Utilisation de la prophylaxie postexposition contre la rage lors d'une exposition à une chauve-souris

Les chauves-souris représentent maintenant la principale source des cas de rage humaine au Canada et aux États-Unis. Parmi les cas de rage humaine liés au virus de la chauve-souris, plusieurs n'avaient pas d'histoire de contact physique avec cet animal. Sur la base de l'hypothèse que l'infection aurait pu être transmise par une exposition survenue à l'intérieur de l'habitation et qui serait passée inaperçue, les autorités de santé publique aux Etats-Unis et au Canada ont recommandé l'administration de prophylaxie postexposition (PPE) aux individus ayant eu une exposition survenue à l'intérieur de l'habitation sans histoire de contact physique avec la chauve-souris, lorsqu'il n'est pas possible d'exclure toute possibilité de morsure, d'égratignure ou de contact avec une plaie ouverte. Le Comité d'immunisation du Québec a révisé les données scientifiques sur ce sujet et émis de nouvelles recommandations.

L'exposition aux chauves-souris est relativement fréquente dans la population du Québec. Dans un large enquête sur plus de 14 000 foyers, pour une période de un an, environ 1 personne sur 10 000 a une exposition avec contacts physiques où la morsure n'est pas exclue. La proportion ayant eu une exposition sans contact physique dans la chambre à coucher est estimée à 1 par 1 000 personnes. Cette proportion augmente à environ 1 par 500 personnes si on lui additionne les expositions sans contact physique où la chauve-souris est dans une pièce adjacente. La juxtaposition de ces données à une revue des activités de PPE faite dans la province durant deux années a montré que seulement 3,4 % des personnes avec une exposition dans la chambre à coucher sans contact direct consultent un professionnel de la santé. À partir de l'incidence de rage humaine due au virus de la chauve-souris aux États-Unis et au Canada de 1990 à 2007, on estime que pour prévenir un cas de rage humaine à la suite d'une exposition dans la chambre à coucher, il faut investiguer et traiter entre 314 000 et 2,67 millions de personnes exposées. En plus de requérir d'énormes ressources financières et humaines, avec un si grand nombre de personnes à traiter par cas prévenu, les risques d'effets secondaires sérieux liés à la PPE pourraient être significatifs.

Considérant l'ensemble des données scientifiques actuellement disponible, le Comité sur l'immunisation du Québec considère que la PPE devrait être administrée uniquement aux personnes ayant eu un contact physique avec une chauve-souris et pour lesquelles on ne peut exclure la possibilité qu'il y ait eu morsure. L'utilisation de la PPE n'est donc pas indiquée lorsqu'il n'y a pas eu de contact physique objectivé avec l'animal.

Ces nouvelles recommandations modifient celles qui étaient en vigueur depuis 2004.

Comité: 

Sujet(s): 

Type de publication: 

ISBN (électronique): 

978-2-550-57677-8

ISBN (imprimé): 

978-2-550-57676-1

Notice Santécom: