Bulletin d'information en santé environnementale

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Le Projet Habitat : documenter l’environnement bâti dans les milieux urbains défavorisés en Montérégie pour agir efficacement sur les inégalités environnementales

Auteur(s): 

  • Elisabeth Masson
    B. Sc. Responsable de la coordination professionnelle, Direction de santé publique de la Montérégie
  • Nolwenn Noisel
    Direction de santé publique de la Montérégie
  • Pascale Krzywkowski
    Direction de santé publique de la Montérégie

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Introduction

Tel qu’explicité dans les articles publiés conjointement dans ce numéro du BISE, l’environnement bâti et, plus largement les conditions d’habitat, exercent une forte influence sur plusieurs problématiques de santé, telles que les maladies chroniques ou respiratoires (asthme, maladies cardiovasculaires, allergies, obésité, etc.), la santé mentale ou les traumatismes (Bergeron & Reyburn, 2010; Institut canadien d'information sur la santé, 2006; Robitaille, 2009).

Il est dorénavant bien documenté qu’ensemble, les facteurs socioéconomiques et l’environnement physique ont une influence plus importante sur l’état de santé que les soins de santé (respectivement 60 % et 25 %) (Sous-comité sénatorial sur la santé des populations, 2009). Ainsi, la défavorisation, qu’elle soit matérielle ou sociale, conditionne à différents degrés l’environnement dans lequel vivent les populations (Pampalon & Raymond, 2003). Par exemple, les populations défavorisées peuvent être contraintes à vivre dans des quartiers situés près des sources de pollution ou de risque (autoroute, industries, etc.), ou encore dans lesquels les logements sont anciens et vétustes (Institut canadien d'information sur la santé, 2006).

Dans une perspective de responsabilité populationnelle, la mise en évidence des contrastes de l’environnement bâti, des inégalités environnementales et des iniquités de santé qui en découlent, vise à promouvoir l’action en amont sur des déterminants de santé, non seulement par le réseau de santé publique (local et régional), mais par un ensemble d’acteurs de divers secteurs de la société.

Cette orientation avait déjà été abordée dans le rapport annuel de la Directrice de santé publique de la Montérégie en 2006 (Direction de santé publique de la Montérégie, 2006). Cependant, l’environnement bâti en Montérégie, en particulier dans les milieux défavorisés, a été assez peu étudié à ce jour : compte tenu de la diversité des profils socioéconomiques des populations vivant sur le territoire et de la présence de zones fortement défavorisées. Le fait de dresser un portrait à une échelle géographique fine permettrait de mettre en évidence des contrastes territoriaux, généralement masqués au sein de plus grands ensembles.

Ainsi, l’analyse des interrelations entre les conditions d’habitat, la santé et la défavorisation dans les zones urbaines vise à apporter des éléments de réponses aux questions suivantes : l’environnement bâti en Montérégie est-il de qualité pour tous? Quelles sont les situations de vulnérabilité en lien avec l’environnement bâti? Où sont localisées ces situations sur le territoire montérégien? Existe-t-il des disparités entre les populations défavorisées et favorisées? Certains groupes sont-ils exposés à un cumul de risques environnementaux?

Afin de prévenir et de réduire le fardeau des maladies en agissant sur un ensemble de déterminants de la santé, l’objectif du Projet Habitat est d’analyser les enjeux de l’environnement bâti sous l’angle de la défavorisation. L’outil d’analyse intégrée qui en résulte permet ainsi de : i) documenter les problématiques en lien avec l’environnement bâti présentes à différentes échelles; ii) répondre aux besoins des différents partenaires en ce qui a trait à la connaissance du territoire; iii) partager les connaissances avec ces partenaires pour soutenir et orienter la prise de décision; iv) identifier les stratégies permettant la réduction des inégalités environnementales; et v) influencer et renforcer des actions intégrées.

Cet article présente la démarche qui a été suivie dans le cadre du Projet Habitat ainsi que quelques exemples d’outils et d’analyses qui en ont découlé. L’ensemble des éléments abordés dans l’article est disponible en ligne à l’adresse suivante : extranet.santemonteregie.qc.ca/sante-publique/sante-environnementale/amenagement-territoire-cadre-bati/projet-habitat.fr.html.

Méthode

Définition de l’habitat et cadre conceptuel

Tout comme pour la notion de santé, il existe différentes définitions de l’habitat en fonction des auteurs et des dimensions qui sont intégrées. Le cadre conceptuel retenu pour le Projet Habitat repose sur la définition de l’Habitat proposée par l’OMS (Bonnefoy, 2007; Organisation mondiale de la Santé, 2004) qui sous-tend une vision large et intégratrice de l’environnement bâti et de ses influences multiples et complexes sur la santé (Figure 1).

Figure 1 - Cadre conceptuel des liens entre l'environnement bâti, la santé et la défavorisation (source : Direction de santé publique de la Montérégie)

Ce cadre conceptuel représente les liens entre les différentes conditions de l’environnement bâti (logement et environnement immédiat) et l’état de santé (maladies respiratoires, maladies chroniques, traumatismes et santé mentale), ces liens étant fortement conditionnés par le niveau de défavorisation. L’hypothèse sous-jacente suppose qu’en présence d’associations, des interventions efficaces visant l’amélioration de l’environnement bâti peuvent être menées, et donc, ultimement, conduire à l’amélioration de l’état de santé.

Revue de la littérature scientifique

Les différentes composantes de l’environnement bâti ayant un effet connu ou suspecté sur la santé ont fait l’objet de nombreuses études tant québécoises, canadiennes, américaines, qu’européennes. Une revue de la littérature récente a permis de recenser les liens entre l’habitat et la santé, selon leur niveau d’occurrence.

Par la suite, le regroupement des différents éléments de l’environnement bâti en lien avec la santé a permis de dégager cinq thématiques sur lesquelles repose le Projet Habitat, soit :

  • le logement;
  • l’aménagement du territoire;
  • les transports;
  • les risques technologiques et les nuisances;
  • l’accessibilité à des infrastructures publiques et des commerces.

Certaines caractéristiques démographiques et socioéconomiques de la population ciblée complètent le portrait.

Sélection de la population à l’étude

La population visée par l’étude est localisée dans les zones urbaines (densité > 400 habitants/km² )(Statistique Canada, 2010) de la Montérégie et caractérisée par un niveau élevé de défavorisation. Ce groupe de population est comparé avec la population la plus favorisée matériellement et socialement de la Montérégie vivant en milieu urbain, afin de mettre en évidence des inégalités sociales, environnementales et de santé.

Pour ce faire, une sélection initiale des aires de diffusion (AD)[1] les plus défavorisées en Montérégie a été effectuée sur la base du seuil de faible revenu (SFR)[2] du recensement de 2001 de Statistique Canada (décile supérieur de défavorisation). Afin de proposer un portrait comprenant des données de recensement plus récentes, la correspondance géographique entre les AD de 2001 et celles du recensement de 2006 a ensuite été établie, tout en s’assurant du maintien du statut de défavorisation selon l’indice de défavorisation développé par l’INSPQ (Pampalon, Hamel, & Raymond, 2004). Au total, 255 AD présentant des proportions élevées de personnes sous le SFR ont ainsi été sélectionnées[3]. Elles ont ensuite été regroupées pour former 72 secteurs représentant la population défavorisée de la Montérégie retenue pour la présente analyse (Figure 2).

Parallèlement, 283 AD favorisées, soit environ 10 % de l’ensemble des AD de la Montérégie situées en milieu urbain, ont été sélectionnées. Elles présentent les plus faibles proportions de personnes sous le SFR selon le recensement de 2006, soit une proportion de personnes sous le SFR inférieure à 6,9 % (valeur inférieure à la proportion moyenne de SFR pour la Montérégie de 12,5 %). Ces AD forment ainsi le groupe favorisé de la Montérégie considéré pour les analyses du Projet Habitat (Figure 2).

Figure 2 - Sélection de la population à l'étude

Le groupe de population défavorisée à l’étude se répartit dans 22 municipalités et arrondissements de la Montérégie. La réalité de la défavorisation se distribue inégalement sur le territoire : dans la CRÉ de l’agglomération de Longueuil, elle touche 36,1 % de la population des secteurs ciblés, alors qu’elle affecte 29,0 % des citoyens des secteurs de la CRÉ Montérégie Est, et 24,3 % de ceux de la CRÉ Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. Au total, ce sont près de 145 000 personnes, soit environ le dixième de la population de la Montérégie (11 %), qui habitent dans les secteurs défavorisés ciblés par le Projet Habitat.

Indicateurs de l’habitat et des populations

Dans le cadre de l’étude, 60 indicateurs, illustrant les cinq thématiques documentées, ont été sélectionnés à partir de 19 banques de données. Leur choix a été établi suite à une revue de la littérature et la consultation d’experts. Les définitions des indicateurs, leur méthode de calcul, la source de données et l’année de référence sont disponibles en ligne sur le portail du Projet Habitat dans le lexique méthodologique.

Les données provenant des indicateurs sélectionnés ont été complétées par des informations issues d’une enquête de perception sur des caractéristiques de l’environnement bâti, réalisée par la Direction de santé publique de la Montérégie en 2006. Plus de 520 informateurs-clés en lien avec les populations du groupe défavorisé ont contribué à documenter les 72 secteurs à l’étude. Ils provenaient d’organismes communautaires (35 %), du milieu municipal (32 %), de CSSS (26 %) et de la Sûreté du Québec (7 %). L’enquête abordait autant les aspects physiques (aménagement, nuisances, pollution, offre de transport en commun) et sociaux, l’environnement (accessibilité des services, sécurité et criminalité) que les caractéristiques du logement (salubrité, désuétude, sécurité).

Analyses géomatiques et représentation des résultats

Les données ont été traitées selon trois types d’analyses géomatiques (Tableau 1), en fonction de la nature des éléments étudiés (ponctuel, linéaire ou surfacique). Pour ce faire, des rayons de 500 m, 1 500 m ou 3 000 m à partir du centre de chaque AD ont été utilisés afin de quantifier les indicateurs de l’environnement bâti dans chacun des secteurs étudiés et aux alentours.

Tableau 1 - Analyses géomatiques effectuées en fonction de la nature des éléments étudiés

Les données ont ensuite été regroupées par territoire de CRÉ et présentées à l’échelle des CSSS, des municipalités et des MRC. Les valeurs des indicateurs rapportées dans les tableaux de résultats sont classées en quartiles. Un code de couleur est attribué aux différents quartiles[4] selon que la valeur maximale représente un facteur positif ou négatif pour l’environnement ou la santé de la population : la couleur verte est attribuée lorsqu’un secteur se distingue positivement de l’ensemble des secteurs défavorisés (1er ou 4e quartile), la couleur orange lorsqu’il se distingue négativement et la couleur jaune lorsqu’il ne se distingue pas des autres secteurs défavorisés (2e et 3e quartiles).

Selon l’exemple présenté au Tableau 2, un secteur qui apparaît en orange pour un indicateur donné signifie qu’il présente une vulnérabilité ou un risque accru pour cet indicateur. Ainsi, certaines caractéristiques de la population (par exemple l’âge, l’état matrimonial, le niveau de scolarité) ou de l’environnement (nombre de CPE à proximité, % de la superficie du secteur touché par les îlots de chaleur urbains) constituent des facteurs de vulnérabilité ou de risque qui rendent certains groupes plus susceptibles d’être affectés par l’environnement bâti.

Tableau 2 - Exemple de représentation des données

Résultats

Le Projet Habitat présente une analyse des milieux défavorisés urbains de la Montérégie au travers de cinq thématiques en lien avec l’environnement bâti, disponible en ligne sous la forme d’une plateforme web. Celle-ci comprend plus de 300 fichiers présentant de nombreux résultats sous forme de tableaux, cartes, fiches indicateurs, etc. Bien que non exhaustifs, quelques exemples illustrant le potentiel d’utilisation de cette plateforme sont présentés dans cette section.

Des contrastes importants entre les milieux défavorisés et favorisés

Les données populationnelles confirment la vulnérabilité socioéconomique du groupe de populations sélectionné puisque le revenu moyen dans le groupe défavorisé est très inférieur à celui du groupe favorisé, respectivement 24 228 $ et 49 100 $. D’autres déterminants sociaux de la santé présentent également des écarts majeurs entre les deux groupes :

  • 4 fois plus de personnes sans certificat, diplôme ou grade (32,4 % c. 8,0 %);
  • une proportion 1,7 fois plus importante de personnes séparées, divorcées ou veuves (25,0 % c. 15,0 %);
  • 2,5 fois plus de familles monoparentales (26,6 % c. 10,6 %);
  • près de 4 fois plus de personnes vivant seules (20,6 % c. 5,3 %).

En ce qui concerne le logement, les contrastes sont également marqués entre les groupes favorisés et défavorisés. En effet, un bassin d’environ 6 500 logements situés dans les secteurs défavorisés ciblés nécessiterait des réparations majeures. Ceci correspond à 9,2 % des logements, soit une proportion 2,5 fois plus élevée que pour les populations favorisées (3,7 %).

Ces données, présentées dans des tableaux à l’échelle de la Montérégie et de chaque CRÉ (CRÉ de l’agglomération de Longueuil, CRÉ Montérégie Est, CRÉ Vallée-du-Haut-Saint-Laurent), donnent une idée générale de l’ampleur du phénomène de la vétusté des logements, alors que la segmentation par CSSS ou par municipalité permet une analyse différenciée à une échelle territoriale pouvant soutenir une intervention ciblée. En outre, chaque indicateur figurant dans les tableaux est relié par un hyperlien à une fiche indicateur proposant une représentation graphique de la variable au sein des différents secteurs, une interprétation des données présentées et des références bibliographiques à propos du lien entre l’indicateur et la santé. Un exemple de fiche indicateur concernant l’état des logements et le besoin de réparations majeures est disponible.

Une répartition géographique inégale des risques

De façon générale, la population défavorisée en Montérégie est potentiellement plus exposée aux risques technologiques que la population favorisée. En effet, comparativement aux quartiers favorisés, les secteurs défavorisés ont une superficie respectivement 2,6 et 1,3 fois plus importante, située dans un rayon de 1 500 m et 3 000 m d’établissements présentant un risque technologique majeur (établissements soumis au Règlement sur les urgences environnementales [RUE] d’Environnement Canada).

Cependant, les secteurs défavorisés ne sont pas tous concernés par ces risques technologiques. En effet, l’analyse de la répartition géographique des risques technologiques montre que la proximité de certains secteurs défavorisés, avec des sites comportant des matières dangereuses et qui déclarent au registre du RUE, est plus importante que d’autres secteurs (Figure 3).

Figure 3 - Sites comportant des matières dangereuses et établissements accueillant des populations vulnérables

Cette analyse permet de localiser la présence de risques industriels en regard des établissements accueillant des populations vulnérables. Ainsi, la planification de mesures d’urgence (plans de mesure d’urgence, canaux de communication, personnes à contacter, messages adaptés à la population) peut être adaptée selon le profil des établissements et des populations vivant à proximité.

De façon similaire, les informations disponibles peuvent être utiles en aménagement du territoire afin d’anticiper des impacts sur la population lors du développement de nouveaux projets résidentiels ou d’implantation de nouvelles industries sur le territoire.

Une approche par cumul de facteurs de risques : mise en évidence des disparités environnementales

La vulnérabilité des populations défavorisées dépend fortement du cumul de facteurs de risques présents dans l’environnement de ces populations. Pour illustrer cette notion de fardeau de cumul de risques, un exemple d’analyse combinée portant sur les îlots de chaleur urbains (ICU) est présenté ci-dessous.

En Montérégie, la proportion de la superficie du territoire des secteurs défavorisés ciblés couverte par des ICU (13,6 %) est 5 fois plus étendue que celle des quartiers les plus favorisés (2,7 %). Dans un tiers des secteurs défavorisés, la population vit dans un environnement bâti dans lequel plus de 50 % de la superficie est couverte par un ICU. Cependant, les réalités vécues par les populations, dont le secteur est majoritairement couvert par un ICU, varient grandement d’un secteur à l’autre, de même que les sources de vulnérabilité. En effet, l’âge, le fait de vivre seul, d’être isolé socialement, d’avoir des ressources financières limitées sont des facteurs de vulnérabilité connus face à la chaleur extrême (Giguère, 2009; Tairou, Bélanger, & Gosselin, 2010). Cette dernière exacerbe des problèmes de santé existants, en particulier aux niveaux respiratoire et cardiovasculaire.

Dans l’exemple présenté ci-dessous (Tableau 3), l’analyse porte plus précisément sur les secteurs de la CRÉ Montérégie Est pour lesquels la problématique des ICU est particulièrement présente (de 28,9 à 73,6 % de la superficie du secteur est couverte par un ICU). Dans un de ces secteurs, la proportion de jeunes enfants est élevée (SJR3), alors que dans un autre (SJR1) ce sont les personnes âgées qui sont présentes de façon importante (25,3 % de la population) : l’intervention à envisager doit donc être adaptée en fonction des caractéristiques des populations présentes. Par ailleurs, l’analyse permet également de mettre en évidence que, dans plusieurs secteurs, le parc de logements vieillissants pourrait accentuer les impacts sanitaires de la chaleur extrême (SJR3, SJR2) du fait d’une moins bonne isolation ou d’absence de climatisation; ou encore, que la faible abordabilité des logements[5] (SJR1, SHY4) pourrait limiter l’accès à un logement de qualité pour faire face aux conditions climatiques extrêmes (isolation adéquate, situation du logement dans l’immeuble, ventilation mécanique, etc.). Finalement, l’absence de parcs, d’espaces verts ou de lieux permettant de se rafraîchir (hypermarchés, bains et plages publics) dans le voisinage peut également concourir à accentuer la problématique des effets des ICU sur la santé (SHY4).

Tableau 3 - Analyse combinée des facteurs de risques dans un contexte de changement climatique

Discussion et conclusion

Le Projet Habitat a été conçu et développé pour constituer un déclencheur d’actions sur le terrain. Les analyses ne constituent pas une fin en soi, mais bien une source d’information documentée sur les enjeux prioritaires du milieu et sur des pratiques prometteuses sur le plan de la santé publique. Bien qu’il mette l’accent sur les milieux défavorisés, le Projet Habitat attire aussi l’attention sur certaines caractéristiques des milieux plus favorisés, loin d’être épargnés par certains facteurs de risques environnementaux ou situations de conflits d’usage.

Le Projet Habitat est notamment destiné à soutenir les intervenants des centres de santé et de services sociaux (CSSS) et leurs partenaires du milieu municipal (municipalités, MRC, CRÉ), de l’habitation (Office municipal d’habitation, groupes de ressources techniques, etc.) ou encore, du milieu communautaire (regroupements ou associations préoccupés par les conditions de l’environnement bâti, la lutte à la pauvreté, l’accessibilité aux services, etc.). Les partenaires régionaux de la Direction de santé publique de la Montérégie, les tables de concertation, les sociétés de transport sont aussi des utilisateurs ciblés.

De nombreuses applications possibles découlent du Projet Habitat. Ainsi, cet outil d’analyse de l’environnement bâti en milieu urbain défavorisé permet de répondre aux besoins des différents partenaires en lien avec les défis de l’environnement bâti. Il soutient des décisions éclairées et des interventions contribuant à la planification stratégique des CRÉ, des MRC et des municipalités, que ce soit pour contrer les disparités, revitaliser certains secteurs ou concevoir de nouveaux développements, qu’ils soient résidentiels, commerciaux ou industriels. Également, il favorise des interventions quotidiennes plus efficaces sur le terrain et contribue à des actions spécifiques auprès de groupes cibles plus vulnérables.

Les principes d’équité et de développement durable doivent être intégrés dans les différentes interventions pour relever les défis de l’urbanisation, de l’aménagement et des développements actuels et futurs. Agir le plus en amont possible permet de privilégier une approche de prévention démontrée efficace à moindres coûts pour réduire les iniquités sanitaires et environnementales plutôt que de remédier a posteriori à ces situations. En privilégiant le prisme d’analyse de la défavorisation, le Projet Habitat permet d’identifier des zones d’interventions prioritaires sur l’environnement bâti qui, ultimement, permettront d’assurer bien-être et qualité de vie pour tous.

Pour un accès direct à la plateforme web : extranet.santemonteregie.qc.ca/sante-publique/sante-environnementale/amenagement-territoire-cadre-bati/projet-habitat.fr.html.

[1]  L’aire de diffusion est la plus petite unité géographique pour laquelle les données du recensement 2006 sont disponibles.

[2]  Le pourcentage de seuil de faible revenu (SFR) représente la proportion de la population vivant sous le seuil de faible revenu avant impôts dans les ménages privés, par rapport à la population totale dans les ménages privés. La taille des familles et le lieu de résidence sont pris en compte dans le calcul du SFR.

[3]  La sélection des AD défavorisées et favorisées a été réalisée sans appliquer de pondération pour la population.

[4]  À l’exception des indicateurs provenant de l’enquête de perception des informateurs-clés et des indicateurs de risques technologiques, des rejets de polluants et des aéroports. Pour ces derniers, étant donné la distribution particulière des données, la couleur verte est attribuée à la valeur zéro et la couleur orange à 100 %. La couleur jaune regroupe l’ensemble des valeurs intermédiaires.

[5]  L’abordabilité d’un logement est considérée comme le fait de consacrer moins de 30 % du revenu avant impôts aux coûts d’habitation (Société canadienne d'hypothèques et de logement, 2004).

Bibliographie

Une liste complète des références consultées pour le développement du portrait est disponible au lien suivant : extranet.santemonteregie.qc.ca/userfiles/file/sante-publique/sante-environnementale/HABITAT-ListeReferences.pdf.

  1. Bergeron, P. & Reyburn, S. (2010). L'impact de l'environnement bâti sur l'activité physique, l'alimentation et le poids. Direction du développement des individus et des communautés. Institut national de Santé Publique du Québec. 101 p.[En ligne: www.inspq.qc.ca/publications/1108] (Consulté le 5 mai 2014).
  2. Bonnefoy, X. (2007). Inadequate housing and health: an overview. International Journal of Environment and Pollution, 30(3-4): 411-429.
  3. Direction de santé publique de la Montérégie. (2006). Des environnements physiques sains et sécuritaires: éléments clés pour la santé des communautés. Rapport de la directrice de santé publique 2006. Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie: Longueuil. 82 p. [En ligne: www.santecom.qc.ca/BibliothequeVirtuelle/Monteregie/2893423477.pdf] (Consulté le 5 mai 2014).
  4. Giguère, M. (2009). Mesures de lutte aux îlots de chaleur urbains. Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels, Institut national de santé publique du Québec. 73 p. [En ligne: www.inspq.qc.ca/publications/988] (Consulté le 5 mai 2014).
  5. Institut canadien d'information sur la santé. (2006). Améliorer la santé des Canadiens : Une introduction à la santé en milieu urbain. Initiative sur la santé de la population canadienne. ICIS: Ottawa. 143 p. [En ligne: secure.cihi.ca/free_products/PH_Full_Report_French.pdf] (Consulté le 5 mai 2014).
  6. Organisation mondiale de la Santé. (2004). Habitat et santé : état des connaissances. Quatrième conférence ministérielle sur l'environnement et la santé. OMS Europe: Bonn. 24 p.
  7. Pampalon, R., Hamel, D. & Raymond, G. (2004). Indice de défavorisation pour l'étude de la santé et du bien-être au Québec - Mise à jour 2001. Institut national de santé publique du Québec: Québec. 12 p. [En ligne: www.inspq.qc.ca/publications/295] (Consulté le 5 mai 2014).
  8. Pampalon, R. & Raymond, G. (2003). Indice de défavorisation matérielle et sociale : son application au secteur de la santé et du bien-être. Santé, Société et Solidarité, 2(1): 191-208.
  9. Robitaille, É. (2009). Indicateurs géographiques de l'environnement bâti et de l'environnement des services influant sur l'activité physique, l'alimentation et le poids corporel. Institut national de santé publique du Québec. 76 p. [En ligne: www.inspq.qc.ca/publications/1001] (Consulté le 5 mai 2014).
  10. Société canadienne d'hypothèques et de logement. (2004). Série sur le logement selon les données du Recensement de 2001 : numéro 3 révisé – qualité, taille et abordabilité du logement canadien. Série socio-économique 04-007. Société canadienne d’hypothèque et de logement. 10 p. [En ligne: www.cmhc-schl.gc.ca/odpub/pdf/63404.pdf?fr=1350584206352] (Consulté le 5 mai 2014).
  11. Sous-comité sénatorial sur la santé des populations. (2009). Un Canada en santé et productif: une approche axée sur les déterminants de la santé. Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie. Sénat Canada, Canada Senate: Ottawa. 61 p. [En ligne: www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee/402/popu/rep/rephealth1jun09-f.pdf] (Consulté le 2 mai 2014).
  12. Statistique Canada. (2010). Dictionnaire du Recensement de 2006. Année de recensement 2006. No 92-566-X au catalogue. Division des opérations du recensement. Statistique Canada. 685 p. [En ligne: www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2006/ref/dict/pdf/92-566-fra.pdf] (Consulté le 5 mai 2014).
  13. Tairou, F. O., Bélanger, D. & Gosselin, P. (2010). Proposition d’indicateurs aux fins de vigie et de surveillance des troubles de la santé liés à la chaleur. Direction de la santé environnementale et de la toxicologie Institut national de santé publique du Québec. 47 p. [En ligne: www.inspq.qc.ca/publications/1079] (Consulté le 5 mai 2014).

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