Mesures de lutte contre les îlots de chaleur urbains : mise à jour 2021

  • Cette revue de la littérature rapporte les différentes mesures de lutte contre les îlots de chaleur urbains pouvant être mises en œuvre au Québec par les décideurs et gestionnaires immobiliers publics et privés, les acteurs municipaux, les organismes à but non lucratif et autres concepteurs de projets afin d’assurer des milieux de vie sains et confortables aux citoyens.
  • L’étalement urbain, la perte de couvert forestier, l’imperméabilisation des sols, l’utilisation de matériaux emmagasinant la chaleur, l’émission de chaleur et de gaz à effet de serre causée par les activités humaines, de même qu’une morphologie urbaine avec des quartiers denses et des rues étroites, sont des facteurs causaux des îlots de chaleur urbains. La hausse des températures et l’augmentation des vagues de chaleur dans un contexte de changements climatiques sont susceptibles d’exacerber leur effet.
  • Les îlots de chaleur urbains peuvent avoir des impacts néfastes sur l’environnement (p. ex., détérioration de la qualité de l’air), de même que sur la santé humaine et le bien-être. Certains facteurs de vulnérabilité accrue à la chaleur (p. ex., âge et maladies chroniques) justifient l’attention particulière devant être accordée à certaines populations dans l’implantation de mesures d’adaptation. Les îlots de chaleur urbains, souvent situés en quartiers défavorisés, contribuent également aux inégalités sociales de santé.
  • Les matériaux perméables permettent un rafraîchissement urbain en favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol et l’évaporation, alors que les matériaux à albédo élevé favorisent le rafraîchissement des villes en prévenant l’absorption du rayonnement solaire.
  • Les mesures de verdissement amènent des gains de fraîcheur élevés en milieu urbain. La végétation, lorsqu’utilisée sur les toitures ou les murs des bâtiments, améliore leur isolation, en les gardant frais en été et en limitant les pertes de chaleur l’hiver. Toutefois, les changements climatiques affectent les végétaux (chaleur, insectes); il importe donc de planter plus d’arbres, mais également de bien les choisir afin de limiter les effets délétères sur la santé et les risques de perte de canopée reliée aux différents aléas.
  • Les bâtiments existants et les nouvelles constructions doivent être adaptés aux changements climatiques. Le recours à la climatisation ne doit pas être considéré comme l’unique moyen pour rafraîchir le domicile; des solutions complémentaires doivent être explorées. Les enjeux liés à la chaleur urbaine sont à considérer dans l’architecture des bâtiments (p. ex., architecture bioclimatique) et dans l’urbanisme (p. ex., morphologie urbaine).
  • Les espaces bleus (p. ex., lacs, étangs) peuvent agir alternativement comme une source de chaleur ou de fraîcheur en milieu urbain. Ceux ayant une grande surface se révèlent en général plus efficaces en termes de fraîcheur, tout comme lorsque l’eau circule (p. ex., rivière) ou lorsque des technologies basées sur l’évaporation de l’eau sont utilisées (p. ex., fontaine). L’utilisation d’infrastructures vertes dans la gestion des eaux pluviales amène de nombreux bénéfices : atténuation des îlots de chaleur urbains, résilience aux inondations, amélioration de la qualité des eaux, etc.
  • La mise en place de mesures pour contrer les ICU, en plus d’améliorer les conditions de confort thermique, amène de nombreux bienfaits sur la santé humaine, tant mentale que physique, et prévient les morbidités et mortalités liées à la chaleur.
  • La combinaison de plusieurs mesures déployées à grande échelle est nécessaire et permet de réduire la chaleur des villes. L’implication de la communauté dans les projets de lutte contre les îlots de chaleur urbains est un gage de succès rapporté tant dans la littérature que dans les études de cas.
Mesures de lutte contre les îlots  de chaleur urbains : mise à jour 2021

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ISBN (électronique): 

978-2-550-90997-2

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