Bulletin d'information en santé environnementale

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Le 19 février 2018, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie québécoise sur les pesticides, la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, madame Isabelle Melançon, a annoncé une modernisation des règlements encadrant l’utilisation et la vente des pesticides les plus à risque. Ces produits sont jugés plus à risque en raison de leurs effets négatifs sur la santé humaine et animale. Il s’agit de cinq pesticides, soit : atrazine, chlorpyrifos et trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame). Un nouveau concept de prescription agronomique est désormais introduit. Ainsi, ces pesticides ne pourront désormais être achetés et utilisés que si leur application est justifiée et prescrite au préalable par un agronome membre de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ).

La nouvelle réglementation vient également assujettir les semences enrobées de néonicotinoïdes au même titre que tous les autres pesticides. De plus, afin d’assurer la traçabilité de l’utilisation des pesticides, les producteurs devront tenir un registre de tous les pesticides appliqués. Un an après l’entrée en vigueur de ces modifications, la vente aux consommateurs des néonicotinoïdes destinés à être appliqués sur des pelouses sera également interdite, ainsi que leur application par les utilisateurs commerciaux (1).

Ces nouvelles règles ont suscité beaucoup de réactions. Bien que ce règlement soit accompagné d’une aide de 14 millions sur 5 ans pour aider les producteurs à s’adapter, ces derniers dénoncent cette réforme jugée abusive et contre-productive (2). D’autres acteurs dénoncent l’utilisation d’une limitation plutôt qu’une interdiction d’usage (3). De même, le lobby de l’industrie agrochimique est dénoncé, même par l’OAQ, qui reconnaît l’apparence de conflit d’intérêt (3,4). Dans une lettre ouverte au Devoir, l’indépendance de la recherche sur les pesticides a aussi été décriée par plusieurs chercheurs en santé (5). Enfin, malgré que les agriculteurs aient fait plusieurs avancées en agroenvironnement, l’absence de données à ce propos est une lacune à combler, le dernier rapport étant daté de 2007 (6).

Références :

  1. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques [En ligne]. Communiqué de presse - Mise en œuvre de la Stratégie québécoise sur les pesticides – Meilleure protection pour la santé, l’environnement et les abeilles. Gouvernement du Québec; 2018. Disponible : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/infuseur/communique.asp?no=3921
  2. Couillard MA. Québec encadre l’utilisation de pesticides: les agriculteurs devront absorber les pertes. Coup d’œil [En ligne]. 2018. Disponible : https://www.coupdoeil.info/quebec-encadre-lutilisation-de-pesticides-agriculteurs-devront-absorber-pertes/
  3. Desplanques AC. Plus de bénéfices sans pesticides. Le Journal de Montréal [En ligne]. 2018. Disponible : http://www.journaldemontreal.com/2018/02/26/plus-de-benefices-sans-pesti...
  4. Champagne SR. Pesticides: une industrie hyperprésente à toutes les étapes. Le Devoir [En ligne]. 2018. Disponible : http://www.ledevoir.com/societe/environnement/522380/pesticides-une-industrie-presente-a-toutes-les-etapes
  5. Le Devoir [En ligne]. Pour un fonds de recherche indépendant sur les pesticides. 2018. Disponible : http://www.ledevoir.com/opinion/idees/522422/pour-un-fonds-de-recherche-independant-sur-les-pesticides
  6. La Terre de Chez Nous [En ligne]. Environnement: Pas de portrait global de la situation. 2018. Disponible : https://www.laterre.ca/actualites/environnement/environnement-de-portrait-global-de-situation.php