Cannabis et conduite automobile

Les effets immédiats de la consommation du cannabis sur le corps dépendent de plusieurs facteurs : la forme et la dose consommée, la concentration en THC et CBD, le mode de consommation, la physiologie du consommateur, ses habitudes ou expériences de consommation antérieure, son état physique et mental et le contexte social de l’usage (1).

Des tests cognitifs menés chez des individus ayant consommé du cannabis ont montré une baisse de l’attention et une augmentation du temps de réaction.

Influence sur la conduite

Plusieurs études ont établi que la consommation de cannabis a une influence négative sur les fonctions cognitives et motrices nécessaires à une conduite automobile sécuritaire. L’usage de cannabis avant la conduite serait associée à une altération importante de la capacité de conduite automobile surtout chez les consommateurs occasionnels (1).

Des tests de conduite en simulateur et dans des conditions réelles ont montré que la consommation de cannabis influence l’attention, le respect de la signalisation et la capacité à éviter des obstacles, à suivre une trajectoire et à maintenir une vitesse constante. Les études en simulateurs ont montré que plus la dose de cannabis consommée est forte plus la performance globale du conducteur est affectée.

Augmentation des risques d’accidents routiers

Les données suggèrent que l’usage du cannabis contenant du THC est associé à une augmentation des accidents routiers. Une méta-analyse des études sur la conduite dans des conditions réelles montre que le risque relatif d’accidents augmente de 1,2 à 1,4 chez les consommateurs de cannabis. La consommation récente de cannabis double le risque d’être impliqué dans une collision causant la mort ou des blessures graves (2). Par ailleurs, l'utilisation combinée de cannabis et d’alcool augmente le risque d'accident de véhicule à moteur de façon plus importante comparativement à l'utilisation d'une ou l'autre substance seule (3).

Détecter la conduite avec facultés affaiblies

Il existe différentes façons de détecter la présence ou de quantifier la concentration en THC et de ses métabolites dans l'organisme, notamment par le prélèvement d’un échantillon d’urine, de salive ou de sang. Cependant, le fait que le THC et ses métabolites demeurent dans le corps plusieurs jours ou semaines peut compliquer énormément l’interprétation et l’applicabilité des analyses toxicologiques.

Pour plus d'informations


  1. The health and social effects of nonmedical cannabis use. (OMS, 2016)
  2. Asbridge M et al. Acute cannabis consumption and motor vehicle collision risk: Systematic review of observational studies and meta-analysis. BMJ (Online). 2012;344(7846).
  3. Chihuri S, Li G, Chen Q. Interaction of marijuana and alcohol on fatal motor vehicle crash risk: a case-control study. Inj Epidemiol. 2017;4(1):8.

Dernière modification: 

26 novembre 2019