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La méthodologie d’évaluation du risque toxicologique et la santé des enfants

Les impacts potentiels de l’omniprésence de contaminants dans l’environnement sur la santé de la population constituent une préoccupation importante en santé publique. L’évaluation de ces impacts représente un défi de taille pour les intervenants. La méthodologie de l’évaluation du risque toxicologique a été développée à partir des années 1980 en tant qu’outil permettant d’apprécier les impacts de l’exposition aux contaminants de l’environnement sur la santé de la population. Cette méthodologie a été utilisée pour évaluer la sécurité des produits et les impacts de nouveaux projets industriels, pour établir des critères et des normes ou pour valider certains niveaux d’exposition permis par règlements. Par ailleurs, au cours des dernières décennies, les effets de l’exposition des enfants aux contaminants de l’environnement sont devenus une source d’inquiétude majeure. L’intérêt lié à la vulnérabilité particulière des enfants aux agents environnementaux est manifeste dans le rapport du NRC (National Research Council), intitulé Pesticides in the Diet of Infants and Children, dans lequel on recommande l’élaboration d’une nouvelle approche d’évaluation du risque tenant compte de la spécificité des enfants lors de l’évaluation des impacts potentiels de leur exposition aux contaminants environnementaux. Les enfants ne doivent pas être considérés comme de petits adultes et ce constat doit transparaître dans une approche originale de l’évaluation du risque où l’estimation de l’exposition basée principalement sur les caractéristiques de l’adulte doit évoluer afin de tenir compte de la sensibilité variable selon les différentes étapes du développement.

Caractéristiques des interventions québécoises en protection solaire destinées aux jeunes

Le rayonnement ultraviolet est une source d’exposition nécessaire à toute forme de vie sur la terre. Les habitudes d’exposition de la population aux rayonnements ultraviolets (UV) ont toutefois grandement évolué au cours des siècles notamment sous l’influence de la culture et de la mode. À titre d’exemple, les femmes de la bourgeoisie au 19e siècle s’exposaient le moins possible aux rayonnements UV en privilégiant le port de chapeaux à larges rebords, de gants et l’utilisation d’ombrelles. C’est au tournant du 20e siècle que le rayonnement UV gagna en popularité entre autres par l’avènement de la photothérapie utilisée à des fins médicales comme ce fut le cas pour le traitement de la tuberculose cutanée. Cette période fut également caractérisée par un nouvel attrait pour la pratique d’activités de loisirs à l’extérieur (tennis, golf, bains de mer). S’amorça alors dans la population un changement de la norme sociale quant au caractère esthétique d’un teint hâlé, ce dernier symbolisant aussi la santé. L’apparition des premiers salons de bronzage à la fin des années 1970 a contribué à renforcer la pratique du bronzage en entretenant auprès de la population le mythe de l’innocuité des rayons UV artificiels. L’industrie du bronzage artificiel représente actuellement une force économique dont les revenus pour l’Europe et l’Amérique du Nord s’élèvent approximativement à 2,6 milliards de dollars américains par année.

Le bruit en contexte éducatif entrave-t-il le développement de l’enfant?

Si l’apprentissage s’étale tout au long de la vie sous l’impulsion d’une curiosité découlant des fonctions cognitives hyper-développées des individus de notre espèce, ses grands moments se situent principalement de la naissance à l’âge adulte. Plus spécifiquement, les grands jalons du développement cognitif, affectif et social, sous la poussée de la compétence linguistique émergente, viennent ponctuer toute la période de l’âge préscolaire. Durant cette phase sensible de découverte et d’appréhension du monde, la gêne exercée par le bruit pourra retarder ou compromettre des apprentissages critiques. En effet, le faible niveau de conscience phonologique en petite enfance, peut empêcher de relever la rude exigence d’extraire la signification d’un substrat acoustique de la parole rendu ambigu par effet masquant (ou distrayant) de signaux sans rapport avec l’objet de communication verbale. Le problème se répercutera également à l’âge scolaire1, 2. Evans et Evans et Lepore se sont…

Nitrates, eau potable et santé de l’enfant

La présence de nitrates dans l’eau souterraine utilisée pour la consommation humaine est de plus en plus souvent rencontrée sur notre planète, en particulier dans les endroits où se pratique une agriculture intensive. Il s’agit donc d’un paramètre pour lequel des normes ou des critères ont été développés par les instances impliquées dans la protection de la santé publique. Les recommandations concernant les nitrates dans l’eau potable ont cependant la particularité d’avoir été élaborées pour prévenir un effet aigu chez les enfants : la méthémoglobinémie. La norme pour l’eau potable au Québec de 10 mg-N/l(a) est similaire aux valeurs rencontrées ailleurs dans le monde.

La toxicité des nitrates résulte de leur transformation en nitrites. Ces derniers peuvent réagir avec le fer de l’hémoglobine des globules rouges et entraîner la formation subséquente de méthémoglobine. C’est pour prévenir l’apparition de méthémoglobinémie chez le nourrisson que la concentration de 10 mg-N/l de nitrate dans l’eau potable est recommandée.

Une évaluation du risque à la santé pouvant être associé à la présence de nitrates dans l’eau souterraine a été réalisée dans le cadre d’un vaste projet intitulé « Étude sur la qualité de l’eau potable dans les sept bassins versants en surplus de fumier et impacts potentiels sur la santé1. Cette évaluation du risque concernait le risque de méthémoglobinémie chez le nourrisson et le risque de cancer. Dans le cadre d’une réflexion sur l’environnement et la santé de l’enfant, nous allons revoir les grandes lignes de cette évaluation du risque concernant la méthémoglobinémie et faire ressortir des points importants concernant l’évaluation du risque chez les enfants. Le lecteur voulant en apprendre davantage sur le sujet pourra se référer au rapport.

Exposition au manganèse dans l’eau potable et comportements hyperactifs chez des enfants d’âge scolaire

Il est maintenant reconnu que l’exposition à certains métaux, tels le plomb et le mercure, interfère avec le développement du système nerveux des enfants. Ces connaissances ont éveillé l’intérêt de la santé publique et conduit à la mise en place de mesures pour réduire l’exposition à ces métaux. Selon de récentes études épidémiologiques et animales, le manganèse (Mn) est un métal qui pourrait aussi avoir des effets néfastes sur le développement neurologique. D’une part, il est connu qu’une petite quantité de manganèse est essentielle au bon fonctionnement de l’organisme et que le risque de carence en manganèse est pratiquement nul, les besoins étant facilement comblés par l’alimentation; un seul cas de déficience induit expérimentalement ayant été rapporté dans la littérature. D’autre part, une surexposition au manganèse, principalement par inhalation, peut causer des effets neurotoxiques.

Risques à la santé associés à la pratique du tatouage

À l’instar du perçage des oreilles et du perçage corporel, la pratique du tatouage a gagné en popularité depuis une vingtaine d’années, particulièrement auprès des adolescents et des jeunes adultes. Au Canada, l’augmentation considérable du nombre de boutiques spécialisées dans ces pratiques témoigne d’ailleurs de cette réalité. Au Québec, une enquête menée dans une école secondaire de l’Outaouais (n = 2 180) a montré que 8 % des élèves arboraient un tatouage permanent.

Il semble que les gens choisissent de se faire tatouer pour diverses raisons : identification à un groupe, esthétisme, rituel religieux, etc. Le tatouage demeure d’ailleurs encore aujourd’hui un élément culturel très important dans certaines communautés. De plus, il semble encore associé à certains groupes de personnes, tels les marins, les prisonniers ou les utilisateurs de drogues injectables.

Cet article dresse un survol des risques à la santé associés au tatouage. Les risques infectieux sont les plus fréquemment observés et les mieux documentés. Les risques non infectieux, associés tant aux tatouages permanents que temporaires, moins bien connus, sont aussi brièvement abordés dans cet exposé.

 

Évaluation de l’efficacité de la promotion du dépistage de l’arsenic dans les puits privés de l’Estrie

L’arsenic inorganique (As) est un métalloïde susceptible de se retrouver de façon naturelle dans l’eau. Entre 1983 et 1987, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a échantillonné plus de 40 000 puits de captage au Québec et procédé à l’analyse de différents paramètres, dont l’As. Selon les résultats de cette caractérisation, 3,9  % des 2 919 puits échantillonnés en Estrie présentaient une concentration en As supérieure à 10 µg/L, soit la concentration maximale acceptable recommandée au Canada. Plusieurs études épidémiologiques ont permis d’observer que l’ingestion d’une eau contenant des concentrations relativement élevées en As pouvait induire plusieurs types de cancer, dont celui de la peau, des poumons et de la vessie. À l’exception des analyses effectuées lors de l’installation d’un nouveau puits, les propriétaires de puits privés ne sont pas assujettis au Règlement sur la qualité de l’eau potable. Dans ce contexte, il incombe à chaque propriétaire de s’assurer de l’innocuité de son eau de consommation pour ne pas s’exposer à des contaminants, qu’ils soient d’origine naturelle ou anthropique. La réduction de tels risques nécessitera, dans certains cas, l’introduction d’un changement de comportement. Le défi est d’autant plus grand dans ce cas-ci que l’origine du contaminant étant naturelle, elle tend habituellement à augmenter la tolérance face au risque.

Microbiologie des eaux souterraines utilisées comme source d’eau potable

L’eau souterraine a toujours été une source importante d’approvisionnement en eau potable pour les populations. Jusqu’au XXe siècle, les effets potentiels de la consommation de ces eaux sur la santé étaient peu connus, d’autant plus qu’elles étaient réputées être plus sûres que les eaux de surface. Le risque de contamination associé à la profondeur du puits était toutefois considéré, les puits peu profonds étant reconnus comme une source d’eau moins fiable nécessitant souvent une forme minimale de traitement, telle la désinfection au chlore. De leur côté, les puits plus profonds étaient traditionnellement considérés plus sûrs pour la consommation humaine et ce, sans qu’ils ne requièrent un quelconque traitement. On supposait alors que la filtration s’effectuant de façon naturelle par le sol ainsi que l’imperméabilité de certaines formations géologiques étaient suffisantes pour assurer une eau d’excellente qualité. Or, plusieurs études portant sur des épidémies causées par des infections bactériennes ou virales associées à la consommation d’eau souterraine non traitée ont par la suite suggéré que ce n’était pas toujours le cas. Notons qu'au Canada, environ 30 % de la population (soit 9 millions de Canadiens) est approvisionnée par de l’eau souterraine tandis qu’au Québec, cette proportion est d’environ 18 %.

Le présent article traite des réglementations québécoise et américaine sur les eaux souterraines sur le plan microbiologique, du transport, des sources ainsi que des types de microorganismes. Quelques éclosions de maladies d’origine hydrique associées à la consommation d’eau souterraine contaminée sont également présentées. Finalement, les options existantes pour assurer la protection des sources d’eau souterraine sont abordées.

Environnements et santé : le point de vue des Montérégiens

L’importance de l’environnement comme déterminant de l’état de santé n’est plus à démontrer et s'inscrit comme fondement de l’action de santé publique depuis plus de vingt ans déjà. La Direction de santé publique (DSP) de la Montérégie, à l’instar des citoyens et de plusieurs organismes du milieu, partage des préoccupations environnementales et de protection de la santé des communautés. Si la DSP s’implique activement par des actions de prévention et de protection liées aux environnements naturel et bâti, la perception et les comportements qu’ont les Montérégiens face à leurs environnements demeurent des éléments essentiels à explorer. En effet, comprendre comment les Montérégiens perçoivent ces environnements et agissent face à certains de leurs risques peut influencer le choix des stratégies d’actions auprès des citoyens.

Contamination des maisons utilisées pour la culture de marijuana par les moisissures

Au cours des dernières années, la culture du Cannabis sp, aussi appelé marijuana, a connu un essor considérable à travers le pays. Compte tenu du climat plutôt froid régnant une bonne partie de l’année au Québec, la culture réalisée à l’aide d’installations intérieures revêt davantage d’attrait chez les contrevenants que celle produite à l’extérieur. Plus productives et plus discrètes, ces installations permettent aux producteurs résidentiels de réaliser de trois à quatre cycles de récolte par année, contre un seul lorsque réalisé en milieu naturel. Ainsi, entre 1981 et 2004, le nombre de dossiers d’infraction de production de marijuana au Québec a augmenté de 460 %. En 2004, les types de plantation se répartissaient comme suit : 47 % à l’intérieur d’habitations, 34 % en terrain boisé et 19 % sur des terres agricoles. Selon les statistiques des différents corps policiers du Québec, il y aurait eu depuis l'an 2000 plusieurs milliers de maisons de culture de cannabis au Québec (voir figure 1). Une forte proportion de ces habitations se retrouverait sur le territoire comprenant Montréal, Laval, Lanaudière et Laurentides.