Étude comparative de la gravité des blessures chez les utilisateurs de véhicules hors route et de motocyclettes au Québec

Le nombre de véhicules hors route (motoneiges et véhicules tout-terrain) a augmenté de façon importante au cours des dix dernières années au Québec. Parallèlement à cette croissance, on note une augmentation du nombre des décès et des hospitalisations reliés à ces activités motorisées. Cette étude vise à décrire la gravité des blessures subies à véhicules hors route (VHR) au Québec entre 2000 et 2005. Les données proviennent du Registre des traumatismes du Québec. Ce registre contient les hospitalisations survenues dans les centres hospitaliers du réseau de traumatologie québécois. Nous avons comparé la gravité des blessures selon deux dimensions, la gravité immédiate et l'importance des séquelles qui en résultent. La première dimension a été mesurée à l'aide de l'Injury Severity Scale (ISS), de l'échelle de Glasgow et de la proportion de blessés médullaires. La gravité des séquelles a été estimée à l'aide de l'Injury Impairment Scale (IIS). Trois activités motorisées ont été comparées : la motoneige, le véhicule tout-terrain (VTT) et la motocyclette sur route.

Pour la période examinée, le nombre de blessés attribuables aux VTT (2 347) est similaire à celui des motocyclettes (2 443), mais supérieur aux motoneiges (1 249). D'une manière générale, le nombre de blessés a augmenté de 25 %, passant de 1 771 en 2000-2001 à 2 213 en 2004-2005. Alors que le nombre de blessés est resté à peu près stable pour les motoneiges, celui des blessés attribuables aux VTT et motocyclettes s'est accru respectivement de 29 % et 35 % au cours des périodes mentionnées. Parallèlement, la proportion des blessés avec un ISS sévère (ISS > 20) a augmenté pour les VTT, passant de 10 % en 2000-2001 à 15 % pour 2004-2005. Pour ces véhicules, la hausse du nombre de cas est beaucoup plus importante pour les blessés sévères (+ 106 %) et les blessés majeurs (+ 34 %) que pour les blessés mineurs (+ 19 %). La proportion de blessés attribuables aux VTT affichant un traumatisme crânien qualifié de sévère selon l'échelle de Glasgow est passée de 19 % à 26 % pour les VTT et de 13 % à 19 % chez les motocyclistes. Les taux de blessés sévères par 10 000 véhicules immatriculés ont également augmenté entre 2000 et 2005, passant de 1,4 à 2,2 (P < 0,01) pour les VTT, et de 5,6 à 6,6 (NS) pour les motocyclettes. Ce taux est demeuré stable (1,6) pour les motoneiges. Des études américaines ont également souligné une augmentation du nombre de blessures subies à VTT, mais aussi de la proportion de blessures sévères parmi celles-ci. Pour ce qui est de la gravité des séquelles, la proportion de blessés qui auront probablement une séquelle majeure est pratiquement identique pour les VTT (17 %), les motoneiges (17 %) et les motocyclettes (18 %).

Nos analyses multivariées ont révélé une augmentation significative de la probabilité de subir une blessure majeure ou sévère (ISS ≥ 15) entre 2000 et 2005 chez les adeptes du VTT (RC 1,43; IC : 1,11-1,84) et les motocyclistes (RC 1,31; IC : 1,06-1,64). Ce résultat n'a pas été constaté chez les motoneigistes (RC 1,10; IC : 0,79-1,54). Pour les trois activités motorisées, les hommes et les personnes de 50 ans et plus étaient plus à risque de subir une blessure majeure ou sévère.

L'accroissement de la puissance de ces véhicules, conjugué à une faible proportion du port de casque chez les utilisateurs de VTT, bien que non mesurée ici, seraient des hypothèses à considérer afin d'expliquer cette augmentation des blessures graves chez les utilisateurs de VTT.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-54012-0

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