Étude des blessures subies au cours de la pratique d'activités récréatives et sportives au Québec en 2009-2010

Cette étude vient pallier un manque important dans le domaine de la surveillance des traumatismes d'origine récréative et sportive (TORS) et s'inscrit dans la suite des études de ce type réalisées depuis 1999. En effet, les banques de données administratives tels les fichiers des décès et des hospitalisations (MED-Écho), les données sur les consultations à l'urgence et provenant des autres enquêtes de santé ne peuvent dresser un bilan complet de la situation des TORS au Québec. L'objectif principal de cette étude est d'estimer la prévalence des TORS au Québec en 2009-2010, selon l'activité pratiquée au moment de la survenue de la blessure.

Avec une estimation de plus de 671 000 personnes blessées qui ont dû consulter un professionnel de la santé au cours d'une période de 12 mois couvrant une partie des années 2009 et 2010, ce type de traumatisme constitue sans aucun doute un important problème de santé publique. Il touche plus particulièrement les adolescents et les jeunes adultes, avec un taux annuel moyen avoisinant les 180 blessés par 1 000 participants, de même que les hommes qui affichent un taux beaucoup plus élevé que les femmes. Les personnes jugées physiquement actives et pratiquant régulièrement des activités récréatives et sportives sont également plus à risque de se blesser. C'est davantage un phénomène urbain puisque les taux de blessés sont plus élevés dans les grandes villes du Québec que dans les petites villes et dans le monde rural.

Les activités les plus à risque sont, sans surprise, celles privilégiant les contacts physiques. De ce groupe figurent, par ordre d'importance, les sports de combat tels le judo, le karaté et la boxe de même que le hockey sur glace, le football et le soccer. Le surf des neiges, une activité fort prisée auprès des jeunes, n'est pas en reste avec un taux élevé de près de 60 blessés par 1 000 participants. Bien qu'elles présentent des taux de blessés relativement bas, les activités les plus populaires telles que la marche à des fins d'exercice, le vélo, le conditionnement physique et la course à pied-jogging génèrent le plus grand nombre de blessés.

Bon nombre de ces blessures sont passablement handicapantes puisque plus des deux tiers des personnes blessées ont mentionné que leur blessure la plus grave les avait limitées dans leurs activités quotidiennes. Près du quart des blessures sont jugées sévères (fractures, dislocations, commotions, autres traumatismes cérébraux, lésions aux organes internes et blessures multiples). Si la tête est la partie du corps atteinte dans plus de 8 % des cas, le genou reste cependant la partie atteinte la plus souvent mentionnée avec 21 % des cas de blessures.

La comparaison avec l'étude de 2004 révèle une hausse marquée du nombre de personnes blessées pour la même couverture des activités. Mais cette différence est due à une plus grande présence de blessures mineures puisque les blessures sévères ont subi une légère diminution de même que les blessures à la tête. Il faut tout de même continuer à surveiller les activités les plus à risque et, essayer d'instaurer des mesures préventives afin de rendre la pratique des activités récréatives et sportives plus sécuritaire.

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ISBN (électronique): 

978-2-550-65539-8

ISBN (imprimé): 

978-2-550-65538-1

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