Prévention des intoxications non intentionnelles au domicile des enfants

Intoxications non intentionnelles

Auteurs :

Monique Dorval, Centre antipoison du Québec

Anne Letarte, Centre antipoison du Québec

France Leblanc, Centre antipoison du Québec

Sylvain Leduc, Agence de la santé et des services sociaux du Bas-St-Laurent

Soutien à la rédaction :

Amélie Ferland-Dufresne

Révision :

Marie Édith Ouellet, Centre antipoison du Québec

Mise à jour (février 2012) :

Guillaume Burigusa, Institut national de santé publique du Québec

Les cas d’intoxications pédiatriques accidentelles à domicile constituent encore un problème de santé publique important. En 2010, 16 933 intoxications de ce type ont été répertoriées par le Centre antipoison du Québec (CAPQ), auprès des enfants de cinq ans ou moins. Durant la période 2007 à 2009, 192 enfants de 5 ans ou moins ont été hospitalisés, en moyenne, à chaque année, en raison de ce problème.

L’expérience montre que certaines circonstances entourant les intoxications accidentelles, comme les comportements, les habitudes de vie, l’environnement physique ou social peuvent être modifiées de façon à éviter les accidents. Par exemple : l’installation de loquets de sécurité sur les portes d’armoire et les tiroirs. Chaque exposition évitée représente un pas de plus vers la sécurité de l'enfant.

Une exposition à une substance nocive n’entraîne pas nécessairement de symptômes requérant des soins médicaux : 90 % des intoxications pédiatriques rapportées au Centre antipoison du Québec sont traitées à domicile. Les catégories de produits en cause dans la majorité des cas sont les médicaments, les produits d’usage domestique ou industriel, les drogues, les plantes et les champignons.

Les experts en santé publique ont un rôle à jouer dans la prévention en informant et en sensibilisant les parents quant aux moyens à prendre pour réduire les risques d’exposition aux produits dangereux et pour intervenir rapidement en cas d’intoxication. Ces experts peuvent le faire, entre autres, à travers les médias d’information.

  • En 2010, le CAPQ a répertorié 16 933 cas d’intoxications accidentelles auprès des enfants âgés de 5 ans ou moins, ce qui représentait 37 % de l’ensemble des cas répertoriés dans la population. Durant la période 2007 à 2009, ce type d’intoxication était associé à 192 hospitalisations par année, en moyenne, chez les moins de 5 ans, ce qui en fait une cause importante d’hospitalisations par traumatisme, pour ce groupe d’âge.
  • Les parents tendent à surestimer à la fois la capacité des enfants à agir de façon sécuritaire et leur propre capacité à surveiller les enfants. C’est pourquoi il est essentiel de rendre l’environnement sécuritaire.
  • Il faut garder tous les produits dangereux et les médicaments hors de la vue et de la portée des enfants, préférablement sous clé.
  • Il existe des moyens très simples pour éviter les intoxications (ex. : loquets de sécurité, bouchons de sécurité, etc.).
  • Les parents devraient toujours conserver le numéro de téléphone du Centre antipoison du Québec (1-800-463-5060) près du téléphone, sinon, on peut le retrouver à la première page du bottin téléphonique ou sur le site http://www.antipoison.ca.

Tableau 1 - Évolution des cas d’intoxication répertoriés par le CAPQ, selon l’âge1
Année 0 à 5 ans 6 ans et + Total
N % N % N %
1993 23 574 51,6 22 143 48,4 45 717 100,0
1998 23 613 40,9 33 896 59,1 57 509 100,0
2003 17 850 37,9 29 194 62,1 47 044 100,0
2006 18 335 37,4 30 677 62,6 49 012 100,0
2010 16 933 37,4 28 388 62,6 45 257 100,0

Tableau 2 - Évolution des cas d’intoxication chez les 0-5 ans répertoriés par le CAPQ, selon la nature du suivi proposé2
Année Cas gérés à domicile Cas référés à un centre hospitalier Données manquantes Total
N % N % N % N %
1993 20 984 89,0 2 547 10,8 43 0,2 23 574 100,0
1998 21 323 90,3 2 290 9,7 0 0,0 23 613 100,0
2003 16 376 91,7 1 474 8,3 0 0,0 17 850 100,0
2006 16 562 90,3 1 773 9,7 0 0,0 18 335 100,0
2010 15 202 89,8 1 684 9,9 47 0,3 16 933 100,0

Intoxications chez les 0-5 ans

  • En 2010, 37,42 % des cas d’intoxication rapportés au CAPQ concernaient des enfants de 0 à 5 ans (n = 16 933), soit plus de 46 cas par jour3

On note une évolution à la baisse du nombre de cas d’intoxication chez les 0-5 ans au cours de la période de 1998 à 20104

Nature du suivi proposé par le CAPQ pour les 0-5 ans

  • Neuf fois sur dix, les cas d’intoxication rapportés au CAPQ ont été traités à domicile grâce à des recommandations et des conseils donnés par téléphone5
  • La proportion des cas traités à domicile semble relativement stable depuis les dix-sept dernières années (1993 à 2010)6

Décès et hospitalisations7

  • Les décès pour cause d’intoxication accidentelle chez les enfants sont très rares. Durant la période 2000 à 2007, ce problème a causé trois décès chez les enfants de 0 à 5 ans.
  • Les intoxications accidentelles sont toutefois une cause importante d’hospitalisations par traumatisme. Ce type d’intoxication est associé à 192 hospitalisations par année, en moyenne, chez les moins de 5 ans, durant la période 2007-2009.
  • L’intoxication est causée par l’exposition à des produits dangereux ou à des médicaments (ex. : produits domestiques dangereux entreposés dans des armoires non verrouillées, substance toxique non identifiée transvidée dans un autre contenant, absence de contenant protège-enfant)8,9
  • Les intoxications surviennent souvent au moment de l’utilisation du produit alors qu’il y a un relâchement momentané de vigilance (ex. : pour répondre à la porte ou au téléphone ou lors de la préparation des repas).10
  • La majorité des intoxications chez les enfants de cinq ans et moins surviennent en milieu résidentiel; les dérangements à l’environnement ou à la routine (ex. : déménagement, vacances, en visite)11 sont des moments particulièrement propices.
  • Les intoxications se produisent de plusieurs façons. Dans l’ordre de la plus fréquente à la moins fréquente, pour l’année 2010, les intoxications se sont produites par ingestion, par contact avec les yeux, par contact avec la peau et par inhalation12.
  • En 2010, 90 % des cas d’intoxication chez les enfants de 0 à 5 ans concernaient des produits ou des médicaments qui avaient été avalés13
  • En 2010, près de la moitié des cas d’intoxication (43 %) ont été causés par les produits domestiques : détergents, peinture, produits d’hygiène personnelle, plantes et champignons. L’ingestion de médicaments compte pour 49 % des cas d’intoxication; l’acétaminophène, les médicaments contre l’anxiété, les antidépresseurs et les médicaments contre le rhume et la grippe14,15 sont en tête de liste.
  • Les produits en cause varient selon la saison16 Par exemple, au printemps et à l’été, il s’agit souvent de produits de nettoyage, de produits pour la piscine, de pesticides, de produits pour le barbecue, de fruits sauvages, de plantes, de champignons et de médicaments contre les allergies. L’automne et l’hiver, il s’agit plus fréquemment de monoxyde de carbone, de champignons, d’antigel (lave-glace), de sirop contre le rhume, de vitamines, de décorations de Noël, de combustibles et de protecteur pour le cuir et le suède.

Il existe deux grandes catégories de facteurs de risque dans cette problématique : les facteurs liés aux individus et les facteurs liés à l’environnement17,18.

Facteurs liés aux individus

Enfants

  • L’âge : le type de risque varie selon le stade de développement de l’enfant. Par exemple, entre 6 et 12 mois, l’enfant explore le monde avec ses doigts et sa bouche, tandis que vers un ou deux ans, il vide les boîtes, les bouteilles et les contenants.
  • Le sexe : la fréquence d’exposition est plus élevée chez les garçons que chez les filles.
  • Le poids : une dose identique de médicament peut être toxique chez un enfant et non pour un autre en raison de la différence de poids.

Parents

  • L’analphabétisme : le parent pourrait, par exemple, mal lire l’étiquette ou la dose.
  • Les croyances populaires : par exemple, certains parents accrochent un morceau de camphre au sous-vêtement de bébé pour prévenir la grippe.
  • L’usage de drogue et d’alcool : par exemple, les enfants peuvent vider les fonds de verre ou de cendrier après une fête

Facteurs liés à l’environnement

Accès aux produits

  • Espace de rangement inadéquat (ex. : produits à la vue ou à la portée de l’enfant, absence de loquet de sécurité)

Contenant

  • Étiquette (absente, abîmée, non lisible) ;
  • Étanchéité ;
  • Bouchon (manquant, brisé, non sécuritaire) ;
  • Produit transvidé dans un contenant autre que son contenant d’origine ;

Conditions ambiantes

  • Éclairage insuffisant (ex. : risque d’erreur d’identification du médicament, risque d’erreur de dose) ;
  • Salubrité et désordre des lieux (ex. : déménagement, rénovations) ;
  • Ventilation inadéquate ;
  • Milieu (à l’intérieur, à l’extérieur).

Moment

  • Au Centre antipoison du Québec, l’heure de pointe des appels se situe entre 17 h et 21 h, ce qui correspond au moment du repas et du coucher.

Mesures visant à rendre l’environnement plus sécuritaire

L’affichage des symboles d’alerte :

Les bouchons de sécurité :

L’entreposage des médicaments et des produits toxiques :

  • L’installation de loquets de sécurité aux armoires et aux tiroirs constitue une mesure de prévention des plus importantes, de même que de mettre les produits potentiellement dangereux hors de la portée et de la vue des enfants.
  • Certains textes de loi canadiens et québécois ont une portée sur la prévention des intoxications (voir la section Lois et règlements), notamment parce qu’ils réglementent :
    • la Loi sur les produits dangereux, qui comprend le Règlement sur les produits chimiques et contenants de consommation (2001), permet d’informer les parents quant aux risques associés à l’utilisation et à l’entreposage de ces produits.
    • les trois principales lois qui concernent les contenants sont la Loi sur les aliments et drogues, la Loi sur la pharmacie et la Loi sur les produits dangereux.
    • la Loi sur les Centres de la petite enfance et autres services de garde à l’enfance établit des normes visant à protéger la santé et à assurer la sécurité des enfants, notamment en ce qui concerne l’entreposage des produits d’entretien.

Mesures visant à favoriser l’adoption de comportements sécuritaires

  • Programmes de visites postnatales à domicile pour des familles ciblées visant à aider les parents à rendre leur domicile plus sécuritaire.19
  • Campagnes de sensibilisation de la population (ex. : Semaine nationale de prévention des intoxications): bon prétexte pour obtenir une visibilité auprès de la population à travers les médias.
  • Programme de récupération des médicaments périmés ou inutilisés et de collecte de produits dangereux dans le but de réduire les risques.

Comportements sécuritaires à promouvoir20, 21

  • Placer les produits chimiques et les médicaments hors de la vue et de la portée des enfants, par exemple dans une armoire ou un tiroir muni d’un loquet de sécurité ;
  • Acheter seulement des produits vendus dans des contenants munis d’un bouchon de sécurité ;
  • Conserver les produits domestiques et les médicaments dans leur contenant d’origine. Éviter de les transvider dans un autre contenant ;
  • Toujours garder le contenu du sac à main et du sac à couches hors d’atteinte des jeunes enfants ;
  • En visite, inspecter rapidement l’environnement afin de s’assurer qu’il est sécuritaire pour les enfants ;
  • Toujours lire l'étiquette avant d'utiliser un produit ;
  • Ne jamais se fier au fait que les contenants sont munis de bouchons de sécurité; ceux-ci n’éliminent pas complètement le risque d’intoxication : même s’il y met plus de temps, l’enfant peut arriver à les ouvrir ;
  • Ne jamais mélanger de produits de nettoyage à l’eau de javel; cela peut provoquer le dégagement de gaz toxiques ;
  • Mesurer la dose de médicament à donner dans un endroit bien éclairé, en utilisant un instrument à mesurer ;
  • Ne pas utiliser de produits industriels à la maison; les produits industriels sont souvent plus concentrés (donc plus toxiques) ou contiennent des ingrédients plus toxiques que les produits destinés à l’usage domestique ;
  • Éviter d'acheter des médicaments en format commercial sans bouchon protège-enfant dans un centre de distribution (ex : format de 250 comprimés d'acétaminophène 500mg) ;
  • Retourner les médicaments périmés ou inutilisés à la pharmacie ;
  • Connaître le nom des plantes à l’intérieur et à l’extérieur de la maison : conserver les étiquettes d’identification bien en vue près des plantes ;
  • Identifier la plante si un accident survient : conserver un échantillon de la plante (branche avec feuilles, fleurs ou fruits) pour la montrer directement à un spécialiste en botanique ou en toxicologie ou pour lui transmettre une photo numérique par courriel ;
  • Garder les jeunes enfants (moins de 6 ans) sous surveillance constante lors de la cueillette de petits fruits sauvages ;
  • Porter des gants pour bouturer les plantes, désherber le jardin ou couper des piments forts ;
  • Consommer uniquement les plantes comestibles dont l’identification est certaine. Non toxique ne veut pas dire comestible ;
  • Consulter un spécialiste en extermination pour l’utilisation des pesticides ;
  • Connaître les premiers soins requis en cas d’intoxication ;
  • Garder le numéro du Centre antipoison du Québec près du téléphone ou consulter la première page de tout bottin téléphonique pour connaître ce numéro ;
  • Se munir d'un détecteur de monoxyde de carbone si vous possédez un foyer, un poêle à bois, un garage attenant à la maison ou tout appareil à combustion. 

Voici une liste des principaux textes législatifs qui peuvent contribuer à la prévention des intoxications.

Les médicaments

La Loi sur les aliments et drogues de Santé Canada concerne l’homologation des médicaments. Les articles 9.(1) et 9.(2) interdisent d'étiqueter, d'emballer, de traiter, de préparer ou de vendre un médicament ou d'en faire la publicité d'une manière fausse, trompeuse ou mensongère ou susceptible de créer une fausse impression quant à sa nature, sa valeur, sa quantité, sa composition, ses avantages ou sa sûreté.

Le Règlement sur les aliments et drogues contient plusieurs articles qui concernent plus ou moins directement les intoxications : réglementation de l’étiquetage; interdiction de vendre ; selon posologie ; un médicament qui n'a pas fait l'objet d'une identification numérique; obligation pour le fabricant d’un médicament de fournir les informations et de faire des analyses relatives aux réactions indésirables; interdiction de vendre un médicament pour usage humain qui contient du chloroforme, de l'arsenic ou l'un de ses sels ou dérivés. D’autres articles concernent plus particulièrement les enfants :

  • C.01.031 : est interdite la vente d'un médicament mentionnée au paragraphe C.01.029 (1) à moins
    • qu'il ne soit emballé dans un emballage protège-enfants lorsque le médicament est recommandé exclusivement pour les enfants,
    • qu'il ne soit offert dans au moins un format d'emballage protège-enfants lorsque le médicament n'est pas recommandé exclusivement pour les enfants;
    • lorsqu'un médicament mentionné au paragraphe C.01.029(1) est emballé dans un emballage qui n'est pas un emballage protège-enfants, l'étiquette extérieure doit indiquer que le médicament est disponible dans un emballage protège-enfants.
  • C.01.037 (1) : il est interdit de vendre au grand public un médicament recommandé exclusivement pour les enfants et qui renferme de grandes quantités de certains ingrédients (ex. : plus de 1,92 g de salicylamide, plus de 1,92 g d'acide acétylsalicylique, plus de 3,2 g en unités posologiques de 160 mg d'acétaminophène, etc.).

Le Règlement sur les produits de santé naturels (depuis 2004). En vertu de l’article 97 du Règlement, plusieurs articles, paragraphes et alinéas du Règlement sur les aliments et drogues s’appliquent aux produits de santé naturels concernant les mises en garde et les emballages protège-enfants.

La Loi sur la pharmacie concerne la distribution et la vente des médicaments au Québec. Elle gouverne le travail des pharmaciens.

Le Code de déontologie des pharmaciens : article 4.01.01, alinéa U: est dérogatoire à la dignité de la profession, le fait pour un pharmacien de vendre au public, en exécution ou non d'une ordonnance, un médicament dans un contenant autre qu'un contenant à fermoir de sécurité, sauf si l'état de santé du patient ne lui permet pas d'utiliser un tel contenant et que ce dernier lui en fait la demande. Le présent article ne s'applique pas aux médicaments qui sont livrés aux patients dans le contenant original du fabricant.

Les produits domestiques

La Loi sur les produits dangereux contient le Règlement sur les produits chimiques et contenants de consommation (2001). Le Règlement, administré par Santé Canada, concerne la vente, l'importation et la publicité des produits (critères pour les catégories, l'étiquetage, le contenant, etc.). Il oblige les fabricants à fournir de l’information sur les dangers des produits chimiques (toxicité, corrosivité, inflammabilité et explosion) grâce à un étiquetage préventif (symboles sur les contenants : la tête de mort, la main de squelette, la flamme et l’explosion). Les bouchons protège-enfants sont obligatoires sur une gamme de produits (ex. : alcool méthylique, colle extra-forte, etc.). Les produits extrêmement dangereux sont bannis.

Le Règlement concerne aussi :

  • les meubles et autres articles pour enfants et enduits de revêtements protecteurs (…) contenant des composés du plomb et dont la teneur en plomb dépasse 0,50 % du poids total des corps solides, y compris les pigments, les corps solides de la pellicule et les siccatifs.
  • les jouets, le matériel et les produits destinés à l'éducation ou à la récréation des enfants qui :
    • sont constitués entièrement ou partiellement ou imprégnés de celluloïd ou de nitrate de cellulose, à l'exclusion des balles de ping-pong;
    • contiennent l'une des substances suivantes, dans les cas où la substance peut devenir, dans des circonstances raisonnablement prévisibles, accessible à un enfant, ou qui est une matière de remplissage pouvant être libérée à la suite d'une cassure ou d'une fuite : tétrachlorure de carbone ou substance contenant du tétrachlorure de carbone;
    • sont recouverts d'un enduit décoratif ou protecteur contenant certaines substances (ex. : pigments plombifères; plus de 0,5 % poids/poids de plomb dans l'ensemble des solides que contient cet enduit; composé de mercure, etc.);
    • contiennent des graines de plantes servant de matériau de rembourrage ou servant à faire du bruit, lorsque le produit est destiné à être utilisé par un enfant de moins de trois ans;
    • sont utilisés par les enfants pour gonfler des ballons et qui contiennent un solvant aromatique, aliphatique ou tout autre solvant organique, lorsque ce solvant ou une vapeur de ce solvant peut se dégager directement dans la bouche au cours ou par suite de l'utilisation normale du produit;
  • les produits pour bébés, y compris jouets de dentition, sucettes et tétines, destinés à être portés à la bouche et dont le remplissage renferme un micro-organisme viable;
  • sont composés, en tout ou en partie, de dérivés d’amiante et qui sont fabriqués de telle façon que de l'amiante peut s'en détacher.

Les pesticides

La Loi sur les produits antiparasitaires concerne l’homologation des produits. Elle est administrée par l'Agence de réglementation sur la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada. Tous les produits antiparasitaires sont visés par la loi. Après avoir été évalués, les produits sont homologués et doivent alors porter une étiquette qui contient les éléments suivants : le nom du produit, le numéro d’enregistrement, le mode d’emploi, les mises en garde, les symboles de danger, etc.

La Loi québécoise sur les pesticides a pour objet de régir et de contrôler les activités relatives à la distribution, à la vente, à l'entreposage, au transport ou à l'utilisation de tout pesticide, de tout contenant d'un pesticide ou de tout équipement servant à l'une de ces activités. 

Les cosmétiques

La Loi sur les aliments et drogues et le Règlement sur les cosmétiques sont régis par le Bureau de la sécurité des produits par l'entremise du programme sur les cosmétiques. La loi oblige les importateurs et les fabricants de cosmétiques à enregistrer leurs produits auprès de Santé Canada. Les produits sont vérifiés afin de s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’ingrédients dangereux. Éventuellement, les importateurs et les fabricants auront l’obligation d'afficher la liste des ingrédients sur les produits.

Les centres de la petite enfance

La Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l’enfance (L.R.Q., Chapitre C-8.2) impose des normes en matière d'aménagement, d'équipement, d'entretien et de sécurité des locaux et des aires de jeu afin de protéger la santé et d’assurer la sécurité des enfants. Les normes concernent notamment l’entreposage des médicaments et des produits toxiques (comme les produits d’entretien). Rappelons que tous les établissements régis par la Loi sur les centres de la petite enfance et autres services de garde à l’enfance sont visés par le Code de gestion des pesticides, contenu dans la Loi québécoise sur les pesticides.

Les produits industriels et commerciaux

Le SIMDUT (Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail) est un élément important de la Loi sur les produits dangereux et du Règlement sur les produits contrôlés de Santé Canada. La Commission de la santé et la sécurité au travail (CSST) est chargée de son administration au Québec. Le SIMDUT vise à protéger la santé et la sécurité des travailleurs en favorisant l'accès à l'information sur les matières dangereuses utilisées au travail. Les éléments essentiels du SIMDUT se composent d'étiquettes de précaution sur les contenants de «produits contrôlés», de fiches signalétiques et de programmes de formation pour les travailleurs.

Réalisations passées

Les directions de santé publique

Depuis plusieurs années, certaines directions de santé publique encouragent les infirmières et autres intervenants à profiter des formations offertes par le Centre antipoison du Québec afin qu’ils soient bien outillés pour faire de la prévention des intoxications.

D’autres directions de santé publique ont mis en place différentes mesures préventives recommandées dans le Programme national de santé publique du Québec. Pour les enfants et les adolescents, le programme prévoit :

  • les activités de prévention des blessures à domicile
  • à l’intention des enfants :
  • Intégration des activités portant sur la prévention des intoxications, aux actions préventives s’adressant aux bébés, aux jeunes enfants et à leurs parents notamment. Les services intégrés en périnatalité et petite enfance à l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité.

Le Centre antipoison du Québec22

Le Centre antipoison du Québec (CAPQ) a pour mission d'assister la population et les professionnels de la santé dans le diagnostic et le traitement des intoxications aiguës et de participer à la prévention des intoxications aiguës sur l’ensemble du territoire québécois.

Le CAPQ offre un service d’urgence toxicologique accessible par téléphone (1-800-463-5060) 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Il agit à titre de référence en toxicologie clinique pour tous les professionnels de la santé du Québec. Une équipe d’infirmières spécialisées en information toxicologique assure la réponse téléphonique; l`équipe est encadrée par un groupe de médecins toxicologues. Le CAPQ offre un service de consultation médicale spécialisée ainsi qu’un service d’analyses toxicologiques accessible aux professionnels de la santé.

Le CAPQ produit du matériel de prévention et du matériel didactique, il organise des activités de prévention des intoxications (ex. : Semaine nationale de prévention des intoxications), il dispense de la formation aux professionnels de la santé et aux étudiants en techniques ambulancières, en soins infirmiers, en pharmacie et en médecine. Il a publié le guide Les Antidotes en toxicologie d’urgence, 3ième édition en 2009.

Collaboration entre les directions de santé publique et le CAPQ

Au Canada, les médicaments et les produits non médicamenteux offerts en vente libre sont vendus dans les contenants d’origine, c’est-à-dire ceux fournis par les manufacturiers. Au cours des années 1990, les directions de santé publique et le CAPQ ont fait des représentations auprès de Santé Canada afin de faire modifier la Loi sur les aliments et drogues par rapport à certains médicaments et produits non médicamenteux offerts en vente libre, dans les pharmacies ou ailleurs. À cette époque, la loi interdisait la vente libre d’un médicament à moins qu’il ne soit aussi offert dans au moins un format d’emballage protège enfant. Les directions de santé publique et le CAPQ ont tenté de faire modifier cette partie de la loi pour un certain nombre de médicaments (ex. : Tylénol®) et de produits non médicamenteux (ex. : dissolvants pour vernis à ongle, diffuseurs de parfum d'ambiance) qui, selon les résultats d’une étude, représentaient un risque d’intoxication. Le but était d’obliger les manufacturiers à utiliser des contenants protège-enfant pour tous les produits en question sauf pour un seul format d’emballage, et non le contraire. Bien que la loi n’ait pas été modifiée, un certain nombre de manufacturiers ont tout de même volontairement décidé d’agir dans le sens de cette proposition.

L’Institut national de santé publique du Québec

Rédaction d’un avis scientifique concernant l’utilisation de sirop d’Ipéca et du charbon activé à domicile.23

Travaux en cours

Favoriser l’intégration d’activités de prévention des intoxications aux programmes conçus pour les bébés et les jeunes enfants, telles que le programme «Les services intégrés en périnatalité et petite enfance à l’intention des familles vivant en contexte de vulnérabilité. »

Poursuivre les représentations auprès de Santé Canada afin de faire modifier la Loi sur les aliments et drogues de manière à obliger les manufacturiers à utiliser des contenants protège-enfants pour certains produits (ex. : Tylénol®, dissolvants pour vernis à ongles) offerts en vente libre, dans les pharmacies ou ailleurs.

Promouvoir l’application optimale de la Loi sur la pharmacie, en particulier l’article 4.01.01, alinéa U du Code de déontologie, lequel vise les médicaments préparés par un pharmacien par opposition aux médicaments en vente libre. Selon cette loi, est dérogatoire à la dignité de la profession, le fait pour un pharmacien de vendre au public, en exécution ou non d’une ordonnance, un médicament dans un contenant autre qu’un contenant à fermoir de sécurité, sauf si l’état de santé du patient ne lui permet pas d’utiliser un tel contenant et que ce dernier lui en fait la demande.

Organismes et ressources Quelques ressources proposées Coordonnées
Centre antipoison du Québec
  • Service téléphonique
  • Information sur la prévention
  • Production et distribution de dépliants, d’affiches et d’autocollants
Site Web
1 800 463-5060
Association canadienne des centres antipoison
  • Information sur tous les centres antipoison du Canada
  • Information sur les événements comme la Semaine de prévention des intoxications
Site Web
Association américaine des centres antipoison
  • Statistiques
  • Dépliants en ligne
  • Conseils de prévention
  • Ressources
Site Web
Santé Canada
  • Section sur la sécurité des produits
  • Section qui donne des informations concernant les symboles affichés sur les produits de consommation
Site Web
Sécurité publique et Protection civile Canada
  • Information sur la prévention et la sécurité des enfants
Site Web
  1. CAPQ (1993,1998, 2003, 2006 et 2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  2. CAPQ (1993,1998, 2003, 2006 et 2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  3. CAPQ (2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  4. CAPQ (1993, 1998, 2003, 2006 et 2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  5. CAPQ (1993, 1998, 2003, 2006 et 2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  6. CAPQ (1993, 1998, 2003, 2006 et 2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  7. Gagné M. (2012). Décès (période 2000 à 2007) et hospitalisations (période 2007 à 2009) liés aux intoxications accidentelles chez les 0-5 ans. Institut national de santé publique du Québec. Production à la suite d’une demande spécifique.
  8. Leduc, S. (2004). « Sécurité des jeunes enfants à domicile », présentation réalisée à l’Université d’été francophone en santé publique à Besançon, Institut national de Santé publique du Québec.
  9. Letarte, A., Leblanc, F. et Dorval, M. (2001). Ébauche d’une fiche d’information destinée aux médias, Centre antipoison du Québec.
  10. Letarte, A., Leblanc, F. et Dorval, M. (2001). Ébauche d’une fiche d’information destinée aux médias, Centre antipoison du Québec.
  11. Leduc, S. (2004). « Sécurité des jeunes enfants à domicile », présentation réalisée à l’Université d’été francophone en santé publique à Besançon, Institut national de Santé publique du Québec.
  12. CAPQ (2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  13. CAPQ (2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  14. Letarte, A., Leblanc, F. et Dorval, M. (2001). Ébauche d’une fiche d’information destinée aux médias, Centre antipoison du Québec.
  15. CAPQ (2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  16. INSPQ et CAPQ (2001). Dépliant Attention poisons - Prévention et mesure à prendre, Institut national de santé publique du Québec, Centre antipoison du Québec.
  17. Leduc, S. (2004). « Sécurité des jeunes enfants à domicile », présentation réalisée à l’Université d’été francophone en santé publique à Besançon, Institut national de Santé publique du Québec, p.15.
  18. Letarte, A., Leblanc, F. et Dorval, M. (2001). Ébauche d’une fiche d’information destinée aux médias, Centre antipoison du Québec.
  19. Hamza, O., Beauregard, D. et al. La famille grandit : des habitudes pour mieux vivre, Guide d’intervention, Institut national de santé publique du Québec.
  20. Letarte, A., Leblanc, F. et Dorval, M. (2001). Ébauche d’une fiche d’information destinée aux médias, Centre antipoison du Québec.
  21. «Dorval, M. (2008). Ébauche pour la mise à jour du dépliant Jolie plantes : attention elles sont parfois sournoises».
  22. CLSC-CHSLD Haute-Ville-Des-Rivières (2003). Rapport annuel 2002-2003. www.cchvdr.qc.ca/Publications/RapportAnnuel/2002-2003/Page05-06.html
  23. Leduc S, Sergerie D, Sanfaçon G et Pelletier-Bourgeois C (2002). Avis scientifique concernant l’utilisation de sirop d’Ipéca et du charbon activé à domicile. Institut national de santé publique du Québec. 18 p. www.inspq.qc.ca/pdf/publications/101_SiropIpecaCharbonActive.pdf
  24. Gagné M. (2012). Décès (période 2000 à 2007) et hospitalisations (période 2007 à 2009) liés aux intoxications accidentelles chez les 0-5 ans. Institut national de santé publique du Québec. Production à la suite d’une demande spécifique.
  25. CAPQ (2010). Statistiques générales du Centre antipoison du Québec.
  26. Site du Centre antipoison du Québec : www.csssvc.qc.ca/services/capq.php.