire en une diminution des cas d’agression sexuelle au Canada et au Québec3. Sources : ÉCI-1998, ÉCI-2003, ÉCI-2008, ÉIQ-1998, ÉIQ-2003, ÉIQ-2008. Ces données doivent être interprétées avec prudence, car les variations observées seraient davantage liées à différents facteurs comme des changements dans les pratiques des services de protection de l’enfance et aux éléments facilitant ou non le signalement d’une situation d’agression sexuelle, plutôt qu’à une diminution de l’ampleur des agressions sexuelles envers les enfants.
    Tableau 1 - Évolution des taux d'incidence des agressions sexuelles sur 10 ans (sur 100 000 enfants)*
      1998 2003 2008
    Québec

    81

    112

    55

    Reste du Canada

    89

    62

    40

    Sources : ÉCI-1998, ÉCI-2003, ÉCI-2008, ÉIQ-1998, ÉIQ-2003, ÉIQ-2008

    * Ces taux diffèrent des taux d’incidence d’agression sexuelle rapportés au Québec et au Canada puisque les données sont ajustées pour pouvoir être comparables d’une province à l’autre.

Données canadiennes

  • Ampleur des cas d’agression sexuellecliquez pour voir plus

    • En 2008, 43 cas d’agression sexuelle par 100 000 enfants ont été signalés et jugés fondés par les services de protection de l’enfance au Canada2. Source : ÉCI-2008
    • Au Canada en 2008, les signalements jugés fondés pour agression sexuelle représentaient 3 % de tous les signalements pour mauvais traitements, correspondant à 2 607 enquêtes2. Source : ÉCI-2008
  • Âge et sexe des victimes Cliquez pour voir plus.

    • Dans la majorité des cas d’agression sexuelle corroborés par les services de protection de l’enfance canadiens en 2008, la victime était une fille (78 %) et près de la moitié des victimes (48 %) étaient âgées de 12 à 15 ans5. Source ÉCI-2008
  • Formes et gravitéCliquez pour voir plus.

    • Dans les enquêtes suivant un signalement jugé fondé pour agression sexuelle en 2008 au Canada, 51 % des cas portaient sur des incidents multiples et 49 % portaient sur un incident isolé2. Source ÉCI-2008.
    • En 2008, le type d’agression sexuelle commise dans les cas corroborés par les services de protection de l’enfance au Canada était majoritairement des attouchements (53 %), suivi d’une agression sexuelle avec pénétration (21 %). Dans près de 97 % des cas, l’agresseur était connu de la victime, soit une figure parentale dans 33 % des cas ou un membre de la fratrie dans 32 % des cas3. Source ÉCI-2008.
    • Des sévices physiques ont été relevés dans 11 % des enquêtes où l’agression sexuelle était la principale forme de mauvais traitements corroborés dans les enquêtes des services de protection de l’enfance au Canada en 2008, alors que des sévices psychologiques observables ont été notés dans 47 % des enquêtes2. Source ÉCI-2008
  • ÉvolutionCliquez pour voir plus.

    Les taux d’incidence d’agression sexuelle obtenus par les trois études canadiennes d’incidence des mauvais traitements envers les enfants réalisées depuis 1998 ont fluctué et laissent croire en une diminution des cas d’agression sexuelle au Canada3. Sources : ÉCI-1998, ÉCI-2003, ÉCI-2008, ÉIQ-1998, ÉIQ-2003, ÉIQ-2008. Ces données doivent être interprétées avec prudence, car les variations observées seraient davantage liées à différents facteurs comme des changements dans les pratiques des services de protection et aux éléments facilitant ou non le signalement d’une situation d’agression sexuelle, plutôt qu’à une évolution de l’ampleur des agressions sexuelles envers les enfants3.

    Tableau 1 - Évolution des taux d’incidence des agressions sexuelles sur 10 ans (sur 100 000 enfants)*
      1998 2003 2008
    Québec 81 112 55
    Reste du Canada 89 62 40

    Sources : ÉCI-1998, ÉCI-2003, ÉCI-2008, ÉIQ-1998, ÉIQ-2003, ÉIQ-2008

    * Ces taux diffèrent des taux d'incidence d'agression sexuelle rapportés au Québec et au Canada puisque les données ont été ajustées pour être comparables d'une province à l'autre.
  • Autres formes de violence Cliquez pour voir plus.

    Parmi les enfants québécois et canadiens dont les agressions sexuelles ont été jugées fondées entre 1998 et 2003 par les services de protection de l’enfance, les évaluations confirmaient qu’entre 25 % et 49 % d’entre eux avaient vécu une autre forme de mauvais traitements, incluant l’abus physique, l’abus psychologique, la négligence et l’exposition à la violence conjugale9,10,11. Sources : ÉIQ-2003, ÉCI-1998, ÉCI-2003

Source de données : L’Étude canadienne sur l’incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants - ÉCICliquez pour voir plus.

Au Canada, trois études nationales ont été menées depuis 1998 auprès des services de protection de l’enfance canadiens afin de connaître l’incidence des signalements de mauvais traitements envers les enfants de moins de 16 ans. Ces enquêtes permettent ainsi de connaître le nombre de situations signalées et jugées fondées (corroborées) pour agression sexuelle envers un enfant au cours d’une année auprès de ces services, sans toutefois préciser s’il s’agit ou non de nouveaux cas.

L’Étude canadienne d’incidence des cas de violence et de négligence envers les enfants effectuée en 2008 (ÉCI-2008) a porté sur près de 16 000 enquêtes sur les mauvais traitements envers les enfants menées à partir d’un échantillon représentatif de 112 organisations de services de protection de l’enfance au Canada à l’automne 2008. Les données ont été traitées de manière à ce qu’elles soient représentatives de la population canadienne2.

Un volet québécois à l’ÉCI-2008 a permis un suréchantillonnage qui vise à obtenir des estimations provinciales justes et valides. L’échantillon québécois est constitué de 50 % des signalements reçus au Québec à l’intérieur de la période du 1er octobre au 31 décembre 2008. Ce volet, appelé Étude d’incidence québécoise –ÉIQ-2008, a permis de produire un rapport descriptif pour le Québec.

Données provenant des services de police

Faits saillants

  • Au Québec, les victimes âgées de moins de 18 ans représentaient 66,4 % de toutes les victimes d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers en 2013, totalisant 3 524 infractions. Le nombre d’infractions était 3 fois et demie plus grand chez les filles (2 753) que chez les garçons (771)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
  • En 2013, les infractions sexuelles enregistrées par les services de police au Québec et commises sur des jeunes filles ont fait davantage de victimes à l’adolescence (61,8 % de victimes féminines entre 12 et 17 ans), alors que les garçons ont été plus souvent victimes d’infractions dans leur enfance (58,9 % de victimes masculines avant 12 ans)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
  • 12 % des infractions sexuelles envers des enfants et jeunes victimes enregistrées par la police en 2012 au Canada ont été commises par un étranger. La majorité (75 %) des mineurs qui ont été agressés sexuellement par un étranger avaient entre 12 et 17 ans28. Source: DUC 2 – Statistique Canada
  • Près de la moitié de toutes les infractions sexuelles signalées à la police en 2012 et commises à l’endroit de jeunes de 12 à 15 ans et de 16 et 17 ans l’ont été par des connaissances du jeune (respectivement 49 % et 53 %). L’âge de ces auteurs présumés laisse croire qu’ils étaient des pairs dans une proportion considérable, puisque 30 % d’entre eux étaient âgés de 12 à 17 ans et 19 % étaient âgés de 18 à 24 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • Les formes les plus graves d’agression sexuelle à l’endroit des mineurs canadiens, incluant l’agression sexuelle armée (niveau 2) ou l’agression sexuelle grave (niveau 3), constituaient environ 1 % des affaires d’infractions sexuelles déclarées à la police en 2012 au Canada, correspondant à 129 infractions28. Source : DUC 2 – Statistique Canada

 

Données québécoises

  • Ampleur des infractions sexuellesCliquez pour voir plus.

    • Au Québec, les victimes âgées de moins de 18 ans représentaient 66,4 % de toutes les victimes d’infractions sexuelles enregistrées par les corps policiers en 2013, totalisant 3 524 infractions (Graphique 1)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
  • Âge et sexe des victimes Cliquez pour voir plus.

    • Les jeunes filles de moins de 18 ans composaient un peu plus de la moitié (51,9 %) de toutes les victimes d’infractions sexuelles rapportées à la police au Québec en 2013 avec 2 753 infractions (Graphique 1)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
    • Le nombre d’infractions sexuelles enregistrées par la police au Québec en 2013 était 3 fois et demie plus grand chez les jeunes filles (2 753) que chez les jeunes garçons (771) (Graphique 2)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
    • Parmi toutes les autres infractions sexuelles envers des mineurs rapportées à la police en 2009 au Québec, les filles avaient été davantage victimes que les garçons de voyeurisme (4 % comparativement à 1 %) et de leurre au moyen d’un ordinateur (11 % comparativement à 6 %). Quant aux garçons, ils ont été plus nombreux à être victimes d’inceste (12 % comparativement à 7 %) (Tableau 3)6. Source : DUC 2 - MSP 2009
    • En 2013, les infractions sexuelles enregistrées par les services de police au Québec et commises sur des jeunes filles ont fait davantage de victimes à l’adolescence (61,8 % de victimes féminines entre 12 et 17 ans), alors que les garçons ont été plus souvent victimes d’infractions dans leur enfance (58,9 % de victimes masculines avant 12 ans)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
  • Formes et gravitéCliquez pour voir plus.

    • Les agressions sexuelles simples (niveau 1) étaient les infractions sexuelles sur des victimes mineures les plus enregistrées par la police en 2012 au Québec, représentant 63,3 % de toutes les infractions sexuelles commises sur des jeunes. Les agressions sexuelles armées (niveau 2) ou graves (niveau 3) représentaient environ un pourcent de toutes les infractions sexuelles sur des mineurs (Graphique 3)12. Source : DUC 2 - MSP 2012
  • Auteurs présumés Cliquez pour voir plus.

    • Parmi les jeunes victimes d’infractions sexuelles enregistrées par la police au Québec en 2013, 85,6 % connaissait l’auteur présumé de l’agression; plus du tiers était un membre de la famille (38,7 %)26. Source : DUC 2 - MSP 2013
    • Un parent ou un beau-parent (16,9 %), un autre membre de la famille immédiate (15,2 %) ou un parent éloigné (6,6 %) représentaient plus du tiers (38,7 %) des auteurs présumés de jeunes victimes d’infractions sexuelles rapportées à la police en 2013 au Québec26. Source : DUC 2 - MSP 2013
    • Parmi les infractions sexuelles envers des mineurs enregistrées par les services de police québécois en 2010, les enfants de 11 ans et moins étaient davantage agressés par un membre de la famille immédiate ou éloignée (65 %) que les jeunes victimes âgées de 12 à 17 ans (36 %)4. Source : DUC 2 - MSP 2010
    • Parmi les infractions sexuelles commises sur des mineurs et déclarées à la police au Québec en 2010, les auteurs présumés des victimes âgées de 12 à 17 ans étaient dans une proportion considérable une simple connaissance (36 %), un ami (11 %), ou un ami ou ex-ami intime (10 %)4. Source : DUC 2 - MSP 2010
  • ÉvolutionCliquez pour voir plus.

    Tableau 2. Nombre d’infractions sexuelles commises sur des mineurs enregistrées de 2003 à 2013 au Québec*
      2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
    Infractions sexuelles à l'endroit de jeunes victimes (moins de 18 ans) 3 514 3 382 3 782 3 870 3 376 3 466 3 372 3 370 3 012 3 227 3 524

    Source : DUC-2
    *Les taux pondérés d’infractions sexuelles ne sont pas disponibles pour les infractions envers des mineurs pour cette période.

    • Entre 2003 et 2013 au Québec, les services de police ont enregistré un nombre relativement stable d’infractions sexuelles concernant des enfants de moins de 18 ans, mais enregistrant une légère baisse en 2011 (taux pour 100 000 non disponibles pour toutes ces années). Le nombre d’infractions plus élevé en 2005 et en 2006 a été notamment associé à la médiatisation de cas célèbres, combiné aux efforts de sensibilisation du public sur ces crimes et à la nécessité de les dévoiler aux autorités, ce qui aurait favorisé le dévoilement de plus d’infractions sexuelles6,26. Source : DUC 2 - MSP 2001 à 2013

 

Répartition des victimes d'infractions sexuelles déclarées à la police au Québec selon le sexe et le groupe d'âge - 2013 (n=5309)

Source : DUC 2 - MSP 2013

Tableau 3. Répartition des autres infractions sexuelles envers des mineurs enregistrées par la police selon le sexe au Québec– 2009
  % des autres infractions sexuelles (n=906)
Autres infractions sexuelles Filles Garçons
Contacts sexuels 61 59
Incitation à des contacts sexuels 14 17
Leurre d’un enfant au moyen d’un ordinateur 11 6
Inceste 7 12
Exploitation sexuelle 2 2
Corruption d’enfants 1 2
Relations sexuelles anales 0 1
Voyeurisme 4 1

Source : DUC 2 - MSP 2009

 

Nombre d'infractions sexuelles déclarées à la police selon le groupe d'âge et le sexe au Québec - 2013

Source : DUC 2 - MSP 2013

 

Répartition de toutes les infractions envers des enfants et des jeunes enregistrés par la police au Québec - 2013 (n=3227)

Source : DUC 2 - MSP 2013

Données canadiennes

  • Ampleur des infractions sexuellesCliquez pour voir plus.

    • Les données déclarées à la police en 2012 ont révélé que 11 381 filles (341/100 000 enfants) et 2 649 garçons (75/100 000 enfants) âgés de moins de 18 ans avaient été victimes d’infractions sexuelles au Canada (Tableau 5)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Plus de la moitié (55 %) de toutes les victimes d’infractions sexuelles enregistrées par la police en 2012 au Canada étaient âgées de moins de 18 ans. Ainsi, le taux d’infractions sexuelles commises sur des enfants et des jeunes (205/100 000) était plus de 1,5 fois supérieur au taux correspondant pour les jeunes adultes de 18 à 24 ans (140/100 000)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • Âge et sexe des victimes Cliquez pour voir plus.

    • On observe des taux plus élevés d’infractions sexuelles à l’endroit des filles, et ce, quel que soit l’âge des victimes. En 2012, selon les données déclarées à la police au Canada, le taux d’infractions sexuelles commises sur des filles était presque huit fois plus élevé qu’envers les garçons (Tableaux 5 et 6)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Le taux d’infractions sexuelles commises envers les filles et déclarées à la police au Canada en 2012 avait tendance à être plus élevé avec l’âge et atteignait un sommet à 14 ans (249/100 000), alors que le taux observé chez les garçons était relativement semblable chez les 5 à 15 ans, puis diminuait chez les 16 et 17 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Les jeunes Canadiens de 12 à 17 ans ont inscrit des taux plus élevés d’infractions sexuelles à leur endroit que les jeunes adultes de 18 à 24 ans. Ainsi, en 2012, le taux d’infractions sexuelles chez les jeunes de 12 à 15 ans (399/100 000) et celui des jeunes de 16 et 17 ans (283/100 000) étaient plus du double du taux des jeunes adultes de 18 à 24 ans (140/100 000)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • Formes et gravitéCliquez pour voir plus.

    • Le plus grand nombre d’infractions sexuelles commises sur des enfants et des jeunes enregistrées par les services de police en 2012 au Canada concerne l’infraction d’agression sexuelle simple (niveau 1) avec 10 159 infractions rapportées (voir tableau 6)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Parmi les enfants et jeunes victimes d’infractions sexuelles déclarées à la police en 2009 au Canada, 15 % ont présenté des blessures mineures ou graves7. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Les formes les plus graves d’agression sexuelle à l’endroit des mineurs, incluant l’agression sexuelle armée (niveau 2) ou l’agression sexuelle grave (niveau 3), constituaient environ 1 % des affaires d’infractions sexuelles déclarées à la police en 2012 au Canada, correspondant à 129 infractions28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • En 2008, 21 % de toutes les infractions sexuelles envers des enfants et des jeunes et déclarées à la police au Canada ont été commises en recourant à la force physique pour infliger des blessures (ex. étrangler, pousser, donner des coups de poing) et une arme a été utilisée dans 7 % des cas (arme à feu, couteau, poison ou autres)8. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • Auteurs présumésCliquez pour voir plus.

    • Un peu plus du tiers des infractions sexuelles rapportées à la police au Canada en 2012 auraient été perpétrées par un membre de la famille (38 %). Le parent (15 %) et un membre de la famille élargie (14 %) représentaient la majorité des auteurs présumés de la famille, alors que 10 % étaient un membre de la fratrie (Tableau 7)28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Au Canada, 12 % des infractions sexuelles envers des enfants et jeunes victimes enregistrées par la police en 2012 ont été commises par un étranger (lorsque le lien était connu) (Tableau 7)28. La majorité (75 %) des mineurs qui ont été agressés sexuellement par un étranger avaient entre 12 et 17 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Dans le quart (25 %) des infractions sexuelles déclarées à la police en 2012 au Canada et commises par un membre de la famille envers un enfant ou un jeune (0-17 ans), l’auteur présumé était un frère ou une sœur28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • En 2012 au Canada, les jeunes de 12 à 15 ans et ceux de 16 et 17 ans étaient plus susceptibles d’être victimes d’une infraction sexuelle commise à leur endroit par des personnes ne faisant pas partie de leur famille immédiate (62 % et 72 %, respectivement) que les enfants de moins de 12 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    • Près de la moitié de toutes les infractions sexuelles signalées à la police au Canada en 2012 et commises à l’endroit de jeunes de 12 à 15 ans et de 16 et 17 ans l’ont été par des connaissances du jeune (respectivement 49 % et 53 %). L’âge de ces auteurs présumés laisse croire qu’ils étaient des pairs dans une proportion considérable, puisque 30 % d’entre eux étaient âgés de 12 à 17 ans et 19 % étaient âgés de 18 à 24 ans28. Source : DUC 2 – Statistique Canada
  • ÉvolutionCliquez pour voir plus.

    • Certaines infractions sexuelles enregistrées par les services de police canadiens ont fait l’objet d’une augmentation marquée au cours des années. C’est le cas de la pornographie juvénile et du leurre d’enfant au moyen d'un ordinateur8. Source : DUC 2 – Statistique Canada
    Tableau 4. Augmentation du nombre d’infractions sexuelles de pornographie juvénile et de leurre d’enfants au moyen d'un ordinateur au cours des années
      1999 2003 2008 2012
    Pronographie juvénile 78 n/d

    730

    2 177
    Leurre d'un enfant au moyen d'un ordinateur* n/d 20 149 364

    * En août 2012, l’infraction Entente ou arrangement qui criminalise le fait de s’entendre avec une personne ou de faire un arrangement avec elle par un moyen de télécommunication pour perpétrer une infraction sexuelle contre un enfant a été ajoutée à l’infraction Leurre d’enfants au moyen d’un ordinateur. Cela explique donc en partie l’augmentation du nombre de cas.

    Source : DUC 2- Statistique Canada

    Les données sur les tendances des crimes déclarés par la police (DUC) révèlent une forte hausse du nombre d’affaires de pornographie juvénile signalées à la police au Canada entre 1999 et 2008, passant de 78 en 1999 à 730 en 20088. Selon Statistique Canada8, cette augmentation pourrait s’expliquer par un accès plus facile à du matériel vidéo et de photographie numérique, par l’intensification des efforts ciblés d’application de la loi par la police et la plus grande sensibilisation de la population. De plus, des modifications apportées au Code criminel en 2002 et d’autres réformes adoptées en 2005 ont permis d’élargir la définition des situations de pornographie juvénile visées par la loi.

    Le leurre d’enfant au moyen d'un ordinateur (Depuis 2012 : leurre d'un enfant par un moyen de télécommunication) est une infraction enregistrée par les services de police qui a aussi connu une augmentation importante sur cinq ans, passant de 20 cas en 2003 à 149 en 20088.

    Cette hausse s’expliquerait possiblement par l’intervention policière accrue et par une plus grande sensibilisation du public au leurre d’enfants. Ces dernières années, un certain nombre d’initiatives fédérales et provinciales ont été prises afin de lutter contre toutes les formes d’exploitation sexuelle sur Internet, dont la mise en place d’un service de signalement pancanadien pour les enfants exploités sexuellement sur Internet8.

Tableau 5. Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’infractions sexuelles déclarées à la police au Canada selon le sexe – 201228
  Enfants et jeunes victimes
Sexe Total
Nombre Taux / 100 000
Total 14 055 205
Filles 11 381 341
Garçons 2 649 75

Source : DUC 2 – Statistique Canada

Tableau 6. Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’infractions sexuelles déclarées à la police au Canada selon l’âge et le type d’infraction - 201228
  Enfants et jeunes victimes selon l’âge
Infractions sexuelles* 0 à 3 ans 4 à 6 ans 7 à 11 ans 12 à 15 ans 16 et 17 ans Total
N Taux N Taux N Taux N Taux N Taux N Taux
Total infractions sexuelles
580
38
1 698
150
3 255
179
6 121
399
2 401
283
14 055
205
Agression sexuelle niveau 1
401
26
1 211
107
2 201
121
4 216
275
2 130
251
10 159
148
Contacts sexuels
147
10
385
34
728
40
1 173
76
---
---
2 433
35
Leurre d’enfant/entente ou arrangements
0
0
3
0
55
3
246
16
60
7
364
5
Exploitation sexuelle
---
---
---
---
---
---
---
---
95
11
95
1

* Sélection non exhaustive d’infractions sexuelles
--- n’ayant pas lieu de figurer

Source : DUC 2 – Statistique Canada

Tableau 7. Enfants et jeunes de 0 à 17 ans qui ont été victimes d’infractions sexuelles déclarées à la police au Canada selon le sexe de la victime et lien avec l’auteur présumé - 2008
  Enfants et jeunes victimes selon le sexe
Auteur présumé Total Filles Garçons
Nombre % Nombre % Nombre %
Total membre de la famille 4 516 33 3 635 33 881 35
Parent§ 1 698 12 1 396 13 302 12
Frère ou sœur¥ 1 213 9 921 8 292 12
Famille élargie 1 573 12 1 288 12 285 11
Autre membre de la famille 32 0 30 0 2 0
Total amis et connaissances 5 754 42 4 690 42 1 064 43
Position d’autorité 701 5 505 5 196 8
Petit ami ou petite amie 422 3 412 4 10 0
Ami ou amie 1 083 8 845 8 238 10
Connaissance 3 303 24 2 727 24 576 23
Étranger 1 317 10 1 118 10 199 8

Source : DUC 2 – Statistique Canada
§ Parents naturels, adoptifs, beaux-parents et les parents en famille d’accueil
¥ Frères et sœurs naturels, les demi-frères et les demi-sœurs, ainsi que les frères et sœurs par alliance, par adoption ou en famille d’accueil.

  • Source de données : Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire – DUC 2Cliquez pour voir plus.

    Le Programme uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC 2) sert à recueillir des renseignements détaillés sur les affaires criminelles qui ont été portées à l’attention des services de police canadiens et dont ceux-ci ont établi le bien-fondé. Tous les ans, Statistique Canada et le ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP) publient les statistiques annuelles sur les crimes déclarés par la police de chaque province à partir des données du DUC 2, permettant ainsi de documenter la criminalité de nature sexuelle au Canada et au Québec. Les données proviennent de 155 services police, lesquels desservaient 98 % de la population du Canada en 2008.

    Les statistiques présentées portent sur les infractions d’agressions sexuelles (l’agression sexuelle -niveau 1, l’agression sexuelle armée ou causant des lésions corporelles - niveau 2 et l’agression sexuelle grave - niveau 3) et sur les autres infractions sexuelles qui visent surtout les affaires de violence sexuelle envers des enfants et qui sont : les contacts sexuels, l’incitation à des contacts sexuels, l’exploitation sexuelle, l’inceste, les relations sexuelles anales non consentantes ou entre personnes de moins de 18 ans, la bestialité et, depuis 2008, la corruption d’enfant, le leurre d’un enfant au moyen d’un ordinateur et le voyeurisme.

    **Il est à noter que les statistiques annuelles compilées par le DUC 2 incluent les infractions sexuelles dites « historiques », soient celles qui ont été commises il y plusieurs années, mais déclarées dans la dernière année, puisque celles-ci sont comptabilisées le jour de leur déclaration. Les infractions sexuelles sur des mineurs enregistrées renvoient donc aux infractions qui ont été commises sur des enfants de moins de 18 ans et qui ont été enregistrées dans la dernière année, peu importe l’âge de la victime au moment de la déclaration.

    Données sur les tendances des crimes déclarés par la police

    Outre les données du DUC 2 qui regroupe les informations compilées par 155 services de police, lesquels desservaient 98 % de la population du Canada en 2008, le fichier de données DUC sur les tendances renferme les renseignements obtenus auprès de 63 services de police qui déclarent systématiquement des données au Programme DUC 2. Ces services ne desservaient que 54 % de la population du Canada en 2008.

Données d’enquêtes populationnelles

Faits saillants

  • En 2006, une étude effectuée auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte québécoise a montré qu’environ un homme sur 10 (9,6 %) et près d’une femme sur quatre (22 %) rapportaient avoir été victime d’au moins une agression sexuelle avec contact avant l’âge de 18 ans, représentant 16 % de la population québécoise1. Ces taux sont comparables à ceux d’études nord-américaines13,14.
  • Au Québec, 19 % des Québécoises et Québécois qui rapportaient avoir été agressés sexuellement durant leur enfance rapportaient également avoir vécu dans leur enfance de la violence physique et 14 % de la violence psychologique1.
 
 
Une définition large de l’agression sexuelle dans les études de prévalence (i.e. incluant les agressions sexuelles sans contact), plutôt que restrictive (ex. agression sexuelle avec contact ou avec pénétration) entraîne des taux de prévalence plus élevés dans les enquêtes populationnelles15.

Données québécoises

  • En 2006, une étude de prévalence des mauvais traitements envers les enfants auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte québécoise a montré qu’environ un homme sur 10 (9,6 %) et près d’une femme sur quatre (22 %) rapportaient avoir été agressés sexuellement avant l’âge de 18 ans, représentant 16 % de la population québécoise1. Ces taux sont comparables aux enquêtes de prévalence en Amérique du Nord13.

Données internationales

  • Ampleur des agressions sexuellesCliquez pour voir plus.

    • Selon une méta-analyse réalisée dans 22 pays, la proportion de la population à avoir été victime au moins une fois d’agression sexuelle avec contact dans l’enfance est de 20 % chez les femmes et de 8 % chez les hommes15.
    • En Amérique du Nord, les meilleures estimations de la prévalence de l’agression sexuelle avec contact dans l’enfance, soit la proportion de la population à avoir été victime au moins une fois d’agression sexuelle avant l’âge de 18 ans, sont de 22 % chez les femmes et de 9 % chez les hommes14.
    • Une enquête populationnelle réalisée en 2010 auprès d’un échantillon représentatif de la population américaine a montré que 18,3 % des femmes adultes avaient vécu un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie. Parmi ces victimes, 42,2 % avaient subi un viol pour la première fois avant 18 ans (30 % entre 11 et 17 ans et 12 % avant l’âge de 10 ans), montrant que cette forme d’agression sexuelle survient tôt dans la vie des femmes16.
  • Évolution Cliquez pour voir plus.

    Les enquêtes ayant mesuré la prévalence de l’agression sexuelle avec contact dans l’enfance auprès de répondants adultes et qui ont considéré l’âge des répondants au moment de l’étude ont permis de montrer, autant au Québec (voir tableau 8) qu’ailleurs dans le monde, que les taux de prévalence dans l’enfance ne variaient pas significativement selon les groupes d’âge, permettant de conclure en une certaine stabilité de la prévalence des agressions sexuelles dans le temps13.

    Tableau 8. Prévalence de l’agression sexuelle dans l'enfance autorapportée au Québec selon le groupe d’âge des répondants*1
      18-24 ans 25-44 ans 45-64 ans 65 ans et +
    Prévalence autorapportée de l’agression sexuelle avec contact dans l’enfance 12,6 % 17,4 % 16 % 14,8 %

    * Aucune différence statistiquement significative entre les groupes d’âge

  • Autres formes de violenceCliquez pour voir plus.

    • Dans une recension des écrits de 29 études, des auteurs ont établi la prévalence moyenne de cooccurrence double avec l’agression sexuelle, soit les cas où une victime rapporte avoir vécu au moins une agression sexuelle et une autre forme de mauvais traitements dans l’enfance, à 16 % et à entre 5 % et 17 % la prévalence de cooccurrence triple qui inclut l’agression sexuelle17.
    • Au Québec, 19 % des Québécoises et Québécois qui rapportaient avoir été agressés sexuellement durant leur enfance rapportaient également avoir vécu dans leur enfance de la violence physique et 14 % de la violence psychologique1.
 
 

Références

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  2. Agence de la santé publique du Canda. (2010). Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants – 2008 : Données principales. Ottawa.
  3. Collin-Vézina, D. et Turcotte, D. (2011, juin). L’abus sexuel envers les enfants au Canada : les victimes, les auteurs et les contextes. Communication présentée au Colloque international sur l’exploitation sexuelle des enfants et des conduites excessives. La Malbaie, Canada.
  4. Ministère de la sécurité publique du Québec (2012). Infractions sexuelles au Québec : Faits saillants 2010. Québec : Gouvernement du Québec.
  5. Collin-Vézina, D. et Tourigny, M. (2011, septembre). Les taux d’agression sexuelle au Québec et au Canada : Que comprendre des données issues des études d’incidence et de prévalence ? Communication présentée au Congrès international francophone sur l’agression sexuelle-CIFAS. Montreux, Suisse.
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  11. Trocmé, N., Fallon, B., MacLaurin, B., Daciuk, J., Felstiner, C., Black, T. et al. (2005). Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants – 2003. Données principales. Ottawa : Ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux du Canada.
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