Le tabagisme au Québec

La lutte contre le tabagisme demeure une priorité de santé publique au Québec. En effet, malgré une baisse importante de la prévalence du tabagisme tant chez les jeunes que chez les adultes depuis le milieu des années 90, plus de 1,4 million de Québécois et Québécoises font toujours usage du tabac et près de 13 000 personnes meurent chaque année de maladies causées par le tabagisme. De plus, la fumée de tabac a des effets nocifs chez les non-fumeurs qui y sont exposés: cancers, maladies respiratoires, maladies cardiovasculaires, effets sur le développement du fœtus, etc.

Il existe un consensus international quant aux mesures à mettre en place afin de prévenir l’usage de tabac chez les jeunes, protéger la santé des non-fumeurs d'une exposition involontaire à la fumée de tabac et favoriser l'arrêt tabagique chez les fumeurs. Ces mesures sont de nature économique, éducative, médiatique et législative. Au Québec, l'intervention gouvernementale de lutte contre le tabagisme, conforme à ce consensus, date de plus de 20 ans. Le Québec s'est doté d'instruments législatifs et réglementaires ayant permis de modifier au fil du temps les normes protabac qui prévalaient à l'époque.

Malgré ces gains de santé publique, les taux de tabagisme demeurent plus élevés chez certains groupes de population. On pense entre autres aux populations défavorisées, aux jeunes adultes, aux personnes présentant des troubles de santé mentale et de dépendance à d’autres substances, sans oublier les autochtones. L’arrivée récente de nouveaux produits comme la cigarette électronique, qui permet d’administrer de la nicotine sans tabac, de même que les produits chauffant du tabac sans atteindre le point de combustion, suscite, à la fois, beaucoup d’intérêt et de questions. Alors que ces produits pourraient offrir des alternatives moins dommageables à la santé des fumeurs dépendants, l’attrait de ces produits chez les jeunes non-fumeurs préoccuppe. Les impacts de la légalisation du cannabis feront aussi partie des questions d’intérêt au cours des prochaines années.

Les travaux de l’INSPQ visent à éclairer et à soutenir la prise de décision en matière d’interventions de lutte contre le tabagisme aux niveaux provincial et régional, tant en matière de prévention de l’initiation au tabagisme chez les jeunes, que de soutien offert aux fumeurs dans leur démarche de renoncement au tabac et de protection des non-fumeurs contre l’exposition à la fumée de tabac. Nos travaux incluent notamment la réalisation d’activités de veille scientifique, de synthèse de connaissances, de surveillance et de monitorage, d’évaluation, de recherche, de formation et d’expertise-conseil.

Données sur le tabagisme

Fumeurs quotidiens : la situation au Québec et dans le monde

Publications récentes sélectionnées

L’usage de la cigarette électronique chez les élèves du Québec et du reste du Canada : 2014-2015
16 octobre 2017

Benoit Lasnier, Annie Montreuil

Bien que les effets sur la santé à long terme demeurent peu connus, un consensus émerge à l’effet que la cigarette électronique serait moins dommageable pour la santé des fumeurs que les produits du tabac fumés. Toutefois, les jeunes et les non-fumeurs qui utiliseraient ce dispositif s’exposeraient à des risques pour leur santé qui sont encore mal connus. En 2014-2015, la proportion d’élèves québécois du secondaire qui rapportaient avoir déjà fait usage de la cigarette électronique au cours de leur vie était plus faible qu’en 2012-2013 (27 % c. 34 %). Toutefois, l’usage de la cigarette électronique au cours des 30 jours précédents a augmenté chez les fumeurs de cigarette (de 26 % à 49 %) et les non-fumeurs (de 3 % à 5 %) au cours de la même période au Québec. La proportion d’élèves ayant déjà fait usage de la cigarette électronique au cours de leur vie était plus élevée au Québec que dans le reste du Canada (27 % c. 15 %), mais la proportion d’élèves l’ayant utilisée au cours des 30 derniers jours était similaire (8 % c. 6 %). Des changements législatifs limitant l’accès et la visibilité de la CE aux mineurs ont récemment été adoptés au Québec, d’autres changements importants à l’échelle du Canada étant attendus au cours des prochaines années (ex. : réglementation de la CE, légalisation de la marijuana). Les prochains cycles de l’ECTADÉ permettront de suivre l’évolution de l’usage de la CE chez les élèves dans le contexte des changements législatifs attendus.

Synthèse des connaissances sur les interventions communautaires de prévention du tabagisme : mise à jour 2016
21 septembre 2016

Pascale Bergeron, Sébastien Tessier, Léa Gamache

Cette synthèse des connaissances a été entreprise afin de mettre à jour le volet consacré aux interventions communautaires d’un avis scientifique de l’INSPQ paru en 2004 sur la prévention du tabagisme chez les jeunes. Ces interventions communautaires regroupent un ensemble d’activités et de stratégies mises de l’avant par les communautés locales, comme la mobilisation de partenaires pour la mise en place de politiques publiques antitabac dans les communautés et de groupes de jeunes luttant contre le tabagisme dans leur communauté. La recension des écrits scientifiques a permis de constater que les interventions communautaires peuvent avoir des retombées intéressantes telles :

  • La mobilisation des jeunes et des communautés pour la lutte contre le tabagisme;
  • L’augmentation du pouvoir d’agir des jeunes et de leur capacité à résister à l’usage du tabac;
  • La mobilisation et l’adhésion des communautés en faveur de la mise en place de politiques publiques antitabac;
  • La transformation ou le maintien d’une norme sociale en faveur du non-tabagisme dans les communautés.

Ce faisant, les interventions communautaires contribuent à la prévention du tabagisme chez les jeunes.Ce type d’interventions permet de bonifier, d’adapter et de renforcer localement les efforts en matière de lutte contre le tabagisme et contribue ainsi au succès d’ensemble des programmes nationaux de prévention du tabagisme.

Portrait de la clientèle de la ligne j'Arrête ayant reçu un service de soutien à la cessation tabagique en 2013-2014
1er octobre 2015

Christine Stich, France Tissot

La ligne j'Arrête offre un service téléphonique d'aide à la cessation tabagique gratuit, bilingue et confidentiel à tous les fumeurs québécois qui désirent cesser de fumer ou à toute personne qui veut aider un fumeur dans sa démarche de cessation. Entre le 1er août 2013 et le 30 juillet 2014, les conseillers de la ligne j'Arrête ont traité 21 085 appels. Ce rapport dresse le profil des personnes ayant reçu un service téléphonique de soutien à l'arrêt tabagique de la ligne j'Arrête au cours de la période d'août 2013 à juillet 2014.

Interdictions de fumer dans des immeubles résidentiels : exposition, mesures législatives et acceptabilité sociale
20 août 2015

Annie Montreuil

Les résidents de logements qui interdisent de fumer à l’intérieur de leur domicile mais qui partagent une cloison avec un autre logement où l’on fume peuvent être exposés à des infiltrations de fumée malgré eux. L’exposition aux infiltrations de fumée dans les immeubles résidentiels soulève des interrogations quant à l’ampleur de cette exposition et à ses effets sur la santé. Cette revue de littérature non-systématique vise à éclairer la prise de décision au Québec au sujet de la pertinence d’interdire complètement de fumer dans des immeubles résidentiels. Cette revue nous apprend que les infiltrations de fumée provenant des logements voisins sont suffisantes pour être détectées mais dépassent rarement les seuils de qualité de l’air établis par les organismes de santé. Le fait d’habiter dans un immeuble complètement sans fumée réduit de manière significative l’exposition des non-fumeurs et des enfants qui habitent avec des fumeurs. Des immeubles complètement sans fumée existent dans certaines villes canadiennes et américaines grâce à des initiatives locales, mises sur pied pour pallier à l’absence de mesures législatives. Des données québécoises indiquent qu’une majorité de non-fumeurs préfèrerait habiter un immeuble complètement sans fumée. Des études réalisées ailleurs qu’au Québec suggèrent que les propriétaires ont certaines réticences à rendre leur immeuble complètement sans fumée, mais qu’il est possible de les surmonter.

Projet de loi 44 : Loi concernant la lutte contre le tabagisme - Mémoire déposé à la Commission de la santé et des services sociaux
20 août 2015

Annie Montreuil, Michèle Tremblay, Léa Gamache

Dans le présent mémoire, l’Institut analyse les principales modifications proposées dans le projet de loi 44 concernant la lutte contre le tabagisme déposé en mai 2015. L’INSPQ croit qu’il est judicieux d’encadrer la mise en marché de nouveaux produits ou accessoires liés au tabac comme la cigarette électronique dont on ne connaît pas l’impact en termes d’initiation ou de renoncement au tabac. Retirer l’ajout de tout arôme aux produits du tabac devrait rendre les premières expériences beaucoup moins agréables et ainsi prévenir l’usage du tabac chez plusieurs jeunes. Et la santé des non-fumeurs devrait être davantage protégée de l’exposition à la fumée de tabac grâce à l’ajout de nouveaux lieux où il serait dorénavant interdit de fumer. Par ailleurs, l’Institut considère que certaines mesures absentes devraient figurer au projet de loi, dont notamment une interdiction de fumer en tout temps dans les lieux servant à la garde d’enfants, une interdiction de fumer dans les établissements du réseau de la santé et des services sociaux, et une obligation pour les compagnies de tabac de présenter leurs produits dans des emballages de format neutre et prédéterminé.

L'usage de produits du tabac aromatisés chez les élèves québécois : 2012-2013
25 juin 2015

Benoit Lasnier

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la commercialisation des produits du tabac aromatisés est très préoccupante sur le plan de la santé publique, car elle se fait de manière importante auprès des jeunes. L’ajout de saveurs aux produits du tabac contribue à masquer le goût âpre de la fumée ainsi que la sensation d’irritation provenant de son inhalation, ce qui facilite leur consommation et favorise l’initiation au tabagisme. Afin d’informer les décideurs et les acteurs de santé publique quant à l’ampleur de cette problématique au Québec, la prévalence d’usage des différents produits du tabac aromatisés disponibles sur le marché a été estimée à l’aide des données de l’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes de 2012-2013. Les résultats situent à 26 % la proportion d’élèves du Québec ayant fait usage de produits du tabac aromatisés au cours de leur vie, ce qui est significativement plus élevé que la proportion de 13 % retrouvée chez les élèves du reste du Canada. Les élèves québécois se retrouvent par ailleurs en plus grande proportion que les élèves du reste du Canada à avoir consommé des cigarillos aromatisés (7 % c. 3 %) ou des cigares aromatisés (6 % c. 2 %) au cours du dernier mois.

Portrait de la clientèle et de l'utilisation du Service de Messagerie texte pour Arrêter le Tabac (SMAT)
25 juin 2015

France Tissot, Christine Stich

Le Service de Messagerie texte pour Arrêter le Tabac (SMAT), une initiative de la Société canadienne du cancer - Division du Québec, est un service d'aide à la cessation qui vise particulièrement les jeunes de 18 à 24 ans et les hommes, qui sont moins rejoints par les autres services de cessation offerts au Québec. Le service est conçu suivant la théorie des stades de changement de Prochaska et DiClimente (1983) et son utilisation a été analysée en conséquence. Ce rapport dresse le profil des personnes ayant eu recours au SMAT pour l'année 2013-2014. Il décrit également l'utilisation du service et des diverses composantes par l'ensemble des clients durant leur abonnement au service.

Regards sur un partenariat fructueux - Cinq ordres professionnels et l'Institut national de santé publique du Québec engagés dans la lutte contre le tabagisme
11 janvier 2012

Michèle Tremblay, Hélène Poirier

Le projet de mobilisation des professionnels de la santé par rapport à l’intervention en abandon du tabac a vu le jour en 2004. Ce projet visait à permettre au plus grand nombre possible de professionnels de la santé d’aider les fumeurs à cesser de fumer. Les ordres professionnels, en collaboration avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), ont développé différentes modalités de formation en vue d’optimiser les pratiques de counseling en abandon du tabac de leurs membres. L’INSPQ offrait le soutien scientifique aux ordres qui acceptaient de participer au projet. Cinq ordres professionnels se sont activement engagés dans ce projet, soit l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ), l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ), l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec (OPIQ). Ce document présente l’ensemble de la démarche à la base de ce projet, les quelque 75 réalisations des ordres professionnels au cours des années 2004 à 2011, les activités de recherche menées par l’INSPQ ainsi que des éléments de réflexion.

 

Lien vers un résumé des actions gouvernementales contre le tabagisme (site du MSSS)