Personnes vulnérables aux infections microbiennes

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Définition

Les personnes vulnérables ont en commun d’être particulièrement susceptibles aux infections microbiennes, susceptibilité pouvant être innée (intrinsèque) ou acquise. Les causes innées comprennent notamment les immunodéficiences primaires, qui regroupent une trentaine de maladies d’origine génétique affectant le fonctionnement du système immunitaire (déficiences des anticorps, des cellules phagocytaires, etc.) (Rosen et al., 1997). On inclut aussi dans le groupe des susceptibilités intrinsèques un facteur comme l’âge, reconnu pour avoir un effet marqué sur l’efficacité du système immunitaire; ainsi, les nourrissons et les jeunes enfants (moins de 5 ans) sont considérés comme vulnérables, ayant un système immunitaire non suffisamment développé (US EPA, 2000). Les personnes âgées (75 ans et plus) sont également considérées comme vulnérables, dans la mesure où leur système immunitaire est souvent affecté par diverses conditions pathologiques sousjacentes (US EPA, 2000). En ce qui concerne le deuxième groupe (causes acquises ou immunodéficiences secondaires), il comprend essentiellement des personnes ayant des maladies débilitantes, souffrant de malnutrition chronique ou ayant subi des infections ou des interventions affaiblissant le système immunitaire (Rosen et al., 1997) : syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), cancer, brûlures sur d’importantes superficies corporelles ou traitements médicaux immunosuppresseurs (consécutivement à une transplantation d’organe, par exemple) (US EPA, 2000; Pontius, 1995). À ces groupes, il y a lieu d’ajouter les personnes ayant subi une gastrectomie, celles prenant des antiacides ou souffrant d’achlorhydrie, situations susceptibles de favoriser le transit de certains micro-organismes opportunistes vers l’intestin, sans qu’ils soient détruits par l’acidité stomacale. Les personnes vulnérables à une contamination microbienne sont susceptibles d’avoir une infection par tous les organismes pathogènes, mais plus particulièrement par certains microorganismes qualifiés d’opportunistes, qui ne représentent habituellement pas de risque pour les individus en bonne santé (US EPA, 2000).

Micro-organismes pathogènes et opportunistes

De manière générale, un micro-organisme véhiculé par l’eau de consommation est considéré comme pathogène s’il possède la capacité d’initier une infection chez une personne en bonne santé. Cette caractéristique est généralement tributaire d’un pouvoir infectieux important, découlant d’une dose infectante très faible (c’est le cas des parasites Cryptosporidium parvum ou Giardia lamblia dont la dose infectante peut être respectivement de l’ordre de 30 oocystes et 10 kystes) (Sterling et Marshall, 1999; Schaefer, 1999), de la présence de facteurs de virulence comme la sécrétion de toxines (Clostridium perfringens, Escherichia coli, Shigella sp. et Vibrio sp.), de l’envahissement des tissus (Campylobacter sp., E. coli entérohémorragique, Salmonella sp. et Shigella sp.) ou de la capacité de détruire certains tissus ou cellules du système immunitaire après l’invasion microbienne (AWWA, 1999; Jointer, 1998; Thorne, 1998).

Un micro-organisme est qualifié d’opportuniste s’il représente un risque de développement de symptômes cliniques surtout pour l’un ou l’autre groupe de personnes vulnérables, n’infectant que de manière très exceptionnelle une personne en santé et immunocompétente. Il n’existe pas de liste spécifique de micro-organismes opportunistes. En fait, leur énumération se retrouve souvent confondue avec celle des véritables pathogènes telle qu’elle apparaît dans la monographie de l’American Water Works Association (AWWA, 1999). Une longue liste de micro-organismes transmissibles par l’eau est aussi présentée par l’American Academy of Microbiology (Rose et Grimes, 2001), sans que les auteurs fassent toutefois une distinction entre les pathogènes et les opportunistes. L’examen de ces listes et des caractéristiques des divers micro-organismes permet toutefois de mettre en évidence quelques genres ou espèces ayant cette propriété d’être des microorganismes qualifiés d’opportunistes. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapporte par ailleurs que certaines bactéries pathogènes opportunistes sont incluses dans le groupe des bactéries hétérotrophes aérobies et anaérobies facultatives (voir la fiche appropriée), parmi lesquelles on retrouve Acinetobacter sp., Aeromonas sp., Klebsiella pneumoniae ainsi que Pseudomonas aeruginosa (WHO, 2002).

Considérations sanitaires : infections par des micro-organismes opportunistes

Bien que les deux groupes de personnes vulnérables précédemment décrits peuvent être infectés par un grand nombre de micro-organismes opportunistes, une revue de la littérature pertinente, dans le contexte de l’utilisation d’eau potable, met plus souvent en cause les micro-organismes suivants : le parasite Cryptosporidium parvum (voir la fiche Cryptosporidium pour plus d’information sur les caractéristiques de ce micro-organisme), la bactérie Legionella pneumophila, responsable de maladies respiratoires (fièvre de Pontiac et légionellose), le complexe Mycobacterium avium (MAC, comprenant entre autres M. intracellulaire, responsable d’infections à mycobactéries non tuberculeuses) et, finalement, l’espèce Pseudomonas aeruginosa, une bactérie opportuniste ubiquiste dans l’environnement aquatique.

Personnes ayant une déficience immunitaire innée (immunodéficiences primaires, nourrissons et personnes âgées)

Cryptosporidium parvum et Giardia lamblia

Les jeunes enfants, notamment les nourrissons (moins de quatre mois) sont particulièrement à risque, notamment parce que le développement de leur système immunitaire n’est pas mature avant l’âge de deux ans (Balbus et Lang, 2001). L’analyse des données de l’épidémie de Milwaukee (voir aussi la fiche Cryptosporidium) a montré que les enfants, en général, étaient plus susceptibles d’être infectés par le Cryptosporidium sp. (RR = 1,92); un plus grand risque d’infection a été noté chez les enfants sidatiques (RR = 3,89), suivi des enfants immunodéprimés (RR = 2, 78) (Cicirello et al., 1997). L’examen de 700 cas cliniques de cryptosporidiose dans un comté de l’Ohio a mis en évidence un âge moyen de 6 ans alors que celui de 225 cas cliniques associés à une épidémie dans le Nebraska a montré que les victimes étaient surtout des enfants de moins de 5 ans (Veverka et al., 2001). Des données épidémiologiques provenant de divers pays en développement confirment que les enfants sont plus souvent infectés que les adultes (Markell et al., 1999). Des observations similaires ont été effectuées avec le parasite Giardia sp. où la prévalence de l’infection est plus importante chez les enfants de moins de 5 ans; ils constituent d’ailleurs un groupe particulièrement exposé lors d’épidémies d’origine hydrique (US EPA, 1999a). En ce qui concerne les personnes atteintes d’immunodéficience (d’origine génétique), la rétrospective de Hunter et Nichols (2002) révèlent que la cryptosporidiose est rarement diagnostiquée; les auteurs mettent cependant en évidence le peu d’information accessible à cet égard.

Pseudomonas aeruginosa

Cette bactérie infecte plus particulièrement les jeunes enfants et les vieillards chez qui elle peut causer de sévères diarrhées, une infection oculaire, une ostéomyélite, une otite ainsi qu’une folliculite; cette dernière est souvent consécutive à un bain, particulièrement lorsque l’eau est chaude (Geldreich, 1999). Dans une unité de soins intensifs pour les nouveau-nés, Grundmann et al. (1993) ont démontré que l’eau du robinet utilisée pour remplir les bains donnés aux bébés était contaminée par P. aeruginosa et avait été responsable de l’infection de six d’entre eux. Buttery et al. (1998) rapportent que des jouets prêtés à des enfants hospitalisés dans une unité d’oncologie avaient été contaminés par l’eau utilisée pour remplir un bain, ce qui a entraîné des bactériémies, des infections cutanées et urinaires; l’association entre l’infection par cette bactérie et l’utilisation de jouets contaminés par l’eau était significative (p = 0,004).

Personnes souffrant d’immunodéficience secondaire

Cryptosporidium parvum

Bien que les personnes immunocompétentes peuvent être infectées par ce parasite, compte tenu d’une dose infectante très faible de l’ordre de 30 à 100 oocystes (Hoxie et al., 1997) les personnes immunodéprimées constituent un groupe particulièrement à risque puisqu’il n’existe aucun traitement médical efficace contre l’infection symptomatique par Cryptosporidium parvum (voir la fiche Cryptosporidium); cette infection a d’ailleurs été reconnue comme une cause importante de mortalité chez les sidatiques dans les années 80 et au début des années 90 (Clifford et al., 1990; US EPA, 1999b; Markell et al., 1999; Pontius, 1995). L’étude des données statistiques de l’épidémie de Milwaukee, survenue en 1993, a d’ailleurs permis de montrer que la cryptosporidiose était un facteur responsable de morts prématurées chez les personnes atteintes du sida, qui ont représenté 85 % de la mortalité due à l’infection par ce parasite (Hoxie et al., 1997). Il appert cependant que la trithérapie utilisée depuis le milieu des années 90 chez les sidatiques réduit considérablement la susceptibilité de ces personnes à l’infection. Ainsi, Ives et al. (2001) ont mis en évidence une réduction de 60 % des cas de cryptosporidiose chez une cohorte de sidatiques ayant reçu la trithérapie pendant quelques mois. Miao et al. (2000) ont démontré une diminution de la diarrhée chez des sidatiques atteints de cryptosporidiose 1 mois après le début d’un traitement antirétroviral et une disparition des oocystes dans les selles 5 mois plus tard; cette dernière observation est similaire à celle de Foudraine et al. (1998) qui ont démontré la disparition des oocystes dans les selles de personnes sidatiques 24 semaines après le début d’un traitement. La diminution de la susceptibilité à l’infection par le Cryptosporidium sp. serait directement liée à une augmentation des lymphocytes de type CD4 suite à la trithérapie (Maggi et al., 2000). Dans ce contexte, Hunter et Nichols (2002) suggèrent que les sidatiques ayant un décompte de lymphocytes de type CD4 supérieur à 200/μL ne devraient pas être considérés comme étant des personnes immunodéprimées; cette concentration de lymphocytes CD4 est également considérée comme un seuil, au-delà duquel le risque est minime, par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS, 2002).

Hunter et Nichols (2002) ont effectué une revue de l’information relative à la cryptosporidiose chez les autres groupes de personnes souffrant d’une immunodéficience secondaire. Cette rétrospective révèle aussi que le Cryptosporidium sp. ne représenterait pas un risque particulier pour les cancéreux, à l’exception des personnes atteintes de leucémie et de lymphome; les enfants atteints de leucémie seraient un groupe particulièrement à risque de développer une cryptosporidiose alors que Tanyüksel et al. (1995) ont rapporté que le Cryptosporidium sp. ne serait responsable que de 17 % des diarrhées observées chez des personnes atteintes d’autres types de cancer. La rétrospective de Hunter et Nichols (2002) révèle par ailleurs que la cryptosporidiose ne serait que rarement diagnostiquée chez les personnes ayant subi une transplantation d’organes.

Legionella pneumophila

Il a été démontré que L. pneumophila peut être présente, tant dans l’eau potable circulant dans le réseau de distribution que dans le biofilm qui se forme sur les parois des canalisations; de plus, on a démontré que cette bactérie pouvait apparaître dans un réseau associé à une source d’approvisionnement souterraine (Pryor et al., 2001). Il est rapporté que la transmission de L. pneumophila aux humains survient principalement par l’inhalation de particules de moins de 5 micromètres (aérosols), lesquelles peuvent êtres formées par les climatiseurs, les bains tourbillons, les humidificateurs, les pommeaux de douche et les appareils de thérapie respiratoire (Lévesque, 2002). Les personnes immunodéprimées sont reconnues pour constituer un groupe particulièrement à risque, notamment celles vivant dans certaines institutions (résidences communautaires ou institutions hospitalières, par exemple) (Emmerson, 2001; Hall, 1999; Muder, 1998). Marrie et al. (1992; 1994) ont démontré une importante contamination des échantillons d’eau potable en milieu hospitalier, observation confirmée par une étude effectuée au Québec, au début des années 1990, qui a montré que 26 % des réseaux de distribution d’eau potable des 84 hôpitaux visités étaient fortement contaminés par Legionella sp., contamination qui s’accroîtrait avec la taille et la vétusté de l’institution (Alary et Joly, 1992). Une étude britannique a montré que, de 1980 à 1992, 95 % des éclosions hospitalières de la maladie du Légionnaire investiguées au Royaume-Uni ont été associées au système de distribution d’eau potable (Joseph et al., 1994). L’eau potable contaminée serait la première cause d’infection des personnes immunodéprimées, entraînant une mortalité pouvant atteindre 50 % (Albrechtsen et al., 1990). On rapporte par ailleurs que les chauffe-eau domestiques, particulièrement ceux utilisant l’énergie électrique, pourraient être à l’origine de cas sporadiques de légionellose (Lévesque, 2002). On a ainsi estimé qu’il pourrait y avoir de 22 à 45 cas par an au Québec, associés à une contamination de ce type de chauffe-eau (Bélanger-Bonneau et Dionne, 2001).

Complexe Mycobacterium avium

Une étude effectuée chez 154 sidatiques de la Californie et de New York a montré que 98 % d’entre eux étaient infectés ou porteurs de M. avium (Guthertz et al., 1989). De manière générale, des données plus récentes montrent que 20 à 30 % des sidatiques vivant aux États-Unis manifestent des symptômes cliniques associés à une infection au MAC; chez ces personnes, le micro-organisme n’occasionne pas seulement des pathologies pulmonaires, mais également des problèmes gastrointestinaux, une lymphangite, de l’anémie ainsi que des symptômes généraux comme de la fièvre, une sudation excessive ou de l’inanition (Iseman et Huitt, 1998). La prévalence du MAC chez les sidatiques varie en fonction de l’évolution de la maladie; de 3 % chez les personnes VIH positives, elle atteint 21 % chez les personnes confirmées sidatiques depuis un an et 43 % deux ans après le diagnostic; il appert que l’infection par le MAC serait une complication inévitable de celle au VIH, contribuant ainsi à une diminution notable de l’espérance de vie (Nightingale et al., 1992). On doit aussi souligner que les personnes immunodéprimées à la suite d’une transplantation ou recevant des traitements anticancéreux constitueraient des groupes à risque (Aronson et al., 1999)

Les bactéries du MAC sont naturellement présentes dans l’ensemble des réseaux de distribution d’eau potable des États-Unis; des concentrations faibles sont observées, de l’ordre de moins de 1 bactérie/ml, mais on rapporte aussi des concentrations très élevées, variant de 10 000 à 45 000 bactéries/ml (LeChevallier, 1999). Ces bactéries seraient cependant plus spécifiquement associées au biofilm des canalisations, ne circulant dans l’eau qu’à la faveur du décollement des plaques du biofilm (Pryor et al., 2001). Il a été mis en évidence que l’eau provenant des réseaux de distribution serait une source notable de contamination, notamment par le biais de douches, puisque ces bactéries peuvent proliférer jusqu’à une température de 51 °C (Von Reyn et al., 1994), dans le contexte où la température interne du chauffe-eau peut être insuffisante pour éliminer ces bactéries. Cette dernière étude a démontré que le système de distribution d’eau potable de plusieurs hôpitaux était contaminé de manière permanente; la transmission nosocomiale apparaît donc possible pour les personnes immunodéprimées de passage dans ces institutions.

Une étude effectuée dans la région de Los Angeles a montré que la contamination des réseaux d’eau potable par M. avium est très importante : 92 % des réservoirs du réseau public, 82 % des canalisations privées (à l’intérieur des habitations), 100 % de celles des bâtiments commerciaux et 100 % de celles des hôpitaux (Aronson et al., 1999). Ces auteurs proposent d’ailleurs l’eau potable comme étant la source d’infection chez les humains vulnérables. Le MAC a aussi été détecté dans les machines à fabriquer de la glace, les toilettes, le rebord des éviers ainsi que dans une diversité d’équipements où règne une humidité permanente (LeChevallier, 1999). Falkinham et al. (2001) ont échantillonné huit réseaux de distribution d’eau potable (utilisant principalement le chlore gazeux et le monochloramine comme agents de désinfection) et montré qu’ils étaient tous contaminés par le MAC. La prolifération des bactéries est favorisée par le fait qu’elles sont peu sensibles au chlore, pouvant survivre à une concentration résiduelle libre de 1 mg/l; seul un traitement à l’eau chaude (60 °C pendant 4 minutes) est capable de réduire leur nombre d’environ 90 % (LeChevallier, 1999).

Falkinham et al. (2001) rapportent aussi que M. avium est principalement adsorbé sur les particules en suspension, montrant ainsi une bonne corrélation entre la turbidité et la concentration de cette bactérie, alors que M. intracellulaire serait plus spécifiquement associé au biofilm de la tuyauterie. Panwalker et Fuhse (1986) rapportent que plusieurs patients, hospitalisés suite à diverses complications pulmonaires ou pour des traitements anticancéreux, ont été infectés par M. gordonae suite à l’ajout de glaçons contaminés dans leur pichet d’eau potable. Cette dernière espèce est généralement considérée comme un saprophyte non pathogène de l’organisme humain, mais rapporté comme étant un pathogène opportuniste chez les sidatiques (Iseman et Huitt, 1998).

Pseudomonas aeruginosa

À titre de bactérie opportuniste, P. aeruginosa représente un risque d’infection chez plusieurs groupes de personnes immunodéprimées. Chez les grands brûlés, il a été démontré que le bacille pouvait provoquer une bactériémie fatale suite aux bains quotidiens (hydrothérapie) (Tredget et al., 1992). Kolmos et al. (1993) ont mis en évidence que les précautions prises dans les unités de grands brûlés (filtres à air, pression positive, personnel avec vêtements, masques et gants stériles) ne prévenaient pas l’infection puisque P. aeruginosa était véhiculé par l’eau du robinet. On a aussi mis en évidence qu’une infection par P. aeruginosa représentait un important risque de mortalité chez les personnes hospitalisées recevant une thérapie anticancéreuse. Griffith et al. (1989) ont montré que jusqu’à 50 % des personnes atteintes de leucémie étaient colonisées par le bacille et que le risque de contamination était accru de 63 % chez les personnes recevant de la chimiothérapie (cette dernière provoquant une neutropénie); dans plusieurs cas, l’infection provenait des éviers contaminés par l’eau du robinet. Dans un autre contexte, il a été démontré qu’un bain tourbillon avait été à l’origine d’une bactériémie chez sept cancéreux, entraînant la mort de cinq d’entre eux (Berrouane et al., 2000); l’eau s’accumulant autour et sous le drain des bains aurait servi de milieu favorisant la prolifération du micro-organisme.

Mesures préventives

Des recommandations spécifiques aux personnes vulnérables devraient être envisagées dans diverses situations, dans le contexte du risque sanitaire décrit ci-dessus. Il faut cependant préciser que les interventions doivent être modulées selon divers facteurs, notamment par le fait que les personnes sidatiques recevant la trithérapie depuis plusieurs mois ne devraient plus être considérées comme des personnes vulnérables à certains de ces micro-organismes, en autant que l’énumération lymphocytaire des cellules CD4 indique un nombre supérieur à 200 cellules/μL. Il faudrait également tenir compte du fait que les personnes immunodéprimées sont plus vulnérables à certains micro-organismes opportunistes et que le milieu hospitalier constitue un foyer d’infection de première importance. Il faut également noter que des facteurs autres que l’ingestion d’eau potable peuvent avoir un rôle plus significatif sur le risque infectieux. Ainsi, après avoir étudié une cohorte de personnes sidatiques, Eisenberg et al. (2002) ont rapporté que certaines mesures préventives individuelles (faire bouillir l’eau ou utiliser un filtre) réduisent le risque; cependant, ils révèlent que certains facteurs (utilisation de certains médicaments, contact avec des animaux domestiques ou de ferme) représentaient un risque plus élevé que la consommation d’eau du robinet. La situation n’est donc pas simple et c’est pourquoi, lorsqu’il n’y a pas d’avis d’ébullition en vigueur, la gestion du risque doit presque se faire au cas par cas, en consultation avec les médecins cliniciens ou toute personne du réseau de la santé habilitée à formuler des recommandations individuelles.

Lors d’un avis d’ébullition

Tout dépassement des normes microbiologiques entraînant l’émission d’un avis d’ébullition de l’eau (voir la fiche Avis d’ébullition de l’eau) doit faire soupçonner la présence de micro-organismes pathogènes dont certains représentent un risque notable pour les personnes vulnérables. On devrait aussi s’assurer que l’avis contienne une mention à l’égard des individus vulnérables et des institutions qui en abritent, leur rappelant le risque de boire une eau non bouillie. Une telle note s’avère importante quant on considère les résultats d’une étude effectuée chez des personnes sidatiques de la ville de New York où 74 % d’entre elles buvaient de l’eau du robinet sans s’inquiéter des risques inhérents à leur condition médicale (Davis et al., 1998). L’avis devrait recevoir une diffusion par les médias (journaux quotidiens et stations radiophoniques, par exemple). Puisque le risque ne concerne pas seulement l’ingestion d’eau, mais également des gestes comme le brossage des dents et le lavage des aliments ne subissant pas de traitement de chaleur avant leur consommation, il est souhaitable que ces activités à risque soient mentionnées dans l’avis.

En absence d’un avis d’ébullition

On distinguera ici deux types de mesures :

  • celles dites institutionnelles, devant être prises par les gestionnaires qui doivent tenir compte de leur responsabilité face aux personnes particulièrement vulnérables qui sont sous leur responsabilité;
  • celles dites dites individuelles qui devraient être appliquées par les personnes vulnérables à leur domicile, au travail ou lors de toute autre activité impliquant l’ingestion d’eau (lieux publics, restaurants, etc.).

Mesures institutionnelles

Parmi les mesures institutionnelles, certaines exigent des changements opérationnels comme la désinfection ou la décontamination des tubulures des douches et des bains après le passage de chacun des patients (Kolmos et al., 1993; Panwalker et Fuhse, 1986; Von Reyn et al., 1994). Parmi les mesures de lutte contre la contamination, signalons l’utilisation d’eau stérile pour le remplissage et le rinçage des appareils de nébulisation (Lévesque, 2002), le brossage des dents de certains patients (Marrie et al., 1992); de plus une vérification régulière du chlore résiduel libre dans l’eau potable circulant dans une institution (Alary et Joly, 1992) ou dans des lieux publics comme les piscines (Friedman et al., 1999) ainsi qu’une augmentation de la température des chauffe-eau (Bentolila et al., 1997; Von Reyn et al., 1994) peuvent être des mesures indiquées. Il est également possible de recourir à l’hyperchloration, qui vise surtout les légionnelles et implique une concentration de chlore résiduel libre de l’ordre de 2 à 6 mg/l; ce traitement doit cependant n’être utilisé que localement et il faut savoir qu’il peut entraîner des problèmes de corrosion des canalisations (Lévesque, 2002). En ce qui concerne le chauffage, il a été établi que le maintien d’une température interne de 60 °C permettait d’éviter la croissance de Legionella sp. (Lévesque, 2002); toutefois, une valve de contrôle à la sortie du chauffe-eau ramenant la température à 44-49 °C est nécessaire pour éviter les brûlures (Bélanger-Bonneau et Dionne, 2001). Dans un autre contexte, on peut viser des changements dans les pratiques médicales, comme l’abandon de l’hydrothérapie pour les grands brûlés (Tredget et al., 1992).

Mesures individuelles

Les mesures individuelles sont applicables tant aux nourrissons qu’aux personnes immunodéprimées, autonomes ou non, qui ne vivent pas en institution. Elles sont basées sur le postulat que l’eau du robinet peut représenter des risques, même si les normes microbiennes sont strictement respectées par le gestionnaire du réseau de distribution (CDC, 1999a). Payment et al. (1997) ont d’ailleurs mis en évidence que des problèmes gastro-intestinaux d’origine hydrique pouvaient être attribuables à l’eau potable, même en absence de coliformes ou d’autres indicateurs de contamination. Sorvillo et al. (1994), après avoir étudié les effets du type de traitement de l’eau potable chez les personnes sidatiques dans la région de Los Angeles, estiment cependant que l’eau du robinet ne représentait pas un facteur de risque supplémentaire à l’égard de la cryptosporidiose. Quoiqu’il en soit, une certaine prudence s’impose et, à ce titre, les mesures personnelles peuvent être regroupées en deux catégories : celles qui visent à prévenir une contamination indirecte et celles qui sont spécifiques à la consommation d’eau.

Dans le cas des mesures visant à prévenir une contamination indirecte, on recommande aux personnes vulnérables de se laver fréquemment les mains et de prendre des mesures préventives afin d’éviter l’ingestion d’eau lors de douche, de bain ou de baignade. Il est par ailleurs préférable que les personnes immunodéprimées ne se baignent pas dans des lacs ou des rivières (CDC, 1999a).

En ce qui concerne les mesures individuelles spécifiques à la consommation de l’eau, elles sont de trois types :

  • Ébullition de l’eau

    L'ébullition de l'eau pendant au moins une minute est considérée comme la mesure individuelle la plus efficace pour détruire les micro-organismes (US EPA, 1999b) (pour plus de détail voir la fiche Avis d’ébullition de l’eau). Il faut d’ailleurs rappeler que faire bouillir l’eau est une procédure qui devrait être obligatoire pour les nourrissons de moins de quatre mois, quelque soit le type d’eau utilisé et sa source. Il importe cependant de préciser qu’aux États-Unis, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) et l’US EPA (Environmental Protection Agency) ont conclu que les informations actuellement connues sur la nature du risque ne supportent pas une recommandation générale, à l’intention des personnes immunodéprimées, pour les inciter à systématiquement faire bouillir l’eau du robinet (Pontius, 1995). Les mesures suggérées sont surtout destinées aux personnes sérieusement immunodéprimées qui désirent réduire presque à néant les risques de contamination par l’eau potable (Pontius, 1995). Dans ce contexte, l’avis d’ébullition préventif et individuel de l’eau serait particulièrement recommandé pour les sidatiques dont la numération lymphocytaire CD4 est inférieure à 200 cellules/μL (Hunter et Nichols, 2002; MSSS, 2002).

    Une personne qui choisit de faire bouillir l’eau de consommation doit également appliquer cette pratique à l’eau utilisée pour cuisiner, si cette dernière activité n’implique pas un traitement de chaleur subséquent, ainsi que pour préparer des breuvages et fabriquer des glaçons. L’eau bouillie ne doit cependant pas être recontaminée avant d’être bue. Dans ce contexte, il est suggéré de transférer l’eau bouillie refroidie dans un contenant propre avec couvercle, préalablement lavé à l’eau bouillie savonneuse, et de le placer au réfrigérateur. On ne doit jamais toucher l’intérieur du contenant avec les doigts après que l’eau y ait été versée. Dans le cadre d’une telle pratique, il faut aussi que les contenants utilisés pour conserver les glaçons aient été préalablement lavés avec une eau non contaminée (CDC, 1999b).

  • Utilisation d’un filtre

    L'utilisation d'un filtre pouvant retenir les micro-organismes pathogènes ou opportunistes est un moyen préventif approprié dans la mesure où le filtre utilisé répond à des critères stricts. Aux États-Unis, les normes ont été fixées au regard des oocystes de Cryptosporidium sp. Ainsi, seuls les filtres sur lesquels apparaissent les mentions suivantes sont considérés comme sécuritaires pour les personnes immunodéprimées : reverse osmosis (osmose inversée); absolute pore size of 1 micron (porosité garantie d’un micromètre ou moins – les filtres ne portant pas la mention absolute ne sont pas présumés comme étant efficaces) ou NSF 53 (CDC, 1999b; US EPA, 1999b). Cette dernière certification réfère au standard 53 de la National Sanitation Foundation garantissant la rétention d’une trentaine de composés chimiques ainsi que celle des kystes de Giardia sp. et des oocystes de Cryptosporidium sp. Il faut bien comprendre le sens de cette certification qui ne s’applique qu’aux protozoaires, non pas à l’ensemble des bactéries et encore moins aux virus. La filtration de l’eau n’en fait donc pas un liquide stérile; à titre d’exemple, Pseudomonas aeruginosa peut croître dans de l’eau traitée par osmose inversée (Geldreich, 1999). Le Conseil canadien des normes, mieux connu sous les acronymes SCC (anciennement CSA) ou CCN, reconnaît la norme NSF 53 et son sceau devrait apparaître sur les filtres vendus au Canada (NSF, 2001).

  • Utilisation d'eau embouteillée

    L’eau embouteillée peut être utilisée par certaines personnes immunodéprimées, particulièrement si elle porte une mention similaire à celle des filtres (osmose inversée ou filtrée avec un appareil ayant une porosité garantie maximale de 1 micron); l’eau distillée est également adéquate. Règle générale, la consommation d’eaux embouteillées, provenant habituellement de sources souterraines (minérales ou non), est plus sécuritaire pour les personnes vulnérables. Aragon et al. (2003) rapporte que les personnes sidatiques de San Francisco auraient beaucoup plus de risque de développer une cryptosporidiose si elles boivent constamment de l’eau du robinet plutôt que de l’eau embouteillée; les personnes sidatiques ne buvant que de l’eau embouteillée réduirait considérablement les risques d’infection par Cryptosporidium sp. L'agence étasunienne de protection de l’environnement (US EPA) estime par ailleurs qu’une eau embouteillée considérée sécuritaire à l’égard de Cryptosporidium sp. ne doit pas être vue comme étant exempte de toute autre contamination microbienne (US EPA, 1999).

Il faut noter que les recommandations précédentes ont été tirées d’un document du ministère de la Santé et des Services sociaux concernant spécifiquement le protozoaire Cryptosporidium sp. : Guide à l’intention des professionnels de la santé traitant des sidatiques (MSSS, 2002).

Références

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Fiche rédigée par Pierre Chevalier et les membres du Groupe scientifique sur l’eau de l’Institut national de santé publique du Québec

Mise à jour : juin 2003

Dernière modification: 

30 juillet 2018