Bulletin d'information toxicologique

25 novembre 2015
Éric Villeneuve, Sophie Gosselin

L’utilisation de la physostigmine à titre d’antidote est controversée depuis plusieurs années. Watkins et collab. ont entrepris une analyse rétrospective d’une base de données afin d’évaluer l’utilisation de la physostigmine lors d’intoxications par des substances ayant des effets anticholinergiques. Le recours à la physostigmine en thérapie unique diminue la fréquence d’intubation. Cependant, il y aurait augmentation de la rhabdomyolyse lorsque la physostigmine est utilisée seule ou en combinaison avec des benzodiazépines ou d’autres traitements. Antérieurement, la physostigmine était surtout employée lors d’intoxications par des agents à effets mixtes comportant une composante anticholinergique. Son utilisation devrait demeurer restreinte à un groupe de patients bien déterminé.

25 novembre 2015
Monique Dorval, Olivier Jacques-Gagnon

Deux récents cas de décès répertoriés par le Centre antipoison du Québec suivant l’ingestion volontaire de colchicine soulèvent des questions quant aux dangers reliés à la plus grande disponibilité de cette molécule. En effet, la quantité de comprimés remis au patient est souvent suffisante pour causer la mort lorsqu’elle est ingérée en une seule fois. La publication cette année d’une méta-analyse soulignant l’efficacité de la colchicine dans le traitement de la péricardite fait craindre une augmentation de l’incidence des cas d’intoxication aiguë par cet alcaloïde. Le but de cet article est de résumer les éléments importants reliés à la toxicité de la colchicine tout en sensibilisant les médecins et les pharmaciens à la possibilité de limiter la disponibilité de cette molécule à domicile.

25 novembre 2015
Amélie Cossette-Côté, Pierre-André Dubé

Le rôle des thérapies d’épuration extracorporelle (ECTR) demeure incertain pour les cliniciens dans le traitement des intoxications en raison de l’absence d’évidences solides dans la littérature. Ce constat a conduit le groupe de travail EXtracorporeal TReatments In Poisoning (EXTRIP) à se donner pour mandats notamment la réalisation de revues systématiques sur l’utilisation des ECTR dans le traitement des intoxications et, toujours en ce qui concerne les cas d’intoxication, la formulation de recommandations quant aux indications et au choix d’une ECTR, et à l’établissement de critères visant l’arrêt de ce type de thérapie. De janvier 2014 à juillet 2015, des lignes directrices ont été publiées par ce groupe qui recommande notamment le recours à une ECTR sous certaines conditions lors d’intoxications graves par l’acétaminophène, les barbituriques, la carbamazépine, le lithium, la metformine, le méthanol, la phénytoïne, les salicylates, la théophylline et l’acide valproïque. Toutefois, il recommande de ne pas entreprendre d’ECTR lors d’intoxications par les antidépresseurs tricycliques. Ces différentes lignes directrices d’EXTRIP peuvent orienter les cliniciens dans la prise en charge de leurs patients intoxiqués.

16 septembre 2015
Germain Lebel, Marjolaine Dubé

De 2008 à 2014, le Centre antipoison du Québec (CAPQ) a comptabilisé en moyenne 45 300 appels par année pour des intoxications. La plupart des appels proviennent du public et concernent de très jeunes enfants (c’est-à-dire les 0 à 4 ans). Un peu plus de 20 % des appels au CAPQ sont effectués par des professionnels du réseau de la santé et des services sociaux. L’analyse descriptive des appels provenant des professionnels indique une légère hausse des taux annuels de 2010 à 2014, alors que les taux annuels d’appels du public diminuent constamment depuis une dizaine d’années. Une analyse complémentaire met en exergue que la complexité des appels reçus par le CAPQ provenant des professionnels est en augmentation pour la même période. Par ailleurs, les résultats des analyses concernant les appels relatifs à une exposition volontaire permettent de déceler une tendance à la hausse de ces taux d’appels de 2011 à 2014. De même, les taux annuels d’appels relatifs à des erreurs thérapeutiques augmentent depuis une dizaine d’années au Québec. Les appels au CAPQ concernant les intoxications sont riches et pourraient être mieux utilisés pour la surveillance et la protection de la santé publique. Des analyses complémentaires sont suggérées afin de renforcer l’usage de ces données dans le réseau de santé publique.

16 septembre 2015
Patrick Nisse

Le chlorure de chlorméquat est un régulateur de croissance destiné à un usage professionnel en agriculture. L’intoxication aiguë par le chlorure de chlorméquat ressemble à celle se produisant avec des insecticides anticholinestérasiques. La crise cholinergique observée résulte d’une action directe du chlorure de chlorméquat sur les récepteurs nicotiniques et muscariniques, mais ne résulte en aucun cas d’une inhibition de l’activité des cholinestérases. La série de cas présentée confirme l’extrême gravité des intoxications volontaires par ingestion de préparations phytopharmaceutiques à base de chlorure de chlorméquat avec un engagement du pronostic vital dans l’heure qui suit l’ingestion.

Pages

Souscrire à Bulletin d'information toxicologique

Le Bulletin d’information toxicologique (BIT) est une publication conjointe de l’équipe de toxicologie clinique de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre antipoison du Québec (CAPQ). La reproduction est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. Les articles publiés dans ce bulletin d'information n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs et non celle de l'INSPQ ou du CAPQ.

ISSN : 1927-0801