La rage

La rage est causée par un virus de la famille des Rhabdoviridae et du genre Lyssavirus.
Les mammifères atteints de la rage peuvent la transmettre entre eux et à l’humain.

Chauve-souris, moufette rayée, raton laveur, renard roux, renard arctique

Rage humaine

Plus de 50 000 personnes décèdent de la rage chaque année dans le monde. Dans les pays en développement où la rage canine est endémique, la rage humaine est contractée dans plus de 95 % des cas à la suite d'une morsure de chien rabique. Au Canada, 24 décès par la rage sont survenus depuis 1925, dont 12 au Québec. Les cas les plus récents acquis localement remontent à 2000 au Québec, 2003 en Colombie-Britannique et 2007 en Alberta. Aux États-Unis, les décès humains liés à la rage sont rares, seulement de 1 à 3 cas par année durant la dernière décennie. La majorité des cas de rage humaine au Canada et aux États-Unis sont maintenant associés au virus de la rage transmis par la chauve-souris.

Modes de transmission

Le virus se transmet principalement par la morsure d’un animal infecté. D’autres modes de transmission sont parfois impliqués : les griffures causées par un animal rabique ou encore un contact entre une plaie fraîche ou une muqueuse et la salive, le tissu nerveux ou le liquide céphalorachidien d’un animal ou d’un humain infecté.

Pour plus d’informations sur la rage humaine

  • Informations générales - symptômes, quand consulter, transmission, traitement, protection et prévention : Portail santé mieux-être - Rage
  • Professionnels de la santé - symptômes et progression de la maladie, historique, aide à la décision et documentation : page du MSSS sur la rage
 
Pour toute question sur les aspects santé ou si vous pensez avoir été exposé à la rage

→ Contactez Info-Santé en composant le 8-1-1

Évaluation du risque d’exposition à la rage 

Lors de l’évaluation du risque d’exposition à la rage chez une personne, il est nécessaire de connaître le risque que l’animal impliqué soit rabique. Ce risque chez l’animal varie surtout selon son espèce et le secteur géographique d’où il provient.

Risque selon l’espèce animale

Chauve-souris 

La rage est présente chez toutes les espèces de chauve-souris et la chauve-souris est présente dans toutes les régions du Québec. La rage est donc considérée endémique chez la chauve-souris partout au Québec. Ainsi, tout le territoire québécois est considéré à risque élevé en ce qui concerne les expositions significatives à une chauve-souris.

Une exposition impliquant une chauve-souris est définie comme significative lorsque les deux conditions suivantes sont présentes :

  • un contact physique reconnu avec la chauve-souris a eu lieu ; ET
  • lors de ce contact, on ne peut pas exclure qu’une exposition, soit par une morsure, une griffure ou un contact de la salive de la chauve-souris avec une plaie fraîche ou avec une muqueuse, s’est produite.

Mammifères terrestres 

En plus de la chauve-souris, quatre espèces sont considérées comme des réservoirs du virus de la rage ou contribuent à maintenir son activité chez les mammifères terrestres :

  • le raton laveur;
  • la moufette rayée;
  • le renard arctique;
  • le renard roux.

La rage associée au raton laveur (variant du raton laveur) qui menace le sud du Québec est due à une extension de l’épidémie affectant la côte Est des États-Unis. Entre 2006 et 2009, plus d’une centaine de ratons laveurs et de moufettes ont été confirmés rabiques en Montérégie. Au printemps 2015, un raton laveur rabique a été confirmé dans la portion québécoise de la réserve indienne d’Akwesasne. C’était le premier cas de rage du raton laveur depuis 2009. Aucun autre animal rabique associé à ce variant n’a été détecté entre 2010 et 2017.

La rage associée au renard arctique (variant du renard arctique) sévit quant à elle de façon endémique au nord du 55e parallèle avec des poussées sporadiques vers le sud dans les régions contigües par l’intermédiaire du renard roux. En 2012, à la suite de translocations récentes, deux chiots adoptés de communautés nordiques sont morts de la rage dans les environs de Montréal.

Risque selon le secteur géographique

Il est reconnu que le risque de transmission de la rage des animaux aux humains est plus élevé dans les régions où l’incidence de la rage animale est élevée. Toutefois, les types d’activités de surveillance menées au Canada et au Québec ne permettent pas de conclure à une absence de rage chez les animaux de la faune dans un secteur géographique donné et ne peuvent pas tenir compte des risques de translocation accidentelle. Les intervenants de santé publique et de santé animale conviennent cependant que le niveau de risque de présence de rage chez les mammifères terrestres varie d’un secteur géographique à l'autre.

Pour plus d’information sur l’évaluation du risque d’exposition à la rage

Indication d’une prophylaxie postexposition

Le ministère de la Santé et des Services sociaux rend disponible un outil d’aide à la décision afin de faciliter la gestion, par les professionnels de la santé, des expositions potentielles au virus de la rage chez une personne. Cet outil, élaboré en accord avec le Guide d’intervention visant la prévention de la rage humaine et le Protocole d’immunisation du Québec, permet de décider s’il y a indication d’une prophylaxie postexposition ou non.

L’outil d’aide à la décision et le guide d’intervention identifient des situations où l’évaluation de l’indication de la prophylaxie postexposition contre la rage doit tenir compte du niveau de risque du secteur géographique. Dans les cartes et listes suivantes, les secteurs géographiques sont détaillés par municipalité.

Cartes et liste des municipalités touchées ou à risque de présence de rage chez les mammifères terrestres

Sud du Québec

Le niveau de risque de présence de rage chez les mammifères terrestres dans les municipalités du sud du Québec change selon deux variables : la distance et le temps écoulé depuis la découverte d'un animal rabique. De plus, cette évaluation peut tenir compte d’autres facteurs et de particularités locales qui peuvent moduler le risque. Chaque municipalité située dans un rayon de 50 km d’un animal rabique se voit attribuer un niveau de risque. Le risque est « élevé » durant les deux premières années suivant la découverte d’un animal rabique. Le risque devient « moyen » pour la période subséquente entre 2 ans et 5 ans, puis « faible » après 5 ans.

Cartes et liste des niveaux de risque élevé et moyen de rage terrestre par secteur géographique dans le Sud du Québec

 

Dernière mise à jour : juillet 2018

Cartes

Liste

Nord du Québec

Le risque de présence de rage dans le Nord du Québec est défini par une documentation du nombre de cas de rage. La rage est considérée endémique dans l’ensemble des municipalités régionales de Comté (MRC) Eeyou Istchee, Jamésie et Kativik de la région administrative du Nord-du-Québec. Ce territoire correspond aux territoires des régions sociosanitaires 10 (Nord-du-Québec), 17 (Nunavik) et 18 (Terres-Cries-de-la-Baie-James). Les municipalités présentées ci-dessous représentent celles pour lesquelles au moins un cas de rage a été documenté depuis 2000 dans la MRC. Les MRC limitrophes de celles où des cas ont été confirmés sont considérées comme des secteurs où la rage est également endémique.

Carte et liste de la présence de rage du renard au Québec 2000-2016

Présence de rage du renard au Québec, 2000-2016 - En date du 3 novembre 2017

Carte

Liste

Signalement des animaux suspects 

Les citoyens qui habitent les zones de surveillance de la rage du raton laveur  en Estrie et en Montérégie sont invités à signaler les ratons laveurs, les mouffettes et les renards morts ou qui semblent désorientés, blessés, anormalement agressifs ou paralysés en communiquant avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs au 1 877 346-6763 ou en allant sur le site http://www.rageduratonlaveur.gouv.qc.ca/signalement.asp.

Si un animal domestique est suspect de rage, consultez votre médecin vétérinaire.

Pour plus d’informations sur la rage chez les animaux